Centrales photovoltaïques
De nouvelles opportunités à saisir
Centrales photovoltaïques
Publié le 29/12/2016
Grâce à l’appel d’offres pour l’installation de 3 000 MW de centrales photovoltaïques d'ici 2019 sur le territoire français, les agriculteurs disposent de nouvelles opportunités pour exploiter leurs bâtiments de plus de 650 m2, tout en conservant une rentabilité en dix ans.
Des grosses centrales, et toujours autant de rentabilité. Grâce à l’appel d’offres émis au second semestre par le ministère de l’Environnement, les agriculteurs désireux de se créer un complément de revenu peuvent désormais installer des centrales photovoltaïques de 100 à 500 kWc sur des surfaces allant de 650 à 3 000 m2. « Auparavant, il fallait faire des divisions parcellaires. Désormais, il n’y a plus ce problème », explique Philippe Soret, directeur technique d’Electro Concept Énergie, l’entreprise de Rixheim spécialisée dans les installations photovoltaïques, notamment sur des bâtiments agricoles. 3 000 MW supplémentaires en trois ans Derrière cette mini-révolution, on trouve la volonté du gouvernement de redonner un coup de boost à la filière et ainsi pouvoir atteindre l’objectif fixé de 10 200 mégawatts (MW) d’électricité solaire produite sur le territoire français fin 2019. Un chiffre ambitieux sachant que le parc actuel ne produit « que » 6 700 MW. « Du coup, ce sont 3 000 MW qui doivent voir le jour au cours des trois prochaines années, à raison de six tranches de 500 MW espacées chacune de quatre mois », détaille le directeur commercial d’ECE, Pascal Tran. La date limite de dépôt de candidature de la première période a été fixée au 10 mars 2017, la suivante le 7 juillet 2017 et ainsi de suite jusqu’au 4 novembre 2019. Ce qui veut dire que les personnes ayant un projet dans les cartons ne doivent pas traîner si elles veulent se lancer dans l’aventure. Comme dans tout appel d’offres, le dossier de candidature sera évalué et comparé à d’autres dossiers. Et seuls ceux qui obtiendront les meilleures notes seront sélectionnés « lauréat » pour être mis en œuvre. « La note finale intègre un volet économique et un volet environnemental ; le critère prix représentant à lui seul 70 % de la note finale », poursuit Pascal Tran. En clair, cela signifie que le tarif d’achat de ces centrales de plus de 100 kWc, contrairement aux plus petites (de 36 à 100 kWc), n’est pas issu d’une grille qui évolue au fil des trimestres. « C’est le porteur du projet qui le fixe. Et plus le tarif proposé est élevé, moins la note finale sera bonne. Il faut donc donner le tarif le plus juste, celui qui permet à l’installation de conserver une rentabilité d’une dizaine d’années, tout en restant compétitif », complète Philippe Soret. Deuxième point : le bilan carbone du projet. Cela sous-entend que plus les modules et films photovoltaïques viennent de loin, moins ils sont « écologiquement » compatibles. « Il y a une volonté de privilégier les constructeurs européens de panneaux. Le marché est en train de se réorganiser autour d’une responsabilité territoriale », poursuit Pascal Tran. Les 36 et 100 kWc restent rentables La filière photovoltaïque française conserve donc de sérieux atouts pour se développer dans les années à venir, encore faut-il saisir la balle au bond à temps. D’autant plus que les « traditionnelles » centrales 36 et 100 kWc conservent un réel intérêt économique. Avec des tarifs de rachat actuellement à 11,49 et 12,47 cts/kWh, ces installations offrent toujours à leurs propriétaires un retour sur investissement d’à peine dix ans. « Pour le financement d’un bâtiment agricole, cela reste très intéressant », souligne Pascal Tran. Une rentabilité qui pourrait même s’améliorer dans les semaines à venir ; le gouvernement ayant émis le souhait de contribuer au coût du raccordement pouvant aller jusqu’à 50 % pour apporter un coup de pouce supplémentaire à la filière photovoltaïque française. Sans oublier, les « micro » centrales de 9 kWc qui bénéficient, elles, d’un tarif de rachat de 23,83 cts/kWh et d’un coût de raccordement plutôt faible. L’autre tendance du moment dans la filière photovoltaïque, ce sont les centrales destinées à l’autoconsommation qui permettent d’économiser plusieurs milliers d’euros chaque année sur la facture d’électricité. Electro Concept Énergie est d’ailleurs sur le point de concrétiser deux projets dans le Haut-Rhin, sur deux bâtiments agricoles : une centrale de 172 kWc sur un bâtiment de stockage, et une centrale de 110 kWc sur un bâtiment d’élevage. « Et dans ce genre de cas il n’y a pas de contrat d’achat, en revanche plusieurs mécanismes de soutien existent pour renforcer la rentabilité des projets », ajoute Philippe Soret.












