bovins viande

Publié le 10/11/2017

Depuis la rentrée, le supermarché Leclerc d’Obernai se fournit en viande bovine au lycée agricole, de l’autre côté de la rue. Un partenariat gagnant-gagnant qui pourrait sortir l’exploitation du marasme économique. Mais malgré ses perspectives prometteuses, l’accord est toujours en rodage.

Ils se sont côtoyés pendant des années sans se douter du potentiel que renfermait leur voisinage. Jusqu’à la visite, l’an dernier, du directeur du supermarché Leclerc d’Obernai au lycée agricole situé juste en face. Le déclic. D’un côté de l’avenue de l’Europe, une grande surface désireuse de vendre du local. De l’autre, l’élevage bovin de l’établissement scolaire en mal de rentabilité. Hop, le magasin se fournira chez le voisin. Ce circuit de proximité est devenu effectif en septembre et bouleverse le fonctionnement de l’exploitation. Premier challenge pour les équipes de l’école, le contrat porte sur de la viande maturée destinée au rayon tradition. Une catégorie supérieure au « libre-service », les barquettes dans le jargon commercial. Habitués à livrer un produit plus basique à leur client habituel, la coopérative Cloé, les élèves ont dû adapter l’alimentation des taurillons gascons. Avec un menu quatre étoiles ! Des rations de lin ont été testées depuis le début de l’année. Cette graine « apporte beaucoup d’énergie et provoque le gras interstitiel (qui fait la qualité de la viande) », explique Freddy Merkling, le directeur du site. Jusque-là, tout va bien. Retrouver l’équilibre économique Avec un kilo de tradition rémunéré 4,30 €, les comptes de l’exploitation retrouveraient un équilibre perdu depuis quelques années. « On a connu des périodes difficiles, avec des prix bas et des charges élevées », reconnaît le responsable. Alors la perspective d’un tarif fixe négocié à l’année a de quoi séduire. Une offre consentie afin de nouer une relation de confiance, selon le distributeur. « Il n’y a pas eu de grosses négociations sur les prix, précise David Jambois, maître boucher et cheville ouvrière de l’accord pour Leclerc. On a calculé le seuil de rentabilité de l’exploitation et on s’est calé dessus. » Laurent Leclercq, son directeur, a fait de l’approvisionnement local une priorité et un argument de vente. Pourtant, une deuxième exigence du magasin perturbe ce beau tableau. Les carcasses ne doivent pas dépasser les 450 kg, afin de faciliter la découpe. Problème, les gascons sont des animaux tardifs. Ils mettent plus de temps à fabriquer le fameux gras interstitiel, gage de qualité. Le responsable d’élevage est pris entre deux feux. Quand ses taurillons atteignent un niveau de finition satisfaisant, ils sont déjà trop gros ! À l’inverse, quand ils gardent la ligne et restent sous les 450 kg, la qualité n’est pas optimale. Exit le tradition donc, et retour au libre-service payé 4,20 € le kilo. Pour l’instant du moins. Car Freddy Merkling prépare la contre-attaque. Dès décembre, un lot d’aubracs va être testé. « L’aubrac est la race française la plus précoce. Elle arrivera peut-être à maturation sans prendre trop de poids », espère ce passionné. Les nouvelles venues pourraient résoudre un autre problème. David Jambois a en effet constaté que la viande livrée a tendance à noircir une fois sous plastique. Niveau sanitaire et gustatif, cela ne change rien. Pour l’esthétique on repassera. Un souci dû au stress durant les 2 h 30 de transport vers l’abattoir de Mirecourt (Vosges), d’après l’éleveur. « Jusqu’à présent nous n’avions pas eu de mauvais retours car Cloé envoie les bêtes à Holtzheim », à 30 minutes de route. Les aubracs résisteront-elles mieux au mal des transports ? Freddy veut le croire, cette race a la réputation d’être calme. Modifier le calendrier pour répondre aux commandes Alimentation, prix, race… Au chapitre des chamboulements on note aussi la cadence de livraison qui s’accélère. Avant, l’atelier recevait 204 bovins en trois fois, en octobre, novembre, décembre, et les vendait groupés un an plus tard. Simple, efficace. Désormais, le client commande une ou deux bêtes tous les quinze jours environ. Les équipes de l’élevage doivent donc lisser leurs arrivages sur l’année pour pouvoir satisfaire la demande à chaque instant. Un changement qui ne se fait pas du jour au lendemain. Les lots présents doivent d’abord être écoulés et les dates de livraison décalées petit à petit afin de ne pas créer de « trous ». D'ici 2019, le rythme devrait être calé, à raison d’un lot de 68 têtes tous les quatre mois. Et l’été ? Là encore, le personnel de l’exploitation doit s’adapter. Quand les élèves profitent de vacances méritées, les affaires tournent comme d’habitude au Leclerc. Les fonctionnaires cherchent donc des solutions pour manipuler le troupeau en toute sécurité à deux ou trois. « On va installer un tourniquet afin de réguler le passage des animaux lors de la pesée », explique le responsable du site. Décidément, ces derniers mois tiennent plus de la révolution que de la rentrée scolaire. « Tout a changé, la demande est complètement différente », résume le patron qui ne cache pas son excitation. Un peu comme un mathématicien devant une équation à six inconnues. Pour l’avenir, il se prend à rêver d’expansion. « Il y a un Leclerc à Erstein et le lycée a une antenne là-bas », sourit-il. Et cette fois, les discussions ne débuteront pas par hasard.

