Diversification

Publié le 06/02/2017

Aurélie Gander et Jérôme Gerhart ont ouvert début décembre leur propre magasin de vente à l’entrée de Sand, à l’emplacement d’un ancien garage et d’une station-service. Ils y vendent la viande issue de la ferme Rottmatt, dont Jérôme Gerhart est l’un des associés.

Situé à l’entrée de Sand, village proche de Benfeld, le magasin de vente de la ferme Rottmatt a pris la place d’un ancien garage, fermé depuis un incendie. Sur le parking où se garent les clients se trouvait la station-service. Depuis la réouverture des lieux, le 3 décembre, on peut y faire le plein de viande et de charcuteries issues de la ferme tenue par Jérôme Gerhart et son père René. Les deux associés élèvent un troupeau de 80 vaches allaitantes et leur suite, à 75 % de race limousine, le reste étant constitué de blondes d’Aquitaine et de quelques charolaises. S’y ajoutent une quarantaine de génisses achetées à l’extérieur pour être engraissées. Des caissettes au détail L’ouverture du magasin constitue la suite logique d’un projet de vente directe lancé voici quatre ans. « Nous vendions des caissettes de viande d’une quinzaine de kg et nos clients étaient de plus en plus nombreux à nous demander de la viande au détail », explique Jérôme Gerhart. L’idée d’ouvrir un magasin commence à germer. Il faudra deux à trois ans pour qu’elle aboutisse. Le local étant trouvé - Aurélie et Jérôme Gerhart le louent à la grande tante du jeune éleveur - il reste à l’aménager. « Au départ, tout était vide. Nous avions un local de 200 m2 avec un trou dans le toit dû à l’incendie. Il a fallu tout nettoyer et tout aménager ». Pour les plans, le jeune couple s’adresse à la Chambre d’agriculture. Violette Kessler, du service gestion du territoire, les assiste dans leur conception. L’enjeu est de tirer partie de ces 200 m2, tout en respectant les normes d’hygiène et de circulation relatives à la viande et aux produits carnés transformés. « Ce qui est compliqué, c’est de connaître les normes, explique Jérôme Gerhart, qui regrette de n’avoir pas pu bénéficier dans ce domaine de l’aide des services de contrôle. Nous avons tout de suite fait le choix d’un local CE, pour pouvoir faire de la prestation pour d’autres. » Respecter la marche en avant Le magasin de vente, d’une superficie de 60 m2, se situe dans la partie avant du bâtiment. Il est séparé de la partie laboratoire par des cloisons en panneaux sandwich de couleur orange qui s’harmonisent avec le carrelage gris clair de la pièce et le soubassement de la vitrine. Le laboratoire, les chambres froides, les vestiaires et les toilettes occupent le reste de la surface. « Il faut respecter le principe de la marche en avant », indique Aurélie Gander. Pas question, par exemple, de mélanger carcasses et produits finis : « Nous avons une chambre froide pour les carcasses, une autre pour la viande découpée, une troisième pour les produits finis et une dernière pour les déchets, avec un sas qui sépare la chambre froide des déchets du reste du laboratoire ». C’est Aurélie qui œuvre au laboratoire, où elle dispose de tout le matériel nécessaire à la découpe et à la transformation (hachoir, fumoir). Elle s’est formée à la découpe de bovins et aux techniques de boucherie-charcuterie-traiteur en fréquentant le CFA de Bar-le-Duc, puis celui d’Eschau. Une fois les carcasses de bovins récupérées à l’abattoir de Holtzheim, elle les découpe sur place et en transforme une partie en charcuterie à base de bœuf et de veau : terrines, mousse de foie, cordons bleus, cordons rouges, saucisse de viande, knacks, saucisson sec, lard de bœuf, bœuf séché, roulades, paupiettes… En dehors de la période de rush de Noël, où ils auraient pu vendre « des kilomètres de filet », Aurélie Gander et Jérôme Gerhart tablent sur un rythme d’abattage de deux génisses et un veau par semaine. C’est qu’en plus du magasin de Sand, de la vente en caissettes qui continue, de la présence au marché de Muttersholtz tous les jeudis, le couple approvisionne aussi le magasin Cœur Paysan de Colmar, en alternance avec deux autres éleveurs. L’embauche d’un deuxième boucher est prévue. Cherche éleveur de porcs « Notre but, c’est de vendre notre viande, nos charcuteries », précise Jérôme Gerhart. Le jeune éleveur aimerait toutefois enrichir son offre avec du porc. « On avait un projet d’élevage de porcs, mais il n’a pas abouti. » Il est à la recherche d’un élevage partenaire « ni trop grand, ni trop petit, ni trop éloigné » produisant « du porc sur paille et sans OGM. » Le magasin de la ferme Rottmatt propose également toute une gamme de produits complémentaires provenant de fermes des environs : légumes, œufs, pâtes, yaourts, fromage blanc, foie gras, jus de raisin, confitures.

Trophées Alsace Innovation

Nos entreprises se réinventent

Publié le 13/12/2016

Des bonbons aux fruits et au miel d’Alsace, des eaux-de-vie de légumes en spray, une centrale photovoltaïque mobile… L’Alsace a décidément le goût de l’innovation. Pleins feux sur la cérémonie de remise des Trophées Alsace Innovation, jeudi 24 novembre à la Maison de la Région à Strasbourg.

