bovins viande

Publié le 18/01/2017

Comment améliorer la rentabilité et la viabilité d’un élevage avec les nouveaux outils génétiques ? C’est le thème de la formation organisée récemment par la FDSEA du Bas-Rhin, en partenariat avec le Centre national interprofessionnel de l’économie laitière et l’Institut de l’élevage. « La possibilité de faire génotyper les génisses ouvre de nouvelles perspectives », indiquent les deux intervenants, Stéphanie Minery, de l’Institut de l’élevage, et Maxime Poizat, d’Élitest.

La génomique permet de connaître le potentiel génétique des animaux, à partir de l’ADN qui constitue les chromosomes. L’information génétique est répartie sur ces chromosomes, eux-mêmes porteurs des gènes. Le bovin a trente paires de chromosomes, dont la moitié provient du père et l’autre moitié de la mère. Le génotypage est la lecture de l’ADN à partir de prélèvement de cartilage. « On ne fait que lire l’information génétique, on ne fait pas de manipulation. C’est juste une extraction d’ADN », explique Maxime Poizat, d’Élitest. Ces informations sont stockées sur une puce de 54 k pour les taureaux ou une puce 10 k pour les génisses. « Le contrôle de performances reste d’actualité » À partir de ces données, il est possible de déterminer les différents index mesurant la supériorité génétique d’un animal par rapport à un groupe d’animaux de référence. Il existe plusieurs catégories d’index : index de production (quantité de lait, matière protéique, matière grasse), index fonctionnels (longévité, fertilité, facilité de vêlage), index de morphologie (mamelle, aplombs) et index de synthèse (INEL, ISU). Pour déterminer l’ISU (index de synthèse unique), il faut connaître la généalogie de l’animal sur au moins deux générations. « Une généalogie longue permet d’augmenter la fiabilité », ajoute Maxime Poizat. Auparavant, ces informations étaient obtenues par le contrôle de performances. « Le contrôle de performances reste d’actualité pour fiabiliser la génomique, contrôler l’élevage par rapport à une population donnée et apporter un suivi technique au niveau de l’élevage. » Certaines caractéristiques des animaux, comme le fait d’avoir des cornes ou non, ainsi que de nombreuses tares héréditaires, sont dirigées par un seul endroit du génome. D’autres caractères, tels que la performance, la taille ou la longévité, dépendent de différents endroits du génome, en plus des influences du milieu. De tels caractères sont appelés caractères quantitatifs. Un endroit du génome qui est étroitement associé à un caractère quantitatif, est appelé QTL (abréviation anglaise de Quantitative Trait Locus, Locus de caractère quantitatif en français). L’endroit exact des QTL sur le génome n’est pas toujours connu. Par contre, on connaît de plus en plus souvent leurs marqueurs, situés à proximité. « Les QTL sont des gènes d’intérêt identifiés dans la population de référence et sont relativement simples à déterminer », indique l’intervenant. Comment ça marche ? « On fait le lien entre génétique et performances en élevage grâce à tous les taureaux testés en élevage. Ces animaux constituent une population de référence qui doit se renouveler continuellement pour apporter de la variabilité génétique. » En race prim’holstein, la population de référence se compose de 33 000 taureaux. « On a intégré les femelles typées à cette population de référence pour obtenir une population la plus large possible. » La première détection de QTL remonte à 1996. Cinq ans plus tard a lieu la première sélection assistée par marqueurs (SAM). La deuxième génération de SAM arrive en 2008. La sélection génomique démarre véritablement en 2009 avec la première indexation officielle des mâles de race holstein, montbéliarde et normande. En 2011 sont publiés les premiers index officiels pour les femelles. 2014 marque la publication des premiers index en race brune. L’arrivée de la SAM4 en 2015 marque un grand tournant. Fin 2015, début 2016, la génomique est déployée vers les races régionales, la vosgienne, l’abondance, la tarentaise. Elle est également en route pour les races allaitantes. Concrètement, les éleveurs font des prélèvements de cartilage sur les veaux femelles. Ces échantillons sont envoyés par les organismes de sélection, le centre d’insémination, le contrôle laitier, dans l’un des laboratoires agréés pour le génotypage. Ce dernier effectue une analyse ADN à partir d’une puce moyenne densité. Les résultats de cette analyse permettent d’établir l’index génomique de l’animal, grâce aux modèles de l’Inra et de l’UMT3G. Un véritable outil de sélection des femelles De la demande d’analyse au retour de l’index, il s’écoule en général un mois, au maximum trois. En fournissant les index dès la naissance, la génomie permet une sélection plus efficace, plus rapide, sur davantage de caractères, avec une même précision pour le veau mâle ou femelle. Faire rapidement des choix éclairés dans son cheptel, tel est l’avantage de la génomique, explique Maxime Poizat. « Le potentiel de sélection augmente