Travaux de saison

Publié le 21/10/2016

Cette année, les variétés cornées ont fait de bons rendements, qui ont quasiment gommé leur écart avec les variétés dentées, aux performances plus hétérogènes selon la date de semis, le type de sol, et la réserve utile. En moyenne, une baisse de rendement de 10 % est attendue.

Officiellement, la collecte a démarré le 26 septembre. Mais dès le 22-23 septembre, quelques chargements de variétés cornées à surmaturité en raison des conditions séchantes sont arrivés dans les sites de collecte du Comptoir agricole. Aujourd’hui, 50 % de la surface en maïs grain est engrangée. L’heure de tirer quelques enseignements. Le premier, c’est que la fin de cycle sèche a gommé l’écart de rendement qui prévaut généralement entre les variétés cornées et dentées. Christian Lux, responsable du service agronomique du Comptoir agricole, explique : « Les variétés dentées ont un cycle plus long, elles ont donc manqué d’eau en fin de cycle pour optimiser leur PMG, ce qui a moins été le cas pour les variétés cornées. » Autrement dit : les conditions sèches de la fin du moins d’août ont moins pénalisé la phase de remplissage des variétés cornées que des variétés dentées. Leur niveau de rendement est donc très honorable. « On entend souvent du 115-120 q/ha, du 95 q/ha aussi. Ils auraient donc pu être meilleurs, mais ce sont de bons rendements pour les variétés cornées », estime Christian Lux. Pour l’organisme stockeur, les conditions de collecte, qui ont permis de rentrer rapidement des variétés cornées « à pleine maturité » ont été idéales pour bien séparer les maïs cornés des maïs dentés. Rendement départemental moyen estimé à 105 q/ha Suivent désormais les variétés dentées. En fonction des situations, les rendements sont très variables. « On entend beaucoup de 120 - 125 q/ha. C’est bien, mais c’est moyen pour le type de matériel génétique dont on dispose », déclare Christian Lux. Pourquoi ? En partie à cause des séquelles du printemps humide, avec des tournières, des fonds de parcelle, où il manque des pieds, ce qui fait chuter le rendement moyen de la parcelle. Et puis tout le département n’a pas été affecté de la même manière par le printemps humide, les dégâts sont souvent plus importants en Alsace Bossue, dans l’arrière-Kochersberg, le Piémont. Là, on trouve aussi des rendements à 70 q/ha. « Ce qui a permis, ou pas, de faire un rendement honorable, c’est la combinaison de trois facteurs », analyse Christian Lux. Le premier, c’était la date de semis, le deuxième la capacité de ressuyage de la parcelle, et le troisième sa réserve utile. Au final, le rendement départemental moyen est estimé à 105-108 q/ha, soit 10 % de moins qu’une année « normale ». Mais pour Christian Lux, 2016 reste une année « normale » en termes de rendements, « ni bonne, ni pas bonne, en tout cas meilleure que 2015 ». Mycotoxines : inférieures aux seuils Désormais, il reste à poursuivre les chantiers de collecte. Et il y a peu d’intérêt à laisser les variétés tardives au champ. « Il vaut mieux ne plus trop attendre pour les rentrer car il n’y a plus grand-chose à espérer des conditions météorologiques pour perdre en humidité », estime Christian Lux, qui rappelle que, pour certaines variétés, le stress hydrique de fin de cycle a pu se traduire par une vidange de la plante, un phénomène de tiges creuses, qui rend les pieds plus sensibles à la verse. Pour l’instant, la fin de cycle séchante n’a pas été favorable au développement de champignons et la qualité sanitaire de la collecte est donc bonne : « On détecte des mycotoxines, mais à des valeurs inférieures aux seuils réglementaires », précise Christian Lux.

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