bovins viande

Publié le 03/03/2017

Lundi 20 février, quelques jours avant le Salon international de l’agriculture où la Fédération nationale bovine et les grandes enseignes devaient lancer une campagne de publicité sur la stratégie Cœur de gamme, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin ont organisé une réunion de la section bovine.

Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, s’est dit très heureux d’introduire Philippe Boehmler, en tant que nouveau président de la section bovine. Le nouveau responsable a remercié Dominique Daul pour son action toujours menée dans le but de défendre l’élevage bovin que ce soit au niveau local ou national. En étroite collaboration avec la section bovine des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, présidée par Julien Jacob, Philippe Boehmler s’attachera à réunir les éleveurs suite à la réorganisation de la section et à apporter des informations sur les dossiers syndicaux en cours. L’ensemble des acteurs représentés Dans cette nouvelle organisation, Philippe Boehmler ne sera pas seul : il constituera un bureau dans lequel les engraisseurs spécialisés et les producteurs laitiers seront représentés. « Dans ce bureau, tous les modes de commercialisation devront également être représentés », a ajouté le responsable de la section. Ainsi des éleveurs travaillant avec la coopération, les entreprises privées ou ceux pratiquant la vente directe auront leur place. Thomas Urban, membre du bureau de l’Apal, représentera les acheteurs privés dans ce groupe. Bruno Dufayet, élu président de la FNB Suite au congrès de la Fédération nationale bovine (FNB) à Nevers les 1er et 2 février derniers, Philippe Boehmler a été élu au conseil d’administration de la FNB. Les autres membres régionaux présents au conseil ont également souhaité qu’il représente l’Alsace au bureau de la FNB. « La place qui est réservée à l’Alsace au bureau de la FNB sera conservée, ce qui est primordial pour être au cœur des discussions et défendre notre modèle au niveau national », a estimé Franck Sander. Suite à la réélection du bureau de la FNB, de nombreux changements ont eu lieu et c’est Bruno Dufayet, éleveur dans le Cantal qui a été élu nouveau président de la FNB, succédant à Jean-Pierre Fleury. Lors de ce congrès, plusieurs axes de travail ont été définis. Le premier vise l’évolution du système et l’amélioration des connaissances sur la volonté des entreprises à participer au développement à l’export. Le but étant de miser sur l’adéquation entre les systèmes de production et la demande des consommateurs sur un endroit donné. Par rapport à l’export, la FNB n’exclut pas l’embauche de commerciaux. Le second axe développé concerne les attentes sociétales. Ce sujet, très médiatique, doit être pris en main par la filière. Il s’agit pour la FNB d’être acteur plutôt que spectateur, c’est-à-dire de mettre en avant ses atouts dans une démarche de progrès par des vidéos et relais dans les médias et réseaux sociaux. Le dernier axe consiste à développer des dispositifs de communication et de pression syndicale sur la grande distribution sur le dispositif Cœur de gamme. Philippe Boehmler reviendra plus longuement sur la marque « Éleveur et engagé ». Le haché tire le marché Concernant la conjoncture, que ce soit en jeunes bovins ou en vaches, les cours ont stagné à bas niveau toute l’année. Pourtant, on peut noter une diminution des importations françaises de viande bovine au cours de l’année 2016 (aux alentours de 25 000 tonnes équivalent-carcasse) et une consommation qui s’érode assez lentement avec le haché qui tire le marché. Face à cela, les cours ne remontent pas comme espéré car les réformes laitières sont toujours aussi nombreuses. Les premières assises régionales pour le développement des filières et des marchés alimentaires dans la région Grand Est ont permis de dresser un état des lieux des tendances de production et de consommation, l’objectif étant d’axer des politiques de soutien et de développement. Les tendances de consommation ont fortement évolué ces dernières décennies en se tournant vers plus de préparations hachées (voir graphique ci-dessous). En une dizaine d’années, la part du haché dans les ménages français est passée de 37 à 42 % de tous les achats de viande bovine par les ménages. Les consommateurs se tournent de plus en plus vers la Restauration hors domicile qui domine les imports de viande d’origine étrangère. De plus, lorsqu’on analyse le bilan entre production et consommation viande bovine, on s’aperçoit que l’offre régionale n’est pas en adéquation avec la demande. Il manque par exemple 30 000 Téc de veau qui est importé d’ailleurs. Selon Philippe Boehmler, « ce travail sur l’adéquation entre l’offre et la demande est primordial ». Suite à cette journée, de nombreuses opportunités pour la filière ont été définies. Il s’agit de « s’adapter aux nouveaux modes de consommation », a souligné Julien Jacob. Le développement du marketing sur des produits à base de viande bovine en snacking pourrait être une voie à explorer. « Nous sommes à la première page du livre et le reste est à écrire », a conclu un agriculteur présent.

