La Safer s'est réunie pour la dernière fois en tant qu'entité régionale avant de devenir la Safer « Grand Est ». Le résultat de son dernier exercice est positif et marqué par un marché agricole en très légère hausse en surface, mais en baisse de valeur.
« Les Safer se sont emparées de la problématique foncière et s'investissent pour le foncier rural depuis bientôt 60 ans, rappelle Marc Moser, président de la Safer Alsace. Forte de son expérience au service des territoires ruraux, la Safer Alsace propose des solutions équilibrées valorisant des exploitations agricoles compétitives à taille humaine et dont le renouvellement des générations reste la priorité. » En 2015, le marché foncier régional a progressé légèrement, avec une hausse de 2 % des surfaces échangées. En revanche, la valeur baisse de 6 %. Le même constat est fait au niveau du marché agricole, les transactions ont augmenté de 4,5 % (2 986 opérations pour 2 507 hectares), les surfaces de 1 % ; la valeur globale du marché, elle, diminue de 20 %. « Dans cet environnement toujours difficile, notre société constate un résultat positif pour l'année 2015, grâce à une forte activité de fin d'année et un développement de nos activités de prestations », remarque pourtant Marc Moser.
Le directeur, Francis Risacher, détaille les opérations réalisées l'an dernier. Au titre du marché de l'espace rural, 5 874 opérations ont été notifiées à la Safer Alsace en 2015. L'ensemble des transactions a porté sur 3 850 ha, en hausse de 2,4 % par rapport à 2014. L'ensemble du marché baisse de 6,4 % en valeur. Ainsi, le montant total des transactions passe de 234 millions d'euros (M€) en 2014 à 219 M€ en 2015. Comparé au marché total, le marché agricole représente 65 % de la surface vendue, 51 % du nombre de transactions, mais seulement 16 % de la valeur globale. Ces chiffres présentent une forte stabilité depuis quelques années. Les ventes des terres et prés baissent de 3 % dans le Bas-Rhin (prix moyen de l'are : 57,30 euros) et augmentent de 5,7 % dans le Haut-Rhin (prix moyen de l'are : 66,20 €). Le marché des cultures spéciales connaît une baisse de 6 % en surface, passant de 63 ha en 2014 à 59 ha en 2015.
« Les rétrocessions constituent l'essentiel de notre chiffre d'affaires visant à couvrir les charges de fonctionnement de notre société, expose le directeur. Ces opérations s'avèrent déterminantes pour permettre de conforter les outils de production et de pérenniser les exploitations. » Le maintien des preneurs en place (locataires) représente 55 % des surfaces attribuées. Les autres rétrocessions ont servi à la consolidation d'exploitation (6 % de la surface totale rétrocédée), à l'amélioration parcellaire ou remaniement (5 % de la surface totale rétrocédée et 20 % du nombre de rétrocession, notamment en viticulture), à l'installation ou l'agrandissement préparant une installation (5,6 %), à la réorientation en faveur des collectivités, aux opérations forestières (1 %) et à la rétrocession d'intérêt général agricole (24 %). « En la matière, le choix décisionnel s'avère de plus en plus difficile et délicat au regard notamment d'un grand nombre de candidats et de la complexité des dossiers. Pour les 356 rétrocessions, 1 322 personnes ont fait acte de candidature, soit en moyenne 3,7 candidats par bien vendu », note Francis Risacher.
Le droit de préemption utilisé dans 121 cas
Durant l'année écoulée, la Safer Alsace a appréhendé 485 ha, soit une surface identique à 2014 pour 10,70 M€ (10,90 M€ en 2014). Sur les 5 875 notifications de vente en 2015, la Safer a usé de son droit de préemption dans 121 cas. Les préemptions effectuées représentent 2 % du nombre des transactions notifiées et 3 % des surfaces mises en vente. Le stock foncier de la Safer s'élève à 313 ha, contre 323 en 2014, il s'agit principalement de stock récent (moins de cinq ans). Le stock ayant plus de 10 ans représentant 40 % des surfaces et 24 % en valeur.
Le résultat de l'exercice 2015 de la Safer Alsace présente un bénéfice de 82 869,41 € contre 48 036,15 € en 2014. Le directeur en donne les raisons : « Malgré une diminution du chiffre d'affaires et un résultat d'exploitation en baisse, la marge dégagée est forte, de nombreuses facturations de prestations et une diminution des charges de structure permettent ce bon résultat ».