bovins viande

Eurogénétique à Épinal. Concours de la race montbéliarde

Java, championne Espoir

Publié le 14/04/2017

Le challenge de l’école des jeunes d’Eurogénétique a connu un véritable succès et un concours de qualité. Peu avant, l’Esat du Sonnenhof à Bischwiller a remporté avec sa vache Java, le titre de championne Espoir du concours de la race montbéliarde.

La dernière journée d’Eurogénétique, samedi 8 avril, a été consacrée au concours montbéliard, au challenge de l’école des jeunes et enfin au concours de la race vosgienne (lire ci-dessous). Pour le concours montbéliard regroupant de superbes animaux, cinq vaches haut-rhinoises issues de quatre élevages avaient fait le déplacement. Impériale (Urocher x Papayou), de Serge Stimpfling à Aspach, a fait sixième sur huit en catégorie Espoir, vaches en première lactation. Dans la catégorie jeunes vaches, Holly (Ulemo x Tonnage), de l’EARL Hatstatt de Muespach, a terminé cinquième de section. Horloge (Afene x Piazzetta), de l’EARL Peter de Saint-Bernard, s’est placée sixième et Girolle (Vercel x Ugostar), du Gaec du Blochmont, septième. Enfin dans la catégorie vaches adultes, Georgette (Urbaniste x Oxalin), également de l’EARL Peter, en quatrième lactation, a fini quatrième de sa section. Mais, la grande performance est venue de l’Esat du Sonnenhof à Bischwiller dans le Bas-Rhin, dont quatre vaches concouraient : Java (Fusionnel x Haida), Josée (Goldoni x Banane), Huitre (Ulcoto x Darcy), Haida (Urbaniste x Venus). Java, présentée par Jean-Marie Schoenel, a été désignée championne Espoir. Née le 2 juillet 2014, elle a vêlé pour la première fois le 1er mars 2017. « C’est effectivement une belle vache. Et nos jeunes s’en occupent très bien. L’Esat du Sonnenhof, dont je suis responsable de l’exploitation, a vocation d’accompagner les jeunes dans le monde agricole et de leur trouver un travail. En attendant, ils sont chez nous et participent, au quotidien, à la vie de l’exploitation. La fondation date de 1876 et l’Esat fête cette année son quarantième anniversaire. Nous sommes là dans une belle lignée puisque la mère de Java a été championne à deux reprises à Paris. Et Java est sa première fille », précise Jean-Marie Schoenel.

Organisme de sélection de la race bovine vosgienne

Des éleveurs pleins d’enthousiasme

Publié le 10/04/2017

Nombre de vaches femelles et d’adhérents en hausse, progrès génétiques salués, lancement réussi du fromage Cœur de massif : l’Organisme de sélection de la race bovine vosgienne a vécu une année 2016 très positive. Un dynamisme qui devrait se poursuivre via la valorisation de nouvelles filières viande.

Les éleveurs de vaches vosgiennes peuvent être enthousiastes. Lors de sa dernière assemblée générale, l’Organisme de sélection (OS) de la race a fait état d’un bilan flatteur pour 2016 : 320 animaux de race pure en une année, le nombre d’adhérents qui continue d’augmenter (193 contre 186 en 2015) ou encore le fromage Cœur de Massif qui a su trouver son public. Comme le souligne le président de l’OS, Florent Campello, ce produit « rayonne » et « surprend » au niveau local et national comme il a pu le constater lors du Salon international de l’agriculture (SIA) à Paris. « Grâce à lui, nous maintenons la rusticité de notre race et la modernité de notre travail », se félicite-t-il. Chez les éleveurs qui se sont lancés dans cette aventure, les retours sont très bons. Lionel Vaxelaire en produit une fois par semaine. Il n’a aucun stock. « Il y a une forte demande suite au SIA. C’est un beau produit qui plaît beaucoup. » Même constat chez Christian Ancel, du Gaec des Hautes Huttes. Il a fabriqué 3 000 kg de Cœur de massif depuis avril 2016. « C’est une plus-value importante pour mon exploitation », se réjouit-il aujourd’hui. Au 31 décembre 2016, 21 éleveurs de vosgiennes s’étaient formés à la création de ce fromage. Quatorze sont dans la production opérationnelle, dont trois au sein de la Fromagerie de la vallée de Munster. « Le fromage est tellement apprécié des consommateurs que les caves d’affinage sont vides. La demande est clairement supérieure à l’offre. Pour le moment, on ne peut pas donner suite au marché national. Les nouveaux producteurs sont donc les bienvenus », souligne Laurine Spieser, chargée de mission circuits courts et valorisation au sein de l’OS. Un « modèle » pour les autres races Il semble loin le temps où la vosgienne était au bord du déclin. Aujourd’hui, elle est en passe de devenir un « modèle » pour les autres races en matière de génétique. « Grâce à un budget en hausse, nous sommes plus précis sur les valeurs de nos animaux. Nous connaissons en ce moment même un véritable bond en avant avec la génomique. Tout cela profite à l’ensemble de nos éleveurs et de nos exploitations. » Avec la génétique, l’OS vosgienne travaille quotidiennement pour apporter des solutions aux éleveurs. « C’est essentiel pour nous faire vivre et faire vivre les générations futures. » Et c’est bien loin d’être fini. Avec l’entrée en vigueur du Règlement zootechnique européen (RZE) le 1er novembre 2018 (lire en encadré), le travail de l’OS va considérablement évoluer et place la race vosgienne au « Cœur » de son système génétique. « Ce règlement va fondamentalement changer le cours de notre histoire. L’éleveur sera au cœur de ce changement. C’est lui qui sera le maître de l’avenir de sa race. Car seuls ceux qui touchent physiquement la vosgienne savent ce qu’il lui faut pour son avenir. » Un grain de viande « unique » À commencer par une filière bouchère qui a de nouvelles perspectives devant elle par le biais de Charal. En 2016, 50 animaux ont été commercialisés par ce biais via Bresson Viandes. En 2017, la collecte sera élargie via Gasparini, Haute-Saône Bétail, Ueberschlag et Socobeval. Les animaux sont abattus à Metz. « Grâce à cette filière courte qui se met en place, nous bénéficions d’une nouvelle possibilité de valoriser notre travail, avec une plus-value intéressante de 8 centimes le kg de carcasse pour les éleveurs », développe Florent Campello. De quoi confirmer les bons retours observés lors du dernier SIA. Pour la première fois, les éleveurs de vosgiennes y ont emmené des animaux allaitants. « Cela s’est très bien passé et prouve que notre race a largement sa place dans cette catégorie. » Et ce n’est pas fini. La commission valorisation a repris en main le projet de filière « veau de lait » évoqué en 2014. L’idée est simple : valoriser une viande qui « se finit bien » tout en promouvant la race vosgienne dans sa mixité. « C’est un grain de viande unique qui a déjà été repéré par certains consommateurs. À terme, ce serait une nouvelle plus-value pour les éleveurs, et un nouvel ambassadeur de la marque « Race bovine vosgienne ». » L’enthousiasme « vosgienne », a encore de beaux jours devant lui.

