Pratique

Ferme Rottmatt à Sand

Un magasin pour décembre

Publié le 15/11/2016

Depuis 2013, la ferme Rottmatt commercialise une partie de sa production de viande en caissettes en direct aux particuliers. Bientôt, l’ouverture d’un magasin doit permettre aux éleveurs de développer la vente directe.

Début décembre, l’ancienne station-service de Sand deviendra un magasin de vente directe, du producteur au consommateur. Faut-il y voir le signe d’une transition vers un monde plus durable, avec moins de gaspillage d’énergie, de foncier, des agriculteurs rétribués à la hauteur des services rendus à la population (alimentation de qualité, entretien des espaces ruraux) ? Jérôme Gerhart et sa conjointe, Aurélie Gander, qui sont les instigateurs de cette réhabilitation n’iraient sans doute pas jusque-là ! Pour eux, ce magasin, c’est surtout l’aboutissement d’une stratégie d’entreprise. « Quand je me suis installé en 2010, après un bac pro Production animale à Obernai, la question d’arrêter l’élevage s’est posée parce que l’ancienne étable, à stabulation entravée, était vieillissante », rembobine Jérôme Gerhart. Avec son père, René Gerhart, son associé au sein de l’EARL Rottmatt, ils se sont laissé un an de réflexion. Période au bout de laquelle ils ont décidé de rester éleveurs, ce qui devait passer par l’augmentation du cheptel et la réalisation de quelques investissements. Dans un premier temps, l’ancienne étable est agrandie. L’année suivante, ils construisent un nouveau silo. Et la suivante une nouvelle étable de 1 400 m2 sur aire paillée. Parallèlement, à partir de 2013, les éleveurs se lancent dans la vente de viande de génisses en caissettes. Pour constituer leur clientèle, Jérôme Gerhart et Aurélie Gander utilisent beaucoup les nouveaux moyens de communication : un site internet soigné, une page Facebook vivante, affichant plus de 1 000 mentions J’aime. La gestion des colis se fait en flux tendu : les clients passent leur commande, une fois que le nombre de commandes est suffisant, Jérôme Gerhart amène la bête à l’abattoir, la carcasse est maturée en chambre froide avant d’être désossée et découpée en différents morceaux mis sous vide qui reviennent en camion réfrigéré à la ferme où ils sont répartis de manière homogène dans les colis. Les clients sont alors prévenus que leur colis est prêt et qu’ils peuvent venir le chercher à la ferme. Chaque colis représente environ un 16e de génisse, soit 15 kg de viande en moyenne. « Pour certains clients, même si on peut tout congeler, ça faisait trop. Nous avons donc décidé de nous lancer dans la découpe au détail, même si cela génère des investissements importants », explique Jérôme Gerhart. En effet, cette nouvelle activité requiert un atelier de découpe et de transformation d’une autre envergure, ainsi qu’un magasin. Parce que la vente de viande au détail sous forme de colis aurait été ingérable. C’est ainsi que le jeune couple a décidé de transformer l’ancienne station-service à l’abandon en boucherie charcuterie, avec une petite activité traiteur, histoire de valoriser les morceaux qui partent moins bien, parce que moins connus, moins prisés, « mais