Vigne

Mondial des vins blancs 2022

Standing ovation* aux organisateurs

Publié le 18/06/2022

La 24e édition du Mondial des vins blancs s’est achevée le 12 juin dernier, dans une convivialité plus internationale et légère que les deux dernières années marquées par les restrictions liées au Covid-19. Les professionnels passionnés, venus retrouver la « famille Strasbourg » pour ce concours qui gagne en notoriété, ont applaudi longuement les organisateurs, en particulier Christine Collins, de Strasbourg Events.

« Je suis si heureuse d’être ici aujourd’hui, au Palais de la musique et des congrès, pour le Mondial des vins blancs. Après deux ans d’absence, à cause du Covid, je retrouve enfin les amis, la grande famille, que Christine Collins a créée », s’exclame Yegas Naidoo, juré sud-africaine du concours, qui a jugé pour la première fois les blancs à Strasbourg en 2013, et était confinée dans son pays les deux années passées. « On retrouve enfin, le jury du monde entier qui nous est cher cette année ! L’an dernier, un noyau de juges européens était venu. Aujourd’hui, des États-Unis, du Canada, d’Afrique du Sud, on peut à nouveau, voyager. Ils sont tous là », abonde Christine Collins, la directrice du Mondial, aux anges. Les 63 jurés de 20 nationalités différentes lui ont réservé une standing ovation*, à l’issue du concours, qui s’est déroulé les 11 et 12 juin. Sous un tonnerre d’applaudissements, émue aux larmes, elle les a remerciés. Ce sont de précieux atouts pour la renommée internationale du Mondial et de sacrées pointures, qui font de ces retrouvailles annuelles une rencontre de passionnés avisés, tout ce qu’il y a de plus convivial et érudit. Yegas Naidoo, par exemple, juge régulièrement pour l’International wine challenge (IWC) au Royaume-Uni, et divers autres concours de vin en France, en Allemagne, en Hongrie, en Suisse, au Canada et en Inde. Elle sélectionne les vins pour la compagnie aérienne sud-africaine, South African Airways. Montée en gamme « Ce Mondial des vins blancs ne cesse de monter en gamme, ajoute Yegas Naidoo. C’est un gewurztraminer qui m’a le plus surprise cette 24e édition. Il était si goûteux, bien fait ; sa structure était extraordinaire, ainsi que son équilibre, malgré le fait qu’il était si sucré. » 650 échantillons de vin, d’une vingtaine de pays différents, ont été dégustés, notés, samedi et dimanche derniers. Un riesling très sec a été applaudi aussi d’ailleurs, le deuxième jour. Les médailles d’or ont au minimum une note de 93/100. Lundi 20 juin à 18 h, les noms de tous les grands gagnants seront dévoilés. Mais on sait déjà qu’il y a un pinot gris double médaille d’or. « Sa grande complexité aromatique me permet de dire qu’il est issu de botrytis. Marmelade, orange amère, camphre : c’était le plus frais de tous les pinots gris, alors qu’il monte à 200 g en sucre. Son équilibre est fabuleux. Et il est… français ! Nous ne le savons pas quand nous le dégustons. On nous donne l’information ensuite. C’est sûrement un Alsace », raconte avec délectation, Thibaut Perratone, le plus jeune juré de cette édition. Chef sommelier au Château des Comtes de Challes en Savoie, depuis trois ans, le jeune homme de 29 ans participe pour la deuxième fois au concours. Il est toujours séduit par l’ambiance et l’unanimité autour d’un vin, malgré les approches différentes. « L’œnologue va juger le liquide en fonction de ses propriétés physico-chimiques : de l’acidité volatile, entre autres, par exemple ; le sommelier va s’attacher à la sensation, à ce que dégage le vin ; quant au vigneron, il pensera au millésime, à la grêle, au gel. Pourtant, les notes sont très