Viticulture

Publié le 04/11/2016

Depuis le 1er septembre, Christophe Botté a pris la succession de Bernard Schaal à la direction de la cave du Roi Dagobert, ce dernier ayant fait valoir ses droits à la retraite. Le nouveau directeur connaît bien la cave puisqu’il en a été le directeur adjoint de 2005 à 2008.

Avant de présenter le successeur, dressons le bilan de son prédécesseur. Issu du monde agricole, Bernard Schaal est arrivé à la cave du Roi Dagobert en 2003, avec pour mission de développer la vente de vin en bouteilles au sein d’une coopérative jusqu’alors axée sur la vente en vrac. Bernard Schaal prend alors son bâton de pèlerin pour faire la promotion des vins de la coopérative auprès de la grande distribution. En 2004, il est la cheville ouvrière d’une vaste opération de communication : dans 45 Super U d’Alsace a lieu en simultané une animation sur l’accord asperges et vins d’Alsace, animée par 45 viticulteurs adhérant à la cave. « Depuis, nous nous sommes pris au jeu et nous en faisons trois à quatre par an », indique Claude Jung, vice-président de la cave du Roi Dagobert et président de l’Union Alliance Alsace. À l’issue de sa 14e année passée à la direction de la cave du Roi Dagobert, il n’est donc pas exagéré de dire que Bernard Schaal a brillamment rempli la principale mission qui lui avait été confiée puisque les ventes en vrac et en bouteille sont rééquilibrées. Une évolution qui est passée par un travail mené avec les viticulteurs pour élaborer des vins de qualité, et par un travail sur l’image, quasiment inexistant jusqu’alors, et qui s’est notamment traduit par un renouvellement du packaging des vins de la cave. L’union fait la force - de vente Bernard Schaal a aussi été l’homme des investissements : dans un nouveau vendangeoir en 2006, dans un nouveau caveau en 2010, dans une nouvelle unité dédiée à l’élaboration des crémants : « Nous produisions 1,5 million de cols de crémant, désormais nous en produisons 2 millions. La nouvelle unité de production de crémant est donc déjà saturée. En effet, cet objectif, que nous nous étions fixé à cinq ans, nous l’avons atteint en un an et demi », commente Lionel Lécuyer, directeur de l’Union Alliance Alsace. Transition toute trouvée pour évoquer une autre facette de la carrière de Bernard Schaal : celle de rassembleur. En cherchant à développer la vente de vins en bouteilles, il s’aperçoit rapidement qu’il entre en concurrence avec des partenaires et clients, notamment la cave de Turckheim, qu’elle approvisionne en vrac. En 2006 débute une période de fiançailles entre les deux entités qui s’achève en 2012 par la création du GIE Union Alliance Alsace. L’objectif : « Vendre ensemble au lieu de nous concurrencer, profiter d’une force de frappe commune pour placer les bons vins aux bons endroits », résume Claude Jung. Le GIE consiste donc en une mise en commun de moyens, les deux coopératives restant indépendantes : les investissements sur chaque site sont financés par chaque coopérative. C’est l’outil de production qui est financé par l’Union, à raison de 5 M€ et 3 M€ injectés dernièrement respectivement à Traenheim et à Turckheim. Désormais, l’Union Alliance Alsace est le plus gros metteur en marché de vins d’Alsace à avoir le statut de récoltant, ce qui lui interdit d’acheter du raisin de l’extérieur pour combler un éventuel manque de volume. D’ailleurs, l’Union est labellisée AgriConfiance, les coopérateurs sont donc également engagés dans la démarche, ce qui est vérifié par des audits internes et externes. Développer les marques, conquérir Strasbourg Après avoir été le bras droit de Bernard Schaal et après un interlude jurassien de huit années, Christophe Botté (lire notre portrait en page 2) retrouve donc une cave du Roi Dagobert métamorphosée : « En huit ans, les équipes n’ont pas chômé. Je découvre une entité qui a changé de dimension, avec un nouveau caveau, une spécialisation des sites de production, grâce à des investissements significatifs de près de 15 M€. Ce que je retrouve, ce sont les valeurs humaines, tant au niveau des sociétaires que des salariés de la cave, où règne une véritable culture d’entreprise », commente Christophe Botté. Ce dernier inscrit ses orientations dans la continuité de celles de son prédécesseur : faire tourner les outils de production, que ce soit en crémant ou en vin tranquille, le caveau, travailler les marques qui sont « l’avenir de l’entreprise ». Et puis la cave du Roi Dagobert ambitionne de se saisir d’un « marché d’envergure qui nous tend les bras », c’est-à-dire celui de Strasbourg. Certes, l’Union Alliance Alsace y est déjà représentée puisque les vins de la cave du Roi Dagobert sont référencés à la Nouvelle Douane. Mais d’autres canaux sont envisageables et envisagés, comme l’ouverture d’un magasin.

