Travaux de saison

Fertilisation soufrée du maïs grain

Un luxe superflu

Publié le 02/01/2017

Les trombes d’eau qui se sont abattues sur l’Alsace au printemps 2016 ont entraîné un drainage et un lessivage estival important des sols. Si bien que des carences en soufre ont été suspectées. Mais les essais de la Chambre d'agriculture d’Alsace concluent à l’absence d’effet significatif de la fertilisation soufrée sur le rendement du maïs grain.

Le soufre constitue un élément majeur de la nutrition des plantes. « Il intervient dans la synthèse des protéines et notamment de la chlorophylle », indique Laurent Fritzinger, conseiller agricole à l’Adar des Deux Pays. Pour autant, la quantité de soufre absorbée par les plantes est relativement faible : « Pour produire un rendement de 100 q/ha, le maïs doit absorber environ 23 unités de SO2 par ha, contre 143 unités d’azote », indique Laurent Fritzinger. Et laisser au sol 6 tonnes de paille de maïs par hectare revient à y ramener environ 7 unités de SO2/ha, soit pas grand-chose. Des besoins linéaires Le cycle du soufre est très similaire à celui de l’azote : « Il est stocké dans le sol, où il est essentiellement lié à la matière organique et aux argiles. Pour qu’il puisse être absorbé par les plantes, le soufre doit d’abord être minéralisé. Un processus qui nécessite de la chaleur et de l’humidité, et qui a donc lieu essentiellement de mai à août, parfois aussi à l’automne. » Les origines du soufre absorbé par les plantes sont nombreuses : soufre sous forme minérale issue du sol, soufre en provenance des engrais (azote soufré, fumier, lisier), soufre issu des résidus végétaux, des pluies acides - avec une nette réduction de cette dernière source depuis les 30 dernières années et l’atténuation des émissions industrielles de SO2 dans l’atmosphère. S’il n’est pas absorbé par les plantes, le soufre minéral peut être lessivé avec les eaux de drainage, sous forme sulfate. Alors que les besoins en azote et en potasse augmentent fortement à partir du stade 6-8 feuilles du maïs, ses besoins en soufre s’avèrent plus linéaires et aussi plus faibles. En année « normale », le drainage hiver est supérieur au drainage estival. Mais en 2016, le drainage estival s’est avéré supérieur au drainage hivernal quel que soit le type de sol, car ils étaient saturés par les précipitations printanières élevées. Avec un drainage estival quasiment doublé, il y avait donc un risque de perte du soufre et de carences en soufre. Dès lors, peut-il s’avérer pertinent d’amener du soufre cette année pour compenser ces éventuelles pertes par lessivage ? Fumier et lisier bien pourvus en soufre Pour répondre à cette question, il faut connaître le niveau de fourniture potentiel du sol. Or une analyse de terre classique mesure le stock de soufre, pas le soufre disponible pour les plantes. Il s’agit donc d’un critère qui manque de pertinence. Par contre une autre analyse, la méthode Scott, permet d’estimer la quantité de soufre facilement disponible. En outre, il est possible d’effectuer des analyses du soufre contenu dans les feuilles, mais le résultat s’avère trop tardif pour envisager une correction en cas de carence. Une carence en soufre peut par contre être détectée au champ, dès lors qu’on en connaît les symptômes. Laurent Fritzinger décrit : « La croissance est retardée, les feuilles sont en pointe, de couleur jaune. Lorsqu’on les regarde de plus près on constate que la nervure est verte mais que le reste de la feuille est jaune, sauf les bords qui sont bruns. Ce sont les feuilles du haut, les plus jeunes, qui présentent les symptômes d’une carence en soufre, alors qu’une carence en azote s’exprime plutôt sur les feuilles du bas. Enfin, ce n’est jamais la parcelle entière qui exprime ces symptômes. » Les apports en soufre peuvent être réalisés sous de nombreuses formes (sulfate, superphosphate soufré, sulfate de potassium). À noter que 40 t/ha de fumier amènent 40 à 60 kg de soufre par hectare, qui plus est sous forme assimilable. Donc qu’un apport tous les deux ans couvre les besoins du maïs. La fourniture du sol très souvent suffisante La Chambre d'agriculture d’Alsace a mené deux essais sur la fertilisation soufrée à Helsenheim et à Sainte-Croix-en-Plaine. Ils ont permis de mettre en évidence que la forme de l’engrais soufré utilisé n’a pas d’effet significatif sur le rendement, que ce soit en plein ou en localisé au semis. D’ailleurs, il n’y a pas non plus d’effet de la fertilisation soufrée tout court. « Nous n’avons pas observé de carence, mais le stock de soufre ne devait pas être exceptionnellement élevé non plus », commente Laurent Fritzinger. Conclusion : il n’y a rien à gagner à effectuer une fertilisation soufrée. En fait, les sols fournissent suffisamment de soufre en année normale. Au cours d’une année atypique comme 2016, des symptômes de carence transitoire peuvent apparaître, car même s’il y a du stock de soufre dans le sol, il peut venir à manquer sous forme assimilable de manière transitoire. « En tout cas il ne sert à rien de systématiser les apports car même en 2016 nous n’avons constaté aucun effet de l’apport de soufre sur le rendement », conclut Laurent Fritzinger.