tout aussi bons », estime Jérôme Gerhart. Une évolution bien anticipée Dans le local de 80 m2, 55 m2 seront occupés par le magasin, le reste par l’atelier de transformation qui dispose notamment de quatre chambres froides représentant une surface réfrigérée totale de 30 m2. Afin de proposer une gamme de produits locaux aussi complète que possible, les agriculteurs proposeront aussi, en partenariat avec d’autres producteurs, des fruits et légumes, des produits laitiers, du vin, des épices, de la volaille, et même un peu d’artisanat, notamment des poteries. D’éleveurs, les agriculteurs se retrouvent donc propulsés au rang de petits commerçants. Cette évolution, Jérôme Gerhart et Aurélie Gander ne la subissent pas, ils l’ont au contraire préparée bien en amont. Titulaire d’un BTS Viticulture-œnolgie - un choix qu’elle doit à une filiation viticole -, Aurélie Gander a travaillé en Chambre d’agriculture, pour des organismes stockeurs, avant de rencontrer Jérôme Gerhart et de s’impliquer dans la vie de la ferme. En 2014, elle entame une reconversion. Sa nouvelle orientation est toute trouvée : Aurélie Gander obtient un CAP boucher, puis un Certificat technique des métiers (CTM) boucher charcutier traiteur. Désormais elle est cogérante, avec Jérôme Gerhart, de la SARL de la ferme Rottmatt créée pour bien séparer les activités de production agricole (EARL) et commerciales (SARL). Néanmoins, Jérôme Gerhart est identifié comme le gérant majoritaire de la SARL afin qu’elle puisse adhérer au réseau Bienvenue à la ferme. Aurélie Gander s’occupe donc pour l’instant seule de la transformation de la viande de bœuf et de veau, en saucisses, tourtes, terrine, quenelles de foie, cordon-bleu, knack… Mais l’ouverture du magasin devrait se traduire par la création d’un emploi pour la seconder à la vente et à la transformation. « Il est possible d’élaborer une grande variété de charcuteries à base de viande bovine, mais ce n’est pas le même niveau de prix que les charcuteries de porc », indique Jérôme Gerhart, qui prévient aussi d’emblée : « Même si nous vendons en direct, nous ne serons pas forcément moins chers qu’en GMS. Car comme notre structure est plus petite, nous avons davantage de frais à répercuter au kg. Et puis l’EARL va vendre des génisses à la SARL, et notre objectif c’est que les deux structures puissent dégager une marge, verser des salaires à ceux qui y travaillent, et accueillir les clients dans de bonnes conditions. » Inauguration le 3 décembre Actuellement, le futur magasin est encore en plein travaux mais, régulièrement, Aurélie Gander donne des nouvelles sur la page Facebook tout en s’affairant aux derniers préparatifs. Pour l’inauguration, prévue le 3 décembre, l’ensemble du fichier client qui compte 460 entrées et les 1 000 amis de la page Facebook seront invités. Les horaires d’ouverture ne sont pas encore définitivement établis, ils le seront en fonction des périodes d’affluence. De même, la pertinence de l’idée de confectionner des sandwichs avec les produits vendus en magasin sera validée - ou pas - par la demande des clients. L’ouverture au public est prévue le 6 décembre.

