Vigne

Plateforme de partage d’idées et d’innovation

InVinoTech tisse sa toile dans le vignoble

Publié le 05/11/2017

InVinoTech entend fédérer les acteurs de la filière vitivinicole en s’aidant des nouvelles méthodes et techniques de l’information et de l’innovation pour répondre à des problématiques de la filière des vins d’Alsace. Le groupe InVinoTech propose un hackathon à Colmar du 16 au 18 février.

InVinoTech cherche actuellement à rassembler les forces vives du vignoble alsacien pour « mettre en place les nouveaux leviers de valorisation de la filière vitivinicole alsacienne par l’action, l’innovation et le numérique », explique la meneuse du projet Nadia Lelandais. À la genèse du projet Fondé en mars 2017 par Nadia Lelandais, Thomas Cruzol, Coralie Haller, Mathieu Lasnevilloing, Arnaud Tarry et Catherine Mosser, il y a la volonté de créer « un écosystème d’apporteurs d’idées à la filière viticole ». « La méthode est extrêmement pragmatique. Elle consiste tout simplement à mettre de concert toutes les énergies de ce vignoble pour résoudre des problèmes quels qu’ils soient. »   Le groupe a depuis organisé cinq réunions dont la dernière avait lieu le 14 octobre dernier dans les locaux de l’Institut national des sciences appliquées (Insa) de Strasbourg où se déroulait un hackathon. Qu’est-ce ? Des développeurs dans différents domaines du design, informatique, robotique, commercial, etc.se réunissent l’espace de deux jours pour répondre à des problématiques posées. La méthode pour accélérer le processus de création et d’invention est celle du TRIZ, acronyme russe qui signifie Théorie de Résolution de Problèmes d’Invention. Et qui se pratique à l’Insa sous l’impulsion de professeur tel que Denis Cavalucci, chercheur au (LGeco), Laboratoire de génie de la conception à l’Insa. Dont l’objet est de « faire évoluer les pratiques des ingénieurs d’un mode routinier vers un mode inventif ». Exemple de sujet qui pourrait être abordé : « Dans le cadre de la nouvelle organisation du Civa, des groupes de réflexion travaillent notamment sur l’identité de l’Alsace. L’ensemble de la viticulture alsacienne devrait être consultée sur cette réflexion d’identité des alsaces. Et les nouveaux outils d’aide à la décision devraient nous apporter des précisions sur le profil du consommateur de vins d’alsace en France et à l’étranger, et de demain. Mais notre gros challenge est de mettre en place un outil efficace permettant de mieux valoriser le vin d’Alsace. Et lui donner une image qui devrait être celle du plus grand vin blanc du monde. Il a été défini tout un ensemble de strates qui correspondent aux piliers différenciants du vin d’Alsace », explique Pierre Bernhard, président du Synvira. « InVinoTech rassemble à ce jour plus de 25 acteurs dynamiques de tous horizons autour du monde du vin, interprofessions, représentations locales, avec la connaissance des acteurs du numérique, de l’industrie, de la recherche et de l’université, du marketing et du financement. Tous sont mobilisés et engagés pour inventer ensemble un meilleur futur de la filière vitivinicole. » Rendez-vous est donné du 16 au 18 février à Colmar pour le hackathon du vignoble…

Cave historique des Hospices civils de Strasbourg

L’eau-de-vie fait son entrée à la cave !

Publié le 04/11/2017

Il aura fallu vingt ans à Yves Lehmann pour que sa demande pour faire entrer ses eaux-de-vie dans les chais de la cave historique des Hospices civils de Strasbourg soit acceptée. Le président de la Société civile d’intérêt collectif agricole (Sica), Patrick Aledo, a en effet accédé à sa requête, « rien n’empêchant un tonneau d’eau-de-vie de reposer aux côtés de ceux des vins des vignerons », adhérents de la Sica. C’est d’autant plus justifié que ce distillateur d’Obernai, souvent récompensé au Concours général agricole pour ses eaux-de-vie, « fait partie des membres fondateurs de la Sica », souligne le président. Il a accueilli Yves Lehmann à la cave le 17 octobre aux côtés de son responsable Thibaut Batzinger, et de l’œnologue de la cave, Pélagie Herzog. Cette dernière va veiller sur le vieillissement de ces 1 000 litres d’eau-de-vie de marc de gewurztraminer. Ils ont été déposés dans un tonneau en chêne, « choisi d’occasion, pour éviter les colorations », précise Pélagie Herzog. Cette eau-de-vie va bénéficier de superbes conditions pour développer et affiner ses arômes, déjà bien présents. Une nouveauté qui devrait réjouir les amateurs.

Publié le 03/11/2017

À Barr, la maison Charles Wantz multiplie les références sur sa carte. Cette prolificité organisée se veut garante d’un courant de vente soutenu.