Highland cattle de Weiterswiller

Le troupeau reprend du poil de la bête

Publié le 26/10/2017

En temps normal, ce ne serait pas un scoop. Mais la naissance d’un veau highland cattle, vendredi 6 octobre à Weiterswiller, revêt une importance particulière. Il s’agit là de la cinquième tête du troupeau de Pierre Fieffel, un éleveur qui revient de loin. Reparti de zéro en 2014, il commence à voir le bout du tunnel.

Le mois d’octobre sourit à Pierre Fieffel. Vendredi 6, Noiraud, un highland cattle, est venu au monde sous la pluie. Dans quelques jours, un de ses taureaux part pour un élevage à Vallon-en-Sully, dans l’Allier. En retour, une génisse s’installera à Weiterswiller afin de renouveler le sang. Enfin, l’exploitant se remet à vendre de la viande, après six ans d’arrêt. Une longue sieste ? Pas aussi agréable. Pierre Fieffel revient de loin. En 2011, une altercation avec des chasseurs l’envoie à l’hôpital. Durant son hospitalisation, ses 35 vaches écossaises aux longues cornes se volatilisent, ainsi que ses lamas et tout le matériel. « Près de 80 000 € de pertes », estime l’agriculteur. Trois ans plus tard, poussé par son entourage, il décide de retourner à sa passion. Il achète un taureau, Hermann, à l’élevage Alphonse Christophe de Walscheid, et une vache, Surprise, à la maison Hertzog de Mackwiller. Une tonne de taureau Depuis, la famille ne cesse de s’agrandir. Chaque année, un veau ou une velle voit le jour. Et Hermann, la fierté de Pierre Fieffel, ne cesse de grossir. Jusqu’à atteindre plus d’une tonne aujourd’hui ! Son cheptel passe le plus clair de son temps en extérieur, grâce au système pastoral. Des propriétaires lui confient des terrains à défricher avec ses vaches. « C’est une race qui mange tout, même les ronces, s’exclame l’agriculteur. Et elle peut très bien vivre sur des terrains marécageux. » Il en tire aussi du fromage, du fumier, du répulsif grâce aux poils… Et désormais de la viande. Mais attention, lui, il n’abat pas ses animaux, il les envoie à l’élevage partenaire dans l’Allier. « J’ai trop de sympathie pour mes vaches, elles ont fait beaucoup pour moi », explique, presque ému, l’exploitant. S’il peut se permettre de tels états d’âme, c’est grâce à son statut de pluriactif. Quand il n’est pas auprès de ses bovins, il travaille sur des fermes dans tout le Bas-Rhin. « Parfois je fais plus d’une heure trente de voiture pour aller au travail », insiste-t-il. Pas de quoi effrayer cet ancien chauffeur de poids lourds qui est tombé amoureux de la race écossaise en sillonnant les routes du Royaume-Uni. D’ailleurs la route, il la prend souvent avec ses bêtes. Marchés de producteurs, fêtes de villages, événements d’entreprise et même happening dans un restaurant étoilé. Le plus écossais des éleveurs alsaciens ne manque pas une occasion de faire connaître ses bêtes. Dernière nouveauté en date, des bandes réfléchissantes collées aux longues cornes des vaches. « À l’entrée de Weiterswiller les gens roulent trop vite, constate l’exploitant. Alors je fais de la sécurité routière avec mes animaux ! » Pour éradiquer le problème, il réfléchit même à vêtir ses bêtes de pull-overs estampillés « gendarmerie ». « Il y avait la police montée, maintenant il y aura la gendarmerie bovine », s’esclaffe l’agriculteur.

