Pratique

Publié le 21/05/2017

Le magasin Cœur Paysan de Colmar a été inauguré officiellement le 11 mai dernier, cinq mois après son ouverture. L’occasion de faire un premier bilan très encourageant de ce point de vente fermier qui voit passer 400 clients en moyenne chaque jour.

Cinq mois après son ouverture, le magasin Cœur Paysan a enfin eu droit à son inauguration officielle le 11 mai dernier. L’occasion pour les quarante agriculteurs qui participent à l’aventure de remercier tous ceux qui leur ont permis de concrétiser ce projet : la ville de Colmar, le cabinet d’architecture Leny’s Concept, le groupement d’entreprises I2CR, ainsi que le Crédit Mutuel de Sélestat Scherwiller « qui a cru à cette belle aventure ». Et pour le moment, celle-ci remplit largement les espérances des producteurs qui ont tout de même investi 1,4 million d’euros entre le rachat du site (l’ancien Lidl de la route de Neuf-Brisach), les travaux de rénovation et de mise aux normes, et l’achat du matériel nécessaire. Grâce à un buzz positif sur les réseaux sociaux et une médiatisation inattendue de grands médias nationaux (France 2 et TF1 entre autres), Cœur Paysan a joui très vite d’une visibilité conséquente et d’un bouche-à-oreille efficace des premiers « curieux » qui y ont fait leurs courses. Aujourd’hui, ce sont 400 clients en moyenne qui viennent chaque jour remplir leurs cabas de produits agricoles et viticoles disponibles en rayons. Le panier moyen est de 28 € et les achats sont réalisés à 47 % au rayon boucherie. Suivent les fruits et légumes (24 %), la crémerie (10 %), l’épicerie (3 %), les liquides et poissons (2 %) ainsi que 12 % d’achats non catégorisés. « On est sur une belle rampe de lancement », se satisfait Denis Digel, président de Cœur Paysan et maraîcher à Sélestat. Les clients du magasin viennent majoritairement de Colmar et des communes à proximité. « Au total, nous comptons 4 000 porteurs de la carte de fidélité », révèle le directeur du site, Pascal Terroux. Des chiffres encourageants qui témoignent du réel intérêt des consommateurs à reprendre la main sur leur alimentation, comme le fait remarquer le maire de Colmar, Gilbert Meyer. « On revient en arrière en quelque sorte en achetant ce qui est issu de notre terroir. De cette manière, nous pouvons savoir ce que nous mangeons. » « Une expérience extrêmement enrichissante » Pour le président de la Chambre d’agriculture d’Alsace (CAA) et conseiller régional, Laurent Wendlinger, Cœur Paysan apporte une nouvelle réponse à celles et ceux qui souhaitent écouler leurs produits en vente directe. « En Alsace, nous avons beaucoup d’exploitations qui sont présentes sur ce créneau. Avec ce magasin, on va un peu plus loin en rallongeant un peu les filières courtes. C’est un challenge qui est gagné aussi bien pour l’agriculteur que pour le client. » Ce type de magasin est pour lui un parfait complément des autres filières, davantage tournées vers l’export ou l’industrie agroalimentaire. « C’est en travaillant sur tous ces axes en même temps que nous pouvons redynamiser l’agriculture de notre région », précise le président de la CAA. « C’est un état d’esprit nouveau dans le paysage commercial », complète Denis Digel. « C’est la rencontre de plusieurs agriculteurs qui ne se connaissaient pas, et qui ont décidé de s’affirmer pour reprendre leur place dans la société. » L’implication quotidienne des producteurs est l’une des raisons du succès précoce de Cœur Paysan. Chaque jour, au moins l’un d’entre eux est présent sur le site, en plus des neuf salariés à temps plein recrutés pour l’occasion. « Nous sommes, chacun à notre tour, l’ambassadeur des productions de nos collègues. Apprendre à parler du métier de l’autre est une expérience extrêmement enrichissante », témoigne le maraîcher de Sélestat. Le dialogue quotidien avec les consommateurs fait également émerger de nouvelles offres comme des huiles de colza et tournesol ou des lapins de fermes. Mais surtout, Cœur Paysan atteint aujourd’hui son premier objectif qui est de permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail, voire d’investir comme le relate Denis Digel : « Grâce aux perspectives offertes par le magasin, j’ai pu acquérir une toute petite récolteuse mécanique pour développer mon activité de haricots. En effet, la récolte manuelle en quantité suffisante pour répondre à la demande est très chère. Grâce à ce nouvel outil, je pourrai continuer à satisfaire la clientèle. » Forcément, une telle réussite fait des envieux. Les responsables de l’enseigne paysanne ont déjà reçu plusieurs sollicitations pour ouvrir d’autres groupements Cœur Paysan en France. « On nous a même demandé de participer à un forum en Roumanie », poursuit-il. L’amour de ses produits et de son terroir n’a pas de frontière.

Publié le 19/05/2017

Samedi 20 mai matin : arrivée des animaux 12 h : repas sur place 16 h : inscription pour le concours de pointage des animaux (Jeunes Agriculteurs) 17 h : début du concours de pointage 19 h : concours de clippage 21 h : concours de présentation (ouvert à tous les jeunes) 21 h 30 : soirée « Vache’ment jeune » 22 h : remise des prix Dimanche 21 mai 10 h : concours et championnat simmental 10 h 30 : opération Made in Viande (rencontre des professionnels de la viande bovine) organisée par Interbev Alsace 12 h : inauguration du festival de l’élevage repas sur place 13 h : concours interdépartemental génisses et championnat prim’holstein 15 h 30 : présentation des veaux par les enfants 16 h : démonstration de tonte de moutons 16 h 30 : présentation des races bovines allaitantes 17 h : présentation des chevaux en soirée : dégustation de tartes flambées Pendant tout le festival, restauration et buvette.

