commercialisation

L'Aria au salon des produits régionaux Auchan Retail

Produits locaux, format Grand Est

Publié le 16/10/2017

L’Association régionale des industries alimentaires (Aria) Alsace a participé au salon des produits régionaux Auchan Retail, première rencontre de l’industrie alimentaire du Grand Est, le 28 septembre. Une initiative commerciale inédite qui a rencontré un franc succès, puisqu’elle a réuni 104 entreprises.  

Le palais des congrès de Strasbourg a accueilli le premier salon des produits régionaux Auchan Retail, auquel ont participé une centaine d’entreprises de la région Grand Est, PME et producteurs régionaux, afin de promouvoir leurs marques régionales. Au total, 130 marques étaient représentées. 220 directeurs Auchan, 53 entreprises alsaciennes L’Aria Alsace a participé à cette initiative commerciale inédite qui valorise les savoir-faire de la filière agroalimentaire et des industries alimentaires. Ce salon a été inauguré par Franck Aubrée, directeur régional Auchan Retail France, en présence de Manou Massenez-Heitzmann, présidente de l’Association régionale des industries alimentaires (Aria), Patrick Bastian, conseiller régional, et Christine Barthe, déléguée générale de la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France (Feef). La marque Auchan entend « devenir leader dans le bon, le sain et le local », a déclaré le directeur. Ce salon offre l’opportunité aux directeurs et responsables d’Auchan de découvrir les entreprises locales des territoires Grand Est, leurs différentes marques qui « peuvent être disponibles pour d’autres régions ». L’objectif de ce salon est de construire, d’échanger entre fournisseurs, manageurs pour, au final « satisfaire les clients », a-t-il indiqué. Christine Barthe a précisé que les entreprises et PME présentes « apportent ce dont la grande distribution a besoin ». Manou Massenez-Heitzmann a souligné que les trois Aria du Grand Est génèrent 40 000 emplois directs et 14 millions d’euros de chiffre d’affaires. Il est important de pouvoir « répondre aux grandes mutations des modes alimentaires qui tendent vers l’intégration de plus en plus nette de produits régionaux, bios notamment, demandés par les consommateurs ». Ce salon Auchan est une opportunité pour développer des collaborations permettant « de coller au mieux aux nouveaux comportements alimentaires », a-t-elle conclu. Patrick Bastian, vice-président de la commission de l’agriculture au Conseil régional, a indiqué que le Grand Est, précurseur en la matière, a organisé des assises de l’alimentation réunissant les trois acteurs, les producteurs, les distributeurs de la grande et moyenne distribution et les consommateurs. « Si les producteurs veulent répondre à la demande de la grande distribution, il faut lancer une production importante, au niveau du Grand Est. » Il a souligné « l’importance des marques, auxquelles sont attachés les consommateurs ». Il a conclu en saluant cette initiative du groupe Auchan, un salon qui a permis la rencontre entre les producteurs, les industries alimentaires et 220 directeurs et responsables de rayons d’hypermarchés et de supermarchés du Grand Est.

Publié le 04/10/2017

Le groupe lait de la FDSEA et des JA faisait sa rentrée le 28 septembre dernier. Au cœur des débats, la segmentation du marché et l’instauration des cahiers des charges dans les laiteries.

