bovins viande

Publié le 01/10/2017

Le toastage des graines protéagineuses pour améliorer leur potentiel nutritif de l’aliment et l’autonomie protéique s’implante en France. Le toasteur Mecmar était présenté au salon Tech & Bio.

À l’état natif et parce qu’elles jouent un rôle de stockage de protéines ou d’acides aminés, les graines protéagineuses comportent des substances dont la fonction est de préserver leurs réserves protéiques et donc de s’opposer à leur digestibilité. Ingérées à l’état brut, les graines de soja, pois, lupin, féveroles ne sont donc pas totalement bien digérées par les ruminants ou les monogastriques. Des facteurs dits antinutritionnels et des mécanismes limitant le potentiel nutritif des protéagineux sont relativement bien identifiés. En alimentation animale, la digestion de ces graines protéagineuses est confrontée à deux problèmes. Pour une partie de ses protéines, la graine contient des inhibiteurs d’enzyme digestive appelés facteurs anti-trypsiques et lectines, qui sont des glycoprotéines. Agglutinées, elles protègent les réserves protéiques des enzymes digestives. Et inversement, pour une autre partie des réserves protéiques de la graine appelées les globulines, elles sont trop digérées dans le rumen pour être assimilées dans l’intestin des ruminants. Pour augmenter la digestibilité intestinale des protéagineux et par conséquent améliorer l’autonomie protéique des exploitations agricoles, plusieurs techniques ont été étudiées : l’extrusion des graines soumises à haute pression et température, procédé que l’on retrouve avec les tourteaux, leur germination, la torréfaction (chaleur sèche et longue) et le toastage (chaleur sèche et courte). Le traitement thermique à haute température durant un court instant présente le double intérêt de dégrader les facteurs antinutritionnels et de remanier au plan moléculaire les protéines, les rendant moins digestibles dans le rumen et mieux assimilables dans l’intestin, ce que les nutritionnistes appellent le N bypass. Attention cependant de ne pas chauffer trop la graine au risque de compromettre également la digestibilité intestinale des protéines. Le toasteur mobile Mecmar présenté au salon Tech & Bio, se compose d’un brûleur qui chauffe l’air autour de 280 °C, les grains, acheminés par une vis sans fin, passent de manière continue sur un tapis et sont chauffés pendant 20 à 60 s et ressortent à 120 °C. Un intérêt naissant Plusieurs groupes d’agriculteurs en France s’intéressent de près à cette technique. Cinq toasteurs sont en service pour des élevages bovins lait, en engraissement et en canard prêt à gaver. En Vendée, sept éleveurs du groupe Grapea-Civam (Groupe de recherche pour une agriculture paysanne économe et autonome) ont finalement opté pour le toastage. Entre 500 kg à 40 tonnes par exploitation, soit un total de 250 t sont toastées. Ils ont préféré ce procédé plutôt que l’extrusion, jugée coûteuse, et techniquement délicate. Ils ont complété leur investissement par un système de refroidissement en continu. Assez répandu en Italie, explique Philippe Olivier de Secopalm, une société gersoise de conseil en nutrition animale, le toastage commence tout juste à intéresser les éleveurs français. Dans le Gers, 17 adhérents d’une Cuma traitent 1 500 t de graines. L’investissement, évalué à 80 000 € (remorque comprise), donne un prix de revient du toastage estimé à 10 €/t. Dans le Morbihan, Joël Guégan, a créé Protéa Thermic et propose la prestation avec son unité mobile de toastage. En Normandie, Michel Dumont, un éleveur qui l’a testé, a évalué le gain nutritif comme suit : sa ration est composée de 9 kg de maïs, 5,5 kg de luzerne, 3 kg d’ensilage d’herbe, 3 kg de féverole et 0,5 kg de lupin. Il compte diminuer la proportion de féverole de 3 à 2,3 kg. Notant au passage que le toastage élimine de l’humidité résiduelle, améliore la conservation des graines, leur appétence et élimine les toxines. Il faut compter 40 000 € pour une machine de débit 1 t/h.

Concours régional de la race charolaise

L’EARL Kolb Thierry et Hubert rafle la mise

Publié le 12/09/2017

Cette année, le concours régional de la race charolais a délaissé la foire européenne de Strasbourg pour les Fermes en folie. Une belle vitrine pour présenter le travail de sélection mené par les éleveurs alsaciens.

