Vigne

Du 31 juillet au 2 août, à Sainte-Croix-en-Plaine

Un week-end top en perspective avec Provitis

Publié le 22/07/2020

Du vendredi 31 juillet au dimanche 2 août, la société Provitis organise son « Top week-end » à Sainte-Croix-en-Plaine, aux côtés de ses partenaires. L’occasion de découvrir les dernières nouveautés matérielles et autres, dans une ambiance conviviale et le respect des gestes barrière contre le Covid-19.

À défaut de Foire aux vins, l’été alsacien aura son « Top week-end ». Du vendredi 31 juillet au dimanche 2 août, la société Provitis, basée à Sainte-Croix-en-Plaine, organise des portes ouvertes avant l’heure avec la quasi-totalité de ses partenaires alsaciens (ACS - Andelfinger, CAC - Ampelys, Viti Service, ETA Gsell, S.E. Techniques Agricoles, Roecklin, Clinique Electro Diesel, Ostermann). « Initialement, on voulait les organiser en 2021. Mais, avec l’annulation en cascade de toutes les manifestations et salons viticoles, on s’est dit que cela serait peut-être plus opportun de le faire cet été. Nous allons essayer, à notre humble échelle, de combler un manque ressenti par beaucoup de viticulteurs depuis le début de la crise sanitaire », explique le directeur de Provitis, Didier Andelfinger. Au programme, chacun des exposants pourra présenter ses dernières nouveautés - matériels, services et autres - destinées aux viticulteurs alsaciens, mais pas que. Provitis va ainsi profiter de l’occasion pour mettre en avant des machines conçues pour les marchés export et d’autres vignobles français. On pourra ainsi découvrir une machine à vendanger équipée d’un châssis multifonctions ou encore d’une rogneuse traînée présentée en 2019 au Sitevi.     Convivialité et gestes barrière Comme au Parc Agricole de la Foire aux vins, ce week-end sera avant tout marqué du sceau de la convivialité. Entre l’animation musicale continue et la restauration assurée par les JA Viti, l’ambiance se voudra légère, accueillante, décontractée… et la plus sécurisée possible. Vu le contexte sanitaire toujours sensible, tout a été pensé pour assurer au maximum le respect des gestes barrière face au Covid-19. « Le protocole sanitaire sera probablement allégé d’ici là, ou peut-être pas. On voit quand même émerger des clusters depuis quelque temps. Dans le doute, je ne préfère pas prendre de risque », annonce Didier Andelfinger. Ainsi, il faudra impérativement s’inscrire via le site de l’entreprise pour annoncer sa venue. Les organisateurs tablent sur 400 personnes maximum par jour pour assurer le bon déroulement de la manifestation. Tous les stands seront installés à l’extérieur, à une distance suffisante les uns des autres. Ils seront en outre équipés chacun de distributeurs de gel hydroalcoolique. Et, en cas d’intempérie, ils seront protégés par des petits chapiteaux de 9 m2. La restauration pourra se faire sous un grand hangar abrité mais uniquement débout. « Aucune place assise n’est prévue, seulement des mange-debout », précise le responsable de Provitis. Enfin, un parcours balisé, fléché et à sens unique sera mis en place pour accéder aux toilettes, à l’intérieur du bâtiment. « Ceux qui le voudront pourront visiter nos bureaux par la même occasion. » Les plus nostalgiques, ou les plus curieux, pourront jeter un œil à la collection de tracteurs anciens de François Jecker d’Hattstatt. Pour l’occasion, il va tâcher de réunir des anciens modèles de toutes les marques présentes chez l’ensemble des exposants du week-end. Une manière de se changer un peu les idées dans un contexte viticole quelque peu morose. Raison de plus pour Didier Andelfinger d’être présent aux côtés des viticulteurs. « Je crois que c’est important qu’on se serre tous les coudes. La situation est difficile pour l’ensemble de la filière, nous y compris. Pendant le confinement, nos distributeurs et nos clients ont continué à répondre présents, je les remercie chaleureusement. À notre tour maintenant. »

Société Comin - Roll’n’Sem

L’Orbis arrive sur le marché

Publié le 17/07/2020

L’Orbis, première alternative au rolofaca, arrive sur le marché. Démonstration en Champagne…