Jeter un rapide coup d’œil sur la carte des vins de la maison Charles Wantz pour s’en faire une idée est impossible. Tout simplement parce qu’elle couvre trois pages. Il faut donc prendre son temps pour passer en revue les principales gammes baptisées « classiques », « terroirs et grands crus », et « vendanges tardives », avant de poursuivre avec les vins récompensés dans des concours et sigillés, et de terminer par les millésimes de collection de 1981 à 2008. « Le nombre de références est une richesse. Elle stimule les affaires. Plus j’en propose, plus j’en vends » lance Erwin Moser, directeur général de l’entreprise. Il n’hésite pas à en ajouter. Il y a une dizaine d’années, il a créé la gamme « modernes » sous l’étiquette Charles Wantz. Elle se compose d’un pinot noir rosé et de deux assemblages : pinot blanc, muscat et gewurztraminer d’une part ; pinots blancs et gris, d’autre part. Ces vins n’affichent ni millésime, ni longueur en bouche, mais un côté facile et floral qui doit les rendre « accessibles ». Le premier assemblage cité a trouvé son marché dans la petite restauration, chez le traiteur qui ne veut qu’un seul vin, sec, avec du bouquet, auprès de la clientèle féminine fréquentant les brasseries et, un peu à la surprise générale, sur le marché… russe ! Ces vins ont cependant raté leur cible d’origine, en l’occurrence les « jeunes consommateurs qui rentrent dans l’univers du vin et qui se fichent des cépages ». Erwin Moser a donc remis le projet sur le métier. Sous la marque « Eliane Moser », la toute nouvelle gamme Fleur se compose de mises de printemps en sylvaner, pinots blanc et gris, riesling et rosé. Tous sont des « vins de fruit » car « pour défricher un terrain, il faut faire simple afin de ne pas noyer le client de notions qu’il ne saisit pas forcément du premier coup ». Pour Erwin, chaque groupe de vins de sa carte doit cibler un type de clientèle. « Certains cavistes ne veulent que des vins médaillés. C’est pourquoi « les lauréats » figurent sur la carte. Ils ont été primés à Mâcon ou à Colmar, ou alors ils ont obtenu le sigille de la Confrérie Saint-Étienne ». Une telle segmentation apparaît d’autant plus judicieuse à Erwin que le marché français recule, que la clientèle traditionnelle le demeure en refusant par exemple un conditionnement comme la capsule à vis. Les vins de collection servent l’image La trentaine de vins de collection occupe pour sa part depuis vingt ans une place particulière sur la carte. « Financièrement, ils ne font pas gagner beaucoup d’argent. Ils sont régulièrement dégustés, entretenus, rebouchés. On en parle. On en ouvre. 10 à 15 % du stock ne seront pas vendus. C’est un budget. Et c’est au reste de la gamme de supporter ces frais de communication » explique Erwin. Ces vins trouvent notamment des amateurs au Japon, au Canada, en Suisse… « A plus de dix ans d’âge, il faudrait les vendre à un tarif encore plus élevé » estime Erwin, car « plus c’est cher, plus c’est bon. Le prix fait partie de la perception qualitative et du plaisir ressenti. Ce qui ne coûte rien, ne vaut rien ». Erwin maintient le positionnement de ces vins complexes car ils sont destinés à fabriquer du souvenir et de l’émotion chez ceux qui les dégustent. Ils servent l’image de la maison Wantz. À l’arrivée, ce sont eux qui font vendre la gamme des classiques qui représente l’essentiel des volumes écoulés. La maison Wantz commercialise 32 % de ses bouteilles chez les restaurateurs et cavistes, 28 % en grande distribution et 40 % dans une bonne vingtaine de pays. Erwin a participé en 2017 à son dernier Vinexpo, un salon au prix « trop élevé » qui ne lui offre plus aucune occasion de conquérir de nouveaux clients. Il préfère se concentrer sur Prowein, un événement où il rencontre notamment ses importateurs d’Europe du nord, dont ceux de Suède. « C’est le premier marché export de la maison Wantz. Elle y réalise volume et marge » avoue Erwin. La Belgique et l’Allemagne sont deux autres destinations importantes devant l’Italie, un « pays où les vins d’Alsace sont appréciés et où la marge est la meilleure ». En termes de produits, « le gewurztraminer a sa chance en Chine car son côté épicé plaît et personne d’autre que l’Alsace ne peut en proposer ». Le crémant en constitue une seconde. « Il permet de déclencher un client » estime Erwin. Pour mettre encore davantage d’atouts dans son jeu, la maison Wantz a choisi de ne pas vendre de crémant blanc qui n’aurait pas passé un minimum de quarante-huit mois sur lattes.          

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