bovins viande

Publié le 31/03/2017

Les électeurs choisissent le nouveau président de la République les 23 avril et 7 mai prochains. Quelles seraient les mesures que les éleveurs et les céréaliers alsaciens aimeraient lui voir prendre au cours de son mandat ? Nous avons posé la question à quatre d’entre eux.

À Fislis dans le Sundgau, Olivier Richard, 42 ans, vend 200 jeunes bovins par an. À Wilwisheim, près d’Hochfelden, Vincent Fischer, 52 ans, vient d’installer son fils sur 70 ha avec 60 holstein. Le choix de ces deux éleveurs quant au bulletin qu’ils glisseront dans l’urne n’est pas complètement arrêté. Mais leurs principales attentes sont claires. Et si le prochain président commençait par apaiser les tensions dans la filière élevage ? « Au lieu de construire des murs, créons des ponts entre les consommateurs et les producteurs. Dès qu’il y a un problème, cela retombe toujours sur le dos de l’éleveur. C’est soit son image, soit son portefeuille, ou les deux à la fois, qui en souffrent. Redonnons une reconnaissance sociétale aux éleveurs qui gèrent les espaces et sans lesquels il n’y aurait pas de verdure » lance Olivier. Cette « reconnaissance » suppose aussi une rétribution plus juste. « Tous les maillons d’une filière doivent gagner quelque chose » enchaîne Vincent. « Quand, malgré la crise, de grands groupes laitiers font des bénéfices confortables sans les partager équitablement, c’est un signal d’alarme. Comment donner confiance en l’avenir à des jeunes qui s’installent ? Pourquoi l’État ne contrôlerait-il pas une juste répartition des marges ? » À Rouffach, Édouard Isner, 38 ans est installé sur 82 ha dont 4 d’asperges. À Stutzheim-Offenheim, dans le Kochersberg, Christian Hufschmidt, 46 ans, consacre ses 130 ha au maïs, au blé à la betterave et à la vigne. « Le président aura du pain sur la planche ! » démarre Édouard. Il réclame plus de cohérence entre la réglementation française et européenne. « Travailler avec des normes environnementales et sociales harmonisées en Europe serait plus simple. Comment accepter de tels écarts de niveau de salaires et l’importation de produits traités avec des matières actives interdites en France, mais autorisées ailleurs ? Ce sont autant de distorsions de concurrence récurrentes ! Seule une volonté politique peut y remédier ». Aux yeux de Christian, les principales mesures à prendre restent franco-françaises. « La transmission des exploitations est un véritable casse-tête » souligne-t-il. « Mes parents n’ont pas terminé de transmettre que je réfléchis déjà à comment faire pour transmettre à mes enfants. Le foncier devient un poids très lourd à porter, alors que nous n’en faisons rien, à part le cultiver. En outre, les infrastructures comme le grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg nous le grignotent et le gaspillent. Le président ferait bien d’agir pour privilégier le transport alternatif au lieu de projets à l’efficacité aléatoire ». Réformer la fiscalité Éleveurs et céréaliers se rejoignent sur des préoccupations partagées. Ils espèrent que le prochain président passera à la simplification administrative annoncée, mais que personne n’a encore vu. Ils le pressent de réformer la fiscalité. « Il y en a assez d’un système qui pousse à investir en période de vaches grasses et qui pénalise l’agriculteur en période de vaches maigres » résume Olivier. Le lissage des revenus agricoles sur cinq ans recueille donc l’unanimité. « Un système comme la déduction pour aléas (DPA) est d’une complexité telle que même mon comptable ne veut pas y mettre son nez » rappelle Édouard. « Il faut nous permettre d’extraire et de réinjecter facilement de l’argent. C’est la clé pour anticiper nos investissements qui créent de l’activité et participent à l’économie nationale ». Et si seulement le prochain président pouvait mettre un terme à l’excès normatif ! « On ne sait plus ce qui est bon et ce qui ne l’est pas. Notamment en matière d’environnement. Nous sommes les premiers à entretenir l’espace. Nous sommes conscients qu’il faut réduire les traitements. Mais à grande échelle, c’est autre chose que dans un carré de jardin ! Les pratiques raisonnées sont plus proches de la réalité mondiale » argumente Vincent. Au-delà de la promesse de chaque candidat d’améliorer les futurs revenus agricoles par des mécanismes divers et variés, Olivier, Vincent, Édouard et Christian revendiquent que le futur chef de l’État intervienne pour revaloriser l’image de l’agriculture française « afin que les agriculteurs ne passent pas pour les éternels méchants aux yeux du consommateur ». Et si tout simplement, comme le suggère Vincent, pourquoi n’inspirerait-il pas une « politique lucide avec des idées réalistes et réalisables » ?

Sia. Défilé des animaux du Grand Est

Un échantillon d’agrobiodiversité

Publié le 03/03/2017

De l’imposant gabarit des ardennais aux petits shetlands, des très typées laitières prim’holstein au caractère mixte des simmental et des vosgiennes, en passant par les texel et les île de France, la diversité des animaux élevés dans les fermes du Grand Est a été mise en avant dans un défilé hétéroclite.