proches à la fin autour de la table, et ce, aussi, quelle que soit la nationalité des jurés », détaille Thibaut Perratone. Relais de communication Les agents diplomatiques des États-Unis, du Japon, des Pays-Bas, du Kazakhstan, de l’Équateur et de la Hongrie, ont honoré de leur présence la manifestation, le dimanche 12 juin. Parce que les vins de leur pays concourraient ou/et parce que leurs compatriotes jugeaient, ils ont tenu à rencontrer les experts sur place, mais aussi, ils savent l’importance d’une médaille d’un tel concours pour la notoriété de ces vins, leurs visibilités sur les linéaires, leurs exportations. Les diplomates sont d’importants relais de communication du concours, dans leurs pays respectifs. Takeshi Akamatsu, consul général du Japon, et son épouse Toshiko, sommelière, ont assisté à une master class de Thierry Fritsch du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) en 2021, sur les terroirs. Cette année, ils reviennent pour retrouver des « amis », encourager les vignerons japonais. « J’espère que quelques-uns des vins japonais en lice seront primés cette fois. L’an passé, il n’y en a pas eu. C’est difficile de trouver du vin blanc japonais en France : la compétition est rude. Moi-même, pour mettre en avant nos deux pays, à ma table, je sers du blanc d’Alsace et du rouge japonais. J’aimerais qu’à l’avenir plus de vins alsaciens soient vendus au Japon, et que plus de vins japonais soient importés en France. On espère que ce Mondial permettra aussi cela. » Baisse du nombre d’échantillons Thierry Fritsch, œnologue du Civa, a sélectionné 36 grands crus d’Alsace, 24 rieslings, six pinots gris et six gewurztraminers, de 36 producteurs différents, pour les faire déguster aux diplomates et à tous les juges. « J’ai amené la Route des vins d’Alsace au Mondial des vins blancs. S’ils ne peuvent pas aller sur le terrain, ils ont l’occasion d’avoir un condensé de cette route à table, ici », résume-t-il. Le Civa participe depuis plusieurs années au Mondial. « C’est important parce que l’Alsace qui est une référence en blancs, se confronte aux autres pays du monde et inversement, à ce concours. Il y a un engouement », ajoute-t-il. Ainsi, des vins de Chypre, du Chili, du Mexique, de Hongrie, entre autres, sont venus s’affronter à Strasbourg. « L’Ukraine et la Moldavie gagnent à être connus pour leurs vins », assure Frédérique Pierré, de Fécomsi, chargée de la communication du Mondial des vins blancs, organisé par Strasbourg Events. En 2021, un vigneron ukrainien a été médaillé : c’était sa première participation. Il concourt gratuitement cette année avec douze échantillons, au regard des difficultés qu’il éprouve, conséquemment au conflit avec la Russie. Présenter un vin coûte 100 euros : le tarif est dégressif, rappelle Frédérique Pierré. Le nombre d’échantillons au concours a légèrement baissé, en 2022, mais cette tendance est internationale. Elle a été observée dans toutes les 18 compétitions de Vinofed, la fédération mondiale des grands concours internationaux de vins et spiritueux. En cause : le millésime 2021, une petite production due aux intempéries. Pour la troisième année consécutive d’ailleurs, un prix Vinofed sera décerné au meilleur vin sec (entre 0 et 4 g de sucre résiduel) sur l’ensemble des vins mis en compétition. Ceci est également le cas dans chacun des concours membres de la fédération. « Une médaille compte : c’est une vente aidée. Une récente étude prouve que la majorité des Français y voient un gage de qualité », conclut Thierry Fritsch. Pour la première fois, le concours s’est ouvert cette année aux vins orange.   *une ovation, debout

