Pratique

Maison Feyel Artzner à Schiltigheim

Pas de pénurie de foie gras !

Publié le 23/12/2016

Malgré le recul de la production française de palmipèdes gras suite aux épidémies d’influenza aviaire, le foie gras Feyel Artzner sera au rendez-vous des fêtes de réveillon. En cette fin d’année, l’entreprise alsacienne revisite les classiques et s’inscrit dans les nouveaux moments de consommation.

Indétrônable des tables de réveillon des Français, le foie gras a pourtant failli manquer à l’appel, cette année. La crise sanitaire provoquée par l’influenza aviaire fin 2015 a poussé les pouvoirs publics à mettre en place un plan d’assainissement qui a conduit, à compter du 18 janvier 2016, à l’arrêt de mise en élevage de volailles dans la zone de restriction jusqu’au 18 mai. Environ 4 000 élevages de 18 départements du Sud Ouest étaient concernés par cette mesure qui s’accompagnait de l’arrêt total des abattages pendant quatre mois. Avec pour conséquence la perte de 25 % de la production de palmipèdes gras. Du fait de cette crise sanitaire, la production mondiale de foie gras a connu en 2015 une baisse de 700 tonnes, pour atteindre 25 600 t. « La France a enregistré une baisse beaucoup plus importante, de l’ordre de 4 750 t », explique Nicolas Schwebel, PDG de la maison Feyel Artzner à Strasbourg. Mais d’autres pays européens, comme la Bulgarie et la Hongrie, ont augmenté leur production, ce qui a partiellement comblé le déficit. Une production française en net recul La filière avicole n’est pas sortie de l’auberge pour autant, puisqu’une nouvelle épidémie s’est déclarée récemment : 27 foyers de H5N8, un virus hautement pathogène, ont été confirmés dans les élevages et quatre cas dans la faune sauvage. Par ailleurs, la mise en œuvre de mesures de biosécurité suite à la crise sanitaire de l’an dernier a conduit la filière française à investir et à ralentir sa production, du fait notamment du passage en bandes uniques. « La productivité de la filière française de palmipèdes gras a diminué de 25 % en 2016 », indique Nicolas Schwebel, se basant sur les chiffres de l’interprofession (Cifog). Cette situation a bien entendu provoqué un renchérissement du foie gras frais, que les transformateurs ont dû répercuter sur le prix final de leur produit. Pour autant, le foie gras restera un produit accessible : « La tranche de foie gras (40 g) n’augmentera que de 20 à 40 cts », indique Nicolas Schwebel. Soit une augmentation de 10 à 15 %. Par contre, les exportations françaises ont été fortement pénalisées par cette baisse de la production. Car si les ventes sont restées stables dans la grande distribution, le marché export est en net recul, du fait notamment de la fermeture du marché japonais : - 27 % pour le foie gras cru, - 15 % pour le foie gras transformé. Pour la première fois depuis très longtemps, la balance commerciale du foie gras est dans le rouge : elle passe de 15,9 millions d’euros en 2015 à - 2,80 M€ au premier semestre 2016. Surfer sur la vague des apéritifs dînatoires Malgré cette pénurie, Nicolas Schwebel se veut rassurant : il y aura du foie gras dans les rayons. « La priorité de la maison Feyel Artzner est d’approvisionner les tables de réveillon. Mais nous avons dû faire des choix, en privilégiant les produits à fort savoir-faire et à marque. » Une certaine incertitude règne toutefois à l’approche des fêtes de fin d’année : « Les achats sont de plus en plus tardifs, d’autant que la configuration calendaire n’incite pas les consommateurs à anticiper leurs emplettes », explique Patricia Houdebert, directrice marketing et communication. De belles surprises ont été préparées à leur attention. Feyel propose un foie gras de canard en torchon à l’orange et au Grand Marnier, dans lequel le caractère prononcé du foie gras de canard se mélange aux notes fruitées de la liqueur pour une belle aventure des papilles. Et pour multiplier les occasions de déguster du foie gras, Artzner lance la gamme « Les Apérissimes », des tranches de mousse de foie de canard préparée avec 50 % de foie gras et agrémentée de poivre de Sichuan ou d’orange fraîche pour des apéritifs exotiques et raffinés. De son côté, Artzner remet au goût du jour une recette ancienne, la terrine en porcelaine de foie gras d’oie. Un écrin digne d’un produit d’exception ! Par ailleurs, le chef de la maison Artzner revisite un grand classique, le foie gras en croûte, inspiré de la célèbre recette du pâté de foie gras à la Contades. Bref, de belles idées à savourer !