Foire Simon et Jude à Habsheim

En route pour la 23e fête de l’élevage

Publié le 25/10/2017

Les éleveurs exposants s’activent aux derniers préparatifs. Plus de 150 sujets seront présents sous le chapiteau, en concours ou en présentation. Rendez-vous pour cette grande occasion à la Foire Simon et Jude les 29 et 30 octobre.

Un concours de l’envergure de Habsheim suppose une organisation sans faille et des partenaires tous azimuts. Les éleveurs du Syndicat montbéliard du Haut-Rhin et du Club Holstein 68 sont les piliers du concours interdépartemental. Les éleveurs du Syndicat des salers d’Alsace les ont rejoints depuis 2015. Avec l’appui de la Chambre d’agriculture d’Alsace (CAA), d’Élitest et de nombreux partenaires organisationnels et financiers, les éleveurs s’investissent dans la mise en place de la manifestation. Ils assurent le montage et le démontage des structures sous chapiteau, l’acheminement de matériel, fignolent la préparation de leurs animaux, tout en assurant la conduite de leur exploitation. Une mise en valeur du travail de l’éleveur La mise en valeur du travail quotidien de l’éleveur constitue l’essence de ce concours. À l’aide des conseils prodigués par ses techniciens, l’éleveur réalise une importante tâche de sélection des animaux et de conduite du troupeau. Les performances zootechniques et la morphologie des sujets viennent récompenser cet investissement. C’est sur les critères morphologiques - aplombs, gabarit, mamelle -, que le juge est appelé à réaliser son classement. Les éleveurs présenteront également des vaches en 6e, 7e, 8e et même 9e lactation, pour mettre en avant la longévité des animaux dans leurs exploitations. Pour les éleveurs, ce concours est également l’occasion d’échanger, de comparer, d’en tirer des objectifs pour sa future conduite de troupeau. Trois juges pour trois concours et des races en présentation Chaque race est jugée par un juge unique qui classe les animaux par section selon leur conformation. La constitution des sections s’effectue selon le rang de lactation des animaux, puis leur âge. Les sections sont elles-mêmes subdivisées en sous-sections. Dans chaque sous-section, le juge désigne la première et la meilleure mamelle (pour les vaches laitières). Les premières et deuxièmes de section, et les meilleures mamelles, se retrouvent pour les championnats. Pour cette édition 2017, Jacques Rouiller jugera pour la race holstein, Jean-Baptiste Cassard la race montbéliarde et Pierre Laceppe la race salers. Les juges auront également pour mission de départager les meilleurs présentateurs, chacun pour la race le concernant. Le Syndicat des éleveurs alsaciens de la race bovine salers investira le ring dimanche à 10 h 30 pour le concours. Les éleveurs ont retenu et préparé dans leurs fermes leurs plus belles génisses et vaches allaitantes afin de montrer le travail de sélection qu’ils effectuent et de partager leur passion pour cette race. N’hésitez pas à venir poser vos questions à ces éleveurs qui vous répondront avec enthousiasme. Outre les prim’holstein, montbéliardes et salers, le public pourra découvrir d’autres races bovines élevées par des passionnés. Ainsi Margaux et Guillaume