Diversification

Pierre Meyer, céréalier et éleveur de chats Maine coon

À Dessenheim, dans le Haut-Rhin, à 20 minutes de Colmar, Pierre Meyer, agriculteur céréalier, a choisi une diversification d’activité surprenante : l’élevage de chats Maine coon. C’est au détour d’une sortie dominicale, dans une exposition féline, qu’il a découvert cette race de chat si particulière. Après en avoir acheté un lui-même, l’idée fait son chemin de développer un élevage.

Publié le 18/05/2019

À Merxheim, Jean-Marc Wild a diversifié son activité agricole avec la production de frites surgelées commercialisées en vente directe. En très petite quantité pour l’instant, il espère à terme produire entre deux et trois tonnes par an, principalement pour les particuliers et les associations.

Ah la saveur des frites faites à la maison… Des patates fraîchement épluchées et découpées, garanties sans additifs, ni conservateurs. À manger le jour même… ou quelques semaines plus tard. C’est ce que propose Jean-Marc Wild, agriculteur à Merxheim, qui s’est lancé il y a six mois dans la surgélation des frites en vue de diversifier son activité déjà bien fournie : 110 ha de cultures réparties entre maïs, blé, soja, tournesol semences et pommes de terre sur 6,5 ha. « Je cherchais d’autres sources de revenus. Ici, comme un peu partout, c’est difficile de s’agrandir. Du coup, j’ai cherché quelque chose que personne ne faisait dans le coin et qui me permettrait de vendre directement au particulier. » Dans un premier temps, il développe son élevage d’escargots en 2013. Une activité qui aujourd’hui fonctionne assez bien avec 4 000 douzaines produites par an. Et puis il y avait la pomme de terre qu’il valorisait déjà depuis quelques années en frites fraîches pour des animations ponctuelles : fêtes paysannes ou associatives, etc. « Le souci est que la date limite de consommation de la frite fraîche est trop courte pour le particulier. De là est venue l’idée de développer la surgélation. » Ayant déjà en sa possession la quasi-totalité du matériel nécessaire pour la transformation (éplucheuse, découpeuse, etc.), il a juste à compléter son installation avec un surgélateur acheté d’occasion. À l’intérieur, il y glisse un chariot équipé de plusieurs plateaux sur lesquels il entrepose environ 55 kg de frites. Deux heures et moins dix-huit degrés plus tard, l’ensemble est congelé et prêt à être conditionné en sachets de 2 kg. Ensuite, place au congélateur dans lequel ils sont stockés jusqu’à leur commercialisation, uniquement au magasin de la ferme pour l’instant. La frite est « comme elle est » Début d’activité oblige, il n’a pour l’instant produit « que » 500 kg de frites. Un chiffre modeste au regard des 200 tonnes de pommes de terre qu’il cultive annuellement. À l’heure actuelle, le gros de la production est écoulé à des fermes-auberges du massif, à des restaurants, au Super U de Guebwiller, à des magasins Trèfle Vert et à des particuliers. À chaque fois en vente directe, sans intermédiaire. Une philosophie complémentaire à celle qu'il pratique depuis ses débuts avec les céréales et la commercialisation en circuits longs. « L’avantage avec le circuit court, c’est qu’on a directement la reconnaissance du consommateur. Ça fait plaisir. » Dans le cas de ses frites surgelées, c’est même un plébiscite qu’il reçoit de la part de certains de ses clients. « Ils sont friands de la frite maison qui n’a pas la même saveur qu’une frite industrielle dans laquelle on a ajouté des conservateurs. » Chez lui, pas de triche, la frite est « comme elle est ». Elle évolue en fonction de l’année et de la variété avec laquelle elle est produite, aujourd’hui la Sirco et l’Excellency. Il utilise la première du mois de juillet à Noël, et la seconde après Noël. « C’est à partir de ce moment-là que l’Excellency devient intéressante pour faire de la frite. » Il doit en effet faire attention au niveau d’humidité présent dans ses pommes de terre. « Ainsi, si je sais qu’avant Noël, la Sirco ne va pas être géniale et que l’Excellency ne sera pas encore optimale, j’anticipe et je fais du stock avant histoire de pouvoir proposer des frites au moment des fêtes de fin d’année. » Objectif : entre deux et trois tonnes à l’année Le gros avantage des frites surgelées à ses yeux est la souplesse que cela lui offre au niveau de son emploi du temps. « Étant donné que je peux stocker au fur et à mesure, je peux en faire pendant des périodes où mon activité est un peu mois importante. Ou si un client vient au magasin pour en acheter et que je n'en ai pas, je lui demande de repasser trois jours plus tard. Je trouve toujours un créneau pour en produire quelques-unes. Pour un restaurant, c’est un peu différent, car il faut être bien plus réactif. Sans compter que la plupart des chefs aiment bien faire les frites eux-mêmes. C’est pour cela que je privilégie avec eux la vente des pommes de terre non transformées. » Pour les associations en revanche, c’est plus simple. Les dates des manifestations étant connues des semaines ou des mois à l’avance, il peut bien plus s’organiser. Pour les prochains mois, il a déjà 465 kg de frites qui ont été commandées pour des évènements, le tout sans page Facebook ou communication particulière, juste grâce au bouche-à-oreille. À raison de 150 kg de frites produits en une journée, cela lui demandera un peu plus de trois jours de travail pour honorer ces demandes. À terme, il aimerait bien produire entre deux et trois tonnes de frites surgelées par an, à raison d’une demi-journée ou une journée de travail par semaine. Un objectif au long cours qui passera par la diversification de la commercialisation - à partir du mois septembre, il proposera ses frites surgelées au drive fermier de Stosswihr, en plus de ses escargots - et par de l’investissement dans du nouveau matériel. « Pour le moment, je ne suis pas très bien équipé. Les frites longues, je suis obligé de les faire à la main. C’est un peu archaïque. Il faut que je trouve une machine qui fasse toutes les tailles de frites, et plus rapidement. Cela me permettrait de doubler mon débit actuel. » L’étape ultime dans la fabrication de ses frites « maison » serait d’utiliser une huile de tournesol produite par ses soins. « Pour le moment, je m’approvisionne chez un grossiste. Là, j’ai planté quelques ares de tournesol. Je verrai bien ce que ça donne. »

