FDSEA et JA du Bas-Rhin
« Nos produits ont de la valeur, respectez le prix conforme »
FDSEA et JA du Bas-Rhin
Publié le 23/04/2021
Pour faire la chasse aux produits laitiers vendus en dessous du « prix conforme », un groupe d’éleveurs a mené une opération stickage, vendredi dernier au Super U de Bernolsheim, à l’invitation de la FDSEA et des JA du Bas-Rhin. Ils revendiquent une rémunération plus équitable des producteurs de lait, dans le respect de la loi Egalim.
Avec la loi Egalim, un nouveau concept est apparu, celui de « prix conforme » ? Quésaco ? « Partant des indicateurs de coût de production d’un éleveur, nous avons défini un prix en dessous duquel il n’est pas possible de vendre les produits laitiers en magasin sans qu’un maillon de la filière ne soit perdant… Et, en général, ce sont les agriculteurs qui en font les frais », explique Didier Braun, responsable de la section lait de la FDSEA du Bas-Rhin. Cela fait des années que les producteurs de lait se battent pour faire reconnaître leurs coûts de production, explique-t-il. La loi Egalim prévoit que des indicateurs de coûts de production soient intégrés aux conditions générales de vente entre transformateurs et distributeurs. Tous les éléments juridiques semblent donc en place pour permettre une juste rémunération du producteur. Mais c’est sans compter sur l’opacité qui continue à régner dans les relations commerciales… Malgré ces avancées, le prix du lait n’est toujours pas satisfaisant. C’est pourquoi la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait) a introduit cette notion de « prix conforme ». Les indicateurs interprofessionnels qui servent de base au calcul de ce « prix conforme » ont été validés par l’ensemble des membres de la filière (producteurs, transformateurs et distributeurs) au sein de l’interprofession laitière. Si le distributeur ne prend pas suffisamment en compte ces indicateurs, sa responsabilité pour « prix abusivement bas » peut être engagée. « Leur prise en compte n’est pas une option, c’est une obligation imposée par la loi », estime Augustin Wack, responsable lait chez les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin. Ce « prix conforme » a par exemple été évalué à 0,74 € pour un litre de lait UHT, hors promotion. Il s’établit ainsi : 38,8 centimes pour les producteurs de lait, 25 cts pour les transformateurs, 6 cts pour le distributeur et 3,85 cts pour l’État. « Si un produit est vendu en dessous de ce prix, c’est que l’un des acteurs ne respecte pas la réglementation », estime-t-il. « Combien la distribution prend de marge, cela ne nous regarde pas, renchérit Didier Braun. Mais la loi l’oblige à prendre au moins une marge de 10 %, sous peine d’être taxée de revente à perte. » ?En direct : La section lait ?et les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin sont dans les rayons du Super U ?pour observer l'... Publiée par FDSEA du Bas-Rhin sur Vendredi 16 avril 2021 Loi Egalim : tolérance zéro ! Vendredi 16 avril, une douzaine d’éleveurs, membres de la FDSEA et des JA, sont allés vérifier sur le terrain si la loi était bien respectée. Une action qui les a menés au Super U de Bernolsheim. Après un court briefing à l’entrée du supermarché, ils se sont rendus dans les rayons des produits laitiers et, armés de drapeaux et de stickers, ils ont signalé tous les produits non conformes. C’est-à-dire ceux qui sont vendus à moins de 0,74 € pour le lait UHT, 1,34 €/kg pour le yaourt, 5,80 €/kg pour le camembert, 6,23 €/kg pour l’emmental râpé. « Légalement, on ne devrait pas trouver ces produits dans les rayons », explique Frédéric Bernhard, président du syndicat simmental d'Alsace. Et pourtant, en à peine une heure, un bon nombre de produits étaient couverts de stickers jaunes et rouges. Les producteurs ont aussi fait acte de pédagogie, en expliquant aux clients du supermarché qu’à ce prix-là, les éleveurs ne sont plus rémunérés correctement. « C’est vrai que, lorsqu’on est une famille nombreuse, c’est intéressant de payer son lait quelques centimes moins cher. Mais il ne faut jamais oublier que, derrière ces briques de lait ou ces pots de yaourt, il y a une famille d’éleveurs qui en vit », a souligné un éleveur. « C’est l’avenir de la production laitière qui est en jeu, insiste Didier Braun. Sur ce point, nous ne pourrons pas transiger ! Chaque prix abusivement bas sera dénoncé via l’adresse signalement@agriculture.gouv.fr. » Bref, tolérance zéro sur l’application de la loi Egalim ! « Nous encourageons les consommateurs qui sont prêts à soutenir l’agriculture de proximité à signaler ces comportements qui ne respectent pas la loi. » Dans cette démarche, les éleveurs se sentent épaulés par le fait que les premières condamnations sur le non-respect de la loi Egalim viennent d’être prononcées, avec des amendes significatives pour les distributeurs hors-la-loi. De nouvelles actions concernant d’autres produits agroalimentaires pourraient être organisées dans un avenir proche, selon Yohann Lecoustey, directeur de la FDSEA du Bas-Rhin.












