Prévention

Mutualité sociale agricole d’Alsace

Du bon usage d’internet et des réseaux sociaux

Publié le 14/12/2016

Le 21 novembre, la Mutualité sociale agricole d’Alsace lançait, en partenariat avec la FDMJC d’Alsace et le CFA d’Obernai, l’exposition itinérante « Promenons-nous dans le web… et évitons d’y rencontrer le loup ! » Destinée aux jeunes de 11 à 16 ans environ, elle a pour objectif de les sensibiliser aux bonnes pratiques à adopter sur le net.

Cyberprédation, embrigadement, manipulation, cyberharcèlement… Ces dérives se multiplient avec le développement d’internet et des réseaux sociaux. Parce que le net est un univers parallèle dont ils sous-estiment souvent la portée, les jeunes y sont particulièrement exposés. Et les parents souvent démunis face à des situations qu’ils ne peuvent que partiellement contrôler. Les conséquences sur ceux qui sont concernés relèvent d’un véritable problème de santé publique. Mais le web n’est pas qu’une toile sournoise et dangereuse, c’est aussi un levier phénoménal de communication, de solidarité et de développement : réseaux de solidarité, encyclopédie en ligne, accès à des produits culturels, lobbying… C’est pourquoi, la Mutualité sociale agricole d’Alsace a souhaité mettre en place l’exposition « Promenons-nous dans le web… et évitons d’y rencontrer le loup ! » Une exposition qui poursuit trois objectifs : sensibiliser les jeunes aux risques en leur indiquant les pièges ; les responsabiliser sur leurs pratiques en leur rappelant quelques règles législatives ; les inciter à utiliser le web de manière constructive et bienveillante. « Promenons-nous dans le web » cherche à amorcer une réflexion chez les jeunes quant à leur comportement sur le net et développer leur esprit critique. Trois ateliers Cette exposition pédagogique, ludique et interactive est accompagnée d’un professionnel de l’animation et se compose de trois ateliers. Le premier permet au visiteur, via des tablettes numériques, de tester ses réactions dans des situations d’embrigadement, de cyberprédation, d’usurpation d’identité ou de harcèlement. Toutes ces situations ont été tirées de faits réels et permettent de réfléchir à ses propres pratiques : peut-on raconter sa vie à un inconnu sur le net, se moquer publiquement d’une personne sur un réseau social, croire tout ce qu’on voit ou ce qu’on nous dit ? Le second est un module d’informations autour de quatre thématiques : la grande histoire du net qui permet d’apporter quelques repères historiques ; les petites histoires du net qui donnent des exemples positifs de ce qu’on peut faire grâce au web ; les mots du net pour (re)découvrir certains mots de vocabulaire ; les maux du net et la santé pour aborder les conséquences des dérives numériques sur la santé des jeunes utilisateurs. Le troisième atelier est une table de débat. Les visiteurs sont invités à échanger sur une problématique liée à internet. Accompagnés par l’animateur, ils doivent faire avancer le débat en piochant au fur et à mesure des cartes placées au centre de la table qui les amènent à se positionner (pour ou contre), à trouver des exemples, à donner leur propre avis… Afin de réaliser l’exposition Promenons-nous dans le web, la MSA d’Alsace, s’est entourée de plusieurs partenaires, notamment Élodie Martini et Helen Bun, graphistes et scénographes, et Hervé Zipfel, juriste spécialisé en droit informatique. Depuis 2010, Hervé Zipfel intervient régulièrement auprès d’élèves de collèges, de lycées, d’apprentis ou de professionnels pour les sensibiliser au bon usage du net. Ses interventions permettent aux jeunes de partager des témoignages et des anecdotes issus des pratiques informatiques des adolescents. Les 10 000 jeunes croisés au cours de ces interventions lui ont permis de recenser les sites qu’ils fréquentent, les applications qu’ils utilisent et de mieux comprendre leurs comportements. Grâce aux témoignages qu’il a pu compiler pendant ces années, Hervé Zipfel a participé à l’élaboration des contenus pédagogiques et à la conception de l’exposition. Itinérante, l’exposition a débuté sa tournée au lycée agricole et CFA d’Obernai du 21 au 25 novembre. Elle tournera en Alsace tout au long de l’année 2017, notamment au côté de l’exposition de la FDMJC d’Alsace : « Non à la haine ».