Chambre d'agriculture d’Alsace

La ferme-auberge du futur

Publié le 22/11/2018

Dans le cadre d’une étude sur la ferme-auberge du futur, la Chambre d'agriculture d’Alsace a organisé trois réunions de créativité, en partenariat avec l’université de Savoie Mont-Blanc, animées par les étudiants de licence professionnelle Valorisation des produits et espaces montagnards.

La Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA) réalise une étude sur la ferme-auberge du futur pour Alsace Destination Tourisme (ADT) grâce à l’appui du commissariat du Massif des Vosges. Elle concerne 56 fermes-auberges situées sur trois départements (Haut-Rhin, Bas-Rhin et Vosges) qui adhèrent à des chartes ou cahiers des charges (Bienvenue à la ferme, Association des fermes-auberges du Haut-Rhin et Gîtes de France du Bas-Rhin). Dans ce cadre, trois réunions de créativité ont été organisées au chalet du Champ du Feu à Belmont, à la Maison de la montagne à La Bresse et à la ferme-auberge du Grand Ballon, auxquelles ont participé des membres du comité de pilotage et des acteurs du territoire : fermiers-aubergistes, conseillers régionaux et départementaux, élus locaux, représentant d’offices de tourisme, du parc naturel régional, techniciens. « Nous avons sollicité l’université de Savoie Mont-Blanc pour établir un partenariat. Les étudiants ont donc animé les trois réunions. Cet exercice leur permet de mettre en pratique ce qu’ils étudient en cours et d’avoir une expérience concrète en situation professionnelle. Ils viennent de différentes régions et ont des profils complémentaires puisqu’ils sont issus du monde agricole, environnemental ou du tourisme. Ces thèmes sont précisément le fil conducteur des problématiques des territoires de montagne », explique Noémie Bureth, qui pilote l’équipe de travail de la CAA. « Ces rendez-vous ont permis aux participants d’avoir un large aperçu de la réalité que nous vivons dans nos fermes et nos auberges, précise Serge Sifferlen, président de l’Association des fermes-auberges du Haut-Rhin, qui a assisté aux trois rencontres. À chaque fois, les produits de la ferme ont été mis en évidence. À chaque fois également, nous avons pu mieux comprendre les problèmes d’accessibilité aux différents lieux, mais également les thématiques liées à la signalétique, au haut débit, à la ressource en eau, à la nature. » Des changements de comportement chez les clients Les groupes de travail ont participé à des ateliers créatifs sur la tradition et la modernité de la ferme-auberge. Les professionnels ont notamment insisté sur la nécessité de préserver ces exploitations familiales, de garder les menus traditionnels proposés, d’assurer la pérennité des circuits courts avec une transformation à la ferme, et de faire le lien avec les consommateurs. Ce qui n’empêche pas d’évoluer et de proposer de nouvelles recettes pour les repas, d’utiliser la modernité technologique par le biais des réseaux sociaux, des sites internet ou du haut débit. Dans tous les cas, il y a la nécessité de garder une agriculture adaptée à son milieu, avec des pratiques agricoles de proximité et pérennes, sans course à la productivité. Les fermiers-aubergistes observent un changement de comportement de leurs clients, de plus en plus curieux et ayant de nouvelles demandes. Il faut savoir les écouter, tout en cherchant à maintenir une offre de qualité. Les étudiants ont proposé aux participants de réfléchir aux potentiels de vente et aux différents profils de clients. Les professionnels constatent que les consommateurs sont de plus en plus exigeants. Il faut donc être à l’écoute, maintenir une large offre, tout en la faisant évoluer afin de séduire le plus grand nombre. Mais une chose est sûre : le concept de ferme-auberge en Alsace, c'est le reflet de l’identité du massif des Vosges, c’est un attrait touristique qui se démarque des autres régions de l’hexagone.

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