Plus vert, c’est plus cher. C’est le leitmotiv porté par Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, et c’est aussi ce que réclament les producteurs de lait. En réponse aux attentes sociétales, aux lubies des distributeurs ou à des opportunités de marché, les cahiers des charges prônant le sans OGM, le pâturage ou le bien-être animal poussent comme des champignons. Les annonces d’Alsace Lait sur son passage au sans OGM et au pâturage sur une partie de la collecte étaient au cœur des débats. La coopérative Sodiaal est également concernée sur une partie de la collecte pour le sans OGM. Les éleveurs craignent que cette première annonce ne soit le début d’une spirale infernale. « Aujourd’hui, cette marche sera peut-être accessible sans engendrer un surcoût trop élevé (lire l’encadré), estime un éleveur. Mais demain, comment être certain que les attentes ne seront pas plus lourdes financièrement ? ». Une valorisation des cahiers des charges est donc impérative dans le futur. « Nous sommes prêts à modifier certaines pratiques, mais encore faut-il nous payer correctement pour le faire », a déclaré un autre éleveur. Du côté des laiteries, on confirme que ce passage ne s’est pas fait de gaieté de cœur. Ce n’est pas un moyen de mieux valoriser le lait, mais une condition d’accès à certains marchés (en Allemagne et aux Pays-Bas notamment). « Nos cahiers des charges sont calés sur ceux de nos concurrents, l’objectif étant de pouvoir écouler nos produits, tout simplement », a expliqué Michel Debes, président d’Alsace Lait. Les régions herbagères mettent en avant cet argument commercial et certaines régions, aux pratiques différentes, se trouvent en porte-à-faux. S’agit-il d’un épiphénomène ou d’une tendance lourde ? Personne ne peut répondre à cette question, à ce jour. Pour l’instant, seule la grande distribution est concernée, la RHD n’y attache que peu d’importance. « L’idéal serait d’arriver à orienter le consommateur vers des modifications de pratiques qui nous conviennent mieux, en tant que producteurs, mais les médias pèsent beaucoup dans la balance », a conclu Didier Braun. Un marché mondial schizophrène Sur le marché mondial, l’écart entre le prix des protéines et de la matière grasse est de plus en plus marqué. Sous l’effet du ralentissement de la collecte en 2016 et du retour en grâce du beurre, les cours de ce dernier flambent, montant à des niveaux jamais atteints. Dans le même temps, l’Union européenne croule sous les stocks de poudre depuis des mois. Malgré tout, la valorisation beurre/poudre atteint 330 €/tonne sur les dernières semaines et permet une embellie sur le prix payé ces derniers mois dans les entreprises concernées par ces marchés. Si on conjugue cette légère embellie des cours et un marché intérieur stable, on peut espérer que le prix du lait se tienne sur les derniers mois de l’année. Marc Hoenen, directeur d’Unicoolait, a tempéré ce discours, il a tenu à signaler que l’équilibre du marché est fragile. La collecte européenne semble repartir à la hausse, ce qui pourrait changer la donne.

Publié le 30/09/2017

Du 22 au 24 septembre, une quarantaine d’animations gourmandes en Alsace ont marqué la fête de la gastronomie et sa thématique nationale « Au cœur du produit », déclinée notamment sur le Foodtour, un inédit de cette troisième édition régionale.

