Vie professionnelle

Publié le 11/06/2024

Tous les abonnés de L’Est agricole et viticole ont désormais accès au service météo expertisé Atmo Risk. Rendez-vous sur est-agricole.com, connectez-vous et consultez chaque jour un bulletin précis, qui tient compte des spécificités du territoire alsacien et des problématiques agricoles.

Depuis 2021, les lecteurs de l’Est agricole et viticole peuvent lire chaque semaine le bulletin météo d’Atmo Risk. Ce module hebdomadaire se complète aujourd’hui avec une version en ligne quotidienne. Le service est compris dans votre abonnement. Il est accessible dès lors que vous êtes connectés sur le site www.est-agricole.com et téléchargeable en format PDF. Une météo made in Alsace Pour proposer à nos abonnés ce nouveau service, nous collaborons avec Atmo Risk. Depuis 2013, l’entreprise alsacienne s’est imposée comme une source fiable grâce à l’expertise développée par Christophe Mertz, son fondateur. La spécificité et la force du bulletin météo d’Atmo Risk résident dans la définition de plusieurs territoires en Alsace, en fonction de leur climat. « Il faut comprendre que la prévision de la météo à l’échelle d’une commune est une fausse précision. Sur les différentes applications disponibles, on retrouve de toute façon une météo d’ensemble, des datas qui sortent d’un modèle », explique Christophe Mertz. Le météorologue a donc développé son propre modèle basé sur l’homogénéité climatique. « Par exemple, la plaine centrale de Strasbourg à Mulhouse est balayée par beaucoup de foehn, un vent d’ouest. Le piémont des Vosges se rattache à ce territoire climatique. Pourtant on observe parfois une inversion des températures entre le bas du piémont plus froid, et le haut plus chaud. En Alsace Bossue, le climat est très différent : il fait plus frais, il y a plus de pluie, il neige plus fréquemment. » Prévisionniste, un métier en voie de disparition Atmo Risk se base sur la synthèse de différents modèles, à commencer par les grandes agences comme Météo France, la NOAA aux États-Unis et la DWD en Allemagne. Puis Christophe Mertz ajoute son regard de prévisionniste : il interprète et vulgarise ces données. « C’est la grosse plus-value d’Atmo Risk, avance-t-il. Le métier de prévisionniste est en voie de disparition. C’est une question de coût. Évidemment qu’un algorithme coûte moins cher qu’un expert. Pourtant, les professions météo sensibles ont besoin d’une information plus fiable. » C’est pourquoi, les bulletins météo d’Atmo Risk s’accompagnent d’explications, en plus des données traditionnelles. « Le commentaire a toute son importance. Il vient nuancer, dire s’il y a des incertitudes, décrire le déroulé de la journée… » Répondre aux besoins des agriculteurs Le bulletin météo quotidien est composé d’une série de données utiles pour la profession agricole : le temps sensible (soleil, nuage, pluie…) par créneau de 2 heures ; le cumul des pluies sur la journée, avec un minimum et un maximum ; la température sous abris mesurée à 1m80 du sol (la T2M) ; l’humidité relative ; le risque de précipitation ; la force et la direction du vent. S’ajoutent à cela des courbes sur la journée : la température au sol et la température du point de rosé. « Lorsque la température du point de rosée est la même que la température T2M, alors il y a du brouillard. Plus les courbes sont écartées plus l’air est sec », explique Christophe Mertz. Après cette prévision pour le jour-J, viennent les prévisions à J + 1 et J + 2. Puis une prévision simplifiée de J + 3 à J + 7. « Le niveau de certitude dépend de chaque situation. Mais le but est bien qu’un agriculteur, en lisant le bulletin avant de commencer sa journée, ait une idée suffisamment précise des risques pour organiser son travail. » Christophe Mertz a bien conscience des enjeux derrière ses prévisions. Alors chaque jour de l’année, son réveil sonne à 5 h, et débutent les analyses. Pour qu’à 7 heures au plus tard, une information des plus fraîches soit diffusée. « Et alors, en quelques minutes, en lisant chaque jour ce bulletin en ligne, l’agriculteur a l’information dont il a besoin. »

Publié le 10/06/2024

Vendredi 31 mai et samedi 1er juin, l’entreprise AMR, fabricant français de matériel forestier et agricole, ouvrait ses portes à Elsenheim. Depuis 40 ans, AMR conçoit et fabrique toute une gamme de machines dédiées à la fabrication de bois de chauffage. L’entreprise, qui a su résister aux hausses des prix de l’énergie et des matières premières en gagnant en productivité, prévoit des investissements importants sur son site de production.

