événement

Tracteur pulling

Une histoire de famille

Publié le 31/08/2018

Deux équipes de tracteur pulling ont montré leur savoir-faire sur la piste de la finale départementale de labour, dimanche dernier à Niederaltdorf. L’occasion de découvrir un univers de mécanos méconnu.

Le moteur rugit, pire qu’un avion au décollage. La chaîne se tend. Le commissaire de piste agite le drapeau vert. C’est parti. Le dragster se dresse sur ses roues arrière et tire l’énorme poids de la remorque accrochée derrière lui. Il avale les 100 mètres de terre battue en quelques secondes et s’immobilise dans un nuage de poussière. Mission accomplie. « Allez les Alsaciens, on applaudit Linda ! » Au micro, Nathalie Dubaux, présidente de la très sérieuse Fédération du tracteur pulling français, harangue les spectateurs, dimanche, sur fond de musique pop. La patronne est arrivée la veille de Tours avec son matériel, sur invitation des Jeunes Agriculteurs de Haguenau. Une équipe française et une hollandaise l’ont rejointe avec quatre tracteurs. Au programme : trois démonstrations de leur discipline. Les engins doivent tirer une énorme remorque sur 100 m. Celui qui arrive le plus loin a gagné. Mais ces machines n’ont pas grand-chose en commun avec un tracteur classique. Imaginez. Une deux-chevaux 1971 trafiquée de 5 m de long. Une Ford Capri de 1 800 ch. Un monstre d’origine inconnue avec une puissance de 3 500 ch. Et leurs noms restent tout aussi éloignés de l’ambiance champêtre : « No Illusion », « French & Furious », « Flash Power ». C’est sûr, il flotte un parfum d’Amérique entre les camions des différentes écuries. Mais alors quel rapport avec l’agriculture ? « Le tracteur pulling a commencé dans les années 1920 avec des courses de chevaux de trait aux États-Unis », explique Nathalie, tee-shirt et casquette aux couleurs de la fédération. Avec la mécanisation, les engins agricoles remplacent les bêtes de somme. Les années 1970 voient l’apparition des premières machines trafiquées et des premiers clubs. La discipline débarque en France à la même époque. Au final, sur la vingtaine d’équipes françaises, aucun agriculteur. « Ce sont surtout des mécanos », précise Nathalie, elle-même secrétaire médicale dans la vraie vie. « Ils ont appris à me craindre » Car la mécanique reste la base de la discipline. D’autant plus que les équipes construisent elles-mêmes leurs engins. Un hobby très coûteux. En France, les plus gros tracteurs peuvent chiffrer jusqu’à 100 000 €. Les clubs recourent au mécénat et se partagent les recettes de leurs courses. « On est un des rares sports à se faire rémunérer pour nos déplacements », précise Nathalie Dubaux. Mais ces revenus suffisent à peine à rembourser les frais. Au final, « personne n’en vit, toutes les équipes sont amateurs ». Un sport passion donc. Chronophage aussi. Pilotes et techniciens sillonnent les fêtes rurales de France tous les week-ends de l’été. Mieux vaut avoir un entourage compréhensif. « Le tracteur pulling, c’est une histoire de famille, confie Nathalie. On passe trop de temps sur la route. » Elle connaît son sujet. La preuve, son mari conduit la remorque sur la piste. Près de son camion de transport, la pilote Linda Jonkman confirme. « Toute ma famille est à fond, mon mari est pilote et mes deux fils sont nés avec une clé à molette dans la main. » En arrière-plan, son plus jeune rejeton, une dizaine d’années, voltige sur son quad. Linda est une sommité dans le milieu. Cette Néerlandaise, seule femme pilote du continent, a remporté le championnat d’Europe en 2016. Elle porte un regard particulier sur son sport. « À mes débuts, en 2006, les concurrents pensaient qu’une femme ne pouvait pas vraiment piloter, se souvient-elle. Ils ont appris à me craindre. » Machiste le tracteur pulling ? Pas plus que dans d’autres domaines dits masculins, selon cette gérante d’une usine de peinture industrielle dans la région de Rotterdam. « On est tous amis, j’adore venir en France, on forme une grande famille. » Mais demain, retour à la réalité pour Linda et sa troupe. « On a dix heures de route et on doit arriver à l’heure pour l’école et le travail. » Une semaine de vie rangée avant de repartir sur les pistes en quête de sensations fortes.

Publié le 30/08/2018

Une des fermes hôtes de la finale départementale de labour abrite un méthaniseur en construction. Dimanche, les visiteurs ont pu prendre un petit cours de méthanisation, avec visite du site en prime.

