commercialisation

Publié le 09/09/2017

Déjà attribuée à plus de 3 000 produits, la marque « Savourez l’Alsace Produit du terroir » distingue les produits transformés en Alsace et contenant au moins 80 % d’ingrédients provenant de la région.

Du raifort, de la moutarde, de la bière, des bretzels… Près de 3 000 produits fabriqués par une cinquantaine d’entreprises agroalimentaires portent la marque « Savourez l’Alsace Produit du terroir ». Lancée en 2015, elle résulte d’un partenariat entre la profession agricole, l’Association régionale des industries alimentaires (Aria) et la Région Grand Est pour mettre en valeur les produits transformés localement et dont au moins 80 % des ingrédients proviennent de la région. « Nous, les agriculteurs, nous avons des productions diverses et variées. Nous sommes prêts à en inventer d’autres. Mais nous devons le faire en lien avec les entreprises agroalimentaires qui transforment et commercialisent les produits. C’est un vrai enjeu de filière », a expliqué Philippe Boehmler, président de la marque, en ouvrant la table ronde organisée dimanche 27 août à Mietesheim. Le raifort et la moutarde, spécialités de l’entreprise Alélor de Mietesheim, sont deux exemples de partenariats réussis entre les agriculteurs et l’agroalimentaire régional. 150 tonnes de raifort sortent chaque année des lignes de conditionnement de l’entreprise. « Nous avons la volonté de nous approvisionner à 100 % en Alsace », témoigne Alain Trautmann, directeur d’Alélor, qui peut déjà compter sur les apports de 17 producteurs de raifort répartis dans un rayon d’une vingtaine de kilomètres autour de Mietesheim. Les livraisons à l’usine se font en tracteur, c’est dire si la proximité est une valeur forte de cette filière. Douces graines de moutarde La moutarde douce d’Alsace est une production plus récente de l’entreprise. Pour la fabriquer, il a fallu remplacer une partie de l’approvisionnement par des graines de moutarde cultivées en Alsace. Alélor a fait appel à la Chambre d’agriculture, qui a lancé les premières cultures d’essai de moutarde en 2008. De trois tonnes la première année, la production de moutarde douce d’Alsace Alélor est montée à 55 tonnes aujourd’hui. « On aimerait arriver à 120/130 t, de manière à couvrir les besoins du marché », précise Alain Trautmann. Six agriculteurs sont pour le moment impliqués dans la filière (contre un seul au départ). Tout comme le Comptoir Agricole, qui collecte, sèche, trie, nettoie et conditionne les graines de moutarde pour les mettre à disposition d’Alélor. Spécialiste du bretzel et des produits apéritifs, la maison Burgard, basée à Hoerdt, développe la production de bretzels et de pain à sandwich à partir de farine bio d’Alsace. D’ici la fin de l’année, la fabrication de ces deux produits sera entièrement réalisée à partir de matière première bio et régionale, indique Emmanuel Goetz, directeur général de l’entreprise. La brasserie La Licorne, de Saverne, propose quant à elle sa bière Licorne Elsass depuis une dizaine d’années. Elle est fabriquée à partir d’orge et de houblon cultivés en Alsace, précise Fabrice Schnell, son directeur technique. Le succès est tel que l’entreprise a ajouté à sa gamme un panaché, lui aussi fabriqué avec des ingrédients dont l’origine 100 % régionale est certifiée par Alsace Qualité. Partager les risques Si les exemples ne manquent pas, monter des filières d’approvisionnement régional n’est pas aussi évident qu’il y paraît. Cela demande du temps et de l’énergie. « Il faut qu’il y ait un marché, une demande », argumente Denis Fend, directeur général du groupe Comptoir Agricole. Pour avoir participé au sauvetage ou au démarrage de plusieurs filières régionales (houblon, pain Alsépi, pomme de terre…), il sait bien qu’il faut parfois « essuyer les plâtres. » Se lancer dans une nouvelle culture, c’est s’exposer à des aléas plus élevés que dans une culture en place de longue date. « Pour la moutarde, on vise 2 t/ha, illustre Denis Fend. Mais l’an dernier, les rendements ont varié entre 7 et 25 quintaux selon les producteurs. Une telle différence joue beaucoup sur la rentabilité », souligne le directeur général du Comptoir, qui plaide pour « des risques partagés » entre producteurs et transformateurs. Le développement d’un produit d’origine régionale suppose un approvisionnement stable et en quantité suffisante, insiste Edouard Meckert, du Moulin des moines (Krautwiller). Ce qui fait parfois défaut. « On n’a pas suffisamment de blé bio pour suivre la demande, reconnaît Julien Scharsch, président de l’Opaba et de Bio en Grand Est. Mais on y travaille. » L’un des meilleurs moyens de sécuriser l’approvisionnement est de passer des contrats avec les agriculteurs. « Contractualiser des volumes, avec un prix, offre plus de facilité à un jeune qui s’installe », insiste Julien Koegler, secrétaire général des JA du Bas-Rhin. Il faut aussi que la qualité y soit. « Le consommateur recherche d’abord la qualité, elle doit être irréprochable. Sinon, on fera de l’Alsace washing comme d’autres font du green washing », remarque Denis Fend. Des filières viables dans la durée Dernière condition pour assurer le succès des filières mises en place : qu’elles soient économiquement viables. C’est-à-dire rémunératrices pour les agriculteurs, pour les transformateurs tout en restant accessibles aux consommateurs. Une équation particulièrement difficile à résoudre. S’agissant des céréales bio, le directeur du Comptoir Agricole remarque qu’elles sont en concurrence avec les céréales bas intrants disponibles sur le marché à des prix bien inférieurs. « Il faut être conscient que quand on produit régionalement, on produit plus cher. » Alain Trautmann confirme. Il paie les graines de moutarde alsaciennes 25 % de plus que les graines provenant du Canada. Quant au raifort alsacien, il coûte deux fois plus cher que le raifort acheté sur le marché européen.

