Vie professionnelle

Publié le 08/12/2021

Lors de sa dernière session, la Chambre d’agriculture Alsace a souhaité faire le point sur son partenariat avec les collectivités. Fabian Jordan, président de Mulhouse Alsace agglomération (M2A) et de l’association des maires du Haut-Rhin, et Étienne Burger, délégué à l’agriculture et à l’alimentation à la Collectivité européenne d’Alsace (CEA) ont pu saluer ce dialogue constructif.

Mieux valoriser les territoires alsaciens en partageant davantage les priorités, tel est l’objectif des partenariats que développe depuis des années la Chambre d’agriculture Alsace (CAA) avec les collectivités au premier rang desquels on retrouve évidemment l’État, mais également la Collectivité européenne d’Alsace, le Conseil régional du Grand Est, les communautés de communes et les communes. En animant la seconde partie de la session, le vice-président de la CAA, Denis Nass, est revenu sur tous les dossiers d’actualité : la chasse et les dégâts de gibier, l’artificialisation du foncier, les zones de non-traitement (ZNT), l’abattoir de Cernay, les filières, les prix, l’urbanisme et l’aménagement des territoires. « Sur chaque dossier, il faut un dialogue. La Chambre d’agriculture Alsace doit être associée, en amont, aux projets et aux décisions. Je pense par exemple aux mises en place de pistes cyclables riveraines des parcelles. Sur les ZNT, la Chambre est disponible pour faciliter l’apaisement des relations entre les agriculteurs et les citadins. La Chambre est ainsi impliquée depuis des années sur l’évolution des pratiques agricoles », explique Denis Nass. Concernant l’abattoir de Cernay, les relations étaient déjà excellentes avec le Conseil départemental du Haut-Rhin qui avait facilité son développement après un début d’activité difficile. « Nous confirmons ce soutien. D’autant plus que la CEA est propriétaire de l’abattoir. Elle va investir en 2022 un budget de 2,1 millions d’euros. Un soutien évident qui rentre dans une politique globale de soutien à l’agriculture. En 2021, la CEA a ainsi soutenu votre secteur d’activité à hauteur de 840 000 € », rappelle Étienne Burger, délégué à l’agriculture et à l’alimentation à la CEA. Ce plan de soutien et d’investissement important doit servir à un travail collaboratif. « La place de l’agriculture dans le développement du territoire doit lui permettre de pérenniser son modèle économique. Nous devons continuer, ensemble, à structurer les filières alimentaires à l’échelle du territoire. Pour y parvenir, nous devons maîtriser davantage la fluctuation des prix », ajoute Denis Nass. Des conventions de partenariat Directeur général adjoint à la CAA, Emmanuel Molard a évoqué les résultats des dernières enquêtes sur les relations entre les élus, les citoyens et les agriculteurs. « Une première enquête avait été menée dès 2016 avec l’association des maires du Haut-Rhin. Il en ressortait que les maires échangeaient très bien avec leurs agriculteurs et que dans 30 % des cas, un agriculteur était élu au conseil municipal de son village. L’année passée, une autre enquête a été menée auprès du grand public. Les résultats étaient également encourageants. 85 % des Alsaciens enquêtés avaient une vision positive de l’agriculture et 60 % considéraient que les pratiques agricoles avaient évolué positivement. Avec la CEA, une convention existe. Elle encourage aux actions collectives sur le territoire. Par ailleurs, la CAA développe des conventions de partenariat avec les collectivités qui ont comme priorité de protéger les ressources naturelles, de développer des modèles d’agriculture durable et de proximité, et de nouer des bonnes relations avec les habitants », précise Emmanuel Molard. Un exemple concret : les actions menées avec le syndicat des eaux et de l’assainissement d’Alsace Moselle (SDEA) avec les compétences sur l’eau. En outre, la Chambre a adhéré à la Maison du territoire créée par Mulhouse Alsace agglomération (M2A). Elle a également signé avec elle un projet alimentaire et une convention de partenariat est en cours de finalisation