Diversification

Chez Corinne Diemunsch à Balbronn

Soigner la vigne par les plantes

Publié le 16/11/2017

Tanaisie, achillée, absinthe, reine-des-prés, saponaire, rue, bardane… : l’exploitation viticole de Corinne Diemunsch - Domaine de Gunterhof - n’a vraiment rien de commun. Depuis 2013, cette viticultrice produit des plantes aromatiques, tandis que ses raisins bios sont livrés à la cave du Roi Dagobert.

L’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba) proposait une journée de rencontre avec Corinne Diemunsch qui soigne ses vignes par les plantes et qui a fait de la production de plantes séchées pour le soin de la vigne et des cultures, sa deuxième activité. Un événement auquel tous les vignerons du Grand Est étaient conviés. Nul n’est prophète en son pays, ce dicton n’a jamais résonné aussi fort, jeudi 8 novembre vu l’intérêt suscité par cette formation auprès des vignerons lorrains, qui sont venus en force en Alsace : 18 participants sur les 25 présents. Après la présentation des installations, le séchoir et la pièce de stockage, des locaux bien ventilés mais plutôt sombres pour préserver les propriétés des plantes séchées, les vignerons avaient rendez-vous à la cave du Roi Dagobert, pour deux heures d’introduction à l’usage des plantes. Un propos de Corinne Diemunsch, inspiré par le formateur Éric Petiot, qui s’est voulu très modéré. Ces préparations peu préoccupantes tombent sous le coup d’une législation contraignante sur la communication des pratiques phytosanitaires alternatives aux produits de synthèse. « Je peux commercialiser des plantes, mais je ne peux pas vendre des préparations et en revendiquer des effets, faute d’AMM (autorisation de mise en marché). » Pour les usages, il existe une bibliographie abondante… Pour être efficace, la phytothérapie des vignes s’inscrit dans une approche viticole globale. Les méthodes sont douces et peu agressives pour la terre et la plante : les vignes sont taillées en Guyot-Poussard de manière à ce que les mutilations de la taille entravent au minimum les flux de sève. La fertilisation vise à nourrir la vie microbienne des sols, mais pas à perfuser les vignes d’azote minéral. Corinne Diemunsch applique par exemple des oligoéléments et du saccharose. Et s’agissant des travaux des sols, selon l’approche de la trophobiose de Francis Chaboussou, il n’y a pas de remuage de la terre après la mi-juillet pour ne pas provoquer de minéralisation des sols. Et d’une manière générale, elle n’utilise pas d’outils de travail des sols à dents animées telles que la herse rotative et la fraise. « J’aime bien varier les plantes » Corinne Diemunsch centre la protection de sa vigne autour du cuivre, avec un premier traitement à la très très faible dose de 50 g/ha en Cu métal dès le stade 2 feuilles, et du soufre Thiovit. « Mes plantes « premiers secours » sont l’ortie, la consoude, la prêle, la fougère et l’achillée. » Les traitements s’appliquent autant au sol que sur la plante. Le bouillon moléculaire élaboré à partir de décoction ou d’infusion « est reconnu par la plante, et est donc très assimilable ». Ces applications de plantes exercent « un effet nutritif, SDN, biostimulant ou phytostimulant, et créent une atmosphère défavorable à l’implantation des maladies. Les plantes que j’utilise sont l’ortie, la reine-des-prés, la prêle, l’origan, la consoude, la tanaisie. » Et contre les insectes, la tanaisie, la lavande, la menthe, l’absinthe, la rue, la santoline, et la fougère sont appliquées pour leur effet insectifuge : « J’aime bien varier les plantes et apporter des éléments différents, des phénols différents. »      

Alimentation durable

L’Alsace centrale se mobilise

Publié le 31/10/2017

À l’occasion de la semaine contre le gaspillage alimentaire et alors que les États généraux de l’alimentation mobilisent l’ensemble des acteurs des filières alimentaires un peu partout en France et sur les réseaux sociaux, le Pôle d’équilibre territorial et rural Sélestat Alsace Centrale a organisé un forum consacré à l’alimentation durable.

