Pratique

Publié le 21/10/2016

La classe de seconde C1 du lycée agricole d’Obernai participe au Goncourt des lycéens. Un projet initié par Mme Guyot, professeur de lettres et Nicole Freyss, professeur documentaliste, en mars 2016.

Fin juin, les élèves se sont rendus à Paris pour assister à une réunion d’information sur le Goncourt des Lycéens mais aussi pour rencontrer leurs pairs. Le 6 septembre dernier, ils ont découvert la sélection des auteurs en lice cette année pour l’attribution du prix et ainsi commencer un marathon de lecture de deux mois, pour lire quatorze romans. Véritable ouverture sur le monde Le Goncourt des lycéens est une véritable initiation à la littérature, un changement dans la vie des élèves qui doivent être capables de lire quatorze romans, d’émettre un jugement critique et de défendre leur point de vue, mais aussi de rencontrer les auteurs et connaître les arcanes d’un prix littéraire aussi prestigieux que le Goncourt. C’est aussi un défi pour la classe et les enseignantes qui découvrent les livres en même temps que les élèves. Le 26 septembre dernier a eu lieu la soirée de lancement au centre de documentation du lycée agricole d’Obernai, lieu propice pour donner envie, à l’élève, aux parents (venus nombreux) collègues et amis, de lire et flâner dans le patio attenant au CDI. La soirée a été agrémentée par des intermèdes musicaux et interventions des élèves qui lisaient certains extraits d’œuvres et leurs résumés. Ce projet n’aurait pu être finalisé sans le soutien de M. Cadieu, proviseur adjoint qui les a encouragés afin qu’ils puissent le mener à bien, le tout sous l’égide de M. Girodot, le proviseur. Les apports seront féconds à tous niveaux : une prise directe avec le réel, la connaissance de la littérature contemporaine, l’accès à un jury national, des découvertes à venir, des échanges avec les auteurs, une éducation citoyenne avant le bac de français. Autant de richesses à exploiter où l’élève doit s’ouvrir au monde qui l’entoure, des mondes si différents qu’il a découverts dans ses romans : des Comores au Kirghizstan en passant par la Grèce et Berlin pour s’arrêter en France à différentes époques : des hérétiques brûlés au XVIIe siècle, à l’Occupation en 1942, pour déboucher sur les abattoirs et leur inhumanité. Cette géographie littéraire du Goncourt invite au dépaysement tout comme à l’enracinement dans notre histoire. La soirée s’est poursuivie autour d’une collation, les échanges portant sur la littérature et son impact dans notre existence.

Restauration scolaire et circuits courts

Quand semaine du goût rime avec produits locaux

Publié le 19/10/2016

Pour améliorer la qualité des repas, valoriser les filières de proximité et promouvoir une éducation à l’alimentation durable, le Conseil départemental du Bas-Rhin s’engage avec la Chambre d’agriculture d’Alsace et le réseau Ariena pour l’accompagnement des équipes de restauration et la sensibilisation des collégiens.