Initiatrice de la déclinaison régionale de la fête nationale de la gastronomie, Alsace Destination Tourisme (ADT), en collaboration avec les chefs restaurateurs et la Chambre d'agriculture d’Alsace, a offert au public un programme dense, festif et très gourmand pour sa troisième édition, du 22 au 24 septembre. Restaurateurs et producteurs, des collaborations pérennes Parmi les différentes animations, le Foodtour Alsace « Du champ à l’assiette » a été inauguré le 22 septembre à l’Îlot de la Meinau à Strasbourg. « Sans bons produits, pas d’excellence dans l’assiette », a lancé le chef Jacques Eber, rappelant que 32 de ses homologues se mobilisent pour cette fête, en proposant jusqu’au 1er octobre un menu terroir, illustré par l’affiche d’un selfie réalisé avec des producteurs. Cette coopération « met en avant leur savoir-faire ». « Ce Foodtour est l’occasion de découvrir ce territoire exceptionnel, ses productions agricoles diversifiées et sa convivialité », a ajouté Vincent Debès, président délégué d’ADT, saluant la présence de Marie-Thérèse Fischer-Phung, représentante nationale du commissariat général de la fête de gastronomie. Paul Schiellein, représentant la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), est revenu sur « ce partenariat gagnant-gagnant » avec les restaurateurs. Les producteurs ont « tout intérêt à vendre leurs produits aux restaurateurs qui vont les mettre en valeur » et pour les chefs, utiliser des produits locaux est un plus. Cette collaboration est « pérenne tout au long de l’année », a-t-il souligné. Quatre salariés s’occupent des circuits courts à la CAA. « C’est le rôle de la Chambre d'agriculture d’accompagner ces productions agricoles périurbaines », à l’image de cette exploitation agricole à la Meinau, gérée par Geoffrey Andna. Créée en 2014 avec deux associés, elle compte 6 144 m2 de serres sur 11 hectares au total et décline une quarantaine de productions. Les produits sont vendus en direct et via un réseau de restaurateurs, qui représentent 50 % de l’activité. L’Îlot a produit « 1 tonne de tomates par jour en pleine saison », a précisé Geoffrey Andna, en invitant les participants à la visite de l’exploitation. Du chou au confit de choucroute Après avoir souligné « la richesse que nous avons tous sous les pieds », Jean-François Vierling, président d’Alsace Qualité, a rappelé que la marque Savourez l’Alsace Produit du terroir est gage de qualité. Les participants ont ensuite été accueillis par Sébastien Muller, à la choucrouterie Le Pic à Meistratzheim pour découvrir ce « légume ancestral » aux multiples qualités dont l’Alsace produit 75 % du volume. Cinquième génération à la tête de cette entreprise familiale, Sébastien Muller a rappelé qu’elle exploite 70 hectares de choux à choucroute, qui sont lavés, coupés et transformés sur place, après « une fermentation naturelle qui peut durer 15 jours à deux mois », pour une production de 4 000 à 5 000 tonnes de choucroute par an. L’entreprise propose une gamme de choucroute bio et les participants à ce Foodtour ont pu apprécier sa dernière création, le confit de choucroute qui se marie parfaitement au foie gras. Sébastien Muller a précisé que le jus de choucroute sert à la méthanisation, et les feuilles vertes sont épandues. La choucrouterie Le Pic, qui aura un site internet en janvier, accueille le public tous les jours, une communication importante « pour éviter les amalgames et se défaire de l’image lourde de la choucroute garnie ». Président de l’Association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace, Sébastien Muller œuvre avec Alsace Qualité et sa directrice, Bénédicte Dubois, pour l’obtention de l’IGP choucroute d’Alsace, une demande toujours en cours depuis vingt ans. « Longueur, finesse, blancheur », les critères sont précis pour l’obtention de ce label européen. Aquaponie et vins du terroir Ce Foodtour s’est poursuivi par la découverte de la start-up myFood à Gertwiller, une serre connectée pour une culture aquaponique verticale. Partis de l’idée d’autoalimentation, trois passionnés, venus de la finance et de l’informatique entre autres, ont installé un bassin avec des poissons, qui alimente des plantes, ces dernières filtrant l’eau du bassin, dans un système d’économie circulaire. Quelques panneaux solaires sur le toit de la serre permettent la production d’énergie pour obtenir « une parfaite autarcie alimentaire au niveau des légumes », précise Julien Wosnitza, l’un des créateurs. La consommation d’eau est fortement diminuée, car il y a moins d’évaporation, ajoute son associé, Matthieu Urban. Leur objectif est « d’apporter l’alimentation chez tout un chacun, en réunissant la permaculture, la bioponie et l’aquaponie ». Avec seulement une heure de maintenance par semaine, ils ont déjà installé 50 serres en Europe et seront présents au prochain Salon international de l’agriculture. Ils ont également un projet au Vaisseau à Strasbourg. Les participants du Foodtour ont ensuite été accueillis au domaine Hering à Barr. Jean-Daniel Hering, cinquième génération de vignerons, et son épouse, Fabienne, leur ont présenté succinctement le domaine, totalement en bio, dont les vignes du grand cru Kirchberg qui s’étendent au pied de leur domaine. Les vins, issus de ce grand cru, « un lieu unique », sont en « lien direct avec le terroir » et font « la singularité du domaine, plus que les cépages riesling ou pinot gris entre autres, qui peuvent être plantés partout », a souligné Jean-Daniel Hering. Les participants ont dégusté trois vins avec les recettes du chef Christian Boulard, du château d’Andlau, dont un pinot gris grand cru Kirchberg de Barr 2013, prouvant les qualités de garde des vins blancs, et un gewurztraminer 2008 sur une soupe de carotte froide au cumin. Après un passage à Saint-Pierre pour apprécier les fromages de la ferme Haag et les bières de la brasserie, le Foodtour s’est terminé dans le Haut-Rhin, avec un cook show à six mains harmonisé par les chefs étoilés Nasti, Binz et Jaegle, et retransmis sur écran géant. Puis Jérôme Jaegle, une étoile au Michelin, a accueilli les participants dans son restaurant L’Alchémille à Kaysersberg-Vignoble pour une pause dînatoire qui leur a permis de déguster des bouchées en direct du potager. Pour finir, petite escale au musée des eaux-de-vie à Lapoutroie pour déguster des mignardises de Christine Ferber, accompagnées d’eaux-de-vie. Un tour surprenant, au cœur des produits de la gastronomie alsacienne et des hommes qui la font vivre, apprécier et… fêter !

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