bovins viande

Concours départementaux interraces

Esprit de compétition

Publié le 19/05/2017

Ce week-end, le plan d’eau de Brumath est à nouveau le point de ralliement de l’élevage alsacien. Cette grande manifestation, qui illustre la vitalité et le dynamisme de l’élevage, sera l’occasion de présenter la richesse génétique des différentes races et de communiquer sur le métier d’éleveur et le bien-être animal.

Dimanche matin au plan d’eau de Brumath, une quarantaine de génisses et de vaches simmental défileront dans le ring, sous l’œil expert d’un juge allemand, Eckard Sperr. L’après-midi, ce sera au tour des prim’holstein de se donner en spectacle. Près d’une centaine de génisses sont inscrites au catalogue. 70 d’entre elles devraient participer au concours qui débutera à 13 heures. Un nombre de participants record pour une confrontation qui se veut interdépartementale : des éleveurs haut-rhinois et mosellans se joindront en effet à leurs collègues bas-rhinois, ce qui rehaussera à coup sûr l’intérêt de cette compétition. C’est Alban Varnier, du Gaec de la Coumière à Effincourt (Haute-Marne), qui les départagera. « C’est l’un des élevages que nous avons visités lors du voyage d’étude organisé par le syndicat prim’holstein en novembre 2016 », explique Jean-François Dintinger. « C’est la première fois que les éleveurs mosellans participent à notre concours, poursuit le président du syndicat prim’holstein. Nous en avons discuté avec le syndicat de ce département et nous avons trouvé un accord. Les éleveurs mosellans présenteront des génisses au Festival de l’élevage à Brumath. Quant à nous, nous irons à Metz pour présenter des vaches bas-rhinoises au salon Agrimax, en octobre prochain. Plutôt que de rester chacun dans son coin, comme c’est le cas dans certains départements, nous souhaitons nous ouvrir aux départements voisins, pour créer une réelle émulation. Vingt animaux en provenance des élevages haut-rhinois sont également inscrits. Par contre, nous n’irons pas au concours de Habsheim, cette année. Le hasard du calendrier fait qu’Agrimax a lieu le même week-end que la Foire Simon et Jude. De plus, les éleveurs haut-rhinois souhaitaient revenir à un concours départemental, un an sur deux. » La grande absente de cette journée sera la race montbéliarde. Pour des raisons sanitaires, l’Esat du Sonnenhof, qui avait annoncé quatre animaux, a dû renoncer à y participer, alors qu’il se faisait un point d’honneur de représenter la race durant les éditions précédentes. Les enfants et leur veau Après le concours, viendra la séquence, toujours plébiscitée par le public, de la présentation des veaux par les enfants. Les éleveurs semblent eux aussi apprécier l’exercice, puisque huit groupes d’enfants feront leur show, sous le regard bienveillant de Rémy Bierbaum, technicien à Élitest. Les familles Schoenel de Bischwiller, Wilt de Dachstein, Wendling de Dauendorf, Muller de Hirschland, Schwartz de Hochstett, Braun de Hoffen, Fritsch de Mittelhausen et Bernhard de Wœrth s’entraînent assidûment pour épater les spectateurs. Nul doute qu’ils rivaliseront une nouvelle fois d’imagination pour nous attendrir et nous faire rire… En fin d’après-midi, charolaises et limousines entreront dans le ring pour une présentation des races allaitantes. Jacques Ernwein d’Oberhausbergen présentera une vache charolaise, tandis que Joseph Steinmetz de Berstheim exhibera deux vaches et un veau limousins. Les chevaux seront eux aussi de la partie. Deux représentants de la race ardennaise, Dynastie du Vallon et son poulain Hirondelle du Bassin seront conduits par Jean-Luc Ernwein de Gottesheim. Claude Baumer, technicien Élitest, de Kleinfrankenheim, présentera Ronja, un spécimen de la race schwarzwälder et Jacques Ernwein d’Oberhausbergen défilera avec Sabine et son poulain Hélioth, des poneys fjord.

Publié le 19/05/2017

Samedi 20 mai matin : arrivée des animaux 12 h : repas sur place 16 h : inscription pour le concours de pointage des animaux (Jeunes Agriculteurs) 17 h : début du concours de pointage 19 h : concours de clippage 21 h : concours de présentation (ouvert à tous les jeunes) 21 h 30 : soirée « Vache’ment jeune » 22 h : remise des prix Dimanche 21 mai 10 h : concours et championnat simmental 10 h 30 : opération Made in Viande (rencontre des professionnels de la viande bovine) organisée par Interbev Alsace 12 h : inauguration du festival de l’élevage repas sur place 13 h : concours interdépartemental génisses et championnat prim’holstein 15 h 30 : présentation des veaux par les enfants 16 h : démonstration de tonte de moutons 16 h 30 : présentation des races bovines allaitantes 17 h : présentation des chevaux en soirée : dégustation de tartes flambées Pendant tout le festival, restauration et buvette.