Publié le 05/09/2017

Succès au rendez-vous pour les Portes ouvertes de la cave du Roi Dagobert du 2 et 3 septembre à Traenheim, qui a offert au public de nombreuses animations dans le vignoble et au caveau.

Pour la 16e édition de ces journées portes ouvertes, la cave du Roi Dagobert à Traenheim a innové, à commencer par le DaGo’concert du samedi 2 septembre. Les jeunes vignerons de la cave ont voulu donner une image plus festive, un pari réussi avec une salle remplie de près de 200 personnes. Balade commentée, apprenti vigneron Ce traditionnel premier week-end de septembre à la cave est très prisé par les amateurs, qui peuvent y découvrir les nouveautés, et profiter des offres promotionnelles. C’est aussi l’occasion d’échanger avec les salariés et les coopérateurs mobilisés pour ces deux jours, « près de 140 » précise le président de la cave, Luc Anstotz. Ils ont animé les différents stands, sur le site de la cave, notamment ceux dédiés aux enfants, comme le circuit en mini-tracteur. Le parcours de l’apprenti vigneron offrait la possibilité de mettre en bouteille et de répondre à un quiz très pointu sur la vigne, entre autres. La cave proposait les visites de ses installations et de son unité crémant, notamment le secteur de l’emboxage, en activité lors de ce dimanche. Autre nouveauté de cette journée, les vignerons ont organisé une balade commentée dans les vignes, spécial crémant, avec des dégustations des différents cépages qui entrent dans son élaboration. D’autres visiteurs ont opté pour une découverte des paysages et des points de vue du vignoble en minibus, organisée par les vignerons. Le traditionnel apéritif concert du dimanche avec la cuvée du 65e anniversaire a réuni un public nombreux. Ces journées portes ouvertes n’ont pas dérogé à leur traditionnel succès, un bon millésime avant celui des vins de la cave, qui s’annonce de bon augure…

Conseil départemental du Bas-Rhin - Chambre d'agriculture d’Alsace

Soutenir l’agriculture pour dynamiser les territoires ruraux

Publié le 28/07/2017

Jeudi 20 juillet, les élus du Conseil départemental du Bas-Rhin et de la Chambre d'agriculture d’Alsace se sont retrouvés sur le terrain pour discuter du contrat d’objectif 2017 qui lie les deux institutions. Pour cette rencontre annuelle, ils s’étaient donné rendez-vous sur deux fermes emblématiques du dynamisme de l’agriculture de montagne.