Ce forum était l’occasion de faire le point sur les actions déjà engagées par les différents acteurs au sein du territoire. Et de leur donner l’opportunité de se rencontrer et d’exprimer leurs attentes, leurs regrets, leurs inquiétudes, leurs espoirs. Car si fournir une alimentation durable à tous les citoyens est un objectif partagé, les échanges qui ont eu lieu au cours de ce forum ont aussi révélé que la notion d’alimentation durable, et des moyens à mettre en œuvre pour l’atteindre, sont sources de divergences d’opinions. Mais c’est bien tout l’intérêt de ce genre de rencontres : prendre conscience de ces divergences, et les entendre, pour mieux les intégrer dans des projets qui, pour réussir, ne peuvent qu’être collectifs, donc fédérateurs. Répartis par tables, les participants sont invités à débuter la matinée de travail en inscrivant deux mots-clés en lien avec le thème de l’alimentation durable. Leur inventaire à la Prévert est le reflet de sensibilités divergentes : développement durable, éducation, bio, proximité, relocalisation, circuits courts, santé, communication, engagement, ensemble, qualité, lien, environnement, bien-être, économie circulaire, durabilité… Pour certains c’est en effet la protection de l’environnement qui arrive en tête, pour d’autres le soutien à l’économie locale, alors que d’autres encore mettent en avant la santé, le lien social, ou l’éducation. Pour Marcel Bauer, président du Pôle d’équilibre territorial et rural (PETR) Sélestat Alsace Centrale, le territoire d’Alsace Centrale a « tout sous la main » pour réussir la transition vers une alimentation plus durable « ce qui n’empêche pas de se poser des questions ». En effet, cette transition touche à la fois à la nécessité éthique de nourrir tous les hommes de manière équitable. Et à une multitude d’autres domaines : préservation du foncier agricole, de la qualité de l’eau, lutte contre le gaspillage, éducation, approvisionnement en denrées locales des citoyens consommateurs, accompagnement des producteurs vers une agriculture plus raisonnée, voire biologique, structuration de nouvelles filières de production, émergence de nouveaux modes de distribution… Gaspiller, c’est dépassé ! L’État, représenté à ce forum par Marie-José Amara, chef de projet alimentation à la Draaf Grand Est, « a pour objectif d’assurer à tous l’accès à une alimentation sûre et de qualité », rappelle-t-elle. Pour mener à bien cette mission, les priorités sont la justice sociale, l’éducation et la lutte contre le gaspillage. Car il y a de quoi faire en la matière : 89 millions de tonnes (Mt) de denrées alimentaires sont perdues chaque année en Europe, soit 179 kg/habitant/an. Autrement dit, 57 % des calories produites par habitants sont perdues. Et, si rien n’est fait, la tendance n’ira pas en s’inversant. Pire, le gaspillage progresserait de 40 % d'ici 2020. Or l’enjeu est d’abord éthique, car une partie de la population mondiale souffre de malnutrition quand une autre est rattrapée par l’obésité et le diabète. « 900 millions de personnes sont sous-alimentées dans le monde. Et en France 4 millions de personnes bénéficient d’une aide alimentaire », indique Marie-José Amara. Mais il est aussi économique : « 30 % des denrées alimentaires sont gaspillées entre la production et la consommation, cela représente un budget de 400 € par ménage ». Des chiffres qui prennent encore plus de sens lorsqu’ils sont placés dans la perspective d’une population mondiale à l’horizon 2050 de 9 milliards d’humains, à nourrir dans un contexte de changement climatique renforçant l’instabilité des marchés, et de ressources limitées. « La loi du 11 février 2016 relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire hiérarchise les actions de lutte dans l’ordre de priorité suivant : prévention, don, alimentation animale, compostage et méthanisation », indique Marie-José Amara. En avril, un second pacte de lutte contre le gaspillage alimentaire devrait être mis en œuvre. Il comprend notamment la promotion de la territorialisation des méthodes de lutte contre le gaspillage. Et l’État devrait s’engager à promouvoir, via les Draaf, les Dreal