De l’entrée au dessert, les assiettes ont fait la part belle aux produits locaux dans les collèges du Bas-Rhin pour la journée « Ici on mange bio et local » jeudi 13 octobre. Au collège Romain Rolland d’Erstein, les jeunes convives ont ainsi pu déguster carottes râpées et salades de la ferme Rosenmeer à Innenheim, les steaks hachés de vosgiennes de la ferme de la Bouille à Sainte-Croix-aux-Mines, accompagnés d’une sauce aux pleurotes de Champichoux à Geispolsheim, sans oublier des yaourts aux fruits bios de la ferme Michel à Lapoutroie. Cette démarche portée par le Conseil départemental en lien avec la Chambre d’agriculture d’Alsace (CAA) doit permettre « d’introduire d'ici 2020, 40 % de produits issus de l’alimentation durable, locale et de saison dans les restaurants scolaires du département, précise Laurence Muller-Bronn, vice-présidente du Conseil départemental. Prioriser l’approvisionnement local, c’est sensibiliser les enfants et les adultes à la saisonnalité. Les potirons, c’est meilleur maintenant et pas en juin. » La plateforme de commandes internet ApproAlsace, mise en ligne par la CAA, est l’un des outils permettant de répondre à cet objectif. Elle met en relation les restaurants avec 40 producteurs alsaciens et donc une offre locale et de saison. « La commande de produits via ApproAlsace ne doit pas se limiter à des journées comme aujourd’hui, rappelle Paul Schiellein, président de la commission circuits courts à la CAA. Cet outil doit permettre un approvisionnement progressif, constant et fréquent. C’est l’augmentation des volumes, la fidélisation des relations entre producteurs et restaurants tout au long de l’année qui permettra un partenariat gagnant-gagnant sur le long terme. » Jeter moins c’est manger mieux En plus de s’engager pour un approvisionnement local, l’établissement et ses responsables, le principal Daniel Bieth, la gestionnaire Catherine Kutschis et l’équipe pédagogique, se lancent cette année, comme vingt établissements avant eux, dans le dispositif « Mangeons sain, jetons moins ». Un dispositif porté par l’Association régionale pour l’initiation à la nature et à l’environnement en Alsace (Ariena), rejointe cette année par la CAA, et financé par le Conseil départemental et le Rectorat. « L’objectif étant de rassembler les démarches afin que l’une profite à l’autre, précise Paul Schiellein. Améliorer la qualité, c’est diminuer le gaspillage et donc baisser les coûts pour pouvoir réinvestir dans des produits de qualité. » Ce dispositif vise à former les cuisiniers à l’alimentation responsable, durable et locale et à impliquer les élèves dans leurs choix alimentaires. Ainsi les convives ont dû jauger leur faim avant de passer au self et ont été servis en fonction par l’équipe de restauration : vert pour les grandes faims, rouge pour les plus petites. Le pain a également été distribué par des élèves de 6e à leurs camarades avec pour mission de partager le pain mais en s’engageant à le manger. Les retours d’assiettes ont été ensuite pesés par les services civiques du Conseil départemental et les élèves de 6e afin d’évaluer le gaspillage dans leur restaurant. « L’accompagnement global des établissements et ses piqûres de rappel sont essentiels au succès de cette démarche qui doit favoriser l’ancrage territorial de l’alimentation et permettre aux Bas-Rhinois un retour à la terre essentiel », rappelle Laurence Muller-Bronn. Cette journée tombait à point nommé au moment où le ministère de l’Agriculture annonçait la 4e journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire « Jeter moins c’est manger mieux » pour le 16 octobre.

Publié le 17/10/2016

En 1918, une souche très virulente du virus de l’Influenza aviaire a fait de 50 à 100 millions de morts, soit plus que la peste noire. C’était la grippe espagnole. C’est la raison pour laquelle ce virus est autant surveillé par les autorités sanitaires. Le récent épisode d’Influenza aviaire dans le sud-ouest de la France a conduit à renforcer les mesures de biosécurité dans les élevages.

