Vie professionnelle

Publié le 23/04/2020

À l’image des restaurants, des fermes-auberges ou des bars, les centres équestres accueillant du public ont dû fermer leurs portes depuis le début du confinement. Contrairement à certains agriculteurs, aucun drive ou livraison à domicile n’est possible pour continuer un semblant d’activité. Les rentrées d’argent sont donc nulles, ou presque, alors qu’il y a toujours des charges à payer et des animaux à nourrir.

Comme les vaches dans les étables ou les prairies, les chevaux semblent bien loin des problématiques humaines liées à l’épidémie de Covid-19. Pour leurs propriétaires, en revanche, l’inquiétude grandit face à une situation qui devient chaque jour un peu plus dure économiquement. Contrairement aux éleveurs bovins, les centres équestres ne produisent aucune alimentation pour la population. En temps normal, ce sont des lieux habilités à recevoir du public pour la compétition ou le loisir. Pourtant, ils cotisent eux aussi à la MSA, ont aussi des animaux à nourrir, et sont des utilisateurs quotidiens de céréales, de foin et de paille. Mais en ces temps de confinement, ils n’ont plus rien à vendre. Chez eux, pas de drive ou de livraison au porte à porte possible. Zéro rentrée d’argent, ou presque. Lentement, mais sûrement, ces structures se dirigent vers un point de non-retour économique. Il y a bien les reports de charge, les avances de subventions, et autres aides exceptionnelles mises en place par l’État. Mais, dans les faits, il y a surtout un immense manque à gagner qui ne sera pas comblé de sitôt. Et en attendant, il y a des animaux à nourrir et pas n’importe comment. Pas de public, zéro revenu Aux écuries de l’Abbaye, à Orbey, c’est toute une équipe de « sportifs » équins qu’il faut entretenir. Comme les champions de haut niveau, ils ont besoin de leur ration quotidienne (entre huit et dix kilos par animal) de foin, de pulpe de betteraves déshydratée, d’orge, de blé, de son, d’avoine et de maïs. Un mélange énergétique pour maintenir leur condition physique à un bon niveau. En parallèle, la vingtaine de chevaux et la quinzaine de poneys continuent d’être entraînés une à deux fois par semaine en attente de jours meilleurs. Le 11 mai ? Au mois de juin ? Plus tard ? Comme tous les professionnels de la filière, les propriétaires des lieux, Olivier Masson et son épouse Nathalie Baumann, sont dans le flou le plus total. « Concrètement, on a suffisamment de réserves financières pour tenir jusqu’au mois de juillet. Après, ça deviendrait très compliqué », reconnaissent-ils de concert. Leur structure, créée en 2003 « à partir de rien », compte en temps normal 190 licenciés par semaine et emploie une salariée, actuellement en chômage partiel. Elle organise des stages pour les enfants pendant les vacances, des classes vertes, et des animations pour les particuliers. Une activité bien rodée qui est au point mort depuis la mi-mars. Contrairement à d’autres structures, aucun cheval n’est en pension chez eux. « L’impact de cette crise est juste catastrophique. On va perdre plusieurs dizaines de milliers d’euros à l’arrivée. Heureusement que nous sommes une petite entreprise, on maîtrise les coûts. Mais, dans tous les cas, on ne pourra pas repartir sur de bonnes bases avant l’année prochaine. Enfin, si tout va bien à ce moment-là », souligne le gérant. Et surtout, en admettant que l’accueil du public puisse se faire le plus rapidement, en assurant la sécurité sanitaire de tous. Une éventualité à laquelle ils se sont déjà bien préparés. « Lorsque les écoles alsaciennes ont été fermées avant le confinement généralisé, on avait mis les mesures barrière en place pour continuer à accueillir les enfants. Cela s’était très bien passé. Et demain, nous pourrions très bien aller plus loin. Nous envisageons d’offrir un masque en tissu lavable et nominatif à chacun de nos clients, à mettre en place des mesures de désinfection des équipements, de travailler en petits groupes, et d’accueillir les parents sur le parking. Si on nous autorise à ouvrir, cela ne posera aucun problème pour nous », estime Nathalie Baumann. Le plus tôt sera