Publié le 20/12/2016

À l’initiative de l’Agence de l’eau et de l’Eurométropole, le forum Ville & Eau faisait témoigner récemment, des acteurs sur la question des circuits courts et de la production locale comme levier de protection des ressources en eau.

Pour l’Eurométropole et l’Agence de l’eau Rhin-Meuse, les circuits courts de commercialisation de produits agricoles et les nouvelles formes de productions partagées contribuent à l’amélioration de la qualité des eaux. C’est pourquoi le 6 octobre dernier, dans le cadre du forum Ville & Eau, ces deux acteurs territoriaux ont fait exposer plusieurs exemples d’initiatives. Les jardins partagés connaissent un succès grandissant. Avec ses 4 800 jardins familiaux, sur un total de 162 hectares, Strasbourg est la ville la plus fournie de France, indique Serge Hygen, écoconseil à la municipalité. Ces potagers urbains collectifs s’inscrivent dans la suite des jardins ouvriers apparus en 1908, sous le Reichsland. Des photos d’époque montrent la place de la République et la place d’Austerlitz occupées par les jardins. Très développés encore dans les années 1950, les jardins familiaux connaissent une régression dans les années 1970 avec la consommation de masse. Fin des années 1980, on note un redémarrage de ces jardins « gérés par la ville et des associations en délégation de service ». Au début des années 2000, un nouveau sens est donné à ces jardins, avec la notion de jardins partagés qui n’ont plus pour seule vocation de contribuer à subvenir aux besoins alimentaires, mais visent à recréer du lien social. À vocation sociale En 2005 est inauguré le premier jardin partagé, géré dans le cadre de la politique d’habitat social. En 2008, la ville dédie un service à la gestion de ces jardins, « avec un cadre juridique défini pour les jardins partagés sur la question foncière, la question sanitaire, et la ville se charge des aménagements ». Les habitants en bénéficiant doivent se constituer en association, signer une convention avec ville dont l’objectif intègre la question du lien social. Strasbourg compte en 2016 une vingtaine de jardins partagés. Ce sont des jardins de 1 000 m2 partagés par 50 personnes et dont la ville reste propriétaire. Entre ces deux formes, l’une très collective qu’est le jardin partagé, l’autre plus individuelle qu’est le jardin familial, existe le potager urbain collectif, où chaque parcelle qui est louée à une famille a une véritable finalité nourricière, explique Serge Hygen. C’est le cas de Sevran en région parisienne. Parallèlement, la Ville de Strasbourg accompagne une action plus éducative dans ses périscolaires. Elle consiste à « aménager un jardin pédagogique durable dans un établissement scolaire » dans le cadre d’une politique de l’éducation à l’environnement, explique Bruno Streifer, responsable projet scolaire, éducation physique et à l’environnement, pour la ville. Des équipements de jardinage et points de verdure sont mis à disposition dans les écoles sur la base d’un projet pédagogique défini de concert avec l’Inspection