Pratique

Association des maires du Bas-Rhin

Préserver la proximité démocratique

Publié le 11/12/2016

L’association des maires du Bas-Rhin a tenu son assemblée générale le 2 décembre à Strasbourg, marquée par la venue exceptionnelle du président du Sénat, Gérard Larcher.

C’est au Palais de la musique et des congrès de Strasbourg que le président de l’association des maires du Bas-Rhin, Claude Kern, a accueilli ses homologues pour leur dernière assemblée générale de l’année. Claude Kern a félicité ses nouveaux collègues élus, puis annoncé la création en janvier 2017 d’une nouvelle commune, celle de Hochfelden réunie à Schaffhouse-sur-Zorn, avant de préciser qu’il y aura 23 Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) l’année prochaine. L’intercommunalité oui, la supra-communalité non Dans son compte rendu d’activité, Claude Kern a souligné la mobilisation de l’association contre la baisse des dotations de l’État, notamment pour « tenter d’en infléchir le rythme ». Il est revenu sur les actions marquantes de l’association, dont la création d’un fonds de solidarité en faveur des communes sinistrées et la proposition d’une réunion d’information sur la prévention et la lutte contre la radicalisation. En ce qui concerne les perspectives 2017, l’association va rester attentive à l’aménagement des territoires. « Il ne faut pas négliger le développement équilibré avec l’Eurométropole et ce, dans une optique gagnant gagnant. » Le président s’est déclaré « pour l’intercommunalité et non pour la supra-communalité ». Il a émis le souhait que 2017 soit « l’année des territoires », assurant l’assistance que l’association restera à « l’écoute de ses besoins ». Georges Pfister, trésorier, a présenté la synthèse de l’exercice comptable. L’assemblée a voté la proposition d’une augmentation, minime, du taux de cotisation. Jacques Bigot, sénateur et maire d’Illkirch-Graffenstaden, est ensuite intervenu sur la question de la modernisation des statuts de l’association, « nécessaire ». Elle est reportée en 2017, après les élections présidentielles. « Pour ne pas cumuler les mandats », il a annoncé qu’il laissait celui de maire, « non sans regrets ». Contrats départementaux soumis au vote Le préfet de région, Stéphane Fratacci, a centré son intervention sur l’actualité, en soulignant le bon avancement de la question de la sécurisation des établissements scolaires, en lien avec l’association. La lutte contre la radicalisation, les modalités, la prévention ont fait l’objet de formations pour les élus. Pour les problèmes relatifs aux gens du voyage, une feuille de route commune a été élaborée. Le préfet a remercié l’association d’être un interlocuteur toujours présent. Il a souligné la mobilisation des services de l’État pour la préparation des grands événements avec une bonne implication et une volonté de solutions pragmatiques. Il a rappelé les consignes du plan Vigipirate. Pour finir, il a répondu à quelques questions de la salle, portant notamment sur les poids lourds, taxés outre-Rhin et pas en Alsace. « Ce problème ne peut trouver une solution dans cette mandature », a-t-il rétorqué. Pour Frédéric Bierry, président du Conseil départemental, les maires sont « les seuls élus qui ont encore la confiance des citoyens, le noyau dur du territoire ». L’enjeu est de faire équipe « dans la transparence et dans la confiance mutuelle, chacun dans ses compétences respectives ». Frédéric Bierry a annoncé des contrats départementaux, mis au vote le 8 décembre, pour des services à la population afin de « fédérer les acteurs et les énergies » sur quatre composantes : un fonds de développement et d’attractivité, un fonds de solidarité pour les communes plus modestes, un fonds d’urgence pour les catastrophes naturelles et un fonds d’innovation territoriale. Avec quatre à six enjeux prioritaires, formalisés pour quatre ans, chaque contrat aura un suivi. Pour co-construire les actions publiques, une enveloppe d’investissements de 600 millions d’euros sur 5 ans est prévue. Le président a exprimé sa volonté de « porter la vitalité de l’Alsace avec chacun des territoires », dans un département, « solide, engagé et mobilisé pour se développer ensemble ». Nouveau schéma régional, une vraie métamorphose Justin Vogel a présenté le Schéma régional d’aménagement de développement durable et d’égalité des territoires (Sradett). Un nouveau schéma régional, « décoiffant, qui va permettre une vraie métamorphose » en supprimant d’autres dispositifs, au moins sept remplacés ou fusionnés à moyen terme. Il va orienter de nouvelles politiques aux enjeux majeurs qui concernent les communes et les communautés de communes, à savoir, l’aménagement du territoire, l’urbanisme, l’habitation, le numérique et l’énergie. Confié aux Régions, le Sradett est un document de planification stratégique qui a pour objet de croiser les schémas régionaux existants pour arriver à une vision unifiée et claire de l’aménagement du territoire régional. Pour le Grand Est, un des enjeux est d’avoir « un projet politique fédérateur », en réaffirmant le « leadership régional en matière de développement durable » et de constituer entre autres un outil de gouvernance partagée. L’autre enjeu étant d’avoir un dialogue région - territoires dans le cadre des politiques régionales. Ce nouveau schéma chapeautera de nombreuses thématiques, dont le développement des transports, la maîtrise et la valorisation de l’énergie, la protection et la restauration de la biodiversité. Au final, « bon nombre de ces thématiques font partie du quotidien des maires », a souligné l’élu. « C’est un document prescriptif, avec obligation de prises en compte de ses objectifs et de compatibilité avec ses règles générales. » Les PLU, les cartes communales notamment seront concernés par la prise en compte des orientations du Sradett. Son élaboration devra être la résultante d’une co-construction de la Région avec les services de l’État, les Départements, les métropoles, les communautés de communes et le comité de massif entre autres. Une réunion de lancement de son élaboration se tiendra en février 2017 avec plusieurs ateliers. Au printemps, un état des lieux au niveau des anciennes régions sera suivi par 12 réunions territoriales pour lancer la concertation avec les acteurs du territoire. Son adoption par la Région est programmée d’ici fin juillet 2019.