avec M2A, la Ville de Mulhouse et le Sivom pour pérenniser ces relations et développer de nouvelles actions. Fabian Jordan, président de M2A n’a pas caché sa satisfaction : « Nous avons beaucoup d’éléments en commun. À savoir : être acteurs et responsables. Mon projet politique est particulier. Il consiste à faire ensemble pour mieux avancer ensemble. La collectivité doit être le facilitateur. C’est dans ce cadre que j’avais créé il y a douze ans la journée citoyenne. Être engagé sur des valeurs communes que l’on porte sur notre territoire. La proximité est donc un facteur de réussite. Nos conventions ont donc du sens. Nous nous verrons régulièrement. Vous serez associés à tous nos projets politiques. » L’eau est un enjeu Le président de la FDSEA 68 Pascal Wittmann a toutefois interpellé le président de M2A. « Je suis attaché au développement économique de notre région, mais aussi à la préservation du foncier agricole. On constate que certaines collectivités contournent les textes, notamment sur les PLU et les PLUI pour gonfler leur emprise urbaine. Ces collectivités compromettent les possibilités de développement économique des exploitations agricoles. Nous souhaitons que vous soyez vigilant pour contrer ces dérives. Nous sommes pour le dialogue. Nous voulons être associés en amont sur ces dossiers. » De son côté, Fabien Metz, président de la commission environnement à la Chambre d’agriculture s’est agacé d’un arrêté préfectoral sur l’usage de l’eau et l’irrigation. « 35 milliards de m3 d’eau sont prélevés dans la nappe phréatique en Alsace. 3 milliards concernent l’irrigation. Je ne comprends pas pourquoi cet arrêté vise spécifiquement l’agriculture pour qui l’accès à l’eau est important. C’est nier la valeur de notre métier. Dans le Bas-Rhin, il y a des projets qu’il va falloir accompagner plutôt que bloquer. Il faut que les efforts de la profession agricole soient reconnus. L’eau est un moyen de production. Elle est aussi un enjeu de la souveraineté alimentaire. » Un point de vue que partage Danielle Bras, vice-présidente de la CAA. « L’eau est de plus en plus stratégique. La nappe est un atout, une sorte d’assurance récolte. Elle sécurise le rendement, valorise les intrants, permet de mieux produire. Dans le Haut-Rhin, il y a les canaux d’irrigation de la Hardt. Mais ces installations sont vieillissantes avec un entretien minimal. Or, ces installations sont économiquement intéressantes, moins énergivores, plus durables. Il faut donc investir dans la rénovation de ces canaux et les pérenniser. » Pour sa part, Gérard Lorber a une crainte, en tant que président du syndicat des irrigants dans le Bas-Rhin. « Nous faisons des tours d’eau. Il faut donc être associés aux discussions avant que ces arrêtés soient pris. Irriguer, ce n’est pas un plaisir. C’est un travail et cela a un coût. » « Redonner de la visibilité et de la confiance aux agriculteurs » Concernant le dossier de la chasse, Ange Loing a rappelé que les dernières battues concertées n’avaient pas donné les résultats souhaités. « La situation est critique. Il faut, sans délai, des battues administratives partout. Et quand les chasseurs n’ont pas la volonté ou la capacité de réguler, il faut agir. » Enfin, Claude Gretter pour les entrepreneurs agricoles a rappelé l’importance d’une réflexion sur l’aménagement des routes et des entrées de village pour permettre la circulation des engins agricoles. La réunion s’est terminée avec l’intervention de Laurent Wendlinger, président de la commission agricole au Conseil régional du Grand Est. « Nous voulons continuer de construire avec vous une stratégie agricole pour notre région afin de redonner de la visibilité et de la confiance aux agriculteurs. Nous serons, comme vous, une force de propositions. Nous devons être des acteurs pour récupérer nos parts de marché afin de renouveler notamment les générations sur les exploitations et assurer ainsi leur pérennité ». Le préfet du Haut-Rhin Louis Laugier a conclu en rappelant tout le travail de proximité qu’il effectue avec le monde agricole.

