Sapins Loew à Bourg-Bruche
Les bûcherons de Noël
Sapins Loew à Bourg-Bruche
Publié le 19/12/2022
Producteur de sapins à Bourg-Bruche depuis plus de 30 ans, Christian Loew a vu l’activité changer au gré des évolutions de la société. Aujourd’hui, au-delà de l’acte d’achat du sapin de Noël, il propose une expérience originale en forme de retour aux sources : aller choisir son propre sapin dans la plantation, et le couper soi-même.
Situé sur les hauteurs de Bourg-Bruche, le domaine de Christian Loew, sobrement baptisé Sapins Loew, a des airs de pays du Père Noël. Sur 7 ha s’étendent des sapins, pour la plupart bien alignés mais de toutes tailles : des petits, des grands, des moyens, des petits parmi les grands… Au milieu de tous ces sujets, entre deux clients, Christian Loew court partout : il emballe, il coupe, il mesure, il dirige, il discute, et il encaisse, aussi. Car le producteur de sapins vit exclusivement de la vente de ses arbres de Noël. Une activité lancée par son père, et que Christian a reprise à 21 ans, suite au décès de son père, mais aussi « par choix », précise-t-il. La famille Loew est originaire de Dorlisheim, où ils étaient maraîchers. « La production de sapins constituait un complément de revenu en hiver », explique-t-il. Les Loew ont donc acheté une maison située sur les hauteurs de Bourg-Bruche. Petit à petit, ils ont retapé la maison, et acheté les terres qui l’entourent. Christian Loew a donc passé tous les week-ends de son enfance « là-haut ». Jusqu’à ce qu’en 1991, il en fasse sa résidence principale. Une tradition vivante Aujourd’hui âgé de 53 ans, Christian Loew a donc 30 ans de production de sapins derrière lui. Il a vu l’activité évoluer. Au début, il vendait sa production au marché de Noël de Strasbourg. « C’est là qu’il fallait aller pour trouver un beau sapin », rappelle-t-il. Aujourd’hui, il ne met quasiment plus les pieds à Strasbourg. Il vend ses sapins à des grossistes, des collectivités locales, des hôtels, des décorateurs et, depuis 2006, en direct aux particuliers qui viennent chercher leur sapin chez lui. Les pics d’activité aussi se sont déplacés. « Autrefois, la saison commençait le 6 décembre et s’arrêtait le 24. Aujourd’hui, elle commence plus tôt, mais s’achève aussi plus tôt ». À partir du 18 décembre, les ventes décélèrent drastiquement. Les deux plus gros pics de ventes se situent les deux week-ends précédant Noël. Autre signe du temps qui passe : les espèces vendues. Il y a 30 ans, Christian Loew produisait surtout des épicéas communs (Picea bies), aussi connus sous le nom de sapins noirs, à la bonne odeur de résine, mais qui perdent rapidement leurs aiguilles et des épicéas bleus (Picea pungens), ou sapin bleu, « qui sentent aussi très bon, mais dont les épines sont très piquantes ». Aujourd’hui, ces deux espèces ont quasiment disparu des étals des marchands, remplacées par le Nordmann (Abies nordmanniana), ou sapin du nord, et le sapin noble (Abies nobilis). « Ce sont les deux espèces qui résistent le mieux à la chaleur des habitations, et qui perdent le moins vite leurs aiguilles. » Une qualité appréciée, même si au passage, ces arbres de Noël des temps modernes ont perdu un peu de leur bonne odeur de forêt. Enfin, Christian Loew constate un rapport différent au sapin de Noël entre citadins et ruraux. Les premiers « se débarrassent très vite de leur arbre après les fêtes, sans doute gavés de décors de Noël », présume le producteur. Les seconds les gardent plus longtemps, sans doute car ils disposent de davantage d’espace pour apprécier pleinement le charme « d’avoir de la verdure dans la maison en plein hiver ». Vente directe et sur-mesure Christian Loew a lui-même changé sa manière de produire (lire en encadré) et de vendre sa production. Il essaie d’être suffisamment agile pour pouvoir répondre à toutes sortes de demandes et faire du sur-mesure. Dans ses rayons, les sapins vont 50 cm à 20 m, certains sont en pots, d’autres fournissent des branchages destinés aux décors de Noël… « Cette année, j’ai vendu un arbre de 4 m de haut, livré avec ses racines, à un décorateur », illustre-t-il. Et puis en 2006, Christian Loew a commencé à proposer la vente directe au domaine. Un créneau qui, depuis, n’a cessé de prendre de l’ampleur, surtout avec les confinements liés au Covid. Pour le plus grand plaisir de Christian Loew, qui apprécie de pouvoir rencontrer ses clients, discuter avec eux, leur présenter son métier… Il s’emploie donc à attirer les clients et à leur proposer une expérience unique qui dépasse l’acte d’achat du sapin : choisir le sien parmi tant d’autres, le couper et le transporter soi-même… Ainsi, un vaste parking reçoit les visiteurs, les parcelles sont fléchées par tailles de sapins depuis l’accueil, un stock de scies est prévu à l’entrée de chaque parcelle. Plus loin, quelques billes de bois de différentes tailles, savamment disposées, font office d’aire de jeux pour les enfants. Un brasero diffuse une chaleur réconfortante à quelques pas d’un abri en dur, qui propose des animations pour les bûcherons d’un jour dans une ambiance festive et chaleureuse : chants de Noël, vin chaud… de quoi réchauffer les cœurs et les corps ! Enfin, avant que ses sapins n’abritent des cadeaux sous leurs branches, Christian Loew joue les pères Noël en offrant quelques présents à ses clients : calendrier, CD… Une famille, venue de Mollkirch dans une fourgonnette blanche, un membre par génération, redescend de la montagne avec sa récolte. On sent les connaisseurs à leur équipement : chaussures de marche, doudounes chaudes, gants, bonnets vissés sur la tête. « Nous venons ici depuis plusieurs années », précisent-ils en installant le petit dernier, qui a glissé dans une flaque, devant le brasero, le temps de régler leurs trois sapins de Noël, un par génération. Puis, ils chargent le tout dans leur fourgonnette traîneau. Il ne reste plus qu’à parer les arbres de Christian Loew de leurs plus beaux atours !












