Viticulture

Syndicat des Vignerons Indépendants d’Alsace (Synvira)

Des fêtes œnotouristiques pour valoriser l’image

Publié le 19/05/2017

La dégradation des ventes en vin d’Alsace s’accélère, et le vignoble peine, malgré ses disponibilités en vin, à retrouver les marchés. Le Synvira préconise de hiérarchiser l’offre. Et il poursuit ses efforts œnotouristiques avec les événements du printemps que sont le Pique-nique du vigneron et l’Apéro gourmand.

C’est à l’hôtel Sofitel de Strasbourg « où beaucoup de vignerons indépendants sont mis en avant » que le président du Syndicat des Vignerons Indépendants d’Alsace (Synvira), Pierre Bernhard, a souhaité faire un point d’actualité syndicale et annoncer les opérations œnotouristiques à venir, que sont l’Apéro gourmand, le Pique-nique du Vigneron Indépendant. « Sur nos parcelles touchées - pour l’instant les contre-bourgeons n’ont pas redémarré -, il faut encore attendre les chaleurs pour voir si ça repousse, a introduit Pierre Bernhard. Et cela fait deux années de suite que nous avons des dégâts de boarmie. » Une situation qui fait augmenter le coût de la bouteille au vu de l’importance des charges fixes. « Ce qui est clair, c’est que beaucoup de domaines sont en difficultés suite à ces problèmes climatiques récurrents. Il risque d’y avoir des regroupements pour faire face à des situations de trésorerie difficiles. On a des phénomènes climatiques qu’on n’avait pas il y a 15 ans : sécheresses, grêles, gelées, vents, tempêtes. Tel que c’est parti aujourd’hui, avec des récoltes qui font le yo-yo, la situation devient compliquée. » 18 doléances Les vignerons craignent de se « retrouver dans la situation délicate que vivent d’autres filières de l’agriculture ». Ils viennent d’adresser aux pouvoirs publics un cahier de 18 doléances notamment sur le poids des réglementations et les successions, « pour permettre de pérenniser les domaines ». Et ils attendent toujours de l’Europe qu’ils puissent expédier librement du vin aux particuliers, sans démarches administratives douanières qui découragent tout commerce. Et ils souhaiteraient aussi ne pas être freinés dans leurs projets œnotouristiques, actuellement plafonnés à 50 000 € ou 30 % des bénéfices agricoles. Mais le Synvira dispose de forces vives en réserve, et notamment son groupe des Jeunes - une cinquantaine sur un potentiel de 90 -, « courageux, qui veulent avancer, et qui croient au succès des vins d’Alsace. Prenons garde de ne pas les écœurer ! », s’exclame Pierre Bernhard. Filière des vins d’Alsace : - 11 % de chiffre d’affaires Quand on regarde les chiffres du vignoble alsacien au 15 mai (- 7,1 % sur 12 mois, avec des disponibilités en progression de 12 %), « les baisses significatives de ventes affectent moins les vignerons indépendants », précise Pierre Bernhard. Mais plutôt certains gros marchés d’entrée de gammes, « confrontés à la concurrence des pays limitrophes qui ont des coûts de production moindre », analyse le Synvira. Explication : « J’ai vu à Prowein des pinots blancs en flûte rhénane, étiquetés pinot blanc en français. Nous ne sommes pas capables de vendre ces vins à 2,50 € la bouteille. » Clairement, la mise d’origine en flûte et la mention du cépage ne sont plus des éléments identitaires du vin d’Alsace. « Les derniers chiffres montrent que la filière des vins d’Alsace a perdu 11 % de chiffre d’affaires sur un an (NDLR : évalué en 2015 à 540 millions d’euros). Il semble que les vignerons indépendants sont moins affectés, car ils se situent sur des micromarchés. » Pour sortir de l’ornière, les Vignerons Indépendants comptent bien justifier leurs efforts de qualité et valoriser leurs vins avec la « hiérarchisation », c’est-à-dire l’obtention d’une reconnaissance des vins de terroirs, notamment en premier cru. « La notion de premier cru est déjà bien connue même à l’export, c’est très clair pour l’acheteur, ça va nous aider à mieux positionner nos vins, explique Pierre Bernhard. À la foire aux vins, nous faisons goûter les vins par terroir, ce qui attise la curiosité des consommateurs. » Premiers crus : éviter le cas Vallée noble Une première étape a été franchie avec le vote en assemblée générale de l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA). « Le schéma nous convient, mais des ajustements restent à faire, sur la strate communale et futur premier cru. Nous souhaitons que la différence du terroir soit reconnue et que ça ne dépende pas de divers critères de recevabilité, tels que le nombre minimal de vignerons, la surface minimale, le type de cépage autorisé sur le lieu, etc. La commission d’enquête a compris notre démarche », explique Bernard Jantet, directeur du Synvira. « On ne souhaiterait pas que des lieux-dits connaissent la même destinée que l’appellation communale Vallée noble (2004) : finalement aujourd’hui il n’y a pratiquement plus de maisons qui la revendiquent, parce que les critères définis sont trop restrictifs. » Il sera également important aux yeux des Vignerons Indépendants d’adapter « la communication à la strate et par rapport aux terroirs ». En attendant, le Synvira poursuit son activité en soutenant les opérations œnotouristiques que sont l’Apéro gourmand le 26 mai prochain, et le Pique-nique du Vigneron Indépendant, les 3, 4 et 5 juin, au même moment que le slowUp de la route des vins, de quoi passer un superbe week-end œnotouristique en Alsace.