Publié le 07/12/2021

Lundi 6 décembre, les trois présidents des Chambres consulaires alsaciennes ont lancé un appel à la consommation locale pour soutenir l’économie locale, mise à mal par la crise sanitaire. Le foie gras d’Alsace était aussi au menu.

Lundi 6 décembre, jour de la Saint-Nicolas, « le foiegrasgate » renaît de ses cendres. Cette fois il est largement évoqué lors d’une conférence de presse conjointe de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) Alsace Eurométropole, de la Chambre de métiers d’Alsace (CMA) et de la Chambre d’agriculture Alsace (CAA). « Je n’ai rien contre les convictions personnelles, mais lorsqu’on représente une ville, on se doit de garder mesure et de ne pas être dans le dogmatisme », a lancé Jean-Luc Hoffmann (CMA). « Jeter le discrédit sur un produit emblématique de la ville de Strasbourg, c’est dangereux, et cela remet en cause une tradition gastronomique ancestrale. Aussi, je demande que le foie gras soit remis au menu des réceptions de la Ville de Strasbourg. Je n’imagine pas le maire de Bordeaux supprimer le vin de Bordeaux des événements officiels. Une ville ne se gère pas selon le bon vouloir de certaines associations. Les décisions prises doivent être discutées et partagées. On parle beaucoup de démocratie participative. Mais quand on apprend qu’une telle décision a été prise depuis un an, en cachette, on se demande où est la démocratie participative. Moi, je ne la vois plus. Une ville n’appartient pas à ses élus mais à ses habitants », a déclaré Jean-Luc Heimburger (CCI). ? "Après le sapin de Noël et le tour de France, maintenant le foie gras" s'indigne @J_Denormandie, après la décision de la maire (@EELV) de Strasbourg @JeanneBarsegh de retirer le foie gras des réceptions officielles de la mairie. ? @France3tv @letellier_ftv #Dimpol pic.twitter.com/fa1ePpozIB — DimancheEnPolitique (@DimPolitique) November 28, 2021 Denis Ramspacher (CAA) n’a plus eu qu’à apporter son soutien aux déclarations de ses homologues ! Et à rappeler qu’il est possible d’élaborer un repas de fête à base de produits alsaciens : « Vins, foie gras, volailles festives, il y en a pour tous les goûts. Les touristes l’ont bien compris puisqu’ils viennent aussi en Alsace pour passer de bons moments gastronomiques. » Il a rappelé que les palmipèdes gras sont élevés en semi-liberté jusqu’à l’étape du gavage, qui correspond à l’exagération d’un phénomène naturel de mise en réserve de graisses dans le foie avant les grandes migrations. « Les animaux sont préparés en gavage en étant au préalable nourris une fois par jour en grande quantité », a-t-il précisé. Même Josiane Chevalier, préfète de la Région Grand Est, a apporté son soutien aux producteurs de foie gras. D’abord en rappelant que les exploitations d’élevage sont régulièrement contrôlées par les services de l’État et « qu’aucune situation de maltraitance animale n’a été remontée ». Ensuite en estimant que « les gens devraient avoir la liberté de consommer ce dont ils ont envie, sans que les uns imposent leurs vues aux autres ». Enfin en rappelant que « le foie gras est né en Alsace ». Ce plaidoyer pour le foie gras d’Alsace a été parachevé par les producteurs de foie gras eux-mêmes, représentés par Nicolas Lechner, président de l’association Gänzeliesel, qui regroupe 11 producteurs alsaciens de foie gras fermier, à la fois éleveurs, transformateurs et metteurs en marché, qui maîtrisent donc l’ensemble de la chaîne de production. Et par Gilbert Schmitt, de la ferme éponyme, producteur de volailles et de foie gras à Bischoffsheim : « Les animaux sont élevés durant 11 à 14 semaines, nourris avec une alimentation à base de céréales sans OGM, l’étape de gavage dure 9 à 13 jours », a-t-il précisé. Pour conclure, Josiane Chevalier a annoncé qu’elle irait prochainement visiter un élevage de palmipèdes gras. Soutenir l’économie en limitant la propagation du virus, un équilibre fragile Autre sujet d’actualité, la crise sanitaire. Jean-Luc Hoffmann a dit toute son inquiétude face à l’ampleur de la cinquième vague, qui se traduit avant tout par une hausse de la tension dans les hôpitaux, mais aussi par des annulations d’événements, qui laissent des artisans « au fond du trou », avec des dettes abyssales. Sans pour l’instant qu’aucunes mesures de soutien ne soient cette fois annoncées par le gouvernement : « Il faudrait réarmer les mesures de chômage partiel pour les entreprises de l’événementiel », a plaidé Jean-Luc Hoffmann. Pour soutenir l’économie locale, il a aussi espéré que le marché de Noël puisse se tenir jusqu’au bout. Il a donc appelé au respect des gestes barrières. Un appel relayé par Jean-Luc Heimburger : « Respecter les mesures barrières, qu’elles plaisent ou non, c’est soutenir les entreprises locales, et les familles qui en dépendent. » Pour que les marchés de Noël restent ouverts tout en contrôlant la propagation du virus, des mesures spécifiques ont été mises en place, comme des espaces dédiés à la restauration, la diffusion de messages rappelant l’obligation du port du masque, la présentation du pass sanitaire pour l’accès aux marchés des places Broglie et Kléber, des opérations de contrôle du port du masque… Ce lundi 6 décembre, Josiane Chevalier a indiqué qu’elle allait demander l’extension de l’obligation de présentation du pass sanitaire pour l’accès à la place du Château, une mesure qui a pris effet dès le lendemain. Josiane Chevalier s’est dite consciente des difficultés rencontrées par les acteurs de l’économie locale et les a assurés du soutien de l’État : « Notre volonté de maintenir le marché de Noël va dans ce sens. » Mais l’État ne fera pas tout. Aussi a-t-elle lancé un appel à la vaccination, « pour ne pas entraver la liberté de ceux qui sont vaccinés », et au rappel « essentiel pour maintenir l’immunité ». Pour l’esprit de Noël, on repassera. Plus belle ville à Noël ?#Strasbourg #Noel pic.twitter.com/ILUvXkufi4 — La Chouette Photo (@ChouettePhoto) December 3, 2021  