« La méthanisation ne signifie pas la même chose pour tout le monde. » Christophe Gintz entend clarifier le sujet auprès de tous les visiteurs qui défilent sur son stand installé en contrebas de l’étable du Gaec Gibsbach. À quelques mètres d’un méthaniseur en construction. Le conseiller Chambre et spécialiste des énergies renouvelables a vu défiler de nombreux agriculteurs, dimanche. Mais pas que. Des gens sans expérience se sont aussi intéressés au sujet. « Pour beaucoup c’est un concept assez vague, ils veulent surtout savoir quels seront les désagréments à subir si un méthaniseur s’installe près de chez eux. » Et justement dans la région de Haguenau, les projets pullulent. Outre le Gaec Gibsbach, un autre projet est à l’étude à Wittersheim, à quelques kilomètres. Là, il s’agit d’un projet nettement plus conséquent. Une trentaine d’agriculteurs se sont associés, le dossier est en cours d’instruction administrative. À Wahlenheim, à peine plus loin, la ferme Adam est en train de construire son unité. « C’est un canton assez dynamique au niveau de la méthanisation », confirme le technicien. « La méthanisation palliera les fluctuations du prix du lait » Un peu plus loin, Yvan Tritz, gérant de la société France Biogaz, fait visiter le chantier du méthaniseur. Le constructeur a commencé à travailler pour le Gaec du Gibsbach l’an dernier et l’installation doit être achevée en octobre. Le système doit injecter à terme 270 kilowatts dans le réseau électrique. La ferme possédait déjà une grande cuve de stockage. France Biogaz a donc juste installé le digesteur et les équipements annexes (moteur, local technique, trémie). Sylvain Koeger, associé du Gaec, a lancé ce projet en 2016. Pour cela il a créé une nouvelle société, appelée K Énergie. « C’est une valeur ajoutée pour le Gaec, l’engrais obtenu sera plus rapidement utilisable. » L’électricité produite par l’unité sera rachetée par ES, avec un contrat de 20 ans à la clé. « Cela offre une visibilité à long terme que nous n’avons plus avec la production laitière et qui palliera les fluctuations du prix du lait. » La chaleur produite sera réinjectée dans le bâtiment d’élevage, notamment pour le séchage du fourrage « qui sera de meilleure qualité ».

Dimanche 26 août à Niederaltdorf

Il va y avoir du spectacle !

Publié le 24/08/2018

Rendez-vous ce dimanche 26 août à Niederaltdorf pour la finale départementale de labour du Bas-Rhin. Les Jeunes Agriculteurs du canton de Haguenau sont en charge de l’organisation, avec le soutien de 200 bénévoles.

Depuis l’automne dernier, les Jeunes Agriculteurs du canton de Haguenau préparent cette grande fête qu’est le concours départemental de labour. Pour l’occasion, ils ont constitué un comité événementiel, composé de huit membres : Guillaume Fuchs, président des JA du canton, Sylvain Koeger, vice-président, Guillaume Pfrimmer, secrétaire, Guillaume Schoenfelder, secrétaire adjoint, Jean-Noël Burg, trésorier, Mathias Lamote, trésorier adjoint, Xavier Kandel et Pierre Fuchs, membres. Une équipe motivée, bien décidée à faire de cette journée estivale un moment de convivialité et de mise en avant de l’agriculture locale. Une équipe jeune, aussi, puisque la plupart de ses membres n’ont gardé aucun souvenir de la dernière finale départementale de labour organisée par le canton de Haguenau - c’était en 1999 à Batzendorf - et encore moins de la finale régionale organisée à Niederaltdorf une quinzaine d’années auparavant. « Nous nous réunissons régulièrement depuis l’automne pour préparer cette journée », explique Guillaume Fuchs. Et depuis quelques semaines, bien que les chantiers d’ensilage soient venus s’intercaler de manière prématurée dans le calendrier, le rythme des rencontres s’est accéléré : les animations, la circulation sur le site, les parkings, le ravitaillement, la promotion de l’événement, la mobilisation des exposants et des bénévoles, les questions de sécurité… rien n’a été laissé au hasard. Dimanche 26 août, les JA du canton de Haguenau pourront compter sur le soutien de 200 bénévoles, dont leurs aînés. Le choix des parcelles réservées aux laboureurs a été fait bien en amont, avant les semis de blé, toute la difficulté étant de trouver 40 ha de blé d’un seul tenant pouvant accueillir les compétiteurs et les milliers de visiteurs attendus. Au final, compte tenu des rotations envisagées, seuls 4 ha ont vu leur assolement modifié pour la finale. Entre 30 et 40 concurrents, qualifiés lors des concours cantonaux, sont attendus. Ils seront répartis en trois catégories : labour à plat, labour en planches et charrues de ferme. Monstres roulants et rumsteck d’ici Le programme concocté est aussi varié qu’attrayant : le public pourra découvrir la production de lait et de biogaz sur les deux fermes qui ouvriront leurs portes (lire en pages 4 à 6), assister au concours charolais (lire en p 8) ou aux démonstrations d’attelage de chevaux (lire en p 5), faire un baptême de l’air en hélicoptère. Les démonstrations de tracteur pulling promettent du spectacle : voir ces monstres roulants de plusieurs milliers de chevaux s’affronter en tirant d’énormes poids est toujours impressionnant (lire ci-contre). Une mini-kermesse avec jeux autour de la ferme et de l’élevage est prévue pour les enfants. Côté restauration, les organisateurs mettent un point d’honneur à ce que tout l’approvisionnement soit de provenance locale. Ce sera le cas du rumsteck, des frites et de la salade de carottes servis à midi, des grillades, du fromage blanc utilisé pour les tartes flambées, mais aussi des boissons servies à la buvette. Un vin d’honneur est prévu à 18 h en présence des élus, juste avant l’annonce du palmarès.

Pages

Les vidéos