Épicerie sociale et solidaire Bou’Sol à Haguenau

Soutenir plutôt qu’assister

Publié le 09/12/2016

L’épicerie sociale et solidaire La Bou’Sol procure depuis 2010 une aide alimentaire aux familles en difficulté des villes de Haguenau et Schweighouse-sur-Moder pour leur permettre de retrouver dignité et autonomie.

L’épicerie solidaire Bou’Sol à Haguenau fait partie des partenaires de la Banque alimentaire du Bas-Rhin : « Notre fonctionnement est totalement dépendant des livraisons de la banque alimentaire, dont nous distribuons les produits », explique Marlyse Willinger, présidente de Bou’Sol. En effet, sur les 68 tonnes de produits distribuées en 2014, 43 t proviennent de la banque alimentaire et 25 t du « circuit court », c’est-à-dire qu’elles sont collectées directement auprès d’enseignes de la grande distribution. Créer du lien social Située rue de la Vieille Île à Haguenau, Bou’Sol fonctionne grâce à l’action de 60 bénévoles et 1,3 ETP en emplois salariés (assistantes sociales). L’épicerie ouvre ses portes deux fois par semaine pour approvisionner 90 familles qui lui sont adressées par divers prescripteurs, comme le Centre communal d’action sociale (CCAS) de Haguenau ou de Schweighouse-sur-Moder. Si les familles respectent les critères d’admission - le principal étant un reste à vivre de moins de 6,50 € par jour et par personne au foyer -, elles sont inscrites à l’épicerie solidaire, dans un premier temps pour trois mois, avec un bilan à mi-parcours, extraits de comptes à l’appui. « Chaque année dix commissions permettent de statuer du sort de chaque bénéficiaire », explique Marlyse Willinger. Selon l’évolution de sa situation financière, son contrat peut-être prolongé, ou abrogé. « Certains reviennent quelques mois plus tard, il faut recommencer. D’autres ne reviennent plus. Et si on les revoit c’est pour nous remercier d’avoir été là à ce moment. Cela montre que le soutien moral que nous pouvons apporter est important aussi », raconte Marlyse Willinger. Pendant la durée de leur contrat, les bénéficiaires peuvent venir s’approvisionner une fois par semaine à l’épicerie, où ils ne paient les denrées que 10 % de leur prix réel. Ainsi, pour 20 € de denrées achetées, le bénéficiaire ne paie que 2 €. Les 18 € économisés doivent servir à résoudre un autre problème budgétaire, par exemple une facture énergétique - « C’est un problème qui revient souvent », note Marlyse Willinger -, ou encore de téléphonie. Des ateliers pour favoriser l’insertion Les bénéficiaires sont dans l’obligation de participer à un atelier de formation par mois, que ce soit pour apprendre à gérer un budget, à choisir un abonnement téléphonique, à avoir une alimentation saine, à gérer les soins bucco-dentaires, à rechercher un emploi… Et puis il y a aussi des ateliers plus ludiques : cuisine, poésie, coiffure, en partenariat avec les apprentis en coiffure du CFA voisin. Les Restos du cœur ont leurs locaux juste à côté, formant une espèce d’enclave de la solidarité. Les relations entre les deux structures sont « bonnes », juge Andrée Nathalie. Les jours de distribution ne sont pas les mêmes, les échanges de service sont fréquents et se font en bonne entente.

Forêt de Haguenau

En route pour le label !

Publié le 07/12/2016

La première étape pour l’obtention du label Forêt d’exception demandée par la forêt indivise de Haguenau a été concrétisée par la signature d’un protocole d’accord entre l’Office national des forêts d’Alsace du Nord, la Ville de Haguenau et l’État, le 18 novembre.