Innovant, l’agroalimentaire alsacien ? Après la cérémonie de remise des Trophées Alsace Innovation, il n’est plus permis d’en douter. Lors de cette 13e édition, deux entreprises du secteur ont été récompensées pour leur inventivité et leur originalité. Lauréate de la filière d’excellence Agroalimentaire, la distillerie Massenez à Dieffenbach au Val a créé la sensation avec sa gamme d’eaux-de-vie de légumes, de plantes aromatiques et d’épices, déclinées en spray, en extraits et en liqueurs. Des saveurs inédites à « distiller » dans les plats et les cocktails. La société Gida à Wittenheim (68) a reçu un prix d’encouragement pour Schmoutz, une gamme inédite de confiseries composée de meringues fantaisie aux formes alsaciennes, de bonbons gélifiés au jus de fruits d’Alsace et au miel d’Alsace. L’agroalimentaire n’est pas le seul domaine à faire preuve de créativité : Ecosun Expert à Hombourg a été récompensé dans la catégorie bâtiment et matériaux pour Mobil-Watt, une centrale solaire mobile capable de fournir 75 000 kWh par an. Elle se transporte aisément dans un conteneur et se déploie en deux heures, sans travaux de génie civil, dans toutes les zones du monde non raccordées au réseau électrique. Les Trophées Alsace Innovation permettent de mettre en avant le dynamisme et la créativité de l’économie régionale. Depuis 2003, plus de 1 280 projets innovants ont ainsi été promus en Alsace. Depuis trois ans, ces Trophées sont portés en collaboration avec les pôles de compétitivité présents sur le territoire alsacien. Alsace BioValley, Fibres Énergivie, Pôle Véhicule du Futur et Hydreos ont été rejoints cette année par le cluster alimentaire Aria Alsace.

Publié le 21/11/2016

Cela fait deux ans que le magasin de producteurs La Nouvelle Douane a ouvert ses portes à Strasbourg. Pour fêter l’événement, il lance le « snacking fermier », un déjeuner à composer sur place et à emporter.

La Nouvelle Douane, ce magasin de producteurs fermiers implanté à Strasbourg depuis le 12 novembre 2014, fait à nouveau parler de lui. Pour son deuxième anniversaire, il annonce une profusion de bonnes nouvelles. Le chiffre d’affaires est en hausse de 12 % en un an, une réussite dont se félicite Philippe Boehmler, président de la SAS qui regroupe 22 producteurs. Et un nouveau service, le « snacking fermier », vient compléter la palette des produits proposés. Pour célébrer ces bonnes nouvelles, le magasin a organisé deux semaines de fête, avec des paniers garnis à gagner. Le bilan de ces deux premières années est très positif, estime Philippe Boehmler. « Nous tournons aujourd’hui autour de 650 paniers par jour. » Certes, les débuts ont été difficiles : les producteurs ont dû apprendre à gérer un magasin situé au centre-ville, très bien agencé mais relativement petit pour des produits alimentaires. « Nous avons dû adapter cet outil de manière à répondre au mieux à notre activité et aux attentes des consommateurs qui veulent un panel large, des produits diversifiés, des plats à emporter et à cuisiner rapidement. » La progression du chiffre d’affaires a permis de recruter, en avril dernier, une responsable de magasin, Fanny Etter. Elle est chargée, entre autres, des relations humaines - avec les salariés comme avec les producteurs -, de la communication, du développement. Depuis, l’équipe s’est encore agrandie : avec l’arrivée de Carine Taesch, qui s’occupe de l’espace « snacking fermier », elle se compose désormais de six membres. L’offre s’est elle aussi étoffée : aux 22 premiers producteurs se sont ajoutés des dépôt-vendeurs, qui approvisionnent notamment le magasin en légumes bios (les Jardins de Marthe et les Jardins de la Montagne Verte), en fromage de brebis, en légumes secs, etc. Un rayon épicerie fine a fait son apparition, avec des huiles, des pâtes, des limonades, des cornichons, des condiments. L’offre de pain a également évolué, la ferme Friess ayant cédé la place à la boulangerie Turlupain suite au départ à la retraite du producteur. Philippe Boehmler n’exclut pas que de nouveaux producteurs viennent se joindre au groupe d’associés initial. « Nous nous réunissons toutes les deux semaines entre producteurs pour prendre les décisions importantes. Et, par nos permanences dans le magasin, nous sommes en contact permanent avec les consommateurs. C’est en quelque sorte le prolongement de notre ferme, une continuité valorisante. » Prêts à être dégustés Justement, le snacking fermier a été lancé mardi 15 novembre à la demande des clients qui, en même temps que leurs emplettes, souhaitaient emporter des repas tout prêts. C’est ainsi que la Nouvelle Douane propose des salades et sandwichs à composer sur place, le client pouvant choisir les produits qu’il souhaite associer. « Nous proposons des formules déjeuner (une salade ou un sandwich, avec un dessert ou un jus de fruit). Par la suite, nous élargirons l’offre avec des produits chauds, une soupe ou un plat », explique Fanny Etter. Mais déjà, les producteurs de La Nouvelle Douane ont de nouveaux projets en tête. Ils souhaitent proposer un service de livraison à domicile. « Les possibilités de stationnement au centre de Strasbourg sont très limitées, ce qui fait que le panier moyen oscille entre 15 et 18 €. La livraison à domicile permettrait d’étoffer ce panier moyen », indiquent les producteurs. Un local réservé à l’agriculture au cœur de la ville, au pied de la cathédrale, c’est un rêve qui est devenu réalité grâce à l’appui de la ville de Strasbourg, propriétaire des lieux. « Nous voulions développer la visibilité des circuits courts en leur offrant une vitrine au cœur de Strasbourg, souligne l’adjointe au maire Françoise Buffet. C’est presque un retour aux sources, puisque les denrées agricoles acheminées à Strasbourg par bateau passaient par le bâtiment de la douane, en particulier le vin d’Alsace. » Elle se réjouit de la réussite de ce projet qu’elle soutient depuis les premiers jours, mais aussi du renforcement de l’offre de produits bios, en phase avec la politique de la ville en matière agricole.

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