régulièrement, avec une sélection très marquée sur la voie femelle. L’éleveur peut faire des choix plus pertinents en fonction de ses objectifs, éviter les réformes subies en choisissant les femelles dont il a besoin. » En race holstein, le génotypage coûte 50 € par animal sur la base de 5 à 20 animaux. Élitest propose un contrat aux éleveurs qui acceptent de génotyper toutes leurs femelles qui naissent dans l’élevage, à un prix de 40 € pour la prim’holstein ou la charolaise, 30 € pour la montbéliarde ou la vosgienne. « En charolais, explique Rémy Bierbaum, technicien chez Élitest, on peut génotyper des mâles, ce qui n’est pas possible pour les races laitières. » Quelle est la fiabilité des index ? « L’index est une estimation du potentiel génétique. » Le CD (coefficient de détermination) indique sa précision. Plus le CD est élevé, plus l’index est précis et donne une information fiable sur le potentiel génétique de l’animal. « En généalogie seule, on obtient un CD maximum de 0,3 pour le caractère laitier, ce qui donne une image floue de l’animal. En combinant généalogie et génomique, les CD tournent entre 0,50 à 0,70 selon les critères. Si vous y ajoutez les performances, vous aurez une fiabilité beaucoup plus grande, de l’ordre de 0,70 à 0,75 pour le lait et de 0,60 à 0,65 pour la fertilité et la longévité. » Plus la population de référence est importante, plus la précision de l’indexation est élevée, ajoute Maxime Poizat. De jeunes taureaux affichent un ISU très élevé mais un peu moins fiable. Mais même si la fiabilité est moins élevée, la moyenne des taureaux génomiques est plus haute que celle des taureaux en sélection classique. « Utiliser des taureaux génomiques permet incontestablement d’augmenter le potentiel génétique du troupeau. C’est une sacrée avancée au niveau de la qualité : on utilise la fraîcheur des jeunes taureaux, et on a des moyennes plus élevées que celles des taureaux confirmés. » La génomie change la donne : il vaut mieux utiliser cinq taureaux différents sur cinq vaches, plutôt que de se cantonner à un seul taureau pour avoir une moyenne de femelles intéressante. « Cela évite aussi les problèmes de consanguinité. » Dans le Bas-Rhin, Élitest dispose de 1 500 résultats de génotypage, explique Rémy Bierbaum. « Nous sommes sur des ISU entre 125 et 197. Nous suivons 500 animaux à plus de 150 d’ISU dans le Bas-Rhin. » Pour lui, la génomique est moins élitiste que la sélection classique : il peut y avoir de bonnes vaches dans des élevages qui ne sont pas forcément férus de génétique. « C’est à nous de les chercher, à condition de connaître leur généalogie », affirme-t-il. Dans tous les élevages, l’index des pères a une importance, de même que des conditions d’élevage. La génétique ne s’exprime pas de la même façon, selon qu’un élevage a de bonnes conditions d’élevage ou pas. Si les conditions d’élevage sont défavorables, l’éleveur aura beaucoup plus d’impact en sélectionnant sur les bons critères. « Les résultats sont toujours la combinaison entre niveau génétique et conditions d’élevage », souligne Maxime Poizat. La génomie permet de détecter très vite les tares génétiques. Il suffit d’une prise de sang pour détecter des caractères pénalisants comme l’ataxie. Les chercheurs ont notamment identifié le gène de l’ataxie, du blind, du CDH (Cholestérol Deficiency Haplotype), du jarret inversé, du palais fendu. « Repérer de telles anomalies est un sacré plus. » À l’inverse, on peut aussi détecter des gènes recherchés, comme le sans corne ou le culard. Estimer l’impact économique de chaque caractère La génétique permet d’améliorer le revenu de l’éleveur. Des simulations ont été effectuées pour estimer l’impact économique des différents caractères, afin d’évaluer le gain engendré par l’amélioration du troupeau et de les hiérarchiser. L’éleveur qui améliore de 1 % la fertilité du troupeau verra le nombre de réformes baisser, aura plus de multipares et moins de primipares, moins de vêlages difficiles, moins de génisses de renouvellement, et son coût de reproduction baissera. À l’inverse, le coût de l’alimentation des veaux augmentera, de même que celui des mammites, et les recettes de la vente des vaches de réforme baisseront. « À l’échelle d’un troupeau de 60 vaches, le bénéfice attendu d’un gain de 100 kg de lait est de 920 € par an, celui des cellules de 930 €, celui de la longévité de 840 €. » Le gain économique dû à l’amélioration du troupeau est de 60 € pour 20 points d’Inel par femelle et par an et de 100 € en ISU, indique encore Maxime Poizat. La révolution génomique prend de plus en plus de place. « Nous réfléchissons comment la diffuser le mieux possible. On s’oriente vers une segmentation de notre offre génomique, sur différents critères : durabilité, autonomie, production, sans corne, rouge, etc. Dans une plaquette avec 90 taureaux, l’éleveur a du mal à faire son choix. » Les priorités changent, elles aussi, des critères comme le travail prennent de l’importance, alors que d’autres, comme la matière grasse, évoluent.