Cette année, 11 éleveurs et 35 animaux ont participé au concours régional de la race charolaise. « Un record pour le nombre d’éleveurs », souligne Thierry Kolb, président du Syndicat des éleveurs charolais d’Alsace. Qui s’est particulièrement distingué lors de cette édition, puisqu’il a décroché les deux grands prix d’honneur avec Nevada, un veau mâle qui, à 7 mois, présente suffisamment de qualité pour que les juges, par ce titre, lui présagent un avenir prometteur. Et avec Numismatique, une jeune femelle de 8 mois, également prometteuse. « C’est le résultat de 14 années de travail de sélection puisque nous sommes présents sans discontinuité depuis 2003 », confie-t-il en aparté. Bonne génétique ne saurait mentir puisque les deux lauréats sont issus de souches ayant fait leur preuve dans le cheptel du naisseur. En effet, Colombie, la grand-mère de Nevada, a été prix d’honneur veau en 2008 à la foire européenne et l’éleveur a présenté cette année deux autres de ses petites-filles. Concernant Numismatique, ses qualités ne sont pas non plus le simple fruit du hasard mais celui d’un accouplement entre Espion, le taureau acheté par le Syndicat charolais d’Alsace et l’Association des jeunes éleveurs de charolais (Ajec) qui a été grand prix d’honneur en 2014 à Strasbourg et 2016 à Wingersheim et celui d’une souche femelle qui marque le cheptel de l’EARL Kolb. En effet, et pour n’en citer qu’une, Ludique SC, issue de la même grand-mère et du même grand-père, après avoir fait un 1er prix de section en veau à Strasbourg en 2015, a fait prix d’honneur junior 2016 à Wingersheim, puis 2e prix d’honneur au concours national allemand en octobre 2016 et enfin championne à Eurogénétique en avril 2017 ! « Depuis mes débuts au concours alsacien, j’ai présenté à chaque édition au moins un animal issu de chacune des deux souches. Ce qui prouve leur qualité ! » À l’heure de la remise des prix, Thierry Kolb avait donc le sourire, mais aussi les traits tirés. Face à une rangée d’animaux (les gagnants de chaque section) et aux responsables professionnels et politiques, il a remercié les juges - Thierry Lechenault de Saint Thibault en Côte-d’Or et Thomas Samyn d’Arnicourt dans les Ardennes - et les éleveurs qui ont participé au concours : « Ce n’est pas évident de préparer les animaux qui vont participer à un concours. Cela demande du temps et de l’argent. » Du temps pour les soins, le dressage, la préparation et de l’argent pour les frais d’alimentation supplémentaires et les frais vétérinaires et d’analyses. Et ce travail de préparation est d’autant plus difficile dans la conjoncture agricole actuelle. Les éleveurs sont particulièrement touchés, souligne Thierry Kolb. « Ils doivent être présents pour leurs bêtes 365 jours par an et les journées sont longues… Ce qui fait que leur salaire horaire est le plus faible de la profession. » Avant de procéder à la remise des prix, il a chaleureusement remercié les partenaires du concours (lire en encadré ci-dessus). Les personnalités se sont ensuite succédé dans le ring pour remettre leur trophée aux éleveurs qui se sont distingués par la qualité des animaux présentés. Et, l’essentiel étant de participer, Thierry Kolb a annoncé que tous les éleveurs recevront de nombreux lots dont des bouteilles d’excellent vin de la cave de Cleebourg, offertes par le Comptoir agricole et le Crédit Mutuel. « Un très beau spectacle » Pour conclure cette petite cérémonie, la parole a été laissée aux jeunes. Gaetan Vix, président de l’Ajec depuis septembre dernier, a présenté cette association qui compte 25 membres et dont l’objectif est le partage de la culture charolaise et l’émulation. Il a invité le public à participer nombreux au repas charolais, qui aura lieu le 9 septembre dans le cadre de la foire européenne de Strasbourg. Quant à Thomas Samyn, le jeune juge venu des Ardennes, il a félicité les organisateurs du concours. Il a relevé un « groupe dynamique », qui a su orchestrer un « très beau spectacle », à même d’amener le public à porter un « nouveau regard sur la race ». Durant toute la manifestation, le public pouvait s’essayer à deviner le poids de Corde, une vache du Gaec Ernwein à Oberhausbergen, dans la perspective de remporter un VTT. Après être passée sur la balance, Corde affiche un poids de 1 080 kg. L’heureuse gagnante est Simone Anstett, c’est elle qui a estimé le poids de l’animal avec le plus de précision.

Publié le 10/09/2017

Mardi 5 septembre, c’était la journée de la femme à la foire européenne. À cette occasion, Interbev Grand Est proposait des conférences sur « la viande au féminin ».