évidemment le mieux. Les équidés doivent continuer à manger normalement. Et ce n’est pas leur petite prairie de cinq hectares qui pourra subvenir à leurs besoins. « À partir du mois de mai, cela devient une source d’alimentation ponctuelle pour nos animaux. On les met le week-end, le temps de se reposer. Mais en aucun cas, on pourrait utiliser cette prairie comme source d’alimentation permanente », fait remarquer Olivier Masson. Reste l’hypothèse - extrême - de devoir se séparer de l’une ou l’autre bête en cas de prolongation du confinement pendant l’été. Une option « même pas envisageable » pour Nathalie Baumann. Ces poneys et chevaux sont comme des « collègues de travail », membres à part entière de l’entreprise familiale. « Nous les avons depuis qu’ils sont petits. Ils sont complémentaires et n’ont même pas de valeur marchande », poursuit-elle.   Appel aux dons pour du fourrage Plus au sud du département du Haut-Rhin, à Riedisheim, le centre équestre régional du Waldeck vit une situation encore plus compliquée que celle des Écuries de l’Abbaye. Il s’agit de la plus grosse structure équine du secteur de Mulhouse. Elle héberge 75 équidés, dont trente en pension, accueille 270 cavaliers et emploie six salariés. Comme à Orbey, elle tire ses revenus de l’accueil du public pour des leçons d’équitation, des stages, mais aussi des compétitions. Si les adhérents ont accepté de continuer à payer leur cotisation par « solidarité » malgré le confinement, les revenus générés en ce moment ne permettent pas de faire face aux charges courantes. « Il y a aussi les revenus des pensions. Mais ce n’est pas suffisant. Nous accusons une perte sèche mensuelle comprise entre 8 000 et 9 000 euros. Et le problème, c’est que nous fonctionnons à flux tendu. Nous avons au mieux trois semaines de réserves », témoigne Fabien Varoquier, secrétaire général du centre équestre du Waldeck. Et, là aussi, il y a des animaux à nourrir et à maintenir en forme. D’où l’appel aux dons lancé il y a quelques jours sur la plateforme Leetchi pour acheter du fourrage. « Nourrir nos animaux est notre principale priorité. Mais cela coûte cher. Et, avec notre trésorerie déjà affaiblie, le risque est réel pour notre entreprise et nos animaux. » Habituellement, le foin est livré par un grossiste de Dijon. « Mais il veut être payé tout de suite, et ce n’est pas le moins cher. C’est pour cela que depuis un an et demi, on essaie de trouver du foin chez les agriculteurs du secteur. Il est moins cher et de meilleure qualité. » Depuis le début du confinement, tous ces petits fournisseurs « locaux » ont su répondre présent, à leur manière, pour soutenir le centre équestre du Waldeck. Certains ont fait un « petit geste » sur le prix, tandis que d’autres agriculteurs ont carrément fait don de fourrage. « C’était des fonds de grange qu’ils voulaient vider pour laisser de la place pour la nouvelle coupe », précise Fabien Varoquier. Pour trouver de nouveaux fournisseurs, le chef palefrenier parcourt les annonces sur Le Bon Coin et passe par le bouche-à-oreille. « C’est un peu le système D à coup de dix balles de foin par ci, cinq balles de foin par là. Mais nous n’avons pas le choix », regrette-t-il.     Comme Olivier Masson et Nathalie Baumann, il espère que les portes de son établissement pourront ouvrir le plus rapidement possible. À défaut de pouvoir sauver la saison en cours, il ne faudrait surtout pas pénaliser la prochaine. « Si la situation dure encore deux mois comme ça, je ne sais pas si nos adhérents continueront à payer pour rien. Et je comprendrai très bien cela. Mais surtout, ils pourraient hésiter à se réinscrire cet été pour la saison prochaine. Financièrement, cela ne serait plus tenable pour notre structure. Et cela serait triste qu’une institution vieille de 150 ans disparaisse du jour au lendemain pour quelques milliers d’euros manquants. »    

Publié le 22/04/2020

Le lait, les œufs et les produits frais plus globalement sont très prisés en ces temps de confinement. C’est le cas au Super U d’Altkirch où la consommation était très importante samedi 11 avril, au beau milieu du week-end de Pâques.