Machine à vendanger sur chenillettes

Samedi 22 octobre dernier, dans une parcelle de vigne de Wintzenheim, tournait une machine à vendanger sur chenillettes unique en Alsace. Propriété d’un viticulteur de Wettolsheim, elle a récemment remportée le prix de l’innovation Intervitis. Produite par la société allemande Hoffmann, il n’en tourne actuellement que trois autres exemplaires en Europe : deux outre-Rhin et une au Portugal.

Chez Henri Schoepfer-Muller à Wettolsheim

Dernière vendange avant Intervitis

Publié le 25/10/2016

La vendangeuse Hoffmann CH500 d’Henri Schoepfer-Muller, à Wettolsheim, effectuait sa dernière récolte 2016 samedi dernier, avant d’être expédiée à Stuttgart. L’innovation de Marcus Hoffmann, présentée en 2015, a reçu la médaille d’or du salon Intervitis.

Marcus Hoffmann et son père, Peter, de Piersport en Moselle allemande, ont conçu une machine capable de vendanger dans des pentes à 70 %, c’est-à-dire 70 cm de dénivelé pour 1 m de plat, grâce à un ensemble treuillé optionnel. La machine intéressait Henri Schoepfer-Muller, à Wettolsheim, qui l’avait essayée en 2015. Depuis, la machine a connu des évolutions notables. Henri Schoepfer-Muller l’a acquise sans l’option de treuillage et se montre particulièrement satisfait de son usage.     La tête de récolte de la CH500 est montée sur une chenillette Andreoli de 100 ch, qui peut admettre par ailleurs d’autres outils, tels que des appareils à traiter. Le développement a commencé avec Andreoli il y a cinq ans. Peter Hoffmann avait d’abord adapté une technique de récolte mécanique propre aux olives avec une tête de récolte sans fléaux secoueurs donc, mais un ensemble de roues étoilées vibrantes qui prennent le cep et le font vibrer dans le sens du plan de palissage. Puis il est revenu aux classiques bras secoueurs qui font vibrer le cep dans une direction perpendiculaire au plan de palissage. La maison Hoffmann avait d’abord jugé que le mode de battage longitudinal préserve mieux l’intégrité des baies et des grappes avant de revenir au battage classique à fléaux. Au total, l’ensemble pèse 4 tonnes, cependant le poids étant bien réparti grâce à de larges et longues chenilles, la pression au cm2 est réduite à celle des pieds d’un homme. Depuis, quatre machines tournent actuellement en Allemagne. L’équipement complet - à savoir le tracteur à chenilles, la tête de récolte, le treuil et la remorque adaptée pour gérer le treuillage de manière télécommandée, et le cuvon de déchargement - représente la coquette somme de plus de 200 000 €. Rappelons que les cahiers des charges des grands crus et lieux-dits n’admettent pas la vendange mécanique. Mais Henri Schoepfer insiste particulièrement sur l’usage à façon que permet sa vendangeuse, au gré des caprices météorologiques et phénologiques de la maturité de ce millésime 2016 qui s’est fait attendre.

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