Offre assurantielle de Groupama

L’assurance, filet de sécurité

Publié le 18/05/2017

Groupama convie chaque année les représentants des organisations professionnelles agricoles pour échanger sur un point d’actualité du groupe. Cette année, Rémy Losser, Joseph Ehrhart, vice-présidents du groupe, et Olivier Larcher, directeur, ont axé le débat sur l’offre assurantielle en évolution, invitant leurs partenaires à des commentaires pratiques dans un but constructif d’identifier les faiblesses, les voies d’amélioration et de passer des messages vers les assurés via les différents réseaux.

2016 a été une année économiquement difficile pour l’agriculture alsacienne. Sur la politique tarifaire, Rémy Losser explique que Groupama a choisi cette année de temporiser l’augmentation de tarifs estimant que ce n’est « pas rendre service que de bloquer les tarifs et puis de les rattraper par une forte augmentation l’année suivante ». Au niveau de la Caisse régionale, le rapport sinistre sur cotisation se fixe à 75 % soit une dégradation par rapport à 2015, où il était à 69,9 %. C’est principalement sur les risques auto et santé que le ratio se dégrade, mais surtout celui sur les risques climatiques qui passe de 130 à 190 %. Mathieu Freysz, inspecteur technique agricole, a détaillé l’offre spécifique pour la clientèle agricole : Optimut (bâtiments agricoles), TMA (tracteurs et matériels agricoles) et service de remplacement. Le niveau de couverture pour les offres Optimut et TMA reflète de l’activité agricole des deux départements. S’assurer pour se faire remplacer L’offre service de remplacement par contre n’est pas encore complètement intégrée dans les besoins de couverture « automatique » et pourrait encore largement progresser sur l’ensemble de la région. Mais surtout, il existe un écart significatif entre les deux départements avec un rapport de 1 à 10 sur le nombre d’assurés. Or au-delà des 20 jours pris en charge par la Mutualité sociale agricole (MSA), la situation peut vite se compliquer pour un agriculteur qui doit faire face à un coup dur. Le président de la MSA, David Herrscher, précise que 20 demandes de dérogation ont été déposées cette année à la MSA, mais « on ne peut pas toujours faire de l’exceptionnel ». Il faut inciter les agriculteurs à couvrir ce risque. Pour Thomas Gillig, président des JA du Bas-Rhin, il est important de redynamiser cette offre qui aurait pu répondre à des besoins concrets. L’installation est le moment clé où il faut inciter les jeunes à souscrire en rappelant qu’une année de cotisation coûte 177 € quand une journée de remplacement coûte 150 €. Autre sujet largement débattu, l’assurance climat. Les chiffres montrent que les agriculteurs ont tendance à rebasculer en contrat grêle aux dépens de la multirisque climat du fait des mauvaises années et des rendements historiques en baisse. En vigne, 7 250 ha sont assurés soit la moitié du vignoble. Julien Koegler, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs, fait remarquer que lorsqu’on enchaîne les moyennes basses, l’intérêt de l’assurance diminue. Ce modèle assurantiel devra nécessairement évoluer car il montre au fur et à mesure des exercices climatiques difficiles ses avantages et ses faiblesses. Certains défendent l’idée d’une multirisque plus à la carte qui permettrait de prendre en compte les efforts des agriculteurs pour se protéger. En viticulture, comme le souligne Jacques Stentz, vice-président de l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA), la réserve qualitative protège du risque ; pour les cultures, l’irrigation est également une forme d’assurance. Pour Rémy Losser, si l’idée est de bon sens, le risque est néanmoins d’aboutir rapidement « à une usine à gaz ». Et si un agriculteur irrigue, ses références historiques seront plus élevées et son indemnisation par conséquent également. Olivier Larcher rappelle que pour être subventionnée, la MRC doit prendre en compte l’ensemble des aléas, ce qui exclut de fait les formules à la carte. Les aides jouent un rôle psychologique déterminant car pour Thomas Thuet, président de la Coopérative agricole de céréales (CAC), le compte pour l’instant sans aide n’y serait pas. L’État a un rôle à jouer sur le plan fiscal pour favoriser l’assurance car : « L’agriculteur doit pouvoir piloter sa trésorerie ». De l’assurance climat à l’assurance chiffre d’affaires Pour aller plus loin, Groupama réfléchit à une offre assurantielle qui intégrerait au risque climatique, le risque de fluctuation des marchés pour apporter concrètement à l’agriculteur « une assurance chiffre d’affaires ». Ce dispositif est actuellement en phase de test sur deux Caisses régionales et sera proposé dans le Grand Est à partir de 2018. Pour Jean-Paul Bastian, ce projet paraît idéal, toutefois il estime que « si on pousse l’assurance à fond, on va détricoter la Pac et le débat aura lieu désormais avec les assureurs privés. Il faut continuer à se battre pour une politique de marché. » Un point de vue partagé par Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, qui craint que « les agriculteurs ne puissent plus s’y retrouver », dans la multiplicité des offres. Quoi qu’il en soit, l’avenir de la MRC dépendra de sa capacité à s’amender vers un système plus vertueux et à convaincre les agriculteurs d’y souscrire suffisamment en nombre pour atteindre le point d’équilibre du risque, en passant d’un tiers d’agriculteurs français assurés à une couverture à 100 %. « Il faut balayer devant notre porte et ne pas créer nous-mêmes les conditions d’une impossibilité. Nous devons d’abord compter sur nous ! », estime Olivier Larcher. Le début de campagne 2017 démontre qu’une année climatique compliquée peut en cacher une autre…

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