et l’Ademe, les Réseaux pour éviter le gaspillage alimentaire (Regal) et les Projets alimentaires territoriaux (PAT). Dans ces cadres, des actions peuvent être envisagées à tous les niveaux. Lors de la production, en encourageant le glanage, le don et un calibrage plus raisonné des produits. Lors de la distribution en baissant le prix des denrées dont la date de péremption approche, ou en distribuant ces denrées aux associations d’aide alimentaire. Lors de la consommation, en n’achetant que le nécessaire, en adaptant mieux les portions, en accommodant les restes. Retrouvez les conseils d’Agathe la patate pour lutter contre le gaspillage alimentaire : Un enjeu environnemental L’Alsace Centrale compte neuf captages d’alimentation en eau potable, « dont cinq sont concernés par des problématiques de pollution persistante, que ce soit par les nitrates et les produits phytosanitaires, ce qui concerne 13 000 abonnés », indique Christine Guionie, du SDEA. Une démarche volontariste d’adaptation des pratiques agricoles a donc été engagée afin de concilier une agriculture et une protection des captages durables. Deux études ont donc été commandées auprès de deux structures différentes afin d’identifier les productions agricoles qui cumuleraient un débouché et un profil agro-écologique intéressants. Conclusion : le soja est la seule production citée en agriculture biologique et conventionnelle, toutes les autres solutions identifiées passent par l’agriculture biologique, que ce soit la production de grandes cultures, de lait ou de viande. Actuellement, 656 fermes sont labellisées agriculture biologique en Alsace, rappelle Emmanuel Rieffel, de l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba). Structure qui a justement pour mission de développer des filières bios locales. « Il y a des freins à lever, il faut éduquer la demande, communiquer et, pour pouvoir monter des filières complètes, il faut élargir la notion de territoire », rapporte-t-il. D’autres freins sont évoqués par les participants, comme les différentiels d’exigences entre cahiers des charges bios, et coûts de production au sein même de l’Europe, qui plus est, au-delà. Néanmoins, le rythme des conversions à l’agriculture biologique est soutenu. Et Emmanuel Rieffel peut citer au moins deux exemples de réalisations locales concrètes : l’enseigne Leclerc de Sélestat, qui commercialise des fruits et légumes bios et locaux. Et le moulin Kircher, d’Ebersheim, qui transforme des céréales bios produites en Alsace. Miser sur les filières de proximité Mais qu’entend-on par local au juste, s’interrogent des participants ? Aude Forget, conseillère à la Chambre d'agriculture d’Alsace, rappelle : « Les filières de proximité rassemblent des circuits courts et des circuits plus longs dont les outils de production et de transformation se situent sur le territoire. Attention aussi, un circuit peut être court, parce qu’il y a peu d’intermédiaires, mais pas forcément local. Donc le terme circuit court n’est pas strictement synonyme de proximité ». Aussi, plus que les circuits courts, ce sont les filières de proximité que la Chambre d'agriculture d’Alsace entend défendre. D’autant que « nous avons la chance d’avoir en Alsace un maillage très important de filières de proximité, qui concernent une gamme de produits très diversifiés », note Aude Forget. Sa collègue, Violette Guillaume, complète : « La Chambre d'agriculture accompagne les projets de filières de proximité des études de faisabilité à la commercialisation. » Pour un agriculteur se lancer dans la vente directe consiste à apprendre deux nouveaux métiers : la transformation et la vente. Un défi qui ne semble néanmoins pas les arrêter. En effet, rien qu’en Alsace Centrale, 90 producteurs pratiquent la vente directe. Et la Chambre d'agriculture a accompagné l’émergence de magasins collectifs, comme Fermes et compagnie, Cœur paysan, et d’autres sont en gestation. Un drive fermier est bien installé à Schirmeck, un autre devrait suivre à Villé. RHD : objectif structurer Toutes ces initiatives fonctionnent bien pour relocaliser l’alimentation à domicile. Mais en ce qui concerne