d’académique. Qui en retour forme les enseignants : « Un long travail de coordination », commente Bruno Streifer. Aujourd’hui, la ville et l’académie ont installé une quarantaine de jardins éducatifs dans les périscolaires. Une extension est en réflexion dans les cours d’école, où les jardins servent de support pédagogique à « l’école du dehors », comme des parcours sensoriels. À noter que les « écoles qui jardinent » sont en passe de se structurer en réseau. Restauration collective bio : l’exemple de Charleville-Mézières Pour contribuer à développer les circuits courts, les villes disposent d’un autre levier qui est l’achat des productions alimentaires pour approvisionner leurs cantines collectives, scolaires et autres. Et sur ce point, les habitudes changent, et les acheteurs pour les villes n’ont plus systématiquement recours aux majors de l’approvisionnement alimentaire collectif qui proposent des services de cantine clé en main. Françoise Busnel, à la direction de la cuisine centrale de Charleville-Mézières, a rappelé que la « restauration collective scolaire est très cadrée par une circulaire de prescriptions sous décret depuis 2007 ». Un projet obligeant à 40 % de produits bios avait été refusé par les sénateurs. Effectivement, leur mise en œuvre n’est pas simple, au vu du « corpus de sécurité sanitaire », rappelle Françoise Busnel. Plusieurs problèmes sont à lever : la logistique, les coûts, la question des marchés publics, il faut changer et adapter les techniques culinaires… La ville de Charleville-Mézières distribue 430 000 repas annuels, soit 2 500 repas par jour. Le projet d’introduire 20 % de base bio dans l’alimentation a débuté en 2005 par la rencontre des producteurs, la compréhension réciproque des contraintes de chacun, puis par la formation du personnel cuisinier à l’éducation nutritionnelle, inspirée du Plan national nutrition et santé (PNNS). S’agissant des marchés, il y a une gestion des lots d’approvisionnement, des regroupements de producteurs plus importants, tout en tenant compte des filières. Et pour les coûts, « on a dégagé des marges par l’approvisionnement en barquettes collectives et non pas individuelles ». Les marchés sont passés sur quatre ans. Le projet a également nécessité d’adapter l’équipement des cuisines. « Concrètement, nous proposons un repas bio par mois. Et de multiples produits comme les lentilles, les yaourts, les compotes, les pâtes, le pain, les pommes de terre, sont totalement passés en bio ». Enfin, la parole était donnée à Hélène Clerc, de l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique (Opaba), qui a présenté les nombreux partenariats producteurs bios - collectivités en Alsace. Des études de faisabilité sont conduites pour introduire des ventes de paniers garnis à la sortie de l’école, par des maraîchers, parfois les collectivités co-investissent dans des infrastructures pour faciliter la vente et distribution de produits bios ou s’impliquent dans la certification. L’exemple est donné de l’abattoir de Haguenau, récemment certifié bio.