Publié le 12/12/2016

D’ici mi-janvier 2017, les agriculteurs souhaitant bénéficier des atouts du service de télédétection Farmstar devront s’être manifestés auprès du Groupe Comptoir agricole, seul acteur à proposer ce service en Alsace. À la clé : pilotage et modulation de la fertilisation azotée, suivi de l’état des cultures, estimation du risque de maladies et conseils de traitement…

Le Comptoir agricole a décidé de confier la télédétection du blé à la technologie Farmstar, qui combine des images issues de capteurs utilisant différents vecteurs (satellite, avion) à des algorithmes agronomiques. « La technologie Farmstar est le fruit de la combinaison du savoir-faire d’Airbus Defence and Space dans l’analyse d’images issues de la télédétection et de l’expertise agronomique d’Arvalis-Institut du végétal et Terres Inovia, ce qui lui confère une certaine caution technique. Testé depuis les années 2000, Farmstar a été lancé en 2004, ce qui en fait l’un des outils de télédétection les plus anciens sur le marché. Une antériorité qui lui a permis d’acquérir une certaine robustesse. Et de séduire un certain nombre de coopératives. L’année dernière ce service a été déployé sur 900 000 hectares en France », explique Matthieu Luthier, responsable développement et communication au Comptoir agricole. Une offre de télédétection plus complète Le tarif pour bénéficier de Farmstar sera un peu plus élevé que celui de la télédétection par drone de l’année dernière, ce qui se justifie par une prestation de service plus élaborée. En ce qui concerne la fertilisation azotée, l’adhérent reçoit fin février une estimation de la dose totale prévisionnelle d’azote à apporter pour chaque parcelle. Au stade épi 1 cm, l’adhérent reçoit un conseil sur la dose à apporter. Et, grâce à la télédétection de la biomasse, une carte visant à moduler cette dose au sein de la parcelle est fournie sur le deuxième apport. Enfin, la télédétection permet d’évaluer les besoins en azote en fin de cycle, donc la pertinence d’un troisième apport, et d’élaborer une carte de modulation de cet apport. « La mesure du satellite permet de calculer finement la dose à apporter car les mesures observées sont mises en correspondance, via les modèles agronomiques, avec l’indice de nutrition azotée du blé », détaille Matthieu Luthier. L’offre Farmstar inclut des données concernant l’état des cultures. Au printemps les agriculteurs reçoivent un bilan de croissance au redressement, qui reflète l’évolution de la densité de tiges du stade 3 feuilles au stade épi 1 cm, un indicateur obtenu grâce à la télédétection de la biomasse et qui renseigne sur l’état de santé de la culture. Puis l’adhérent est renseigné sur le potentiel de rendement à dernière feuille. Farmstar inclut aussi l’estimation du risque de verse en sortie d’hiver, puis au stade 1 à 2 nœuds. À ce stade, le niveau de risque est modulé au sein de la parcelle grâce à la télédétection de l’indice de végétation, combiné à des paramètres agronomiques. Ce qui aboutit à la production de cartes de modulation de la dose de régulateur qu’il convient éventuellement d’appliquer. L’estimation du risque piétin verse et fusariose fait partie de l’offre de base. Une option payante permet de l’étendre à la septoriose et à la rouille. Les adhérents reçoivent une estimation du risque piétin verse et fusariose obtenue par la combinaison d’informations météorologiques et agronomiques dans des grilles de risque. Plus tard dans la saison, le niveau de risque piétin verse est actualisé grâce à l’intégration d’une mesure satellitaire de la biomasse. En juin, les adhérents reçoivent des conseils en matière de protection contre la fusariose, à partir du niveau de risque estimé en début de campagne, de la variété et des conditions météorologiques. La date d’application idéale d’une solution de protection étant intimement corrélée à celle de la floraison, Farmstar aide les agriculteurs à positionner le stade floraison de leurs parcelles.