Hoffstetter de Largitzen présenteront HMP Laika et Nynylya Ly, deux jersiaises. Des vosgiennes, appartenant à l’EARL Iltis de Sierentz, compléteront la présentation qui aura lieu le dimanche 29 octobre à 12 h et le lundi 30 octobre à 10 h 30. Des vaches jugées et présentées par les jeunes Présenter un animal sur un ring est tout un art, auquel de jeunes passionnés se sont formés au cours de l’année, sous la conduite de Sylvie Wiest, Maxime Springinfsfeld, Alexandre Wintzenried et Élodie Pinheiro. Toutes les techniques apprises seront mises à profit lors du concours du meilleur présentateur. Elles sont nécessaires pour persévérer dans la professionnalisation du concours de Habsheim, indispensables pour prétendre à des concours de plus grande envergure, Paris ou Swiss Expo. Et c’est bien là une des vocations du concours de Habsheim : être un tremplin vers d’autres concours. Un bel animal augmente ses chances de se classer s’il est bien présenté. La finale de jugement de bétail est habituellement organisée par le lycée agricole de Rouffach, sous la conduite de Christine Lagel, responsable formations agricoles au Centre de formation des apprentis de Rouffach, en partenariat avec la CAA et Élitest. Elle rassemble des candidats issus des divers établissements d’enseignement agricole ou agronomique : lycée de Rouffach, CFA de Rouffach, IUT d’agronomie de Colmar. Les opérations de pointage auront lieu dimanche matin. Une présélection a retenu 20 candidats, 10 par race. Ils auront à pointer deux animaux de la race pour laquelle ils ont été retenus. Les vainqueurs représenteront l’élevage départemental lors de la finale nationale au prochain Salon international de l’agriculture à Paris. Les prix des trois premiers par race seront remis lors de l’inauguration, dimanche après-midi à 16 h 30. Le métier d’éleveur, ça commence tout petit : les enfants défileront avec leur veau dimanche et lundi et se prêteront au jeu des questions d’Armand Mathieu, notre Jacques Martin régional. Les plus grands concourront pour le prix du meilleur présentateur dans chaque race, sous l’œil avisé des juges respectifs. Se restaurer L’Association de production animale de l’Est (Apal) sera présente avec dix charolaises et limousines afin de promouvoir les races à viande, de proposer des dégustations et de présenter la marque de viande locale « Goûtez l’Alsace - S’esch güat ». Cette action sera soutenue par Interbev. Trois éleveurs feront le déplacement avec leurs animaux : l’EARL du Fronacker de Brinckheim (charolaises), le Gaec de la Source à Wickersheim (limousines), et le Gaec des limousines à Wolfersdorf. Le bar des éleveurs, placé sous le chapiteau juste à côté du ring, sera tenu comme de coutume par Valérie Nass, Jean-Pierre Meyer et leur équipe. Le public pourra aussi se restaurer au stand « Bienvenue à la ferme » et déguster des produits locaux sur les stands de promotion présents. Le club de foot de Habsheim assurera la restauration dans la salle de l’OMSAL. Des tickets seront disponibles au bar des éleveurs. N’hésitez pas à venir visiter ce haut lieu de rencontre de l’élevage qu’est le concours de Habsheim !

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