Publié le 13/06/2022

L’usage du drone comme outil de traitement des vignes a été expérimenté en France durant ces trois dernières années. Retour sur ces essais avec plusieurs acteurs du programme.

L’épandage par drone a été permis de manière expérimentale par l’arrêté du 26 août 2019. En raison de la publication tardive du texte, puis de la pandémie, les essais sur site ont surtout eu lieu en 2021. Il s’agissait d’un essai à grande échelle, incluant plusieurs régions viticoles dont l’Alsace, et plusieurs cultures dont l’arboriculture, à Bergerac et les bananes en Martinique. L’expérimentation était cependant limitée aux « parcelles agricoles présentant une pente supérieure ou égale à 30 %, pour limiter les risques d’accident du travail et pour l’application par voie aérienne de produits phytopharmaceutiques utilisables en agriculture biologique ou dans le cadre d’une exploitation certifiée de haute valeur environnementale ». D’après l’Institut français de la vigne et du vin (IFV), participant à l’expérimentation, ces parcelles en pente représentent des surfaces relativement faibles, environ 5 000 ha en France (900 ha en Alsace). Toutefois, « elles ont une forte valeur patrimoniale, considère Xavier Delpuech, ingénieur agronome à l’IFV, et sont représentatives d’un certain type de paysage français. Elles ont aussi une forte valeur ajoutée à la commercialisation ». Au domaine Schlumberger à Guebwiller, ces parcelles représentent 60 ha, soit presque la moitié des surfaces. Une bonne raison de prendre part à l’expérimentation. « Nous avons été obligés d’arrêter l’usage de l’hélicoptère en 2013, se souvient Thomas Schlumberger, propriétaire du domaine éponyme. Du jour au lendemain, nous nous sommes trouvés démunis. Cela signifiait revenir aux solutions au sol pour les parcelles avec des pentes de plus de 30 %. Résultat : ce que nous faisions en quatre heures, nous mettions  quatre jours à le réaliser. Après des investissements en moyens techniques ce temps a été quelque peu réduit, mais il subsiste que le matériel est moins efficace, moins rapide et le contact des opérateurs avec les produits est plus important. L’enjeu est avant tout humain car le travail est beaucoup plus pénible », résume-t-il. L’essai sur site a eu lieu le 8 juillet 2021, porté par la Chambre d’agriculture Alsace et la Caisse d’assurance-accidents agricole, après validation préalable de l’aviation civile. Le modèle utilisé est un AGV2 de la société Aero41 d’une capacité de 17 litres avec 2,50 m d’envergure, 60 cm de haut et 42 kg maximum au décollage. Il est équipé de huit buses. Le domaine a préparé l’arrivée de l’engin en équipant un camion-plateau d’un bac de rétention et d’une pompe avec un pistolet de remplissage du fongicide. Dans la même matinée, le drone a été comparé au chenillard sur une parcelle de grand cru Kessler avec plus de 30 % d’inclinaison, balisée pour l’occasion. « Le constat est simple : le chenillard projette le produit vers le haut et produit un nuage alors que le drone plaque le produit vers le bas et réduit l’effet de dérive ». Sur place, des techniciens de laboratoire ont relevé des échantillons de la combinaison et sur les gants pour connaître l’exposition au produit de l’opérateur. En complément d’interventions au sol « À notre sens, l’essai est très concluant, affirme Thomas Schlumberger. Il prouve l’intérêt et l’efficacité du drone. Bien sûr, il faudrait la confirmer sur une campagne complète, mais je suis déjà convaincu que c’est la solution d’avenir. Pour autant, le drone n’est pas l’unique solution. Il marchera bien en complément d’interventions au sol, notamment lorsque la pression sanitaire est forte. Quand il faut encadrer la fleur, le drone seul ne suffira pas. » Frédéric Hemmeler le président d’Aero41, fabricant de drones en Suisse, est persuadé que cette technologie présente un énorme intérêt en France. Il mène d’innombrables démarches depuis 2016, en vain. « En Autriche, nous sommes parvenus à obtenir les autorisations. Le marché français est le plus complexe d’un point de vue administratif. » Il rappelle qu’en moyenne, un vol de six minutes permet de traiter 1 700 m2 pour un réglage à 100 l/ha. « Depuis le début de notre activité, fin 2020, nous avons vendu 25 drones. Au début, les exploitations clientes avaient des parcelles en pente. C’est moins le cas aujourd’hui. 80 % de nos clients sont en agriculture biologique. Le drone leur permet de baisser la consommation de carburant et de limiter le tassement des sols ». En Champagne, l’un des domaines partie prenante de l’essai est le vignoble Serge Mathieu : « Nous avons réalisé une campagne complète par drone sur 4 ha avec du cuivre et du soufre complétés de saule salix, prêle, écorce d’oranger, purin d’ortie, détaille Michel Jacob, cogérant. Cet essai nous a permis d’établir plusieurs conclusions : dans les parcelles en pente, il est pertinent de faire voler le drone de manière perpendiculaire par rapport au rang. Et surtout, lorsque la pression sanitaire est forte comme en 2021, il faut intercaler des passages terrestres en plus des traitements par drone. Cette année, nous allons poursuivre les essais. Sur 93 ares conduits en agriculture biologique, nous allons utiliser en plus des traitements bios, des préparations biodynamiques. » Le premier vol a déjà eu lieu. Il avait pour but de dynamiser le sol. Le deuxième visera à stimuler le feuillage. « Ainsi, nous pourrons comparer le stress et la vigueur de la vigne entre une conduite en bio et en biodynamie par drone. Je suis fan du drone. À mes yeux, c’est bon pour tout, d’un point de vue agronomique car il permet de limiter le tassement du sol, et d’un point de vue physiologique car il permet de limiter les pathologies. Il réduit aussi l’usage du gasoil, le bruit, la dérive. Pour nos salariés qui se forment à cette technologie, c’est une formidable source d’émulation. Même d’un point de vue financier, le drone est intéressant. » Les conclusions de tous les essais ont été transmises à l’Anses à l’automne 2021. L’autorité devrait se prononcer courant de l’année 2022. En attendant sa décision, l’usage du drone reste possible pour l’épandage de trichogramme dans le maïs, de biostimulants et de préparations biodynamiques.