Publié le 10/01/2017

L’assemblée générale du Comptoir agricole a permis de faire un focus sur la nouvelle filière du groupe, Comptoir Élevage, et sur l’union Cloé, chargée de la commercialisation des animaux auprès des abatteurs.

« Avant sa liquidation judiciaire, le groupe Copvial avait trois activités : la coopérative, l’abattage (Holtzheim) et la transformation (Reichstett), rappelle Denis Fend, directeur général du Comptoir agricole. Depuis, trois nouveaux intervenants ont pris le relais : Bigard (abattage), Cloé (commercialisation des animaux) et le Comptoir agricole (logistique). » Le groupe Bigard a rapatrié sur le site de Holtzheim les ateliers de découpe qu’il exploitait au marché gare de Strasbourg et à Sélestat. 120 personnes travaillent aujourd’hui sur ce site qui regroupe des unités d’abattage, de viande et de découpe. La charcuterie de Reichstett, quant à elle, a fermé ses portes. La coopérative Copvial comptait auparavant 21 salariés qui s’occupaient de l’organisation de la production, du conseil technique, de l’achat des animaux en élevage et de la logistique. Huit salariés ont rejoint Comptoir Élevage, sept autres travaillant désormais pour Cloé. Les volumes traités s’élèvent à 12 000 bovins et 80 000 porcins. « Comptoir Élevage n’a pas la même ambition que Copvial. Nous n’avons pas de coûts fixes, puisque nous n’avons pas d’abattoir à gérer. Nous nous sommes dotés d’une équipe légère. » Placée sous la responsabilité de Romain Gerussi, elle comprend deux vétérinaires, Marc Peterschmitt et Hugues Lejeune, trois techniciens, Pascal Daul, Maximilien Bradhering et Gabriel Knoerr, ainsi que Sylvie Constantini et Chantal Bapst, chargées de l’administration des ventes. Par ailleurs, Alain Burg, salarié détaché de Cloé, s’occupe de la logistique, du planning et des agrofournitures. Optimiser la collecte et la logistique Bruno Colin, éleveur laitier en Lorraine, a présenté l’union Cloé, dont il est le président. En 2002, deux coopératives spécialisées, CAPV et CAPVL, ont décidé de travailler ensemble pour être plus performantes sur le plan commercial et logistique. En 2008-2009, elles se sont rapprochées des coopératives céréalières, la CAL et Lorca, qui ont créé des sections élevage. À l’origine, elles avaient une activité bovine, porcine et ovine. « Mais nous nous sommes vite rendu compte qu’il fallait se concentrer sur les bovins. », souligne Bruno Colin. Aujourd’hui, Cloé dispose de trois centres d’allotement pour faire le tri des animaux et livrer les abattoirs de Metz (Charal), Verdun (EMC2), Mirecourt (Elivia), Sarrebourg (abattoir multi-espèces de proximité) et Holtzheim (Bigard). « Lorsque nous avons accueilli le Comptoir agricole, il a fallu coordonner les actions commerciales, logistiques, financières, ainsi que la facturation. Les choses se sont mises en place en un temps record. » La première mission de Cloé est commerciale : mettre en marché les animaux collectés par les coopératives de base, CAL Élevage, Lorca Élevage et Comptoir Élevage, dans un contexte de concentration des abatteurs. « Notre préoccupation essentielle, explique Bruno Colin, c’est la couverture des paiements. Nous recherchons la valeur ajoutée, mais nous