Delphine Franck est diététicienne nutritionniste à son compte, au sein du cabinet DietaCoach, et fait partie du réseau de diététiciennes qui œuvrent pour l’interprofession Interbev. Sa silhouette fuselée ne laisse aucun doute sur ses compétences en matière de nutrition. « Cette conférence a pour but d’aider les femmes à choisir la viande, à la cuisiner et à savoir la doser dans les assiettes, pour elle et pour le reste de la famille, car ce sont encore souvent elles qui sont derrière les fourneaux », indique Delphine Franck, lucide quant à l’évolution pachydermique de la place de la femme dans la société. Il s’agit donc dans un premier temps de définir le poids de la viande dans une alimentation équilibrée. Ou plutôt de la famille « viande, œufs, poissons », qui se caractérise notamment par sa richesse en protéines. Et qui a donc toute sa place dans une alimentation équilibrée. Car Delphine Franck, le martèle : « Toutes les familles d’aliments sont complémentaires. Aucune ne devrait être supprimée pour atteindre un bon équilibre alimentaire. » Des qualités nutritionnelles de la viande Or les préjugés sur la viande ont la dent dure. « On en mangerait trop, elle serait grasse, on pourrait s’en passer, et elle favoriserait certains cancers », liste Delphine Franck, qui ne s’en tient qu’aux griefs nutritionnels attribués à la viande. Mais, se faisant, on oublie ses qualités nutritionnelles : « La viande, les œufs et le poisson renferment des protéines de bonne qualité, du fer héminique, absorbable à 25 %, contrairement au fer contenu dans les végétaux, non-héminique, qui n’est absorbable qu’à 5-10 % ». Des qualités qui font de la viande un aliment presque encore plus important pour les femmes que pour les hommes. En effet, leur musculature est moins développée que celle des hommes. Elles sont donc structurellement plus sensibles au risque de sarcopénie, c’est-à-dire de dégradation des muscles. Un phénomène naturel, lié au vieillissement. Deux facteurs permettent de le freiner : l’activité physique et l’absorption de protéines. Mais surtout pas l’un sans l’autre ! « Les protéines ne sont pas stockées dans l’organisme. Soit elles servent à faire du muscle, soit elles sont éliminées par les reins. Il ne sert donc à rien d’absorber des protéines sans pratiquer une activité physique. Au contraire, c’est mauvais pour les reins, qui sont très sollicités », explique Delphine Franck, qui rapporte des cas d’adeptes de régimes hyperprotéinés atteints d’insuffisance rénale. Et, du fait de leur cycle menstruel, les femmes sont aussi plus sujettes aux carences en fer. Viande et légumes, le duo gagnant Une fois la viande revenue en odeur de sainteté, il reste à savoir comment la consommer. Delphine Franck rappelle que depuis 2014 un étiquetage simplifié de la viande a été mis en place : « Il est plus facile à comprendre, le mode de préparation des différents morceaux y apparaît clairement. » Justement, pour retirer un maximum de bienfaits de la viande, Delphine Franck préconise de varier les modes de cuisson, qui permettent de plus ou moins préserver les différentes catégories de nutriments : « Le fer est thermosensible. Il est davantage préservé lorsque la viande est juste grillée, plutôt que bouillie, ou braisée », illustre Delphine Franck. Enfin, reste à savoir adapter les portions : « L’idéal, c’est une portion de la famille viande, poisson, œufs, de la taille de la paume de la main et de l’épaisseur du petit doigt, une à deux fois par jour », indique Delphine Franck, qui précise : « Une fois par jour c’est sûr. Deux fois par jour c’est si on veut. » Avant de livrer encore quelques conseils de dégustation. Le combo gagnant, c’est la viande et les légumes. Parce que le fer est mieux absorbé par l’organisme lorsqu’il arrive accompagné de vitamine C. À l’inverse, le thé et le café limitent l’absorption du fer. Après un repas comportant de la viande, mieux vaut donc attendre deux heures après le repas pour s’octroyer un p’tit noir, pas trop sucré de préférence… Quoique. Delphine Franck ne bannit aucune catégorie d’aliments. Son credo : « Manger de tout, un peu de tout. » Pour elle, lutter contre l’obésité, le diabète, revient à retrouver des comportements sains, que ce soit en matière d’activité physique ou d’alimentation. Si elle devait bannir un aliment, ce serait plutôt une catégorie tout entière : celle des produits transformés industriellement, et hyper marketés.

Pages

Les vidéos