On est loin des standards du mannequinat humain. Dans ce défilé agricole, tous les gabarits sont permis : gros, gras, petit, trapu, puissant, élégant… La région Grand Est ne jouit pas d’une réputation de terre d’élevage aussi affirmée que celle de la Bretagne ou de la Normandie, néanmoins, « elle produit de vraies réussites et bénéficie d’un potentiel énorme en matière d’élevage que le Conseil régional a vocation à développer », indique Philippe Richert, président du Conseil régional. Régulièrement, des animaux issus de la région Grand Est arrivent sur les plus hautes marches des concours de race organisés au Sia et ailleurs. Des performances qui font la fierté de Jean-Luc Pelletier, président de la Chambre régionale d’agriculture du Grand Est, et lui-même éleveur. Deux berceaux de race Les premières représentantes du savoir-faire des éleveurs du Grand Est étaient deux prim’holstein, une meusienne et une mosellane, suivies de deux simmental, une meusienne et une haut-marnaise. Ce qui a permis au public de bien différencier les caractéristiques des races laitières et mixtes. La région Grand Est abrite deux berceaux de race : celui de la race bovine vosgienne, et celui de la race de cheval de trait ardennais, toutes deux étant des races à petits effectifs. Les vosgiennes étaient représentées par deux vaches alsaciennes, et les ardennais par deux juments, une alsacienne et une ardennaise. Ces deux imposantes juments étaient suivies de trois représentants de la race de poney shetland, un des plus petits équidés du monde, puis de deux races ovines bouchères un spécimen texel, originaire des Ardennes, et un spécimen île de France, originaire de la Marne. Découvrez ou revivez ce défilé en images !  

Publié le 03/03/2017

Lundi 20 février, quelques jours avant le Salon international de l’agriculture où la Fédération nationale bovine et les grandes enseignes devaient lancer une campagne de publicité sur la stratégie Cœur de gamme, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin ont organisé une réunion de la section bovine.

Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, s’est dit très heureux d’introduire Philippe Boehmler, en tant que nouveau président de la section bovine. Le nouveau responsable a remercié Dominique Daul pour son action toujours menée dans le but de défendre l’élevage bovin que ce soit au niveau local ou national. En étroite collaboration avec la section bovine des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, présidée par Julien Jacob, Philippe Boehmler s’attachera à réunir les éleveurs suite à la réorganisation de la section et à apporter des informations sur les dossiers syndicaux en cours. L’ensemble des acteurs représentés Dans cette nouvelle organisation, Philippe Boehmler ne sera pas seul : il constituera un bureau dans lequel les engraisseurs spécialisés et les producteurs laitiers seront représentés. « Dans ce bureau, tous les modes de commercialisation devront également être représentés », a ajouté le responsable de la section. Ainsi des éleveurs travaillant avec la coopération, les entreprises privées ou ceux pratiquant la vente directe auront leur place. Thomas Urban, membre du bureau de l’Apal, représentera les acheteurs privés dans ce groupe. Bruno Dufayet, élu président de la FNB Suite au congrès de la Fédération nationale bovine (FNB) à Nevers les 1er et 2 février derniers, Philippe Boehmler a été élu au conseil d’administration de la FNB. Les autres membres régionaux présents au conseil ont également souhaité qu’il représente l’Alsace au bureau de la FNB. « La place qui est réservée à l’Alsace au bureau de la FNB sera conservée, ce qui est primordial pour être au cœur des discussions et défendre notre modèle au niveau national », a estimé Franck Sander. Suite à la réélection du bureau de la FNB, de nombreux changements ont eu lieu et c’est Bruno Dufayet, éleveur dans le Cantal qui a été élu nouveau président de la FNB, succédant à Jean-Pierre Fleury. Lors de ce congrès, plusieurs axes de travail ont été définis. Le premier vise l’évolution du système et l’amélioration des connaissances sur la volonté des entreprises à participer au développement à l’export. Le but étant de miser sur l’adéquation entre les systèmes de production et la demande des consommateurs sur un endroit donné. Par rapport à l’export, la FNB n’exclut pas l’embauche de commerciaux. Le second axe développé concerne les attentes sociétales. Ce sujet, très médiatique, doit être pris en main par la filière. Il s’agit pour la FNB d’être acteur plutôt que spectateur, c’est-à-dire de mettre en avant ses atouts dans une démarche de progrès par des vidéos et relais dans les médias et réseaux sociaux. Le dernier axe consiste à développer des dispositifs de communication et de pression syndicale sur la grande distribution sur le dispositif Cœur de gamme. Philippe Boehmler reviendra plus longuement sur la marque « Éleveur et engagé ». Le haché tire le marché Concernant la conjoncture, que ce soit en jeunes bovins ou en vaches, les cours ont stagné à bas niveau toute l’année. Pourtant, on peut noter une diminution des importations françaises de viande bovine au cours de l’année 2016 (aux alentours de 25 000 tonnes équivalent-carcasse) et une consommation qui s’érode assez lentement avec le haché qui tire le marché. Face à cela, les cours ne remontent pas comme espéré car les réformes laitières sont toujours aussi nombreuses. Les premières assises régionales pour le développement des filières et des marchés alimentaires dans la région Grand Est ont permis de dresser un état des lieux des tendances de production et de consommation, l’objectif étant d’axer des politiques de soutien et de développement. Les tendances de consommation ont fortement évolué ces dernières décennies en se tournant vers plus de préparations hachées (voir graphique ci-dessous). En une dizaine d’années, la part du haché dans les ménages français est passée de 37 à 42 % de tous les achats de viande bovine par les ménages. Les consommateurs se tournent de plus en plus vers la Restauration hors domicile qui domine les imports de viande d’origine étrangère. De plus, lorsqu’on analyse le bilan entre production et consommation viande bovine, on s’aperçoit que l’offre régionale n’est pas en adéquation avec la demande. Il manque par exemple 30 000 Téc de veau qui est importé d’ailleurs. Selon Philippe Boehmler, « ce travail sur l’adéquation entre l’offre et la demande est primordial ». Suite à cette journée, de nombreuses opportunités pour la filière ont été définies. Il s’agit de « s’adapter aux nouveaux modes de consommation », a souligné Julien Jacob. Le développement du marketing sur des produits à base de viande bovine en snacking pourrait être une voie à explorer. « Nous sommes à la première page du livre et le reste est à écrire », a conclu un agriculteur présent.

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