Chez Henri Schoepfer-Muller à Wettolsheim

Dernière vendange avant Intervitis

Publié le 25/10/2016

La vendangeuse Hoffmann CH500 d’Henri Schoepfer-Muller, à Wettolsheim, effectuait sa dernière récolte 2016 samedi dernier, avant d’être expédiée à Stuttgart. L’innovation de Marcus Hoffmann, présentée en 2015, a reçu la médaille d’or du salon Intervitis.

Marcus Hoffmann et son père, Peter, de Piersport en Moselle allemande, ont conçu une machine capable de vendanger dans des pentes à 70 %, c’est-à-dire 70 cm de dénivelé pour 1 m de plat, grâce à un ensemble treuillé optionnel. La machine intéressait Henri Schoepfer-Muller, à Wettolsheim, qui l’avait essayée en 2015. Depuis, la machine a connu des évolutions notables. Henri Schoepfer-Muller l’a acquise sans l’option de treuillage et se montre particulièrement satisfait de son usage.     La tête de récolte de la CH500 est montée sur une chenillette Andreoli de 100 ch, qui peut admettre par ailleurs d’autres outils, tels que des appareils à traiter. Le développement a commencé avec Andreoli il y a cinq ans. Peter Hoffmann avait d’abord adapté une technique de récolte mécanique propre aux olives avec une tête de récolte sans fléaux secoueurs donc, mais un ensemble de roues étoilées vibrantes qui prennent le cep et le font vibrer dans le sens du plan de palissage. Puis il est revenu aux classiques bras secoueurs qui font vibrer le cep dans une direction perpendiculaire au plan de palissage. La maison Hoffmann avait d’abord jugé que le mode de battage longitudinal préserve mieux l’intégrité des baies et des grappes avant de revenir au battage classique à fléaux. Au total, l’ensemble pèse 4 tonnes, cependant le poids étant bien réparti grâce à de larges et longues chenilles, la pression au cm2 est réduite à celle des pieds d’un homme. Depuis, quatre machines tournent actuellement en Allemagne. L’équipement complet - à savoir le tracteur à chenilles, la tête de récolte, le treuil et la remorque adaptée pour gérer le treuillage de manière télécommandée, et le cuvon de déchargement - représente la coquette somme de plus de 200 000 €. Rappelons que les cahiers des charges des grands crus et lieux-dits n’admettent pas la vendange mécanique. Mais Henri Schoepfer insiste particulièrement sur l’usage à façon que permet sa vendangeuse, au gré des caprices météorologiques et phénologiques de la maturité de ce millésime 2016 qui s’est fait attendre.

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