voulons être sûrs d’être payés. La contractualisation représente 20 à 25 % de notre activité, que ce soit avec le groupe Bigard-Socopa-Charal ou Elivia. Nous avons aussi une activité bio - nous avons été reconnus comme organisation de producteurs bios. C’est le défi de demain de produire pour un marché. » Sur le plan logistique, Cloé assure la gestion et l’organisation des transports. « L’optimisation de la collecte est déterminante. » Le planning est établi en début de semaine mais il évolue constamment : « On travaille avec du vivant. » Cloé emploie un logisticien qui a une vue globale de tous les animaux et un responsable par centre d’allotement. « Nous avons la chance d’avoir un bon maillage territorial. Cela permet de ramasser les animaux pour répondre à la demande des abatteurs, voire d’alloter des broutards pour les mettre à la disposition des éleveurs. » Un petit groupe, de grosses responsabilités Comment se structure l’organisation ? « La relation amont reste du domaine des coopératives de base, qui sont reconnues organisations de producteurs », explique Bruno Colin. L’éleveur est en relation avec sa coopérative de base. L’agent relation élevage remonte le stock à Cloé. « Nous avons une vue d’ensemble sur les trois coopératives, nous savons ce que veulent les abatteurs, nous cherchons à optimiser le flux commercial par rapport à la valeur ajoutée et au flux logistique. » Lorsque les animaux sont collectés, ils sont acheminés à l’abattoir. « Notre priorité, ce sont les acteurs locaux, poursuit Bruno Colin. Nous voulons créer de la valeur ajoutée sur notre secteur. Dans le Grand Est, les capacités d’abattage sont plutôt bien structurées. De ce fait, nous avons une diversité de débouchés qui nous permet d’optimiser les flux commerciaux et de chercher de la valeur ajoutée, comme la filière qualité Carrefour. » Cloé fonctionne avec 29 salariés, une petite équipe par rapport au chiffre d’affaires qui s’élève à 90 millions d’euros (M€). La gouvernance est assurée par un conseil d’administration, avec une demande d’adhésion du Comptoir agricole et de la Coopérative agricole de céréales (CAC). La fonction commerciale est assurée par le directeur (à temps partiel), les fonctions support - informatique, back-office - par les coopératives de base. « L’adaptation produits-marché se fait à travers les coopératives de base. C’est le commerce qui dicte ce que l’on doit faire, en termes de développement technique. » Conclusion de Bruno Colin : « Cloé est un petit groupe qui a de grandes responsabilités, un gros chiffre d’affaires mais un petit résultat. Tout le résultat est reversé aux coopératives de base pour le redistribuer aux éleveurs. »  

Publié le 06/12/2016

Le dépistage des veaux à la naissance vis-à-vis de la BVD se généralise au cours de cet hiver dans tous les élevages. Cette mesure s’inscrit dans le programme d’éradication de la BVD mené par les Groupement de défense sanitaire du Grand Est. Mais des éleveurs dépistent leurs veaux de façon volontaire depuis plus d’un an. Rencontre avec Nicolas Dieterich (EARL du Muhlwald), qui élève 85 vaches limousines à Schweighouse-sur-Thann, et le Dr Boris Dirrenberger, vétérinaire de l’exploitation.