Le 10 février 2016, un arrêté relatif aux mesures de biosécurité dans les exploitations de volailles est paru au Journal officiel dans le cadre de la prévention contre l’Influenza aviaire. Depuis le 1er juillet 2016 (sauf demande de dérogation jusqu’en 2018), les élevages de volailles sont soumis à un certain nombre de nouvelles règles : mesures de protection physique des élevages, instauration de la bande unique… Et tout détenteur de volailles doit pouvoir présenter aux autorités publiques un plan de biosécurité. Pour aider les éleveurs à mettre en œuvre ces mesures sur leur exploitation, Costal organise des sessions de formation animées par le docteur vétérinaire Arnaud Schmitt, spécialiste des volailles. « Il s’agit d’une formation obligatoire et diplômante pour tout éleveur de volaille commercial », précise Mario Troestler qui, en accueillant une de ces sessions de formation le 10 octobre, s’est voulu rassurant : « Pour ceux qui sont soumis au cahier de charges de la production de poulet label, c’est surtout du formalisme, il n’y a pas grand-chose à faire de plus que ce qui y est inscrit ». Ce que confirme Arnaud Schmitt : « Pour les producteurs qui n’élèvent qu’une seule espèce de volaille, l’arrêté biosécurité ne va pas révolutionner leurs pratiques. Il s’agit surtout de les mettre sur papier, peut-être parfois de réorganiser la circulation. » « Il est inenvisageable de vivre avec ce virus » Car l’objectif principal de l’arrêté biosécurité, c’est d’instaurer des barrières entre les espèces. Il est donc désormais interdit de faire cohabiter des gallinacées et des palmipèdes, à moins d’unités de production totalement séparées et indépendantes. Néanmoins, ces mesures sont accueillies avec une certaine circonspection par une partie des éleveurs. Car pour eux, elles signifient la fin des petites unités de production et vont à l’encontre de la biodiversité et de la vente directe, prônées par ailleurs. Arnaud Schmitt est plus mesuré : « Ce n’est pas la fin des petites unités de production, mais il va falloir les gérer différemment : il faut des unités de production indépendantes, avec des barrières ». Car dans le récent épisode d’Influenza aviaire qui a sévi dans le sud-ouest de la France, c’est bien l’homme, par ses pratiques, qui a disséminé le virus du genre Anas (canard) au genre Gallus (poulet) (lire en encadrés). Et Arnaud Schmitt prévient : « Dans les autres pays européens, tous les élevages de volailles sont cloisonnés et fonctionnent en bande unique, avec une seule espèce. C’est le modèle qui s’impose au niveau européen en matière de production de volaille. Donc en cas de nouvel épisode d’Influenza aviaire en France, ces pays pourraient activer une clause de sauvegarde pour protéger leur production intérieure d’une contamination venue de France, ce qui fermerait la porte à nos exportations de volailles. » Grave pour les espèces sensibles, l’Influenza aviaire est considérée comme un danger sanitaire de première catégorie parce qu’elle peut potentiellement toucher l’homme (comme lors de la pandémie de grippe espagnole). La police sanitaire qu’elle engendre est coûteuse - le dernier épisode a représenté 500 millions d’euros (M€) de pertes pour la filière volaille française - et les pertes commerciales peuvent être très importantes. « Il est donc inenvisageable de vivre avec. » Une bande, une espèce Pour justifier les mesures de biosécurité à mettre en œuvre afin d’éviter une catastrophe sanitaire, Arnaud Schmitt a présenté le virus (lire en encadré) et illustré : « Les barils d’explosif, c’est le genre Gallus, les mèches, ce sont les canards, et ce qui allume le feu, c’est l’homme. La biosécurité consiste à mettre des barrières entre les espèces. » Concrètement, à faire des bandes uniques d’espèce unique, donc à n’avoir en présence que des animaux d’un seul âge et d’une seule espèce, afin de limiter le nombre de mèches. « S’il part d’un élevage, le virus de l’Influenza aviaire met en danger toute la filière », rappelle Arnaud Schmitt. Il faut donc identifier les voies d’entrée (éleveur, paille, poussin, aliment, technicien, contrôleur, vétérinaire, chien, visiteur, faune sauvage, tracteur et matériel d’élevage, gaz, eau) mais aussi de sortie (éleveur, visiteur, poulet, caisse, fumier, matériel agricole, faune sauvage, eaux de lavage, air, équarrissage). Et évaluer la fréquence et le niveau de risque de contamination. Des barrières, avec changement de tenue plus ou moins complet en fonction du risque, doivent être mises en place entre les unités de production (changement de chaussures minimum entre volailles et porcs) et entre le site d’élevage et les voies publiques. La session de formation s’achève sur la rédaction d’un plan de biosécurité pour chaque participant et des rappels sur les modalités de nettoyage et de désinfection des bâtiments, « un point important pour assurer la biosécurité des élevages ».

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