Publié le 16/12/2016

La loi de finances 2017 apporte son lot de nouveautés en matière fiscale. Le point avec Rémy Uffler, directeur adjoint de l’AGC-CFG67.

Le dispositif Macron, qui introduit une déduction exceptionnelle en faveur de l’investissement, communément appelée « suramortissement », est prorogé, annonce Rémy Uffler, directeur adjoint de l’AGC-CFG 67. Les biens immobiliers (bâtiments de stockage et d’élevage, mais aussi matériel de transport, de stockage et de magasinage), sont exclus de ce dispositif, précise-t-il. Toutefois, les matériels roulants concourant à la réalisation d’une activité de production ou de transformation sont éligibles, ce qui inclut les tracteurs, les moissonneuses-batteuses, les ensileuses, les outils de travail du sol et de semis, ainsi que les pulvérisateurs et épandeurs. De même, les cuves de vinification, les pressoirs, les robots de traite et les matériels de serre horticole sont éligibles. L’autre nouveauté est le remplacement du forfait collectif agricole par le micro-bénéfice agricole (micro-BA). « Ce régime est applicable de plein droit lorsque la moyenne des recettes mesurées sur trois années consécutives n’excède pas la limite de 82 200 € hors taxes pour l’année 2016. » Il s’applique aussi aux exploitants au réel dont la moyenne de recettes redevient inférieure à cette limite. « Une entreprise au réel en 2015, dont le chiffre d’affaires moyen sur trois ans est inférieur à 82 200 €, passera d’office au micro-BA », précise Rémy Uffler. Les sociétés créées après 1997 sont exclues de ce régime, les Gaec constituant l’exception à la règle. Par contre, les entreprises du monde du cheval, écartées du forfait agricole, pourraient également bénéficier de ce régime d’après les discussions parlementaires en cours. Le nouveau « micro-BA » est équivalent à 13 % de la moyenne des chiffres d’affaires de l’année en cours et des deux années précédentes, c’est-à-dire que 87 % de cette base représentent les frais de l’exploitation. Un mode de calcul transitoire est prévu, le régime de croisière de ce nouveau dispositif devant être atteint en 2018, indique Rémy Uffler. Attention, l’administration impose aux agriculteurs concernés, sur conseil de leur comptable, de se positionner avant le 31 décembre 2016, mais la parution tardive des textes ne leur facilite pas la tâche ! La TVA sur l’essence progressivement récupérable Le projet de loi de finances 2017 apporte, comme chaque année, son lot de nouveautés. À commencer par un relèvement des tranches du barème de 0,1 % pour l’imposition des revenus de 2015. Il instaure une réduction de l’impôt de 20 % pour les petits contribuables et généralise le crédit d’impôt « services à la personne » : ainsi un retraité pourrait bénéficier d’un crédit remboursable suite à l’emploi d’un salarié à domicile. Par ailleurs, il proroge le crédit d’impôt pour la transition énergétique, ainsi que les dispositifs de défiscalisation immobilière Pinel (logements en zones sensibles) et Censi-Bouvard (résidences pour étudiants et seniors). Autres bonnes nouvelles, les agriculteurs pourront récupérer progressivement la TVA sur l’essence, comme ils le faisaient jusqu’à présent pour le fioul et gazole. Le taux de l’impôt sur les sociétés est progressivement réduit pour arriver à 28 % en 2020. Par ailleurs, le taux du CICE (crédit d’impôt calculé sur les salaires payés) passera de 6 à 7 % pour les salaires de 2017. Des dispositions sont également prévues pour favoriser les véhicules non polluants, qu’ils soient électriques ou hybrides. Un changement d’envergure Un changement d’envergure se profile à l’horizon : le gouvernement a annoncé la mise en place du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu à compter de 2018. Une mesure déjà appliquée dans de nombreux pays. L’objectif est de supprimer le décalage entre la perception des revenus et le paiement de l’impôt correspondant. Ce prélèvement à la source s’applique aux salaires, aux revenus des indépendants, et donc aux agriculteurs, ainsi qu’aux revenus fonciers. Les revenus des capitaux mobiliers et les plus-values immobilières ayant déjà un système de recouvrement particulier, sont exclus du champ d’application Ce prélèvement à la source sera effectué par un collecteur (employeur, caisse de retraite, pôle emploi), à charge pour lui de le reverser à l’administration fiscale. Cependant, les agriculteurs, de même que les commerçants ou les professionnels libéraux, devront s’acquitter directement de cet impôt par paiements trimestriels. « Le taux du prélèvement à la source sera communiqué par l’administration au collecteur. Il sera modulable si un changement important de situation intervient en cours d’année », explique Rémy Uffler. Un agriculteur devra donc payer des acomptes trimestriels sur ses revenus de 2016 en 2017 ; en 2018, il paiera des acomptes pour l’impôt sur ses revenus de 2018 qu’il pourra plus facilement moduler s’il pressent une baisse de revenus cette année-là. Il devra ensuite faire une déclaration des revenus 2018 en mai 2019, afin de calculer l’impôt définitif. Et, en tant qu’employeur, il devra s’acquitter d’acomptes mensuels qui seront imputés au salarié sur sa fiche de paie. « L’année 2017, dite année blanche, sera dans le collimateur de Bercy, car les revenus exceptionnels seront inexorablement taxés », poursuit Rémy Uffler. Toutefois, ce nouveau « prélèvement à la source » devra résister à l’épreuve des élections présidentielles du printemps prochain, certains candidats y étant hostiles.

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