Une affluence prévisible qui a incité la direction de l’entreprise à revoir l’entrée de son site pour ses clients. Des affiches et des barrières ont été mises en place pour permettre un meilleur flux des entrées et des sorties. Sur le parking, des bénévoles, indépendants du magasin et membres d’une association de citoyens, répartis par petits groupes, ont nettoyé et désinfecté les chariots, équipés de produits et de matériels mis à disposition par le Super U et une pharmacie riveraine. La foule des grands jours est venue s’approvisionner en matinée. L’après-midi a été un peu plus « calme. » L’occasion pour le PDG du Super U d’Altkirch, Damien Henry, de constater que les rayons destinés au lait avaient été pris d’assaut. « Nous les avons achalandés toute la journée. Nous travaillons essentiellement avec la coopérative Alsace Lait. Je suis là depuis huit années et cela fonctionnait déjà avant mon arrivée. Nous n’avons aucun problème de livraison. Ils sont très réactifs et nous pouvons nous féliciter de l’existence d’une confiance mutuelle. Aujourd’hui (samedi 11 avril), les rayons ont trouvé preneur toute la journée », explique Damien Henry. Il reconnaît qu’il existe davantage de difficultés pour des produits de marque comme Lactel ou Candia qui sont souvent en rupture ces derniers jours. + 60 % des ventes pour les œufs Forcément, la consommation est bien plus importante depuis le début du confinement. « Les ventes des produits de première nécessité ont explosé. Je pense aux œufs où l’augmentation est de 60 %, au lait et à tous les produits frais en hausse de 30 %. En moyenne, nous sommes livrés deux fois par semaine sans aucune difficulté. En revanche, d’autres articles connaissent une forte baisse de la consommation. Je pense à tout ce qui concerne les vêtements mais également les vins, les fleurs ou encore les produits pour Pâques. Les gens se replient sur l’urgence du moment », ajoute Damien Henry. Une de ces urgences concerne les œufs. Super U Altkirch travaille avec la ferme Prim’Vert de Michelbach-le-Haut. Cette dernière a un centre de conditionnement et trie les œufs d’une dizaine de producteurs qui ont avec elle un contrat de livraison. C’est, par exemple, le cas de la ferme de Sébastien Stoessel à Feldbach. « J’apprécie de travailler de cette manière. La ferme Prim’Vert a une véritable réactivité. Elle cherche les œufs, les trie et les distribue. C’est de la filière courte avec une réponse rapide et adaptée à la production. Les camions et les salariés jouent le jeu. Pour nous, c’est une source d’écoulement de notre production. Cette dernière est accessible et de qualité. Nos œufs sont garantis sans OGM et avec une traçabilité totale. Nos poules sont élevées en plein air », précise Sébastien Stoessel.     À la ferme Prim’Vert, André Bastady confirme cette hausse des ventes. Et pour cause. « Depuis le début du confinement, la vente des œufs a changé d’orientation. Généralement, 30 % des œufs partent dans le milieu de la restauration. Ce dernier est actuellement fermé. Ce qui bloquait les ventes. Du coup, j’ai réorienté mes livraisons vers toutes les GMS de la région, de Saint-Louis à Haguenau. Nous vendons nos œufs pour les Alsaciens. Ils y gagnent en fraîcheur », se félicite André Bastady. Il confirme cette hausse spectaculaire des ventes. De l’ordre de 20 à 70 % selon les secteurs géographiques. « On pourrait vendre le double actuellement. C’est la partie positive de cette crise. Il faut espérer que les mêmes consommateurs penseront encore à nous le reste de l’année », concluent les professionnels.