L’accompagnement des exploitants agricoles en période de crise

Humanité, humilité, confidentialité, concertation et anticipation

Publié le 23/11/2016

Les organisations agricoles et leurs salariés s’interrogent sur la manière de mieux accompagner les agriculteurs dans cette période de crise structurelle, doublée d’une crise conjoncturelle. Un colloque à Obernai visait à mieux connaître et concerter les actions pour anticiper ou faire face aux difficultés.

La situation conjoncturelle et structurelle de l’agriculture n’est pas bonne. « 2016 est la pire année que nous ayons connue », indique Yves Jauss, directeur adjoint de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), avec plus de la moitié des entreprises affiliées à la Mutualité sociale agricole, qui ont déclaré un revenu net inférieur à 4 200 €. Sur 8 600 affiliés à la MSA, 400 agriculteurs ont demandé des échelonnements de paiement, annonce Sylviane Fargeon, directrice adjointe de la MSA d’Alsace. Si la situation est difficile à vivre pour de nombreux agriculteurs, l’agriculture alsacienne recèle toujours du potentiel : « Il y a une grande variabilité et variation de cas d’exploitation dans une même zone, une même filière de production, pour une même taille d’exploitation. Un conseiller peut rencontrer le même jour des entreprises dynamiques, porteuses de projet, et à l’opposé, un agriculteur au bout du rouleau », constate Yves Jauss. De l’endettement à trop court terme Toute la difficulté initiale réside dans le repérage des cas de détresse. « Nous ressentons la détresse par le biais de la facture des cotisations qui pèse lourd dans les comptabilités », soulève Sylviane Fargeon. Mais l’indicateur du paiement des cotisations MSA n’est pas pertinent pour détecter des signes avant-coureurs de détresse : « Souvent les exploitants sont à jour avec la MSA et la banque, mais pas avec les fournisseurs », observe Pierre-Paul Ritleng, référent de la cellule Réagir pour le Bas-Rhin. « L’endettement à trop court terme est un état de fait, confirme Yves Jauss. On a pourtant une chance : nos entreprises disposent d’un capital important, parce que nécessaire pour produire. C’est un axe de travail dans les tout prochains mois. » Repérer, comprendre et agir « Repérer, comprendre et agir », résume en introduction Thomas Blum, vigneron, élu Vivea et MSA. Il insiste auprès des organisations agricoles sur l’extrême nécessité de « mettre l’homme au centre du débat ». Car face à la détresse de l’agriculteur, un salarié d’organisation agricole pourrait avoir le réflexe de « se protéger derrière sa mission institutionnelle », explique Marie-Irène Glé, responsable de l’accompagnement des adhérents à la MSA d’Alsace. La situation requiert plusieurs exigences de la part des salariés des OPA : « Il faut bien connaître le terrain, bien connaître l’exploitation. Il faut rester humble, faire preuve d’empathie et de modestie. C’est excessivement difficile pour un agriculteur d’exposer sa situation face à quatre ou cinq organisations agricoles », souligne Pierre-Paul Ritleng. « Nous devons prendre conscience que l’agriculteur est une personne qui ose prendre des risques, une posture que nous, les salariés, n’avons pas », ajoute Marie-Irène Glé. « Et attention à notre terminologie qui peut être vécue comme dégradante », prévient la conseillère de la MSA. Confidentialité absolue Alors comment lutter contre cet isolement, ce repli social qui anime l’exploitant confronté à la crise ? En sa qualité d’exploitant, et donc d’entrepreneur, « il est important que l’agriculteur retrouve confiance en lui », et qu’il ne focalise pas le problème sur l’argent, ajoute Marie-Irène Glé. Une des clés de la médiation d’accompagnement réside dans la confidentialité. « Un agriculteur a droit à la confidentialité absolue, et à l’oubli », face aux difficultés qu’il a pu connaître dans son parcours, rappelle Sylviane Fargeon. Pour rompre l’isolement, le préalable consiste d’abord à établir un bilan des droits sociaux auxquels à droit l’agriculteur, car « il est important pour lui de prendre du recul sur son exploitation ». « Nous disons déjà : pensez à vous. N’hésitez pas à exprimer votre mal-être », indique Sylviane Fargeon. Et, il y a sur ce point des dispositifs - service de remplacement, arrêt de travail - que l’agriculteur ne sollicite pas assez… Dans ces circonstances de mobilisations de dispositifs, la