Publié le 07/12/2021

Il y a sept ans naissait du partenariat entre la Ville de Strasbourg et la Chambre d’agriculture Alsace la Nouvelle Douane, un magasin de producteurs en plein centre-ville de Strasbourg. Après plusieurs années de développement, les affaires deviennent plus difficiles, notamment en raison de la crise sanitaire, qui impacte le pouvoir d’achat, le moral et les repères des consommateurs.

Quelques jours après le « foiegrasgate », Jeanne Barseghian, maire de Strasbourg s’est rendue à la Nouvelle Douane pour une visite commentée du magasin et du marché des producteurs le jouxtant, à l’occasion des sept ans de la boutique. Mais l’heure était à la réconciliation, et la spécialité alsacienne a à peine été évoquée par Denis Ramspacher, président de la Chambre d’agriculture Alsace, qui « se doit de défendre l’ensemble des agriculteurs qui contribuent à la gastronomie alsacienne, dont les producteurs de foie gras, car ils contribuent à l’attractivité touristique et à la dynamique économique de l’Alsace ». Une petite pique prestement contenue par l’édile : « Il y en a pour tous les goûts sur le marché de Noël ». Fin du gate. Il faut dire que ce n’était pas l’objet de la rencontre, dédiée aux sept ans de la Nouvelle Douane, mais aussi, par extension, aux circuits courts, afin d’inciter les Strasbourgeois à consommer local durant les fêtes de fin d’année. Car en ces temps troublés, même si les circuits courts et locaux cochent bien des critères d’une consommation plus responsable (emplois non délocalisables, limitation des transports, fraîcheur des produits, soutien à l’économie locale…), y avoir recours « ne va pas de soi », constate Jeanne Barseghian. « La crise sanitaire a été à double tranchant », développe-t-elle. Il y a d’abord eu un engouement très fort pour la consommation locale. Puis des impacts sur les processus d’approvisionnement, les coûts des matières premières… Aussi la Ville a la volonté de « communiquer sur les circuits courts, sur leur capacité à réduire notre empreinte environnementale tout en fournissant une alimentation saine et de qualité », a déclaré Jeanne Barseghian, qui a assuré les représentants de la Nouvelle Douane du soutien de la Ville. « Certains consommateurs vont devoir faire des choix » En effet, le développement de la Nouvelle Douane, ne va plus non plus de soi. « Après des premières années de forte croissance, avec une hausse du nombre de producteurs, de références, de la fréquentation, du chiffre d’affaires, nous arrivons à un plateau », indique Johan Legroux, directeur de la Nouvelle Douane. La crise sanitaire a évidemment joué : « Nous avons bien travaillé pendant le premier confinement, ce qui nous a permis de maintenir notre chiffre d’affaires, ce qui est une bonne performance comparée aux autres commerçants », poursuit le directeur. Mais au fur et à mesure que les vagues s’enchaînent, les choses se gâtent : « Rien n’est plus comme avant. Les gens sont en perte de repère. Avec la dégradation de leur pouvoir d’achat, certains consommateurs vont devoir faire des choix », constate Philippe Boehmler, président de la Nouvelle Douane, qui a donc appelé de ses vœux à ce que la Ville et la Chambre d’agriculture poursuivent leur partenariat, qui a vu naître la Nouvelle Douane. Pour fidéliser sa clientèle, l’enseigne investit désormais dans la communication. Avec 21 producteurs associés et 50 en dépôt-vente, la gamme de produits est suffisamment vaste. Un site de vente en ligne a été créé, et fonctionne, mais ce n’est pas le cœur de métier de la Nouvelle Douane : « Nous sommes un magasin de centre-ville. Les gens aiment venir, choisir leurs produits, discuter avec les producteurs », analyse Johan Legroux. C’est vrai aussi pour les producteurs. Même s’ils rencontrent des difficultés à venir jusqu’au centre-ville pour effectuer leurs livraisons, le contact avec les consommateurs les porte : « C’est une vraie fierté de pouvoir échanger sur notre métier, d’être présent jusqu’au bout de la chaîne », affirme Philippe Boemler.

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