la Restauration hors domicile (RHD), le chantier s’avère plus ardu. « Un million de repas sont servis dans les collèges et périscolaires du territoire et certains gestionnaires de ces structures sont intéressés par l’approvisionnement local de leurs structures », indique Jean-Marc Riebel, vice-président du PETR et du SDEA. Mais plusieurs facteurs entravent les bonnes volontés : un système de marchés publics inadapté, une production locale et raisonnée - voire bio - insuffisante, et des filières qui doivent encore mieux s’organiser pour répondre à cette demande. « La Chambre d'agriculture et le Conseil départemental ont noué un partenariat pour accompagner les collèges vers l’approvisionnement en produits locaux », indique Violette Guillaume. Mais ceci requiert une structuration de la production pour aboutir à une logistique qui permette un approvisionnement local sans surcoût. Et de la lucidité : « On ne pourra pas assurer tout l’approvisionnement localement », estime Violette Guillaume. C’est pourquoi des conventions sont aussi passées avec les grossistes qui fournissent le complément de gamme, et avec les sociétés de restauration privées, afin que l’approvisionnement se fasse du plus au moins local selon les disponibilités. Pas à pas, le cheminement vers une alimentation locale durable en RHD progresse : « En 2016, la Chambre d'agriculture a participé au lancement de la plateforme d’approvisionnement local ApproAlsace, permettant aux professionnels de la restauration d’accéder à une gamme de produits alsaciens », avance Violette Guillaume. D’autres obstacles restent à franchir. Notamment en matière d’infrastructures d’abattage. Car celles qui existent connaissent des difficultés alors que pour assurer un approvisionnement en viande locale il en faudrait davantage. L’éducation par le plaisir Le territoire comprend neuf collèges qui adhèrent à la démarche « Mangeons sain, jetons moins », qui véhicule des valeurs de « solidarité, de santé de développement durable et qui intègre tous les acteurs du collège afin de créer du lien », indique Laurence Muller-Bronn, vice-présidente du Conseil départemental. D’autres structures œuvrent pour éduquer les générations futures à adopter une alimentation durable. Ainsi, la Maison de la nature du Ried et d’Alsace Centrale a déployé l’opération « Mangeons sain » dans les restaurants scolaires du territoire. « La première approche a été de former les cuisiniers, puis d’accompagner les collèges », rapporte Denis Gerber directeur de la Maison de la nature du Ried et d’Alsace centrale. Cinq associations ont accompagné 20 collèges ce qui a permis de sensibiliser 800 élèves, donc potentiellement autant de familles, auxquelles ont été proposés des ateliers de cuisine parents-enfants. « La troisième action vise à faire le lien avec les producteurs du territoire », annonce Denis Gerber. Des actions similaires ont été menées dans les périscolaires : « L’antigaspi attitude » a été prônée dans 39 périscolaires et le dispositif « Les éco-restos du périsco » prévoit 70 heures d’accompagnement sur une année. Marie-José Amara évoque aussi « Les Classes du goût », une action pilotée par le ministère de l’Agriculture dans le cadre du PNA, avec une approche fondée sur le plaisir sensoriel que procure la nourriture. « Les encadrants sont tout d’abord formés pour leur faire vivre la formation qu’ils mettront ensuite en place dans les classes avec des ateliers qui font appel aux cinq sens. Les enfants sont invités à goûter des choses, à enrichir leur vocabulaire pour les décrire, dire ce qu’ils aiment ou pas… », décrit-elle. Et, destinée aux collèges et lycées, la charte « Plaisir à la cantine » témoigne de l’engagement de l’établissement à proposer une restauration de qualité. Les initiatives pour une alimentation durable en Alsace Centrale ne manquent pas. Reste à accompagner les producteurs en leur proposant des solutions adaptées, plutôt qu’en accumulant les interdictions. Et à ne pas mettre la charrue avant les bœufs, au risque de décourager certains acteurs, ou de proposer une alimentation de qualité, mais qui ne serait accessible qu’à une minorité.