Filière maïs semences

Pourvoyeuse d’emplois

Publié le 24/10/2016

La filière maïs semences prend de l’ampleur et crée de plus en plus d’emplois dans son sillage. De 15 en période creuse, le personnel de l’usine de Marlenheim passe à 70 personnes pendant les quelque huit semaines que dure la réception à l’usine. Pour répondre à cet appel d’air, le Comptoir agricole a fait confiance à Germa Alsace, une entreprise de travail temporaire d’insertion.

Ils sont 50, de tous âges et de tous horizons. Ils, ce sont les 50 salariés intérimaires que Germa Alsace a recrutés pour le compte du Comptoir agricole. Parmi eux, il y a 25 % de femmes : « J’y tenais, elles apportent une certaine dynamique au groupe », confie Élizabeth Pracht, conseillère emploi chez Germa Alsace, qui a participé au recrutement de ce vivier de main-d’œuvre. En les regardant travailler, elle désigne un jeune homme, qui ne ménage pas ses efforts pour trier le maïs semences sur la table d’effeuillage : « Le travail l’a transformé, sourit-elle. Cela lui a permis de reprendre confiance en lui. » Une belle victoire pour Germa Alsace, pour qui en plus du souci de rendre un service de qualité à ses clients, s’ajoute celui d’accompagner ses intérimaires vers l’insertion professionnelle. C’est pourquoi, tous les vendredis à 13 h, l’heure à laquelle l’équipe du matin cède la place à celle du soir, Élizabeth Pracht est venue à la rencontre des intérimaires, pour maintenir leur motivation et leur implication. Et c’est aussi pourquoi, à l’issue de leur mission, chaque salarié intérimaire en dressera le bilan avec une conseillère emploi de Germa Alsace, qui démarchera d’autres entreprises afin de leur trouver d’autres missions. Un recrutement pointilleux Mais arrêtons-nous sur celle-ci. Le partenariat entre Germa Alsace et le Comptoir agricole n’est pas une nouveauté : en 2014, Germa Alsace avait été missionnée par le Comptoir agricole pour recruter 12 personnes, puis 23 en 2015, et 50 cette année, dont 46 opérateurs de tri, deux caristes et deux opérateurs aux séchoirs. La nouveauté c’est que cette fois le Comptoir agricole a délégué à Germa la gestion des ressources humaines (fiches de paie, gestion des absences, des remplacements...). Sa proximité avec la Mutualité sociale agricole (MSA), dont elle émane, a facilité certains aspects. Ainsi, tout le personnel a passé une visite médicale sur site. Le recrutement a débuté cet été. Pour trouver les personnes les plus adaptées aux tâches à effectuer, Germa Alsace a effectué des études de postes, a pioché dans son vivier d’intérimaires, et a procédé au recrutement de nouvelles personnes. Tous les canaux ont été utilisés : le bouche-à-oreille ; la mobilisation des partenaires de Germa Alsace comme Pôle emploi, les missions locales, les Conseils départementaux ; la diffusion d’offres d’emploi ; l’organisation de réunions d’information collectives, où les postes et les missions ont été présentés, et à l’issue desquelles des entretiens individuels ont été passés par les personnes intéressées. Des valeurs au travail Une fois que l’effectif de personnel requis a été atteint, les salarié intérimaires ont été formés : présentation du Comptoir agricole, de l’usine, des aspects de sécurité au travail… Et Germa Alsace est resté en contact avec eux jusqu’à ce que la mission démarre. Avant cela, toutes les personnes ont été vues et validées par le personnel encadrant de Germa Alsace et du Comptoir agricole. Pour pourvoir chaque poste de travail il y a donc eu un regard croisé afin d’y missionner la bonne personne. Grâce à cette phase préparatoire, les responsables de Germa Alsace et du Comptoir agricole connaissent chaque salarié intérimaire individuellement, que ce soit d’un point de vue social ou professionnel, ce qu’apprécie particulièrement Matthieu Hamm, responsable de l’usine : « J’ai pu repérer les personnes les plus sérieuses. Je sais à qui je peux confier des responsabilités. Je peux leur dire que si je le fais, c’est parce qu’elles le méritent. Et ça les valorise. » Élizabeth Pracht confirme : « Au Comptoir agricole, il y a des valeurs, du respect et de la considération pour les salariés. Ils le ressentent et du coup ils sont parfois restés un peu plus longtemps à leur poste lorsque la cadence l’imposait. » Une assistance à la gestion des ressources humaines Marc Moser, président du Comptoir agricole, est également satisfait de la collaboration avec Germa Alsace : « Grâce au professionnalisme de Germa Alsace, nous avons bénéficié d’un recrutement ciblé, d’une formation des salarié intérimaires, qui a permis de leur mettre rapidement le pied à l’étrier. Le poste de tri et d’effeuillage est essentiel dans le processus de fabrication des semences. C’est un travail noble et, cette année encore, ça a très bien fonctionné. » Déjà, Marc Moser voit plus loin : lui-même producteur de maïs semences, il sait à quel point cette culture est exigeante en main-d’œuvre. En outre, cette campagne a montré qu’en fonction des conditions météorologiques, les volumes horaires peuvent rapidement exploser : « Germa Alsace pourrait répondre à ces besoins en main-d’œuvre, à condition qu’ils soient préparés et anticipés. Et le Comptoir agricole pourrait faire le relais entre les producteurs et Germa Alsace. » À noter aussi que Germa Alsace peut s’occuper de toute la gestion administrative des ressources humaines (contrats de travail, versement des salaires, visites médicales, gestion des EPI) pour le compte des agriculteurs employeurs de main-d’œuvre. Cette année, Germa Alsace a par exemple organisé une réunion d’information collective à destination des saisonniers pour le compte de la Cuma de Marckolsheim.

