Visite ministérielle en forêt
La filière bois déçue
Visite ministérielle en forêt
Publié le 24/12/2021
Quelques heures plus tard, à Haguenau, Julien Denormandie a déçu les forestiers. Le bois a certes profité du plan de relance, mais les acteurs de cette filière estiment que le message politique en leur faveur est « inexistant ». Le ministre a peiné à convaincre.
Vers midi, le soleil au zénith a eu du mal à réchauffer l’ambiance, en forêt indivise d’Haguenau. Pourtant la balade était belle : rendez-vous sous le Gros Chêne et découverte d’une parcelle plantée d’arbres adaptés au changement climatique, subventionnés par France Relance. Les acteurs de la filière bois ont attendu bien sagement que les gardes forestiers de l’Office national des forêts (ONF) exposent leurs actions, pour exprimer leur mécontentement au ministre. Après une présentation du projet Haguenau, Forêt d’Exception, qui a permis la labellisation de la sylve en janvier 2020, et de la campagne Lidar qui rend possible, grâce à des techniques de pointe, la connaissance des ressources archéologiques, hydriques et végétales de la forêt, le ton est quelque peu monté. Pierre Grandadam, président de l’association des communes forestières d’Alsace, a demandé que le plan de relance et les équipes de l’ONF soient renforcés. Julien Denormandie lui a rappelé que l’aide était déjà « colossale » et que la contribution supplémentaire demandée aux communes pour financer l’ONF avait été annulée. Le ministre a ajouté, à sa défense : « Il faut faire filière, contractualiser. » Levée de boucliers « En Alsace, nous sommes bien au-delà des 20 % de contractualisation préconisés » : le représentant des maires ne s’en est pas laissé compter. 43 % des bois façonnés en forêt communale et jusqu’à 70 % en forêts domaniales et indivises le sont. Pendant que l’État et les communes se renvoient la balle de la responsabilité des difficultés de la filière, Thierry France-Lanord, président de Fibois Grand Est, l’interprofession de la région, affûte ses arguments. « Il faut un message national » qui redise « la forêt, c’est important. » Julien Denormandie, dont l’oncle est ingénieur forestier, prend congé tout en assurant les acteurs de la filière bois de son soutien. Thierry France-Lanord fait le bilan de cette visite : « Nous n’avons pas eu le temps de dialoguer. C’est frustrant. Julien Denormandie n’est pas vraiment porté par le gouvernement sur ce sujet. » Un tiers du bois d’œuvre est importé en France. « C’est absurde, lâche encore le président de la filière bois dans le Grand Est. Il faut apprendre à construire avec des feuillus, puisque c’est notre ressource principale, et développer la forêt. » Le bois énergie, conclut-il, est la première source d’énergie renouvelable en France. Il souhaite que ce message soit relayé par les représentants politiques.












