Idhéa à Hochfelden
Toujours une innovation d’avance
Idhéa à Hochfelden
Publié le 21/09/2016
Quand un pro des sauces s’unit au spécialiste des épices, cela donne une émulsion d’idées… Idhéa, c’est le nom de l’entreprise présidée par Marianne Fritz. Avec Ketch’oh, une alternative au ketchup 100 % alsacienne, elle se distingue par son esprit d’innovation.
« Nous avons organisé une séance de créativité au sein de l’entreprise. Nous cherchions un mot prononçable dans toutes les langues. » C’est ainsi qu’a fusé le nom d’Idhéa. « Cela traduit bien ce que nous sommes, une entreprise pleine d’idées, le A faisant référence à notre activité, l’agroalimentaire, le H à notre histoire. Idhéa est la somme de deux entreprises qui ont chacune quarante années d’histoire », souligne Marianne Fritz, présidente d’Idhéa. La société fabrique et conditionne des sauces émulsionnées froides et des épices à destination de l’industrie agroalimentaire et de la restauration. « Nous avons défini une stratégie de marques claire : la Case aux épices pour l’offre épices, Saveurs & Sauces pour l’offre sauces, deux marques connues et reconnues dans leur domaine d’activité. » Ces deux sociétés travaillaient à une échelle très différente. La Case aux épices est réputée pour ses dosettes. Elle produit chaque année un milliard et demi de dosettes de ketchup, de mayonnaise, de moutarde, de sel et de poivre, omniprésentes dans le monde de la restauration collective et commerciale. Saveurs & Sauces propose des conditionnements allant du seau de 5 kg au conteneur d’1 tonne, les principaux clients étant les industriels, les fabricants de salades, les fabricants de sandwichs triangles. « Entre les petits conditionnements de la Case aux épices et les grands conditionnements de Saveurs & Sauces, nous étions complémentaires. » C’est ce qui a décidé Marianne Fritz, déjà propriétaire de Saveurs & Sauces, à reprendre la Case aux épices lorsque Cristal Union l’a mise en vente en 2013. L’année suivante, elle a fusionné les deux entreprises et regroupé toute l’activité sur le site de Hochfelden, dans des bâtiments de 11 000 m2. « C’était une fusion d’entreprises qui avait du sens, d’autant que nous étions situés à 20 km de distance. Cela s’est bien passé au niveau social : la plupart des collaborateurs nous ont suivis, ce qui nous a permis de garder les savoir-faire. » Aujourd’hui, Idhéa emploie 110 salariés. Des séances de créativité Trois personnes s’occupent de la recherche-développement. « La fabrication de nos produits nécessite un savoir-faire aussi bien en fabrication qu’en conditionnement. Mais la distinction se fait sur l’innovation : nous cherchons constamment à améliorer la performance des machines en usine, nous organisons des séances de créativité avec les différents services, au cours desquelles les commerciaux font remonter les tendances du marché, explique Marianne Fritz. La R & D nous donne des idées qui partent dans tous les sens, elles sont ensuite canalisées par la production. » Ketch’oh légumes est la parfaite illustration de cette chaîne de créativité. « Nous voulions proposer une alternative au ketchup, en remplaçant la tomate par d’autres légumes. » Cette innovation repose sur un double constat. Le Plan national nutrition et santé recommande de manger davantage de légumes et de diversifier son alimentation. Par ailleurs, le marché du burger se développe à grande vitesse : les nouvelles enseignes foisonnent et aiment se démarquer de leurs concurrents. Récompensé par un Snacking d’or « Les commerciaux ont fait remonter la tendance de la consommation de légumes, la R & D a voulu jouer sur les couleurs. » Quatre compositions, aux notes épicées et aux saveurs sucrées, sont nées de ce brainstorming, carotte-cumin, petit pois-menthe, potiron-curry, céleri-livèche. Le graphisme est attirant, les couleurs varient selon les légumes qui les composent. « On a de super-retours. C’est un produit qui plaît, car c’est une vraie innovation de rupture », souligne Marianne Fritz. Primé l’an dernier par Alsace Innovation, Ketch’oh légumes a reçu le trophée Snacking d’or en mars dernier à Paris. « Les restaurateurs le trouvent génial. Nous sommes assez fiers. » Pour autant, ces innovations doivent rester accessibles, en termes de coût : « Les dosettes sont données gratuitement dans les restaurants. Le restaurateur accepte de payer un certain prix, mais pas plus. » En deux ans, il y a eu beaucoup de changements en interne, confie Marianne Fritz. Une nouvelle équipe a été mise en place et la stratégie développée commence à porter ses fruits. « On a toujours une innovation d’avance. On est sur une belle dynamique d’innovation et on se fait plaisir, en plus. 31 lignes de conditionnement, cela nous donne une force vis-à-vis du client. Nous pouvons lui proposer un panel très large de formats. » Un beau dynamisme à laquelle la présidente n’est pas étrangère. Elle a d’ailleurs été récompensée par le trophée de la femme chef d’entreprise en 2015. « Ce n’est pas évident de fusionner deux entreprises de taille très différente. Mais aujourd’hui, on vit vraiment une belle aventure. »