Publié le 19/05/2017

La 3e édition d’Auto Rétro Vino se tiendra le 21 mai sur la place d’Ingersheim. La manifestation qui allie les belles carrosseries au vin d’Alsace prend son envol et s’inscrit durablement dans le paysage des belles manifestations viniques alsaciennes.

Le petit groupe d’étudiants du lycée d’Erstein désormais émancipé, à l’origine d’Auto Rétro Vino, propose la 3e édition de cet événement autour du vin d’Alsace et des voitures anciennes. Auto Rétro Vino devient itinérant et se tiendra le dimanche 21 mai sur la place d’Ingersheim, avec le soutien de vignerons. Tandis que la cave Jean Geiler ouvrira pour l’occasion son musée. Pas moins de 150 automobiles sont attendues, des Jaguar, Bugatti, Peugeot, un tacot, 2 cv, des 4 L, des Cox et Combi, Bentley, Rolls-Royce, Ford A… De quoi allier les courbes des belles carrosseries à celles du vin. Et ce d’autant que les étudiants réunis autour d’Adrien Faber ont prévu une journée particulièrement bien fournie en animations autour du vin et des voitures anciennes pour garantir une ambiance des plus distinguées. Au programme de 9 h 30 à 18 h : l’exposition des voitures anciennes, dégustations et visites guidées du Letzenberg et du Florimont, une balade en bus ancien, les expositions d’artistes dont les œuvres de Laurent Bessot et ses peintures au vin rouge, les photos aériennes de Tristan Vuano, des jeux, une tombola avec les étudiants de BTS et du CFA de Rouffach, des démonstrations de la tonnellerie Berger, sur les stands, des cours de mécanique, expositions et échanges de voitures miniatures, et toute la journée, buvette et restauration sur la place d’Ingersheim. Et du shooting photo pour voitures anciennes. Objectif pour Adrien Faber, le coordinateur, et son équipe : 2 000 visiteurs.

VertigVineux à Ostheim

400 entrées pour une première

Publié le 17/05/2017

Les petits salons se multiplient dans le vignoble. Parmi eux VertigVineux à Ostheim attirait 400 visiteurs à la rencontre d’une vingtaine de vignerons bios, particulièrement nouveaux sur la place des vins naturels.

Si la mention « naturel » apposée sur les vins n’a toujours rien d’officiel et autorise pour l’heure beaucoup d’exploitation marketing, les vignerons du salon VertigVineux, qui se réclament tous de la mouvance « nature » en fort développement actuellement, ont en commun le souci de vinifier les vins sans sulfites et aucun autre intrant œnologique ajoutés au cours de la vinification. Exception faite pour quelques vins de 2 g de sulfites à la mise en bouteille. Si pour l’heure, aucun cadre œnologique n’est fixé par l’Inao, le fait est que ces vins attirent une foule nouvelle d’amateurs que l’on ne rencontre pas dans les autres manifestations viniques. À l’origine du salon VertigVineux, Jean Baltenweck et Yannick Mignot, du domaine Clé de Sol à Ribeauvillé, et les bénévoles qui les ont aidés, avaient le souci de proposer un panel de vignerons des quatre coins de France, relativement discrets, issus de terroirs très souvent pentus où la mécanisation s’avère difficilement envisageable. Des vignerons qui avaient à cœur chacun de raconter leur parcours singulier, comme ce couple, formé de Thierry de Marne, ex-vigneron aubois, qui a rejoint Sandrine Courjan, initialement dans le prêt-à-porter, pour fonder dans le Minervois le domaine de Ventajou. Ou encore Romuald Valot, du domaine éponyme en Beaujolais, par ailleurs chef de culture à Chambolle Musigny, qui travaille ses vignes au treuil pour éviter le tassement. Vu le succès du salon et la grande satisfaction de ses organisateurs, VertigVineux est appelé à devenir un salon annuel.

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