SDEA, filière boues d’épuration
La station d’épuration du Rosenmeer, vitrine technologique
SDEA, filière boues d’épuration
Publié le 11/10/2017
La station d’épuration du Rosenmeer à Rosheim vient de s’équiper d’un nouveau séparateur de boue des eaux épurées par centrifugation, pour améliorer encore l’eau rejetée dans l’environnement.
Joseph Ehrhardt, gérant de la station d’épuration (Step) du Rosenmeer à Rosheim, met un point d’honneur à entretenir le paysage des abords de la station et la propreté du site, ce qui en fait une vitrine pour le SDEA. Mais le propos, samedi 30 septembre, se voulait surtout technique avec l’inauguration d’un nouveau processus d’extraction des boues des eaux usées par centrifugation. Auparavant, le processus consistait en une filtration. Il sort de la Step du Rosenmeer 1 300 tonnes de boues brutes par an, lesquelles sont ensuite compostées avant d’être épandues sur les terres agricoles, selon un plan d’épandage très normé, en particulier en matière d’ETM (éléments trace métalliques). La Step du Rosenmeer est dimensionnée pour retraiter les eaux usées de 11 000 à 16 000 habitants. Un bassin tampon d’une capacité de 3 000 m3 est prévu en cas de forte pluviométrie d’orage. Les eaux usées collectées sont d’abord passées au dégrillage pour extraire les déchets, puis désablées et déshuilées. Une fois débarrassée de ses particules fines, solides, ses déchets flottants et ses huiles et autres solvants (rejetés accidentellement par les foyers), l’eau est mise à fermenter en voie aérobie dans un immense réacteur biologique où les bactéries assimilent la pollution dissoute, explique Alain Rauscher, chef de projet pour le SDEA. C’est à ce moment-là que les bactéries s’agglomèrent pour former des flocs et une forme de boue qu’il va falloir séparer. En amont, les solutions pour contrôler tous les types de rejets depuis l’évier de la ménagère dans les égouts n’existent pas. La seule manière consiste à responsabiliser et sensibiliser le citoyen qui sait aujourd’hui qu’il doit emmener à la déchetterie tous ses déchets liquides chimiques : peintures, solvants, huiles, etc. « Nous faisons des journées de l’eau », précise Alain Rauscher. En aval, les stations d’épurations sont soumises en revanche à des contrôles périodiques fréquents des eaux qu’elles rejettent en matière d’ETM, PCB, pyralènes, HAP, AOX et autres acronymes désignant des molécules toxiques et/ou difficilement dégradables. « Nous avons une analyse d’eau par semaine et une fois par mois en trois points du ruisseau où les eaux sont rejetées, plus de l’autocontrôle », explique Alain Rauscher. Pour l’heure, le citoyen doit être sensibilisé au fait que les stations n’épurent pas totalement toutes les molécules dans les eaux usées collectées dans les égouts des villes et des villages. Certaines molécules, telles que les résidus médicamenteux, les nanoparticules, certains dérivés hydrocarbonés, ou halocarbonés passent au travers des mailles d’un filet d’épuration qui cependant se resserre sous l’impulsion de normes de rejets de plus en plus draconiennes. Dans un monde idéal, les produits chimiques et autres matériaux devraient être mis sur le marché en intégrant un processus de dégradabilité en station d’épuration. « Pour l’heure, ils n’ont pas de traitements spécifiques, et il n’y a pas d’obligation de résultat, mais certaines stations passent l’eau sur charbon actif », explique Alain Rauscher. La limitation des rejets récalcitrants des Step dans l’environnement repose sur la responsabilisation du citoyen. Ce que s’efforce de faire le SDEA.