5 000 fendeuses, 2 000 scies… Chaque année, des milliers de machines, parmi plusieurs centaines de références, sortent des portes de l’usine AMR, située à Elsenheim. Sa spécialité ? Transformer quelque 2 000 t/an d’acier en tout le nécessaire à la transformation de grumes en bois de chauffage, en particulier sous forme de bûches. Des machines fabriquées en France, pour la France 2015 a marqué un tournant dans l’histoire d’AMR, qui a été rachetée par son principal client, l’allemand Unterreiner, devenu actionnaire principal de l’entreprise. Depuis, les investissements ont été bon train, notamment dans des robots de soudure et de découpe laser, de marque Trumpf, afin d’augmenter le rythme de production. Malgré cela, « en 2023, nous avons été submergés par la quantité de commandes », souligne Gert Unterreiner, qui, ni une ni deux, a investi dans un nouveau robot laser. Depuis 2015, près de 9 M€ ont été investis dans l’usine d’Elsenheim. Fabriquées en France, les machines AMR y sont aussi vendues. Le marché français représente 40 % du chiffre d’affaires, et l’Allemagne 45 %. L’entreprise exporte aussi un peu, notamment en Amérique du Sud, où elle a remporté une offre d’État, qui s’est traduite par l’export de six conteneurs de machines. Fabricant, AMR est aussi revendeur, notamment des marques Tajfun et KTS, ce qui représente environ 10 % de son chiffre d’affaires. Ses clients sont principalement des forestiers, des agriculteurs, et des particuliers qui font leur bois eux-mêmes. Les outils AMR sont distribués par un réseau d’environ mille revendeurs, principalement des concessionnaires agricoles. Des gains de productivité pour rester compétitif Actuellement, le marché ralenti un peu - « surtout parce que le curseur était monté très haut » - mais ni Gert Unterreiner, ni Michaël Hornecker, PDG, ni Maxime Verveaux, directeur adjoint d’AMR, ne sont inquiets : « Il y a un an, nous pensions que notre chiffre d’affaires allait baisser de 10 à 20 % en 2024. Finalement, le commerce est plus difficile, mais il se fait, car nos produits sont bons, et que nous continuons d’investir ». Le chiffre d’affaires de 2024 sera donc proche de celui de 2023, soit 29 M€. En outre, AMR a réussi à ne pas répercuter la hausse des prix de l’énergie et des matières premières sur sa grille tarifaire, restée inchangée depuis deux ans. Comment ? « Uniquement par des gains de productivité, en organisant, structurant, flexibilisant, formant et informatisant davantage », partage Michaël Hornecker. La consommation d’énergie a pu être réduite, celle d’acier, moins. « Il en faut toujours. Par contre, grâce à une organisation des lignes de montage qui permet de diminuer les temps morts, nous avons amélioré notre temps de production de 30 à 40 % ». AMR emploie presque 80 personnes et, à part pour les postes de soudeur, l’entreprise ne rencontre pas trop de difficulté de recrutement.

Publié le 21/05/2024

Suite au départ de Michel Debes de la présidence d’Alsace Lait, c’est Philippe Bernhard, jusque-là vice-président de la coopérative, qui prend le relais. Nous lui avons posé trois questions.

Vous venez d’être élu à la présidence d’Alsace Lait. Pouvez-vous vous présenter ? Philippe Bernhard (PB) : Je suis éleveur laitier à Woerth, dans un Gaec avec mon frère, aidé par un salarié et mes parents retraités. Nous produisons environ 1 million de litres de lait. Je suis membre du conseil d’administration d’Alsace Lait depuis 2017 et vice-président depuis 2020 et donc président depuis peu. Mon parcours est un peu atypique car je me suis installé assez tardivement, en 2011, à 32 ans. Après mon diplôme d’ingénieur en agroalimentaire, j’ai fait mes armes pendant 8 ans dans l’entreprise Nespresso en tant que responsable qualité de l’usine de production de capsules. C’est dans cet environnement stimulant que j’ai compris l’importance d’une filière qui va du consommateur aux producteurs de matières premières, le café en occurrence. Sur un plan plus personnel, je suis en couple et l’heureux père de deux garçons de 10 et 12 ans. Vous prenez les rênes d’une coopérative en bonne santé, mais qui a connu des passes plus difficiles. Quels sont les principaux défis à relever, quelle direction voulez-vous donner à cette entreprise ? PB : J’étais complètement impliqué dans l’élaboration de la stratégie actuelle en tant que vice-président. Il n’y a donc aucune raison de tout chambouler à l’heure actuelle. Des adaptations seront à faire dans les mois à venir mais la direction donnée à l’entreprise est maintenue. Notre stratégie est claire et doit permettre d’aligner les demandes des consommateurs et les intérêts des producteurs coopérateurs. C’est un équilibre indispensable dans une filière complète et c’est ce qui fait l’essence même d’Alsace Lait. Notre coopérative doit être fière de la qualité des produits qu’elle propose. Nous sommes reconnus sur plusieurs segments tels que le fromage blanc, les crèmes et beurre. La fidélité de nos consommateurs est un bien précieux dont nous devons prendre soin au quotidien. Ils rachèteront nos produits s’ils ont trouvé du plaisir à les consommer. C’est la base de nos métiers, que nous avons tendance à oublier avec l’avalanche d’injonctions et de demandes périphériques. Notre premier objectif est donc de développer la marque Alsace Lait sur la gamme existante ainsi qu’en l’élargissant. Nos prochains lancements, prévus en automne, seront destinés aux plus jeunes avec une gamme assez large de produits pour les enfants. Cela permettra également d’attirer de nouveaux consommateurs. D’autre part nous nous devons d’améliorer encore notre compétitivité. En améliorant l’efficacité de nos opérations à tous les niveaux, notamment grâce à des investissements cohérents avec la stratégie, ainsi qu’en augmentant, dans une certaine mesure, les volumes transformés. Nous pouvons également compter sur nos filiales Savoie Yaourt et Maison Riviera, tant sur plan d’échanges de savoir-faire que sur la consolidation financière du groupe. Nous avons récemment fixé les objectifs à moyen et long termes pour ces deux entités et nous avons là aussi défini des stratégies ambitieuses, basées sur les thèmes de la gourmandise, la qualité, la proximité et la santé. Sur le plan amont, le principal défi, c’est le revenu de nos éleveurs, que nous souhaitons préserver. Mais d’autres défis se situent dans le renouvellement des générations d’éleveurs, nos engagements RSE, tels que le bien-être animal, et la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).

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