Ils sont agriculteurs et membres du personnel médical

« Produire et soigner, c’est notre mission »

Publié le 19/04/2020

Dans cette période de crise sanitaire, les agriculteurs et les soignants sont particulièrement exposés aux risques du Covid-19. Les uns sont dans les champs, les autres auprès de leurs patients. Portraits croisés…

Installé en hors cadre familial dès 2008 à Diefmatten, Émile Schweitzer a repris l’exploitation familiale le 1er janvier dernier à Vieux-Ferrette. Il y a deux ans, il a arrêté son élevage laitier pour se consacrer à la production de viande. Jusqu’à présent, il se dit peu perturbé par la crise sanitaire dans son activité professionnelle. « J’ai pu me fournir en engrais et en semences. Pour les produits phytosanitaires, normalement, c’est également bon. Il y a eu un peu de stress les premiers jours de confinement. Notamment au siège de la Coopérative agricole de céréales à Vieux-Ferrette. Les gens étaient inquiets et ont tous voulu se fournir en produits au même moment. Il faut dire que la situation est inhabituelle et inédite », explique Émile. Il se sent concerné par cette actualité anxiogène. En tant que conseiller municipal à Vieux-Ferrette, il était au dépouillement lors des dernières élections municipales. « Nous connaissons des familles qui ont été touchées par le virus. Au village, dès les premiers jours de la crise, il y a eu un décès. Même si je suis un peu coupé du monde depuis ma ferme, je m’informe quotidiennement », ajoute le jeune agriculteur. Son épouse, Audrey, est infirmière libérale à Bâle depuis juillet 2019 après avoir travaillé quelques années en maison de retraite, déjà en Suisse. « Le système médical y est différent qu’en France. Je suis une simple salariée d’une entreprise qui dépend de la ville de Bâle. Jusqu’à présent, il n’y a pas de malade du Covid-19 dans le quartier où j’exerce. En revanche, c’est le cas pour certaines de mes collègues. La ville gère différemment la crise sanitaire. Il n’y a pas de confinement comme en France. Ce sont spécifiquement les personnes âgées ou à risque qui sont invitées à rester chez elles. De notre côté, nous avons l’obligation de porter le masque pour travailler. Cependant, je ne le porte pas quand je circule à vélo », précise la jeune femme qui voit une quinzaine de patients chaque jour. Garder les enfants Le couple a deux enfants âgés de deux ans et demi et de quinze mois. La difficulté a été de les faire garder. « Notre nounou est en arrêt maladie. Avec la situation actuelle, nous n’avons pas voulu demander à nos parents. Du coup, une amie a accepté de le faire. Dans ce genre de situation, c’est encore plus compliqué quand, comme c’est notre cas, nous travaillons tous les deux », ajoute Audrey. La jeune femme ne s’inquiète pas pour son travail. « Si la Suisse venait à durcir le confinement, je pourrai continuer à circuler en tant que membre du personnel soignant. Il faut venir en aide aux gens. Et si, vraiment, il y a d’improbables difficultés administratives, je suis prête à venir aider en France », précise Audrey. Le couple gère cet épisode comme à son habitude, en respectant les règles sanitaires imposées en temps normal dans le monde agricole et dans celui du soin. « Nous ne prenons pas le moindre risque pour nous, nos proches, notre entourage privé ou professionnel. Nous nous inquiétons davantage, comme beaucoup de monde, pour nos parents. Mais, dans le cas présent, nous continuons d’exercer pour soigner et nourrir les gens », conclut Émile Schweitzer. La gestion de la garde des enfants est la même problématique pour Christophe Nass et son épouse Sandrine. Le premier, éleveur à Gommersdorf, est installé sur l’exploitation familiale en polyculture élevage depuis 2011. Son épouse est aide soignante à l’hôpital Émile Muller à Mulhouse. Le couple, marié depuis 2012, a trois enfants âgés de huit ans, cinq ans et dix-huit mois. « Mon travail à la ferme n’a pas changé depuis le début de la crise sanitaire. Je n’ai pas le choix. Il faut s’occuper du cheptel et de toute l’activité agricole. Par contre, Sandrine, qui travaille à 50 % au service néphrologie (diagnostic et traitement de l’ensemble des maladies