Restauration scolaire
La ville de Strasbourg lance un nouvel appel d’offres
Restauration scolaire
Publié le 22/11/2016
La ville de Strasbourg consacre chaque année 14 millions d’euros à la restauration scolaire dans les écoles maternelles et primaires, dont 6 M€ pour les repas. Après l’approvisionnement en produits bios locaux, le nouvel appel d’offres, qui sera lancé en décembre, fixe des exigences supplémentaires, comme la réduction des déchets.
La ville de Strasbourg a décidé de lancer un nouvel appel d’offres pour la restauration scolaire dans les écoles maternelles et primaires de la ville, annonce Françoise Buffet, adjointe au maire de la ville en charge de l’éducation, lors d’une conférence de presse. « Le cahier des charges devrait être prêt d’ici la mi-décembre », indique-t-elle. Le dernier appel d’offres date de 2009 et a été reconduit plusieurs fois. Le contrat du prestataire en place s’achève le 31 août 2017. Le nouvel appel d’offres aura une durée de deux ans, reconductible. 11 000 repas sont servis chaque jour aux élèves des écoles maternelles et primaires de l’agglomération strasbourgeoise. Avec quatre options : standard, végétarien, halal et sans porc. 10 000 d’entre eux sont servis dans les restaurants scolaires, quelques élèves étant orientés vers d’autres structures, comme les Ephad. Pour chaque repas servi, la ville verse 3,90 € au prestataire, le coût total du repas s’élevant à 9,20 €. « Les familles, quant à elles, paient le repas entre 1,30 et 6,70 € selon leur quotient familial », explique Françoise Buffet. En moyenne, deux tiers de ce coût est pris en charge par la collectivité, c’est-à-dire par les contribuables strasbourgeois. Favoriser les circuits courts Pour Françoise Buffet, il est essentiel d’assurer aux enfants une alimentation saine et équilibrée, mais aussi de répondre aux enjeux sociétaux, comme la réduction des gaz à effet de serre. C’est pourquoi, dans le précédent appel d’offres, la ville avait instauré l’obligation de servir au moins 20 % d’aliments issus de l’agriculture biologique. Le but était de 40 % de produits bios dans les repas, cet objectif étant atteint dans bon nombre de restaurants scolaires de la ville. Cette obligation étant doublée de l’exigence de s’approvisionner localement aussi souvent que possible. Cela ne s’est pas fait du jour au lendemain, explique l’adjointe au maire. Mais aujourd’hui, 60 % des produits bios sont d’origine locale. « Nous aimerions arriver à 100 %, mais la montée en puissance est lente du fait notamment de la période de conversion des exploitations agricoles. De plus, certains produits, comme les bananes, ne poussent pas en Alsace… » Aujourd’hui, la ville a décidé d’aller plus loin : « Le futur contrat tiendra compte des nouveaux enjeux fixés après concertation avec les élus et les parents d’élèves qui se préoccupent beaucoup de santé publique », indique Françoise Buffet. Faire en sorte que les enfants terminent leur assiette, lutter contre le gaspillage, réduire les déchets sont quelques-unes de ces préoccupations. « Nous avons aussi une démarche éducative : préparer un repas qui se rapproche le plus de ce que l’enfant mange à la maison tout en lui proposant des plats plus élaborés, en lui faisant par exemple découvrir des légumes qu’il ne connaît pas. N’oublions pas que pour de nombreux enfants, le déjeuner est le seul repas équilibré de la journée. » Quelle alternative aux barquettes ? Parmi les sujets à l’étude, la substitution des barquettes dans lesquelles sont servis les repas, notamment dans les écoles maternelles où les enfants ne sont pas capables de s’alimenter en self-service. Ces barquettes répondent bien sûr aux normes sanitaires en vigueur, mais de plus en plus de parents demandent leur suppression. L’appel d’offres fera peut-être émerger des solutions alternatives. Toutefois, la ville de Strasbourg se montre prudente : « Il est hors de question que notre appel d’offres reste infructueux. » La rentrée prochaine risquerait d’être mouvementée…