Les rolofacas se développent en viticulture avec un certain succès. L’idée qui prévaut consiste à rouler l’herbe plutôt que de la faucher. Car la fauche stimule la pousse. Et dans un contexte de couvert avec cultures, l’effet du couvert stimulé par la fauche engendre un effet inverse de celui escompté : le couvert devient concurrentiel de la culture. Le rolofaca présente donc l’intérêt de freiner le couvert, mais le paillis qui en résulte suite aux pincements puis dessiccation des tiges forme un « chapeau en paille » protecteur des sols en été. Jusqu’à 20 degrés de différence de température sont observés entre un sol nu exposé au soleil et un sol sous paillis. Par sa simplicité de conception, le rolofaca est en outre un outil que l’on combine avec tous les travaux de printemps en vert. Depuis vingt ans qu’elle est utilisée, la technique de roulage s’affine. L’idée qui ressort est qu’il s’agit de rouler les couverts une fois leur floraison accomplie et les tiges lignifiées. Ceci afin de former un support d’autofertilité puisque la lignine devient le siège du développement des micro-organismes fixateurs libres d’azote. Toutefois, dans certaines situations, le rolofaca ne s’avère pas suffisamment efficace en raison de graminées coriaces ou de biomasse trop importante. Denis Vicentini, agriculteur tarnais, et fondateur de la société Roll’n’Sem qui construit du matériel agricole, montre que le rolofaca utilisé en interrang de maïs sélectionne les graminées, et laisse le ray-grass en place. L’année suivante, la parcelle de maïs est envahie de ray-grass. Il a donc développé de nouvelles techniques de roulage où le principe du pincement est préservé mais où le roulage est plus agressif : le Roll’s et l’Orbis. Dans le Roll’s, le principe du « faca », c’est-à-dire des couteaux est conservé mais les rouleaux sont indépendants comme pour un konskilde, de manière à mieux épouser la surface d’un sol imparfaitement plan. Un matériel adapté aux irrégularités de surface Cependant, quand la biomasse devient plus conséquente, plus coriace au roulage et quand elle est susceptible de rester active malgré le roulage, Roll’n’sem propose l’Orbis. Le principe serait celui d’un cover crop avec deux rangées successives de disques d’inclinaison opposée, tel qu’on retrouve cette disposition dans un cover crop classique. Mais les disques ne sont pas tranchants. Le tranchant est remplacé par un faux plat légèrement crénelé. Les disques sont montés sur coutres indépendants pour bien épouser les irrégularités de surface et de planéité. Par conséquent, l’écrasement de l’herbe s’effectue sur toute la longueur de la tige et correspond à un léger défibrage plutôt qu’ à un pincement. L’Orbis était en démonstration en Champagne chez Jules et Michel Beauchamp, viticulteurs à Janvry. Et c’est Jérôme Courgey de l’association Arbre et paysage en Champagne qui a présenté l’outil monté sur enjambeur… puisqu’on est en Champagne à 10 000 pieds/ha de densité. L’outil a donc fait étalage de ses possibilités pour devenir une alternative au rolofaca.      

Publié le 16/07/2020

Pari réussi pour les équipes d’Aymé Dumas chez Armbruster Vignes. Ils réussissent le tour de force de fédérer 450 viticulteurs de quatre communes viticoles pour la confusion sexuelle. Étant donné le parcellaire très morcelé, l’exploit d’avoir couvert 1 200 ha avec 600 000 capsules est d’autant plus méritant.

Parmi les solutions de biocontrôle, la confusion sexuelle qui remplace les insecticides est réputée efficace si elle couvre des surfaces minimales de 5 ha et s’il n’y a pas de mitage, c’est-à-dire pas de parcelles non confusées parmi la zone confusée. Il faut donc fédérer les vignerons de sorte que tous sans exception adhèrent et acceptent de débourser un peu plus de 150 €/ha pour remplacer les insecticides. On était habitué à voir dans le vignoble des îlots de parcelles de quelques dizaines à quelques centaines d’hectares confusés. Mais là, Aymé Dumas et ses équipes chez Armbruster ont réussi l’exploit d’emporter l’adhésion des communes de Beblenheim, Ribeauvillé, Zellenberg, Riquewihr, soit 1 200 ha de vignes. Ce qui a supposé au préalable « de faire de la pédagogie pour convaincre », puis l’organisation de la pose pendant le Covid-19. Et plus en amont, « un travail phénoménal, puisqu’il a fallu informatiser le parcellaire, identifier les parcelles arrachées, en plantation, les changements d’exploitation, cartographier, tenir compte des lisières, des bosquets, etc. », explique Aymé Dumas. À raison de 500 capsules/ha, cela fait 600 000 capsules posées. Les acteurs ont mis en place un système de drive, organisé la pose, envoyé les cartographies aux équipes de pose… le tout pendant le Covid-19.     « La confusion sexuelle c’est un projet de territoire, global, collectif, c’est donc difficile à mettre en œuvre. Mais avec la nouvelle génération, c’est possible », indique Daniel Klack, vigneron et maire de Riquewihr. « Nous avons envie d’aller de l’avant. Nous sommes les premiers concernés par les produits phytosanitaires. Les premiers qui ont envie de changer, c’est nous ! Ce qu’on déteste le plus c’est de traiter », rappelle le vigneron à qui veut bien l’entendre… Un préalable pour diversifier le paysage viticole Cet exploit est d’autant plus « louable », qu’il y a un effort financier à fournir et que la viticulture alsacienne vit des temps difficiles. « Mais ça ouvre le champ des possibles car s’il n’y a pas d’insecticide on peut envisager des jachères apicoles et mellifères, on peut reboiser… c’est un prérequis pour l’agroécologie », explique Daniel Klack qui appelle à poursuivre et étendre la zone confusée aux communes voisines. Johanna Villenave-Chasset, entomologiste du laboratoire Flor’Insectes, spécialiste des auxiliaires et qui travaille sur les agroécosystèmes, confirme que l’intérêt de la confusion sexuelle ne se limite pas à la seule lutte contre les tordeuses de la grappe. L’absence d’insecticide permet d’envisager une diversification du paysage propice aux abeilles. Elle explique : « Le paysage influence beaucoup la diversité des insectes. Insectes auxiliaires, larves de chrysopes, prédatrices généralistes des psylles, des pucerons, ou de la tordeuse, ont besoin de pollen. De même, les insectes parasitoïdes de chenilles se nourrissent de nectar. Il leur faut donc des fleurs et du paysage. »     La confusion sexuelle est l’une des solutions de biocontrôle qui actuellement donne le plus de gages de réussite. « Le biocontrôle représente 8 % du marché de la protection des cultures chez nous, indique Pascal Lacroix, responsable pôle agroécologie chez BASF. Ça demande du temps, de l’appropriation et un suivi beaucoup plus fin pour développer des solutions. Nous pensons que les biocontroles sont des produits complémentaires au conventionnel. Avec nos efforts en R&D, ils devraient représenter 15 % en 2025. »

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