Syndicat de la simmental française d’Alsace

« Une race stratégique »

Publié le 09/04/2017

Malgré la fin des quotas laitiers, les races mixtes ont toute leur place dans le paysage laitier européen. C’est le message qu’a fait passer le président du syndicat de la simmental française d’Alsace, Jean Bernhard, lors de l’assemblée générale qui s’est tenue mercredi 22 mars à Rœschwoog.

Dressant le bilan de l’année laitière 2016, marquée par des stocks fourragers et des prix du lait faibles, Jean Bernhard a fait un sombre constat : « Les bonnes années se font rares et les mauvaises années s’accumulent. S’installer, investir, se développer ne doivent plus se faire à la légère et méritent une réflexion de fond. » À ces difficultés s’ajoute la pression de la grande distribution, dont « les exigences sont souvent beaucoup plus sévères que la réglementation », et dont le seul but est de prendre des parts de marchés à ses concurrents. « Nous avons connu une forte baisse de la production, du fait du fourrage de mauvaise qualité, poursuit Jean Bernhard. Dans le nord de l’Europe, de nombreux éleveurs ont jeté l’éponge car ils n’avaient plus les moyens d’acheter des concentrés. » Dès que les prix sont remontés, les Allemands ont augmenté leur production, entraînant une nouvelle chute des cours. Nombre d’exploitations ont doublé, voire triplé, leur production depuis la fin des quotas, car ils n’avaient aucune contrainte de livraison, et cela a déséquilibré le marché. Mais la situation pourrait évoluer, explique le président de la race simmental : « Je reviens d’un forum en Allemagne : ce pays a enfin compris que la contractualisation à la française est la seule solution viable ». À la sortie des quotas, tout le monde pensait que les races mixtes allaient disparaître. « Deux ans plus tard, les instituts spécialisés pensent que l’avenir sera plutôt aux races mixtes », se réjouit Jean Bernhard. La race simmental a d’énormes capacités, souvent méconnues : une bonne production de lait, des taux intéressants, une viande de qualité. De plus, elle présente une belle longévité : « Elle peut faire quatre, cinq, voire huit veaux. » Certains signes ne trompent pas : elle est de plus en plus demandée - « Les éleveurs qui ont appris à la connaître l’apprécient beaucoup » - et de nombreux acteurs de la génétique s’y intéressent. « Ils ont compris que la simmental est une race stratégique. » Claude Ettlinger, technicien d’Élitest, a présenté le rapport d’activité et le rapport financier du syndicat. Au chapitre élections, Daniel Hertzog, Michel Fichter et Thierry Marx ont été réélus au conseil d’administration. Jeanine Holtzer n’ayant pas souhaité se représenter, c’est Arnaud Hatt de Wickersheim qui a été désigné pour la remplacer. 6 970 litres de lait à 7 % en moyenne Présenté par Annabelle Ragot, du service élevage de la Chambre d'agriculture d’Alsace, le bilan de synthèse rassemble les données de dix élevages bas-rhinois en race pure. L’effectif moyen est en augmentation, à 65 vaches. « Il y a moins d’éleveurs, mais plus de bovins, ce qui reflète la restructuration en cours. » En moyenne, une vache a 2,8 veaux en lactation, ce qui confirme la rusticité de la race. Le pourcentage de primipares s’élève à 29,4 %. « Pour une bonne longévité, le taux de renouvellement ne doit pas être trop élevé. » En baisse de 192 l, la production de lait brut s’établit à 6 471 par vache. Les taux sont bons, ce qui donne une moyenne de 6 970 l/vache de lait à 7 %. Les vaches simmental bas-rhinoises obtiennent de bons résultats cellulaires, « meilleurs que pour les autres races. Mais cela reste un sujet de préoccupation pour les industriels. » Les intervalles vêlage-vêlage sont de 393 jours. « C’est l’un des points forts de la race, connue pour sa fertilité. » L’âge au premier vêlage est de 33,1 mois. « Les génisses vêlent avec un mois de moins. Ce critère s’améliore, je m’en réjouis. » L'assemblée générale du syndicat de la simmental d'Alsace s'est poursuivie par une visite de la nouvelle étable de l'élevage Cousandier à Roeschwoog.

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