Publié le 09/12/2016
Le livre « Strasbourg et ses vignobles » a été lancé le 30 novembre par ses auteurs, Didier Bonnet et Jean-François Kovar, et la photographe Karine Faby, entourés du vigneron Charles Brand et de l’éditeur Christian Riehl.
C’est au club de la presse à Strasbourg que Didier Bonnet a présenté le livre Strasbourg et ses vignobles, avec l’historien Jean-François Kovar, coauteur pour la partie histoire, la photographe Karine Faby et le vigneron Charles Brand. L’auteur, également président de la Tribu des gourmets créée en 2012, a salué les représentants de la presse, les vignerons présents, Joseph Vierling et Jean-Daniel Hering, en pleines vendanges tardives. Les vins, sources de richesse phénoménale En préambule, Didier Bonnet a expliqué les raisons qui l’ont poussé à écrire ce livre, et notamment le constat d’un « vrai divorce entre la ville et son vignoble ». Cet ouvrage vise à « recréer ce lien en expliquant sa très longue histoire et celle du commerce des vins ». « Il a donné des richesses phénoménales » à la ville grâce en particulier à l’exportation. Les Strasbourgeois, a fait remarquer l’auteur, ont créé au Moyen-Âge « la première TVA » en taxant toutes les transactions commerciales sur les vins dans l’optique « de se faire la plus belle cathédrale et d’être la plus belle ville ». Cette situation a perduré durant de nombreux siècles, mais ce lien s’est délité, puis perdu avec les deux guerres. Selon Charles Brand, en 1870 les Allemands ont voulu « casser les vins alsaciens en imposant le cépage alors qu’on ne parlait que de terroirs auparavant ». « Les raisons de ce délitement sont multiples », a noté l’auteur. Et pourtant ce vignoble est tout près de la ville, certains vignerons voient la cathédrale de leurs vignes. C’est le cas de ceux de la Couronne d’or, composé de 21 villages. Une association créée pour « retisser les liens avec Strasbourg et pour combattre l’idée insidieuse que les vins du Bas-Rhin étaient plus mauvais que ceux du Haut-Rhin », a souligné Charles Brand, auteur d’une chronique dans ce livre. Un livre grand public Cet ouvrage s’inscrit « dans la lignée de nos beaux ouvrages », dont la récente Bible en alsacien, et dans cette volonté de « mettre l’accent sur le régional », a souligné Christian Riehl, PDG des Éditions du Signe. Il est composé de deux chapitres. Le premier retrace l’histoire de deux adolescents du Moyen Âge, Liesel et Mathias, qui partent du vignoble avec leur père, Peter, pour se rendre à Strasbourg en 1498. Dans cette partie, l’historien Jean-François Kovar, a recréé la vie de l’époque dans cette république rhénane qui avait une forte activité portuaire, et qui a vu la création de restaurants emblématiques, comme le Striessel, la Hache en 1321, ou encore l’Ancienne Douane, sans oublier la cave des hospices civils qui abrite encore le plus vieux vin mis en tonneau. La vie était alors conditionnée par le vin et ses activités. C’était aussi le temps des imprimeries, et la messe y était également bien différente. On bavardait dans la nef de la cathédrale, « on y jouait, on y venait même avec ses animaux, on y faisait commerce et on y buvait », les vignerons ayant coutume « d’y amener un gros fût lors de la Saint Adelphe ». Dans le deuxième chapitre, deux jeunes gens d’aujourd’hui font le chemin inverse, de la ville aux vignobles. L’une, Bruxelloise, est chercheuse dans une start-up strasbourgeoise, l’autre, Marseillais, est magistrat à la Cour européenne des droits de l’homme. Ils ne savent rien de l’histoire de la cité et de ses vignobles et partent les découvrir. C’est avec « un œil candide » que Karine Faby recrée cette découverte avec des photographies du vignoble, « travaillées autour de la lumière », dans les gros plans ou les panoramas, sur les sentiers viticoles, au gré de « ces paysages vallonnés très diversifiés ». Les chroniques de Guy Trendel et de Jean Hansmaenel, écrivain, poète, complètent cet ouvrage. « Toutes les anecdotes y sont authentiques, et l’histoire, c’est du solide », a souligné Didier Bonnet. « C’est un livre vivant », avec des portraits de vignerons, qui montrent « les liens entre l’homme et son terroir ». Destiné au grand public, « cet ouvrage ne rentre pas dans des descriptions techniques du vignoble, ce n’est pas son propos ». L’objectif est de « faire renaître cette culture entre Strasbourg et ses vignobles », a conclu l’auteur avant de convier l’assistance à la découverte de quelques-uns de ses vins.