rénales) a vu son emploi du temps évoluer. Comme l’hôpital accueille des malades du Covid-19 et que les patients de son service sont déjà fragiles, il y a un surcroît d’activité. Elle travaille de nuit. Elle en a fait cinq à la suite la semaine dernière », explique Christophe Nass. Du coup, le couple ne fait plus que se croiser. Il ne lui est plus possible de faire garder les enfants par les grands-parents pour éviter tout contact et risque sanitaire. « Je me suis réorganisé. Je rentre plus tôt le soir et je laisse mon associé et mon père finir le travail. Je m’occupe des enfants. Nous faisons ensemble des petites activités. Nous nous occupons des devoirs, des repas et du coucher. Le matin, Sandrine rentre à sept heures et aimerait dormir directement. Mais il faut encore s’occuper des enfants. Ce n’est donc pas simple actuellement », ajoute Christophe Nass. Pour faciliter les choses et éviter tout stress supplémentaire, l’éleveur emmène parfois ses aînés avec lui pendant son travail à la ferme. « Je travaille et je les surveille en même temps. Il faut faire attention », précise le professionnel âgé de 33 ans. La période est difficile. « Même si nous travaillons, nous suivons l’actualité. Le virus est là. Le médecin de Dannemarie, le docteur Gilet, est décédé récemment. Je l’appréciais. Il connaissait plein d’agriculteurs. C’était notre médecin. Son décès m’a ébranlé », reconnaît Christophe Nass. Anticiper Pour autant, le couple poursuit, chacun à son niveau, son activité professionnelle. « Que ce soit sur la ferme ou à l’hôpital, il y a toujours du travail. Il faut nourrir et soigner les gens. Mais personnellement, je pense que, dans les deux cas, ce sera de plus en plus difficile de recruter à l’avenir. Nos métiers ne sont pas valorisés. Dans le monde agricole, il suffit de voir le prix du tourteau de colza. Il a pris quarante euros en deux semaines. Comment cela peut se justifier ? Car, dans le même temps, nos charges, elles, n’ont pas baissé. Bien au contraire. Il suffit de voir le prix du lait par rapport à son coût de production », conclut l’éleveur. Installé à Kunheim, Thomas Obrecht, céréalier, est en pleine activité depuis quelques jours pour préparer la nouvelle saison. Son épouse, Noémie, est infirmière de nuit à l’hôpital Louis Pasteur à Colmar dans un service rapidement dévolu aux patients atteints par le Covid-19. Le couple a trois enfants âgés de trois, cinq et sept ans. Là aussi, une organisation particulière s’est avérée nécessaire. « En effet, il y a davantage de stress par rapport aux habitudes de vie que nous avions. Nous avons fait le choix de ne pas scolariser nos enfants que nous sentions sensibles à cette situation inhabituelle. Nous ne voulions pas les exposer au regard des autres. Nous gérons donc les devoirs. Nous n’avons pas de gardienne », souligne Noémie. Au travail, son activité est désormais moins intense. « Fort heureusement, elle s’est effectivement largement réduite. Mais, cela a été très compliqué. Comme mes collègues, nous avons toujours cette crainte de ramener le virus à la maison. Car nous savons qu’on va être plus ou moins contaminés un jour ou l’autre. Nous sommes en première ligne. Nous en avons discuté ensemble. Pour le moment, nous sommes davantage inquiets pour nos proches plus âgés. On devra également être prudents avec eux après le confinement », ajoute Noémie. À partir de la mi-mars, le couple a néanmoins été contraint de s’organiser différemment. « Ma sœur a pris le relais pour la garde des enfants et pour faire l’école à la maison, car il a fallu travailler pour préparer la saison. Nous avons eu la chance d’avoir des concessionnaires à notre écoute et qui ont été réactifs en restant disponibles. Il a simplement fallu anticiper et ne pas se précipiter chez eux en réglant un maximum de choses par téléphone », précise Thomas Obrecht. Il observe un autre point positif à cette crise : « Nous avons davantage de temps disponible pour être en famille. Personnellement, j’ai moins de réunions syndicales et professionnelles. Il y a donc plus de temps pour profiter de ses proches », conclut le céréalier.

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