Publié le 12/06/2022

Pour la plupart des consommateurs français, l’été est synonyme de rosé du Sud. Les vins d’Alsace sont-ils prêts à prendre leur place sur les terrasses de l’Hexagone ?

« La part des vins d’Alsace dans l’économie du vin représente 2,1 % sur l’année. En été, cette part chute à 1,2 %, et ce, durant une période longue de quatre à cinq mois, regrette Philippe Bouvet, directeur marketing du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa). Jusqu’à présent, la filière ne s’était pas emparée du sujet d’un point de vue stratégique. » Cet état des lieux révèle deux problématiques. « Les entreprises, et même les plus grandes, concentrent leur communication à la fin de l’année. Leur réussite se joue sur ces deux ou trois derniers mois de l’année. Le risque est élevé. De plus, les vins d’Alsace sont alors associés à un usage exceptionnel, festif, à des plats complexes. C’est un facteur de rabougrissement alors que nos vins se prêtent magnifiquement aux mets d’été ! Ce constat s’applique à tous les cépages. C’est un enjeu collectif, un enjeu de l’appellation. Les vins d’Alsace ne sont pas les seuls à décrocher en été. Les vins blancs de toutes les appellations ralentissent au profit du rosé. » À Guebwiller, Jean-Philippe Venck, œnologue et gérant de la Cave des grands crus, fait le même constat : « En été, à part le rosé, aucun autre vin ne tire son épingle du jeu. C’est une problématique commune à toutes les régions viticoles. Alors que je vends du côte de Gascogne toute l’année, par exemple, le vin qui se vend mieux en été est toujours le rosé. La saison estivale est aussi la saison des mariages et des barbecues. Les deux s’accompagnent de rouges. » Même son de bouchon à Strasbourg chez Christophe Lasvigne, gérant du Théâtre du vin (cinq boutiques dédiées aux vins dans le Bas-Rhin) : « Dès l’arrivée des beaux jours, les clients « pensent rosé ». Les rosés d’Alsace se vendent peu chez nous. Les clients recherchent un vin très pâle et surtout de Provence, synonyme de vacances. » Le Civa cherche à inverser la tendance avec une campagne de communication sous forme d’affiches invitant à consommer un vin blanc en terrasse : « Mûri au soleil, servi bien frais sur une terrasse » et « A grandi plein sud, à déguster frais sur une terrasse ». « En 2021, alors que nous avons lancé cette campagne, l’Alsace a surperformé. Alors que les ventes de vins de toutes couleurs et appellations ont baissé en juin, juillet et août 2021 en GMS, les vins d’Alsace ont progressé de 6,4 % en juin, 13,6 % en juillet, 8 % en août (par rapport aux mêmes mois de l’année 2020). » La même stratégie va être mise en œuvre cette année avec près de six semaines d’affichage dans les grandes villes alsaciennes et dans une vingtaine d’agglomérations de plus de 20 000 habitants en France. L’Alsace n’a pas ce petit goût de vacances Christophe Lasvigne réalise 20 % de son chiffre d’affaires avec les vins d’Alsace : « Nous sommes de gros faiseurs d’Alsace toute l’année en proposant les 51 grands crus alsaciens. Dans nos boutiques, le tourisme influe sur les ventes durant la période hivernale et surtout