Récolte des fourrages 2016

Les effets en chaîne d’un printemps pourri

Publié le 05/05/2017

Les mauvaises conditions météo du printemps 2016 ont durement affecté la qualité des fourrages récoltés. Dans les élevages laitiers, les effets se sont fait sentir pendant tout l’hiver.

« Ceux qui ont réalisé leurs premières coupes avant le 8 mai ont obtenu des fourrages de bonne qualité. Après, les valeurs ont énormément chuté », explique Philippe Le Stanguennec, technicien à Alsace Conseil Élevage, en évoquant la récolte des fourrages 2016 dans les élevages laitiers. Les premières coupes réalisées après le 8 mai et les secondes coupes effectuées cinq semaines après une première coupe précoce ont souffert des mêmes problèmes : l’herbe a été récoltée à un stade jeune après avoir poussé en période humide et sans soleil. Résultat : des valeurs fourragères médiocres proches de 0,8 UFL et autour de 65-70 PDI. Les éleveurs ont récolté beaucoup plus de tiges que de feuilles car l’herbe n’a pas correctement tallé, explique le technicien. Pour les coupes suivantes, la situation n’a pas été forcément meilleure. « Le foin réalisé à la toute fin juin et début juillet n’a pas bien séché, il aurait mieux valu attendre huit jours de plus pour récolter. En appétence et en conservation, ça allait encore, mais la valeur fourragère était vraiment médiocre. » Du correcteur azoté en plus Chez les éleveurs laitiers bio, qui nourrissent leur troupeau principalement à l’herbe, la situation a été encore plus durement ressentie que chez les éleveurs conventionnels. Philippe Le Stanguennec ne manque pas d’exemples pour montrer les conséquences en production de cette situation. Dans un élevage bio qu’il suit techniquement, la moyenne de production par vache, qui était de 26 kg en avril 2016, a chuté à 23,8 kg le mois suivant. « Et quand l’éleveur a complémenté avec la deuxième coupe début juillet, il est descendu à 21,5 kg car la deuxième coupe était encore plus mauvaise que la première. Il est même descendu à moins de 20 kg à un moment donné, ce qui ne lui était jamais arrivé ». Il lui a fallu rajuster la ration durant l’hiver en ajoutant 2 kg de correcteur azoté. Mais même avec cet apport supplémentaire, « il lui manquait toujours 2 à 3 kg de lait par rapport à un hiver normal. » L’ajout de ces 2 kg de correcteur azoté a tout de même permis au troupeau de ne pas descendre trop bas en production. Mais sur le plan strictement économique, l’éleveur n’y a pas gagné grand-chose, constate Philippe Le Stanguennec. Même situation dans un autre élevage bio d’Alsace Bossue, passé de 26 kg de lactation par vache à moins de 20 kg lorsque l’éleveur a commencé à distribuer le fourrage de première coupe, réalisé le 21 mai. « Un tel écart, c’est énorme. Il aurait fallu au moins 3 kg de VL 35 pour compenser complètement la perte », commente le conseiller. La mauvaise qualité des fourrages a également eu des incidences sur la qualité du lait. La présence de terre, dans l’ensilage comme dans le foin, a fait déraper les spores butyriques. Ce qui s’est traduit par des réfactions sur les paies de lait, qui n’étaient déjà pas brillantes. « Il valait mieux dérouler le foin que de le distribuer à la mélangeuse. Ainsi, les animaux peuvent trier, ce qui n’est pas possible quand tout est mélangé. » La croissance des génisses pénalisée Les vaches laitières n’ont pas été les seuls animaux affectés par la mauvaise qualité des fourrages 2016. « La croissance des génisses a été énormément pénalisée elle aussi, constate le technicien. Et avec ce fourrage carencé, les éleveurs ont eu beaucoup de difficultés à repérer les chaleurs. » En mesurant le tour de poitrine des génisses, Philippe Le Stanguennec a pu constater qu’elles n’avaient pas du tout poussé. Face à cette situation, la plupart des éleveurs laitiers ont fini par complémenter les animaux pour éviter de pénaliser trop sévèrement la croissance ou les débuts de lactation. Les éleveurs bio ayant généralement peu de céréales, ils ont acheté des bouchons de luzerne bio ou un aliment concentré qu’ils ont mélangés avec des céréales pour obtenir plus de protéines. Ceux qui avaient des coupes différentes ont aussi pu panacher pour distribuer un fourrage plus homogène. Les éleveurs conventionnels ont eu le plus souvent recours aux coproduits, comme le corn-feed ou les drèches, qui ont permis d’augmenter le niveau de la ration. « À la fin de l’hiver, vers le mois de mars, avec une complémentation un peu plus poussée, ils ont eu tendance à retrouver des niveaux de production à peu près normaux », constate le conseiller. Dans la majorité des élevages, alors que la récolte 2017 démarre, il reste encore du foin de 2016. « Comme il est mauvais, les génisses en ont moins consommé ». Cela va sans doute conduire les éleveurs laitiers à faucher davantage en ensilage ce printemps et un peu moins en foin. Ils distribueront alors plus d’ensilage d’herbe jusqu’à la récolte du maïs cet automne.

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