Viticulture

Grand concours des vins d’Alsace à Colmar

1 066 échantillons

Publié le 08/05/2017

Avec 1 066 échantillons présentés à la sélection, le Grand concours des vins d’Alsace continue d’enregistrer une baisse de participation, constante depuis 2012. De quoi cependant bien refléter la qualité du millésime 2016.

« À notre surprise, nous enregistrons une baisse du nombre d’échantillons malgré les volumes du millésime, et ce, en provenance de 96 entreprises, contre 116 l’année précédente », introduit Jean-Louis Vézien. Une baisse de participation constante et ininterrompue depuis 2012, où plus de 1 500 échantillons étaient alors régulièrement présentés. La désaffection du vignoble pour ce concours ne peut s’expliquer dans la faiblesse des volumes du millésime 2016 puisqu’il a été généreux, à 1,17 millions d’hectolitres. La précocité du concours ? « Oui mais trouver une date est compliquée », rétorque Jean-Louis Vézien : « Juin est trop tardif, mai est compliqué, avec les événements et les ponts, nous fait-on savoir ». Autre raison invoquée : la multiplicité des concours, mais également la segmentation par terroir de plus en plus marquée des vins d’Alsace. En aparté, de nombreux professionnels s’interrogent s’il ne faudrait pas donner une tonalité « plus terroir » à ce concours, comme cela se déroule désormais avec les vins Sigillés de la Confrérie Saint-Étienne, en classant les vins par origine géologique. « La question est ouverte, mais pas encore tranchée », informe le directeur du Civa qui note que les vins de lieux n’ont pas forcément besoin de médaille supplémentaire. La baisse affecte curieusement les crémants d’Alsace, avec 35 échantillons en moins, soit - 21 %, et le pinot gris, - 31 échantillons. Par contre il y a un peu plus de pinot blanc et de gewurztraminer par rapport à 2016. Avant d’entamer la partie dégustation, Jean-Louis Vézien a rappelé les quelques règles de base nécessaires à la bonne tenue de la sélection, avec au préalable l’étalonnage de la bouche avec un vin type, l’anonymat des vins et la qualité des commentaires. Les entreprises devront également conserver un double des échantillons pendant un an, ainsi que les documents durant cinq ans. Les résultats sont diffusés sur la page professionnelle du site vinsalsace.com à l’onglet « actions Civa » puis « concours de Colmar ». Et sur le site public à compter de ce 5 mai.

89e foire aux vins d’Ammerschwihr

Mi-gel, mi-raisin

Publié le 07/05/2017

Première festivité vinique de l’année en Alsace, la foire aux vins d’Ammerschwihr a eu lieu cette année dans un climat un peu morose, dix jours après les gels qui ont détruit de nombreuses parcelles. Heureusement pour les viticulteurs de la commune, l’enthousiasme du public pour la production locale - Kaefferkopf en tête - est resté intact.