Fin 2014, le Groupement de défense sanitaire (GDS) intervient dans toutes les assemblées générales des syndicats de race pour présenter le dépistage des veaux par la pose d’une troisième boucle. « Sur le coup, je n’en ai pas vu l’intérêt, se rappelle Nicolas Dieterich. Mais à la suite de cette réunion, j’en ai parlé avec d’autres éleveurs allaitants qui avaient subi des pertes importantes lors d’un passage de BVD. Ça m’a fait changer d’avis. » L’éleveur a appelé le GDS qui lui a commandé des boucles de prélèvement. Le dépistage des veaux pouvait commencer. De l’avis du Dr Boris Dirrenberger, vétérinaire, « les cheptels allaitants ont souvent des vêlages groupés sur l’année et peuvent subir des pertes importantes. Il suffit que le virus circule au mauvais moment dans l’année et les IPI peuvent être nombreux parmi les veaux. » (lire en encadré).   Quels risques de contamination pour le cheptel ? Nicolas Dieterich a conscience de l’enjeu du sanitaire. Les achats sont limités : en fonction des besoins un taureau est introduit l’été quand le bâtiment est vide, le temps de faire les prises de sang d’introduction avant de le mettre avec les femelles. La bétaillère est prêtée à un autre éleveur avec des règles claires : prendre le matériel propre - le ramener propre. Mais Nicolas Dieterich l’avoue, les risques liés aux voisins de parc sont difficiles à maîtriser : « Les pâtures des génisses sont autour de mon bâtiment, j’aime les avoir à l’œil. Par contre j’ai des pâtures jusqu’à 45 km de l’exploitation : c’est impossible de maîtriser le risque lié au voisinage dans ces conditions, sans parler des parcs laissés ouverts par les promeneurs et les cueilleurs de champignons… Il y a trois ans, avec mon vétérinaire, nous avons mis en place un protocole de vaccination de toutes les femelles reproductrices. » Les contacts directs entre bovins sont effectivement les principales sources de contamination d’un troupeau, explique le Dr Boris Dirrenberger. À ce titre, les introductions d’animaux sont des voies de contamination importantes. « Les éleveurs ont souvent le réflexe d’isoler le taureau qu’ils ont acheté. Par contre les veaux à faire adopter en cas de mort d’un veau ou l’introduction de vaches nourrices ne sont souvent pas bien maîtrisés, voire ne représentent pas un danger aux yeux de l’éleveur, précise le vétérinaire. Le risque de contamination en pâture est également difficilement maîtrisable. Lorsque les risques de contamination sont importants ou ne peuvent être maîtrisés, nous recommandons aux éleveurs de vacciner les mères. Dans notre secteur, où les pâtures sont omniprésentes, nous avons fortement encouragé à vacciner les animaux reproducteurs. » Quel bilan après un an et demi de bouclage ? « Le premier bilan, et c’est le plus important, c’est que nous n’avons pas trouvé d’animal positif », constate Nicolas Dieterich. Les vêlages ont lieu en bâtiment. Les veaux sont isolés dans un box derrière les vaches : de bonnes conditions pour boucler sans risque. Les choses vont être simplifiées, explique Nicolas Dieterich : « Depuis un an et demi, je pose une troisième boucle qui permet de faire le prélèvement. J’ai passé ma commande de boucles identification et avec les nouvelles, une des deux boucles d’identification sera préleveuse » (lire en encadré). Mais l’éleveur regrette qu’il n’y ait « pas eu de plus-value pour les veaux bouclés. Les marchands n’ont pas joué le jeu, et ce n’est pas normal. C’est quand même une sécurité pour un acheteur, marchand ou éleveur, d’avoir des animaux non IPI. » Quelle vision du programme d’éradication ? Pour Nicolas Dieterich, le bouclage est à la portée de n’importe quel éleveur. Il y aura des retombées économiques pour les élevages. Avec l’éradication de la BVD, les pertes sanitaires diminueront. Mais pour l’éleveur, il y aura aussi des difficultés : « Il y aura certainement des éleveurs qui ne feront pas les choses correctement. Il faudra des sanctions pour ces gens-là. On ne va pas tolérer d’avoir quelques rebelles qui ne veulent pas entrer dans la démarche. Il faut que ce soit tout le monde ou personne. » Pour le Dr Boris Dirrenberger, il faudra effectivement « entretenir et imposer un « élan collectif » » des éleveurs qui vont devoir boucler pendant quatre ans. Mais il ne faut pas s’y tromper, le chantier est grand : « Une éradication n’est possible qu’en dépistant dans tous les troupeaux, en assainissant les cheptels infectés et en maîtrisant les risques de contamination. L’adhésion de tous les éleveurs est indispensable et des moyens réglementaires seront nécessaires pour contraindre les derniers récalcitrants. Tant que la zone ne sera pas considérée comme assainie et que les risques ne seront pas maîtrisés, la vaccination restera utile. »

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