Publié le 28/02/2017

Dans cette période économique compliquée, il est essentiel de travailler ensemble et de viser une activité sanitaire exemplaire. C’est le message du groupement de défense sanitaire qui œuvre désormais collectivement au sein de la région Grand Est.

Les éleveurs se sont retrouvés mardi 21 février lors de l’assemblée générale du Groupement de défense sanitaire (GDS) Alsace sous la présidence de Patrick Bastian. Sans langue de bois, ce dernier a tout d’abord dressé le bilan de l’année écoulée. « Elle va nous marquer pendant longtemps. Il faut espérer que 2017 sera plus positive. Je pense au prix du lait qui a commencé à remonter et qui doit le faire encore davantage. Je pense à la viande. Depuis tant d’années, nous connaissons des prix bas. Et il y a peu d’espoir pour que cela s’améliore. Je pense aux céréales. Du jamais vu avec des semis compliqués, des récoltes difficiles, des rendements mauvais et une météo capricieuse. Dans ces conditions, il n’est malheureusement pas étonnant qu’autant d’exploitants agricoles fassent appel à la Chambre d'agriculture d’Alsace pour tenter de trouver une solution à leur situation économique », explique Patrick Bastian. Il fait le constat que, dans le même temps, la politique agricole gouvernementale est illisible et incompréhensible. Elle manque d’ambition. Et, à ces difficultés, s’ajoutent les actions médiatiques de lobbys anti-agricoles. « Ces films chocs font très mal aux éleveurs et à la profession agricole en général. Que l’on ne veuille pas manger de viande par choix personnel est respectable. Mais que l’on cherche à imposer cela à la société est inacceptable. Il y a des limites que ne connaissent pas certains médias qui cherchent à faire de l’audimat. Mais ces images font mal aux éleveurs qui cherchent à travailler le mieux possible et à vivre de leurs produits », s’agace Patrick Bastian. Le président du GDS Alsace n’a cependant pas éludé les difficultés internes à la profession. À commencer par le dépôt de bilan de Copvial. « Cela a posé des problèmes, il ne faut pas le cacher. Ce qui s’est passé a été un choc pour tout le monde. Je pense en premier en lieu aux employés et aux agriculteurs utilisateurs. Une solution acceptable a été trouvée pour l’abattoir et pour les éleveurs », ajoute Patrick Bastian. L’association sanitaire régionale Grand Est Patrick Bastian s’interroge également sur les épisodes répétés de grippe aviaire. Néanmoins, il trouve des raisons d’espérer pour l’avenir. De plus en plus de jeunes s’installent ou ont des projets pertinents. En tout, plus de 1 000 dossiers sur tout le Grand Est. Et l’action sanitaire poursuit son évolution dans une action commune sur toute la région. « Nous avions déjà un programme sanitaire en Alsace. Nous appliquons ce qui marche à l’ensemble de la nouvelle grande région. Depuis quelques semaines, l’Association sanitaire régionale (ASR) Grand Est regroupe le GDS Grand Est avec les trois Fredon d’Alsace, de Lorraine et de Champagne-Ardennes. C’est la structure régionale de la gouvernance sanitaire. L’ASR est chargée d’élaborer, de soumettre à l’approbation de l’autorité administrative, un Schéma régional des dangers sanitaires (SRMDS) et d’en coordonner sa mise en œuvre. Par ailleurs, elle est chargée d’élaborer les programmes volontaires collectifs de prévention, de surveillance et de lutte contre certains dangers sanitaires comme la BVD », précise Patrick Bastian. Précisément, le plan de lutte contre la BDV est particulièrement efficace. Tous les départements de la région Grand Est s’impliquent pour cette éradication qui prendra encore quelques années. La lutte contre l’IBR affiche le même pragmatisme. « On arrive au terme et il convient de trouver des solutions acceptables pour les cas qui restent. Quoi qu’il en soit, il faut séparer les cas positifs de ceux qui ne le sont pas. Et, surtout, s’en donner les moyens, partout. » La tuberculose pose davantage de difficultés. La maladie progresse, notamment dans les Ardennes. « Il faut donc mettre un budget conséquent pour la maîtriser le mieux possible et être solidaire entre les départements. » Enfin, pour la FCO, il faut s’interroger sur la pertinence de vacciner ou pas les animaux, sachant que l’été va arriver et, avec lui, les transports et les déplacements d’animaux. Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de cas dans le Haut-Rhin. Qui finance quoi ? L’assemblée générale a par ailleurs été l'occasion de se pencher sur les conséquences de la loi NOTRe avec la suppression de clauses de compétences générales pour les Départements. « À l’heure actuelle, nous ne savons toujours pas qui finance quoi. Cela pose un problème pour le financement des GDS. Pour ces derniers, ces financements servent à lutter contre les maladies. C’est donc de l’investissement. Mais qu’en est-il du financement des personnels ? Qu’est-il prévu ? Il est désormais temps de savoir. Les Départements affichent leur volonté de continuer à financer la lutte contre le risque sanitaire s’ils obtiennent des moyens supplémentaires de l’État. Nous espérons que les réunions prévues au mois de mars permettront de débloquer la situation et d’en savoir davantage », conclut Patrick Bastian. Un tour des activités du GDS Alsace a permis de constater une baisse du nombre d'élevages bovins actifs dans la région. Le 30 septembre 2016, il y en avait encore 2 193, contre 3 000 en 2006. En revanche, l’effectif moyen poursuit sa hausse : 172 337 bovins en 2016, contre 167 249 en 2014 et 163 936 en 2006. Par ailleurs, 805 exploitations avaient un cheptel qui dépassait les 80 bêtes et 785 en avaient entre 1 et 20, 339 entre 41 et 80 et 262 entre 21 et 40. La race holstein était la plus représentée (76 993) devant la charolaise (31 249), et la montbéliarde (19 145). Concernant la charte des bonnes pratiques d’élevage, les taux d’adhésion en Alsace sont en forte hausse. Les principales marges de progrès observées dans les cheptels concernent la présence du document unique de prévention des risques, la bonne tenue du carnet sanitaire et la présence d’un bilan sanitaire, d’un protocole de soin ou la conservation des ordonnances. En fin de réunion, Isabelle Tourette, vétérinaire conseil à GDS France, et Thiébaut Fritsch, vétérinaire praticien, sont intervenus sur le thème du bon usage des antibiotiques et des enjeux sur la santé publique. C’est ensuite le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Laurent Wendlinger, qui a clôturé la journée. « Le risque sanitaire est l’épée de Damoclès qui plane sur nos têtes et qui s’ajoute aux difficultés actuelles. Après une année 2016 très difficile, nous cherchons tous à rebondir. La Chambre d'agriculture d’Alsace est là pour accompagner les exploitants agricoles en difficulté. La cellule Réagir est malheureusement victime de son succès. Il faut cependant profiter de ce moment pour préparer demain. Cela passe par la recherche de l’innovation et de la compétitivité. Il faut tendre vers un projet agricole Grand Est ambitieux et volontariste. Il faut créer de la valeur ajoutée, rechercher la compétitivité et l’innovation sur l’ensemble de la chaîne. Il faut continuer à travailler pour renouveler les générations et consolider nos systèmes de production. L’élevage alsacien est divers et complémentaire avec sa filière viande, laitière, sa production de montagne et de plaine. Il faut des projets dynamiques, croire en l’avenir, et continuer à œuvrer pour dynamiser ces filières agricoles tout en s’adaptant aux enjeux sociétaux. Nous avons des outils pour y parvenir et nous le ferons en communiquant davantage, notamment avec l’arrivée d’une attachée en communication. Il est important d’être présents sur les canaux de communication et de répondre à nos détracteurs. Pour le GDS, nous devons continuer à œuvrer tous ensemble au niveau du Grand Est pour la recherche de l’excellence sanitaire. »

Publié le 11/02/2017

Éveline et Michel Hazemann reçoivent sur rendez-vous dans leur ferme-auberge des Hauts-Bois à Ranrupt quiconque souhaite venir se mettre au vert, et déguster de la viande salers bio. Dont voici le schéma de sélection.