Cette année, pour présenter le contrat d’objectif 2017 qui lie le Conseil départemental du Bas-Rhin (CD 67) et la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), les deux institutions ont choisi de se retrouver en montagne. En l’absence de Frédéric Bierry, président du Conseil départemental, retenu par d’autres obligations, c’est Frédérique Mozziconacci, conseillère départementale du canton de Mutzig, qui a accueilli les participants à cette rencontre sur le terrain. Priorité aux hommes Jean-Paul Bastian, vice-président de la CAA, a souligné la « dynamique favorable » qui a permis à l’agriculture de montagne de considérablement évoluer en 30 ans. Il y a eu l’évolution de la Pac, qui a été plus favorable à l’agriculture de montagne, notamment via la convergence des aides des soutiens différenciés, le soutien aux petites races. Et plus localement, les agriculteurs ont pu bénéficier de soutien à l’investissement dans le cadre du Plan bâtiment, des fruits d’un partenariat « historique » entre la CAA et la Communauté de communes de la Vallée de la Bruche, présidée par Pierre Grandadam. « Tout cela mis bout à bout a permis à un certain nombre de projets d’aboutir. » Sans oublier la volonté des agriculteurs de montagne qui, les circuits de collecte de lait des coopératives laitières n’allant pas jusque chez eux, ont fait le pari de la vente directe. Un allant qu’a relevé également Pierre Grandadam : « Les agriculteurs de montagne ont su créer leurs propres réseaux de commercialisation ». Les résultats, ce sont de belles prairies, bien entretenues, des paysages ouverts, de bons produits, des touristes, des emplois… Selon lui, cette réussite, l’agriculture de montagne la doit à la stratégie qui a été utilisée : « Il faut d’abord s’occuper des hommes qui élèvent des bêtes, qui mangent de l’herbe, pour élaborer de bons produits. Il faut s’en occuper comme ça, et dans cet ordre, sinon, ce n’est pas pérenne. » En écho à cette analyse, Julie Humbert, présidente de l’Association des producteurs fermiers de montagne, a présenté cette structure qui accompagne une trentaine de producteurs fermiers dans leurs démarches de vente directe, que ce soit pour la promotion des produits fermiers, la recherche de nouveaux circuits de commercialisation ou l’appui technique. L’association a aussi élaboré un guide intitulé « L’agriculture de montagne pour les curieux », ainsi que des panneaux qui visent à expliquer les pratiques des agriculteurs à la population, et pourquoi il est important de respecter les prairies et les troupeaux. L’occasion pour Julie Humbert de faire un petit appel du pied pour soutenir le financement de ces panneaux ! L’emploi, priorité des priorités Évoquant « une rencontre organisée depuis plus de 30 ans pour échanger sur la politique agricole menée par le Département », Marcel Bauer, conseiller départemental, a rappelé qu’elle consiste à « retravailler les objectifs du partenariat dans le cadre de compétences modifiées et de finances réduites ». Ce qui n’empêche pas le Département de vouloir rester partenaire du monde agricole. Et de se fixer trois priorités en la matière. La première consiste à « développer l’emploi en agriculture, notamment pour faciliter le retour à l’emploi des bénéficiaires du RSA ». La seconde est d’encourager l’expansion des circuits courts. Et la troisième est de faire du Département du Bas-Rhin un territoire à énergie positive. « Alors que l’agriculture est dans une passe difficile, l’objectif de cette rencontre est de redéfinir notre partenariat pour les trois ans à venir », a déclaré Jean-Paul Bastian. Les rendements 2017 s’annoncent meilleurs. Mais c’est vrai partout dans le monde, ce qui pèse sur les cours des denrées agricoles. Le même jour (NDLR le 20 juillet) se tenait la conférence sur l’alimentation, dont l’un des objectifs est de répondre à cette crise, notamment via une répartition plus équitable de la valeur ajoutée au sein des filières. Et on ne peut que s’en féliciter. Mais Jean-Paul Bastian estime qu’il faut aussi travailler localement. Et notamment poursuivre les travaux de remembrement, d’aménagement du territoire, par exemple dans le cadre de projets d’irrigation. Et il a listé d’autres priorités : encourager la demande pour que tous les projets trouvent des débouchés ; soutenir la diversification, « inscrite de longue date dans l’ADN de l’agriculture départementale » et source d’emplois. Patrick Bastian, conseiller régional, en a cité d’autres : travailler sur l’approvisionnement local de la restauration hors domicile (RHD), et maintenir la qualité sanitaire du cheptel départemental, qui est « bonne » mais reste « fragile ». Il s’agit donc de faire perdurer le partenariat entre la CAA et le CD 67, malgré les changements de compétences et les coupes budgétaires. « Un défi à relever ensemble. » RHD et aménagement du territoire Marcel Bauer a pu les rassurer sur plusieurs points. Non seulement le Département se fixe l’objectif ambitieux d’atteindre 50 % de produits locaux et 25 % de produits bios dans l’approvisionnement des restaurants hors domicile qui relèvent de sa compétence (collèges, Ehpad). « Il faudra que l’offre en produits locaux suive et que les filières s’organisent. » Et le Département compte bien continuer à mettre en œuvre ses compétences en matière d’aménagement du foncier. Chaque année, il consacre 1 million d’euros (M€) à la gestion durable du foncier, notamment via des opérations de remembrement. À plusieurs reprises au cours de cette journée les retards de paiement des MAE ont été évoqués. Si tout le monde s’accorde sur le caractère inadmissible de ces retards, Jean-Paul Bastian et Patrick Bastian mettent en garde : les MAE sont le vecteur de soutiens spécifiques, adaptés aux territoires, et l’agriculture française a besoin de tels soutiens pour rester diversifiée.

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