C’est l’auberge du Gros Chêne, au cœur de la forêt indivise de Haguenau, qui a accueilli les représentants de l’Office national des forêts (ONF), du comité national du label Forêt d’exception, le député-maire de Haguenau, Claude Sturni, et la sous-préfète de Haguenau-Wissembourg, Chantal Ambroise. Innovation dans la gouvernance, travail en commun Albert Maillet, directeur national forêts et risques à l’ONF, a rappelé que le label Forêt d’exception, initié par l’ONF est « une marque déposée ». Il est décerné à des forêts qui ont vocation à servir de modèle. Il y a vingt forêts en France engagées dans cette démarche, quatre sont labellisées, dont celles de Fontaineblau, de Verdun, dont « le fil rouge est le lieu de mémoire ». « Patrimoine exceptionnel, innovation dans la gouvernance », la forêt indivise de Haguenau engageait en ce 18 novembre la première étape vers l’obtention de ce label avec la signature d’un protocole d’accord entre les différents partenaires. Il sera suivi d’un contrat de territoire puis d’un dépôt de candidature officielle à l’obtention. Cette démarche s’achèvera par un grand oral à Paris. « Le comité national du label Forêt d’exception, composé de personnalités d’horizons différents, a été créé en 2007 », a précisé Paul Arnould, son président. Il sélectionne les demandes d’obtention de ce label, qui s’appuie sur une charte nationale Forêt d’exception, dont un des principes est « l’innovation, avec des acteurs qui travaillent ensemble ». Pour celle de Haguenau - forêt de plaine en indivision, « une particularité » -, c’est un projet commun qui se décline en différentes actions représentatives de la personnalité de ce territoire, avec « une gouvernance ouverte par l’ONF ». C’est grâce à « la volonté commune de la ville et de l’ONF » que cette demande a été ajoutée l’année dernière à la liste des forêts déjà candidates à ce label. Le protocole d’accord signé ce jour-là est un projet à l’échelon local et régional. Le comité interviendra ensuite pour la rédaction du document de candidature. Paul Arnould, impressionné par « le sérieux et la diversité des partenaires, n’a pas de doute sur la réussite de ce projet ». Espace naturel remarquable à valoriser et à partager « Les acteurs de cette demande ont pris le train en route et rattrapé les autres forêts dans cette démarche, a précisé Claude Sturni. La ville de Haguenau a été créée il y a 900 ans parce qu’il y avait la forêt. Et sur la carte satellite de France, c’est encore cette forêt qui permet de trouver Haguenau. C’est une des motivations qui a enclenché cette demande accélérée. Cette forêt représente un véritable patrimoine génétique pour la ville, un élément d’identification, un lieu de ressources, avec des liens multiples tissés au fil des siècles, selon les besoins des hommes. » La forêt, « c’est notre avenir », a insisté le maire. Il s’agit de chercher des éléments d’innovation, notamment dans le bois, vecteur de développement. Les différents acteurs se sont retrouvés spontanément autour de cette démarche de labellisation, dans « une envie commune de promotion et de valorisation du territoire, la forêt au cœur de l’Alsace du Nord ». Il s’agit de faire en sorte que le projet des copropriétaires, Ville, État, « demeure multipartenarial ». Ce protocole est « un encouragement pour aller au bout de la démarche ». Chantal Ambroise, en poste depuis quatre mois, présidente du comité de pilotage des équipes de l’ONF et de la Ville, a salué cette démarche qui marque « le caractère emblématique retrouvé pour la forêt ». Haguenau a la chance d’avoir cet espace naturel tout proche, « remarquable par sa taille et sa diversité ». L’ONF et la Ville ont conjugué leurs efforts pour travailler ensemble dans la durée pour élaborer des projets et préserver ce patrimoine forestier. « C’est un espace naturel à valoriser, pour en faire une fierté, et à partager avec le public ». « Ce n’est pas qu’un massif, c’est un territoire, riche d’histoire, de mémoire culturelle », avec une faune et une flore diversifiée. Ce projet territorial va porter sur quatre thématiques, l’accueil en forêt, la diversité, le volet économique, bois, chasse, et les liens avec l’homme. Cette démarche est un atout, « un support pédagogique, la mise en avant des savoir-faire locaux », la poterie entre autres. Ce protocole est un acte d’engagement, qui devrait « renforcer le lien social et le développement économique local ». État, Ville, il s’agira de trouver « le meilleur équilibre entre valorisation et conservation », a-t-elle noté. La réussite du projet Forêt d’exception dépendra « de la capacité, de la volonté de fédérer » et mobiliser l’ensemble des partenaires pour « s’approprier ce bien en étant fier de sa richesse et de son identité ».

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