pendant le marché de Noël. Nos clients strasbourgeois consomment peu ou pas de vins d’Alsace, hormis en mai durant la période des asperges où les muscats et les pinots blancs sont de mise. Notre point faible est que l’Alsace n’est pas associée à l’idée d’une destination de vacances estivale. » La clientèle de Jean-Philippe Venck a un autre profil, mais des attentes similaires : « Comme ma boutique est située dans le vignoble, mes clients viennent chez moi pour découvrir des vins d’autres régions. J’irais même plus loin : ils viennent pour avoir un petit goût de vacances. En été, les régions qui se distinguent sont la Provence et la Corse, alors que les vins de l’île se prêtent plus à des plats d’hiver. Cela ne m’empêche pas d’emmener le plus souvent possible mes clients vers les alsaces. » Le caviste ne manque pas d’arguments : « L’Alsace produit les meilleurs vins blancs du monde. Nous avons les grands crus les moins chers de France et un potentiel énorme. » Pour le Civa, la communication doit se focaliser sur les blancs, « 90 % de notre savoir-faire ». De leur côté, les marchands de vins ne se privent pas de mettre en lumière des domaines qui font l’effort de vinifier leur pinot noir en rosé. « Le rosé a une image très contrastée », note Christophe Lasvigne. Jean-Philippe Venck remarque aussi la dissonance d’image entre le rosé « petit vin pas cher » et celle qui émerge, plus tendance, portée par des consommateurs avisés de rosé à l’année. « Le rosé est un grand succès commercial, souligne Christophe Lasvigne. Les Champenois investissent en Provence. Pour briller, on ne sabre plus un magnum de champagne au bord de la piscine, on débouche un magnum de rosé. » En Alsace, il propose le domaine Jean-Daniel Hering à Barr avec la cuvée Funambule « qui, comme le laisse entendre son nom, atteint l’équilibre sur un fil ». Jean-Philippe Venck sélectionne le Domaine du Manoir à Ingersheim, qui élabore un « pinot noir rosé gouleyant, frais et gourmand. Un bon équilibre d’ensemble, relevé par une couleur rose pâle qui met en valeur le produit ». Fervent défenseur du riesling, le caviste strasbourgeois se laisse néanmoins tenter pour ses déjeuners en terrasse par la complantation de 13 cépages alsaciens du domaine Marcel Deiss à Bergheim ou la cuvée Mel, un assemblage de riesling, pinot gris, gewurztraminer et muscat de chez Mélanie Pfister à Dahlenheim. S’il rejoint son confrère strasbourgeois sur les assemblages en appelant au retour d’un « vin blanc sec et festif comme a pu l’être l’edelzwicker », Jean-Philippe Venck aimerait surtout que la robe dorée du sylvaner brille plus souvent dans les verres. « Cépage brocardé et pourtant seul vrai cépage alsacien, le sylvaner est un super vin d’été qui laisse ressortir le fruit. C’est le cépage qu’il faut remettre en avant en Alsace. » Alors pourquoi pas celui du domaine Weinbach à Kaysersberg ou Schlumberger à Guebwiller ? « L’offre alsacienne est géniale, conclut Christophe Lasvigne. Il y en a pour tout le monde, pour tous les goûts et à tous les prix. Il suffit d’aller la chercher. »

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