L’assemblée générale des éleveurs de race salers se tenait lundi 6 février chez Évelyne Hazemann à Ranrupt, en présence de Sébastien Stoessel, président du service élevage, Nicolas Fady, président du Syndicat des éleveurs alsaciens de la race salers, des techniciens venus tout droit du Cantal, Pierre Laceppe, technicien au herd-book, de Vincent Gaillard, de l’ULC, entreprise de sélection de la race salers à Aurillac, du président du herd-book salers, M. Duffayet, et du vice-président, Géraud Trin. 45 reproductrices, vente directe et ferme-auberge Nous reviendrons ultérieurement sur la partie statutaire, mais voici un petit descriptif du schéma de sélection de cet élevage de salers dans cette ferme-auberge des Hauts-Bois, située dans un havre de verdure, au pied du Champ du Feu, sur le versant ouest du massif, où Éveline et son époux, Michel, accueillent sur rendez-vous les agrotouristes. L’exploitation de la ferme-auberge compte 45 reproductrices salers, quelques highlands, pour une SAU de 110 hectares. Pour en arriver là, Évelyne et Michel Hazemann sont allés chercher des reproductrices en Auvergne en 2006. Coup dur ! Ils perdent subitement 22 vaches, frappées de fièvre et d’atrophie des poumons, maladie jusqu’alors inconnue sur le massif vosgien. Ils trouvent finalement le traitement approprié et l’épreuve ne les entrave pas dans leur volonté de poursuivre avec cette race mixte, réputée pour sa qualité bouchère, et sa facilité à vêler. Aujourd’hui, tandis que quelques femelles sont écoulées en vente directe, les mâles sont vendus dans la plaine d’Alsace, via le Comptoir agricole, comme broutard à l’âge de 10 mois pour l’engraissement. Quant au reste des femelles, il est destiné au renouvellement du cheptel. La viande salers bio, dont le persillé est particulièrement apprécié des amateurs, peut être dégustée sur place à la ferme-auberge. Éveline Hazemann accueille sur rendez-vous. « Améliorer la base de l’élevage » Évelyne et Michel Hazemann ont fait le choix d’améliorer les performances de leur élevage avec un reproducteur sélectionné au Domaine du Fau, berceau de la race, à Saint Bonnet de Salers dans le Cantal. « Dans cet élevage, on travaille à la sélection de vaches plutôt épaisses sur le dessus, dont les morceaux sont recherchés en boucherie », introduit le technicien, Pierre Laccepe. Le taureau du cheptel est un fils d’Halley. « Né en mai 2015, il possède un bon GMQ avec 305 kg à 210 jours. Il va améliorer la base de l’élevage. Bien pointé, avec de grosses épaules, mais pas très soudées, il possède néanmoins un bon développement, noté 7 à 8, un bon bassin, de bons aplombs. » Pierre Laccepe l'a conseillé à l’élevage Hazemann en raison notamment de sa bonne profondeur et bonne largeur de poitrine, conférant une bonne aptitude à valoriser les fourrages grossiers. En bio, les Hazemann nourrissent 100 % de leur cheptel en foin, regain et enrubanné. « Nous travaillons beaucoup à sélectionner des taureaux calmes, c’est un caractère important, vu que les cheptels s’agrandissent », ajoute Pierre Laccepe. Avoir des garanties de fiabilité sur les performances Pour compléter leur sélection, Éveline et Michel Hazemann ont également recours à l’insémination, avec des reproducteurs tels Icare. Sont également proposés au herd-book des taureaux comme Baron ou Beguin : « Ils font partie des taureaux qui améliorent la race et offrent des garanties de fiabilité sur les performances des produits à venir. Baron est un taureau complet, avec de bons indices de croissance et un bon développement musculaire. Beguin, c’est le taureau qui apporte le plus de lait sur les filles qui produisent », explique Vincent Gaillard.

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