Comptoir agricole
Une vague bio
Comptoir agricole
Publié le 25/02/2021
L’assemblée générale du Comptoir agricole s’est déroulée ce 19 février à huis clos. Elle a permis de faire le point sur l’exercice 2019-2020, qui se caractérise notamment par un développement de la collecte de céréales bio. Une tendance qui entraîne dans son sillage des investissements dans les infrastructures de la coopérative.
L’assemblée générale du Comptoir agricole s’est déroulée cette année le 19 février, à huis clos, en présence des délégués de chaque secteur, préalablement désignés en assemblées de section, qui s’étaient déroulées auparavant… par correspondance. « Cette récolte 2019 a été très bonne en blé, tant en termes qualitatifs que quantitatifs », rappelle Denis Fend, directeur du Comptoir agricole. En maïs, suite à un été sec, les rendements ont été pénalisés, avec un rendement moyen de 95-96 q/ha. Au final, la coopérative a collecté 480 000 t de céréales, soit 780 t de plus que l’an passé, avec une répartition qui évolue entre le maïs (323 000 t) et le blé (140 000 t), au profit du second. La vente des céréales a généré un chiffre d’affaires de 93 millions d’euros (M€) (+2,10 M€), à comparer aux 41 M€ générés par la vente d’agrofournitures, un chiffre assez stable, essentiellement constitué par les ventes d’engrais (42 %), suivies des semences (26 %) et des produits phytosanitaires (25 %). Un centre bio à Marlenheim Cette campagne 2019 a été marquée par une nette hausse des ventes de céréales bio, avec 1 400 t vendues, soit une hausse de 525 t. « Ça reste peu, concède Denis Fend, mais il s’agit d’une progression de + 40 %, qui ramène de la valeur ajoutée. » Si le blé domine largement (570 t), la gamme des céréales bio commercialisées par la coopérative est très variée. Une évolution que le Comptoir agricole accompagne avec des investissements spécifiques. En effet, la gestion des céréales bio nécessite davantage de traitements et de manipulations : « Nous recevons des lots très variables, avec davantage de produits indésirables, de contaminants potentiels, il y a aussi plus de travail de conditionnement », illustre Denis Fend. Aussi, un site a-t-il été dédié au traitement des céréales bio, à Marlenheim. « Nous sommes en train de valider les différents itinéraires nécessaires à mettre en place pour correspondre aux attentes de nos clients », poursuit le directeur. Installer la bio à Marlenheim a été accompagné par le déménagement du laboratoire qualité sur ce site. Une évolution qui était dans les cartons, et que l’essor de la bio a entérinée : « Gérer des céréales bio requiert d’effectuer énormément d’analyses, notamment sur les mycotoxines, mais aussi d’assurer la traçabilité de petits lots. Cela pèse sur la logistique et il devenait indispensable d’investir dans de nouveaux locaux. » Le houblon impacté par les sécheresses estivales Le houblon affiche une baisse de la collecte de - 5 %, à 768 t, contre 806 t lors de l’exercice précédent, ce qui reste raisonnable au regard des trois années de sécheresse, qui plus est pour une culture qui est encore peu irriguée. Les étés secs et caniculaires ont davantage impacté les teneurs en acides alpha. La surface de production a légèrement augmenté, passant de 465 à 472 ha, dont 20 ha en bio, alors que la demande en houblon bio français est forte, portée par l’essor des brasseries artisanales. Cette hausse de surface concerne cependant uniquement des producteurs historiques, il n’y a pas encore de jeunes qui se lancent dans la culture du houblon. Le Comptoir agricole poursuit sa politique de création variétale : « De nouvelles variétés arrivent encore sur le marché », indique Denis Fend. Pour l’instant, le chiffre d’affaires généré par la vente de houblon est encore en hausse de + 0,20 M€, à 6,60 M€, mais cette dynamique pourrait être ralentie à plus ou moins long terme par l’épidémie de coronavirus (lire encadré). Plus de 200 000 doses de semences de maïs produites Autre filière qui se porte bien, celle du maïs semences, qui a vu sa surface progresser de 24 %, à 904 ha, après une année de stagnation. Une hausse rendue possible par une conjoncture favorable : « La production de semences de maïs n’a pas été bonne dans les autres régions productrices, et il y a eu une progression des ventes des doses de semences. » Cette hausse des surfaces s’est traduite par une augmentation du nombre de doses produites, qui passe la barre des 200 000. Une tendance qui devrait se confirmer dans les années à venir, car la demande émanant de KWS, client historique du Comptoir agricole, est « très forte », et car la coopérative a étoffé son portefeuille de clients. D’autres semenciers vont-ils encore être approchés ? Par forcément : « Ils ont tous des exigences qui sont différentes. Et si travailler avec un nouveau semencier nécessite de devoir investir dans une nouvelle ligne de fabrication, ce n’est pas nécessairement intéressant », indique Denis Fend. Depuis 2018, toutes les surfaces consacrées à la production de semences de maïs doivent être irriguées. Une sécurité que le Comptoir agricole encourage d’étendre à toutes les cultures à valeur ajoutée, tout en travaillant sur les modes d’irrigation afin de gagner en efficience. Porcs et bovins, des dynamiques différentes L’activité de vente d’animaux d’élevage a généré un chiffre d’affaires de 34,50 M€, en hausse de 3,20 M€, constitué à 50 % des ventes de porcins, à 47 % de celles de bovins et à 3 % des ventes de fournitures et des prestations vétérinaires. Il faut ici distinguer l’activité porcine, qui se porte plutôt bien, avec des prix corrects et une hausse du nombre d’animaux collectés (+ 9 %), de l’activité bovine, qui est confrontée à des prix très bas depuis deux ans. « La collecte augmente aussi, en nombre de têtes, mais il s’agit surtout d’animaux de réforme », note Denis Fend. Mieux valoriser la viande bovine collectée en Alsace via une marque locale, « c’est très compliqué », car il faut arriver à valoriser par cette voie tous les morceaux d’une carcasse, les « nobles » comme les « bas », alors que ces derniers ont de plus en plus tendance à servir de base à la fabrication de viande hachée. Mais « nous ne baissons pas les bras ! », affirme Denis Fend. À noter aussi que si le Comptoir agricole travaille toujours avec la coopérative Cloé pour la commercialisation des bovins, celle des porcins est entièrement gérée en interne, grâce notamment à une équipe et une flotte de camions dédiée. L’activité viticole est marquée par l’essor de la bio, qui a conduit à nommer un référent dédié à la conduite biologique de la vigne au sein de la filière VitiVina (née de la fusion, en 2017, des coopératives d’Appro du Piémont, Alsace Appro et de la filiale Viti.com du Comptoir agricole). Le chiffre d’affaires est stable, à 18,50 M€ ; il est constitué à près de 50 % par les ventes de fournitures de packaging. Du côté des filiales, Nicolas Koenig a pris la direction de Gustave Muller. Eurépi a expédié près de 935 000 t de céréales durant l’exercice 2019-2020, engendrant un chiffre d’affaires de 169 M€. « Actuellement, les cours des céréales sont en hausse. Mais impossible de savoir si cela va durer, on a vu de tout par le passé », indique Denis Fend. À l’échelle locale en tout cas, les étés secs ont tendance à faire fluctuer la collecte, et plutôt à la baisse, car il y a davantage de maïs qui est ensilé pour nourrir le bétail, et les méthaniseurs.