MSA insiste « sur le fait que l’exploitant garde la main sur sa vie, sur son entreprise ». Des dispositifs de formation ciblés et financés Ce sont souvent les proches, plutôt que l’agriculteur lui-même, qui prennent l’initiative de se rendre à l’antenne locale MSA. Ce premier contact permet ensuite d’actionner d’autres leviers d’accompagnement, et en particulier celui de la formation. C’est l’un des sujets importants de ce colloque, pour anticiper les crises, ou les résoudre. Catherine Carry, déléguée Est pour Vivea, énumère quelques dispositifs : la gratuité des bilans de compétences, les prestations rattachables qui permettent de mixer la formation individuelle et collective, le congé formation qui s’adresse aux personnes en cessation d’activités, et pour les reconversions, la prise en charge par Vivea, jusqu’à 2 500 €, d’une formation a minima de 35 heures. Mais il existe également des dispositifs plus anticipatifs, co-construits avec les OPA et bien ciblés, comme pour les céréaliers, une formation concernant la gestion de la trésorerie, ou du financement à moyen terme. Les formations initiales (scolaire) et permanentes apparaissent aujourd’hui comme inéluctables pour anticiper ou faire face aux crises. « Nos demandeurs ont de nouvelles exigences, des demandes précises en technicité, en management », explique Jean-François Maréchal, directeur du CFPPA du Haut-Rhin. Mais c’est souvent un public « d’anticipateurs ». « Notre difficulté est de convaincre les personnes que la formation peut contribuer à la solution », admet Joëlle Clouchoux, directrice du CFPPA du Bas-Rhin. L’offre de formation peut répondre à des demandes en vue de diversification ou de reconversion, avec des formations montées ad hoc, précise Jean-François Maréchal. Le management en agriculture, nouveau paradigme Et en particulier dans le domaine du management, où de nouveaux besoins se font sentir : « Les agriculteurs vont plus facilement sur des formations techniques ou économiques. Mais l’accompagnement humain, sensibiliser les agriculteurs à la problématique du fonctionnement relationnel, est un nouveau paradigme de l’agriculture », souligne Marianne Subra, formatrice « Bien réussir ensemble », en médiation sur le fonctionnement relationnel entre associés, souvent à l’origine d’exploitations en difficultés. Il s’agit pour elle de détecter les premiers symptômes de tension, de poser un diagnostic de fonctionnement, de redéfinir des objectifs de chacun des associés, et de revoir l’organisation pour mieux fonctionner ensemble. C’est un accompagnement au long cours, pour régulièrement renouer les liens entre associés, prévenir les rechutes. Sur ces problématiques relationnelles, Yves Jauss insiste sur le rôle des comptables, qui exposent une fois par an les comptes, « en présence normalement de tous les associés. C’est un impératif ! » Plus de solidarité entre les organisations agricoles Outre la formation, les organisations agricoles souhaitent améliorer la concertation entre elles pour anticiper et déceler les situations de crise. Qu’une forme de solidarité s’installe dans l’accompagnement des exploitants, d’où la « nécessité de centraliser, de communiquer, et d’échanger ». « On sera de toute façon de plus en plus amené à avoir des raisonnements transversaux. La cellule Réagir va impulser une dynamique pour une meilleure identification », estime Yves Jauss. Si les comptables ont un rôle important, « comme fil conducteur puisqu’ils se retrouvent chez l’exploitant », d’autres OPA ont également des moyens d’alerter sur des situations fragilisées. L’exemple est soulevé par Joëlle Clouchoux où des visites de stage d’apprentissage permettent de relayer des problématiques. On a aujourd’hui un référent cellule Réagir « qui sera le fil conducteur pour mieux coordonner les diagnostics, l’audit, l’accompagnement et les préconisations » élaborées conjointement avec l’exploitant.

Les vols indiqués par téléphone

Depuis le 17 octobre dans le Haut-Rhin et depuis le 3 novembre dans le Bas-Rhin, les détenteurs d’un smartphone de dernière génération peuvent télécharger les versions départementales de l’application "Stop cambriolages". Téléchargeable gratuitement, celle-ci permet d’être informé en temps réel, par l’intermédiaire de notifications, des faits de délinquances enregistrés dans chaque département.

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