Ancienne manufacture de tabac à Strasbourg

Un nouveau magasin de producteurs bio avec restauration

Publié le 20/10/2017

C’est un projet d’envergure qui va se monter à Strasbourg : un magasin de 1 000 m2 de producteurs bios, avec restauration et atelier pédagogique à l’écocitoyenneté. Ce nouveau magasin se situera dans l’ancienne manufacture de tabac qui accueillera aussi un pôle dédié aux géosciences, l’annexe de la Haute école des arts du Rhin, un incubateur de start-up et une auberge de jeunesse…

Un groupe de producteurs en agrobiologie travaille actuellement d’arrache-pied au montage d’un projet de magasin de producteurs bios sur Strasbourg. Il se situera au sein du complexe rénové de l’ancienne manufacture de tabac, quartier de la Krutenau. Les travaux de rénovation débuteront au deuxième semestre 2018. L’ancienne manufacture est propriété de la SERS, un établissement public local qui a pour vocation d’améliorer l’habitat à Strasbourg. Le projet des agriculteurs devrait occuper 1 100 m2 des 10 000 m2 de l’ancienne manufacture laissés vacants depuis 2008. Pour le reste, un complexe se formera autour d’un pôle de géosciences, une auberge de jeunesse, des start-up, l’école des arts, et constituera ainsi véritable creuset culturel, scientifique, dans lequel le projet des agriculteurs trouvera toute sa place. Une fondation pour amorcer le projet C’est la fondation strasbourgeoise Terra Symbiosis* qui a été retenue par l’équipe municipale d’Alain Fontanel pour chapeauter le projet. Elle finance la coordination et le montage du projet. « En 2015, la fondation a souhaité émettre l’idée de créer un magasin de producteurs bios et locaux afin d’avoir une vitrine sur Strasbourg de ce qui se fait en Alsace », explique Léa Rudolph, coordinatrice du projet pour la fondation. « Avec de la vente directe, une offre de restauration, avec surtout une forte dimension de sensibilisation aux questions agricoles, et pédagogique qui implique les associations locales », poursuit la coordinatrice. « Les tenants du projet de la manufacture ont souhaité que ce soit profitable à toute la manufacture et pas seulement à l’agriculture biologique », précise Danaé Girard, également chargée du projet pour l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba). La fondation a également fait appel à Elsa Batot, chargée d’étude au Centre de gestion agricole Cegar, qui intervient pour la « mise en place du fonctionnement, l’agencement, les règles d’hygiène, le règlement intérieur du magasin, bref l’organisation juridique et collective, inhérentes à un point de vente d’agriculteurs ». Le Cegar a ouvert un service de conseils et d’accompagnement de collectifs d’agriculteurs qui veulent développer de la vente directe. Un groupe soudé par des valeurs communes Cependant, un tel projet de magasin de vente directe se mûrit longtemps à l’avance et se devait de tabler sur un « noyau dur » de producteurs. « Le relationnel est important, il fallait que les producteurs se connaissent bien avant et que nous ayons un groupe soudé par des valeurs communes, qui souhaite communiquer dans un esprit de pédagogie et de sensibilisation à l’écocitoyenneté », explique Léa Rudolph. Si le modèle économique de ce magasin est celui emprunté classiquement par tous les magasins collectifs de vente directe de l’agriculteur vers le consommateur, tel que Hop’la ou Cœur Paysan, ce magasin aura la particularité de proposer du 100 % bio, mais avec une forte orientation pédagogique, et une restauration sur place pour la valorisation des produits locaux. 70 % du chiffre d’affaires devront être réalisés avec les produits des fermes. « L’idée est que les producteurs soient présents et acteurs de leur magasin avec des permanences assurées, selon le principe classique des magasins de vente directe. Il y aura un lien fort avec les restaurateurs qui devront utiliser les produits des fermes. Une épicerie complétera l’offre qui n’est pas accessible en local », explique Danaé Girard. « Les restaurateurs devront se situer dans la cohérence du projet et ne proposer que des plats de saison et valorisant l’offre paysanne du lieu. » Le groupe retenu est celui de l’Amap Mafermebio, emmené par Vincent Schotter, producteur bio à Ittlenheim dans le Kochersberg. « On s’est regroupé à huit, il y a trois ans, pour proposer une offre diversifiée en Amap. On s’est choisi par connaissance et par affinité. Il ne s’agit donc pas d’un projet économique d’intérêts juxtaposés de producteurs, ce sont avant tout des valeurs humaines juxtaposées avec de l’économique derrière », explique l’agriculteur. Le groupe a plutôt fait le choix des jeunes agriculteurs, plutôt que d’acteurs du marché de la bio bien implantés qui auraient souhaité ajouter un énième réseau de distribution à leur commercialisation. « Dans ce groupe, il était important que les agriculteurs se choisissent entre eux pour la cohésion. Dans ces collectifs, le liant est déterminant. »

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