La fête malgré tout. Rebaptisée « Festi’Vins » pour se démarquer des foires aux vins commerciales des grandes surfaces, la 89e foire aux vins d’Ammerschwihr s’est tenue cette année dans un contexte un peu particulier, dix jours après des gels inhabituels pour la saison. Sur toute l’Alsace, ce sont 3 000 ha qui ont été touchés, dont 1 500 ha « rasés à blanc ». Lors de l’inauguration qui a eu lieu samedi 29 avril, le président du syndicat viticole d’Ammerschwihr, Romuald Bohn, a fait part de sa frustration légitime alors que le potentiel « était très bon ». « L’an passé, nous avons tous été surpris par des volumes généreux et de belle qualité après une année capricieuse. Pour 2017, la messe est malheureusement déjà dite. La nature nous a brusquement rappelés à l’ordre. » Sur le seul ban d’Ammerschwihr, les parcelles ont enregistré des dégâts qui vont de 15 % à plus de 80 % pour celles situées en plaine. Une situation d’autant plus compliquée pour certains viticulteurs de la commune qui ont également des parcelles sur les bans de Sigolsheim et de Bennwihr, d’autres communes du secteur particulièrement meurtries par ce gel. « Après des années difficiles en 2013, 2014 et 2015, de nombreuses exploitations auront des problèmes de trésorerie », prévient Romuald Bohn. Pour Ammerschwihr, seule une petite moitié est assurée contre le gel. Il va donc falloir agir rapidement pour soulager les entreprises en difficulté. « Nous allons demander un dégrèvement de la taxe foncière. Nous comptons aussi demander à la MSA ce qu’il est possible de faire. » Ça, c’est pour les solutions à court terme. Pour le long terme, le syndicat viticole d’Ammerschwihr souhaite qu’une ou des solutions soient mises en place pour permettre le stockage de production en cas de récolte importante. « Le Volume complémentaire individuel (VCI) est une solution mais ne saurait être suffisant pour l’ensemble de la récolte », estime Romuald Bohn. Il rappelle que c’est la « survie » des viticulteurs qui est aujourd’hui en jeu face aux extrêmes climatiques de plus en plus fréquents et violents. Sans oublier les ravages provoqués par l’esca, la flavescence dorée, ou encore la drosophile suzukii qui a fait tant de dégâts en 2014. « Il faut que l’on réapprenne rapidement que c’est la nature qui commande. Les lois et les textes des hommes ne font pas le poids face à elle. Il serait bon de s’en rappeler. » Comme le souligne le président de l’Association des viticulteurs d’Alsace (Ava), Jérôme Bauer, il y a des « lourdeurs administratives insupportables » pour les exploitations viticoles. « Il est temps que l’on puisse avancer rapidement là-dessus », explique-t-il en se tournant vers les élus présents : la sénatrice Patricia Schillinger, le conseiller départemental Pierre Bihl, le député et président du Conseil départemental Éric Straumann, le conseiller régional - et candidat aux prochaines élections législatives - Jacques Cattin, et le maire d’Ammerschwihr, Patrick Reinstettel. Ce dernier s’est déclaré « particulièrement touché » par la détresse vécue par les viticulteurs. Une situation d’autant plus préoccupante à ses yeux au regard des autres difficultés rencontrées par la filière. « Nous devons demeurer vigilants avec le repli du marché intérieur et la concurrence de plus en plus accrue à l’export », prévient l’édile de la commune. Fort heureusement, les vignerons d’Ammerschwihr restent toujours prophètes en leur pays. Et ce n’est pas près de changer si l’on se fie à l’affluence de cette 89e édition de ce « Festi’Vins ». Cette année encore, il avait de quoi faire… et boire. Si les enfants pouvaient se défouler dans le château gonflable installé pour l’occasion, leurs aînés avaient tout le loisir de découvrir une sélection des meilleurs crus de la commune, du dernier millésime 2016 jusqu’à des vins de réserve pouvant remonter à 1969 avec une dégustation verticale de muscats du domaine Sick-Dreyer. « Un bon millésime, ça peut se conserver longtemps », commente le vigneron. Au total, une vingtaine de viticulteurs de la commune ont répondu présent pour faire découvrir les subtilités des nombreux vins produits dans leurs caves : l’incontournable grand cru Kaefferkopf, véritable porte-étendard de la commune, le surprenant « Côtes d’Ammerschwihr » qui mêle astucieusement le pinot auxerrois et le muscat, ou encore les innombrables cuvées spéciales au nom du père, du grand-père, de la sœur ou de la fille. Tous les apprentis œnophiles pouvaient aller plus loin dans la compréhension des vins en participant à la dégustation commentée par François Lhermitte, sommelier chez Julien Binz, l’un des restaurants du village récemment récompensé par une étoile au Guide Michelin. Une raison de plus de faire la fête. Malgré tout.

Publié le 27/04/2017

Même s’il est encore un peu tôt pour établir un bilan d’autant que d’autres gelées pourraient encore venir, certains secteurs du vignoble accusent d’ores et déjà de très lourdes pertes.

Il faut attendre de voir si ça va repartir, voir si les contre-bourgeons vont redémarrer, disent les techniciens du vignoble. Certaines stations météo ont affiché jusqu’à - 6 °C et - 7 °C, plutôt dans des zones de plaine. Il semble qu’aux embouchures des vallées, Noble à Soultzmatt, vallée verte à Turckheim, vallée de Kaysersberg à Sigolsheim, Val de Villé à Scherwiller-Chatenois, les dégâts sont considérables, ainsi que globalement en plaine, et particulièrement le long des axes de transport routiers et ferroviaires. Et principalement sur les jeunes plants et les cépages au débourrement précoce, comme le muscat et le gewurztraminer. Les parcelles non encore arquées, voire taillées très tardivement seraient moins touchées. Les parcelles non fauchées seraient plus touchées. Des vignerons pensent qu’il faut nettoyer le matériel végétal nécrosé pour favoriser les repousses. Des vignerons en bio appliquent un complexe de 12 plantes lactofermentées, et d’autres vignerons attendent un peu pour ensuite fertiliser et stimuler les repousses. Cette carte des deux départements rassemble un ensemble de témoignages issus des réseaux sociaux.

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