Générations Mouvement

Les retraités dans l’air du temps

Publié le 24/10/2016

À Obernai, les présidents départementaux et régionaux de Générations Mouvement (ex-Aînés ruraux) ont planché sur le renouvellement de leurs adhérents. Le réseau fédère près de 9 000 clubs dans toute la France.

Durant toute l’année 2016, Générations Mouvement a fêté ses 40 ans d’existence : plusieurs moments forts ont émaillé ces derniers mois, depuis les journées nationales du mouvement, au printemps, jusqu’au séminaire des présidents départementaux et régionaux, qui se tenait du 11 au 14 octobre au VVF d’Obernai. Gérard Vilain, président national de Générations Mouvement, les a retracés en ouvrant les travaux. Il a notamment insisté sur la journée du 40e anniversaire organisée en septembre au Conseil économique, social et environnemental, en présence de Pascale Boistard, secrétaire d’État chargée des personnes âgées et de l’autonomie, des présidents de Groupama et de la MSA, les « pères fondateurs » de Générations Mouvement, et de nombreux élus représentant les territoires ruraux. L’occasion de présenter la diversité des actions entreprises par « le premier mouvement associatif de seniors en France ». Une journée plus festive, destinée aux adhérents, a été organisée en septembre à Clermont-Ferrand, avec plus de 1 400 participants. Des déclinaisons ont eu lieu dans certains des 85 départements où Générations Mouvement est implanté. Le séminaire d’Obernai, qui a réuni une centaine de participants et leurs accompagnants, avait pour objectif d’asseoir « les fondements du renouveau » voulu par le réseau. Le déclin du nombre d’adhérents - 650 000 aujourd’hui contre 800 000 au début des années 2000 - a conduit ses responsables à mener une politique de développement offensive depuis quelques années. Cela s’est traduit par un changement de dénomination - Générations Mouvement a ainsi remplacé les Aînés ruraux en 2012. Il s’agit aujourd’hui de poursuivre le changement d’image pour parvenir à recruter de nouveaux adhérents. Faire revenir les jeunes seniors « Nous voulons faire revenir les jeunes seniors issus du baby-boum, explique Bernard Dumont, trésorier national et président de la fédération du Bas-Rhin. Nous faisons tout pour être dans l’air du temps. » Il cite les nombreuses activités nouvelles développées dans les clubs : loisirs, activités d’entretien physique, généalogie, initiation aux nouvelles technologies. Au niveau national, Générations Mouvement cherche à fidéliser les clubs déjà affiliés et à en séduire de nouveaux. Elle leur propose ainsi différents services, parmi lesquels un contrat d’assurance spécifique proposé à un coût modique à tous leurs adhérents, ainsi qu’une vaste gamme de formations gratuites ouvertes aux responsables d’associations. Immatriculée au registre des opérateurs de voyage et de séjour, Générations Mouvement permet aux clubs d’organiser leurs voyages en toute sécurité. La fédération nationale a également négocié des avantages tarifaires auprès de différentes enseignes (optique, audition, beauté), dont elle fait profiter les adhérents. Enfin, Générations Mouvement entend participer à la diffusion des nouvelles technologies. Le réseau est partenaire des pouvoirs publics dans plusieurs expérimentations d’utilisation des outils informatiques (PC, tablettes, smartphones). Durant le séminaire, grâce à l’intervention d’un spécialiste des réseaux sociaux, les participants ont même appris comment annoncer leurs événements sur Facebook.

Pages

Les vidéos