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Foire européenne de Strasbourg

Le marathon inaugural

Publié le 14/09/2018

C’est la ministre des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, qui a inauguré la 86e foire européenne de Strasbourg. Un message fort, à quelques mois des élections européennes qui s’annoncent comme une échéance capitale pour le gouvernement français. Après la cérémonie officielle au palais des congrès les personnalités se sont rendues en cortège sur le Parc des expositions pour une visite inaugurale. La ministre s’est longuement attardée dans les allées de l’espace agricole, pour le plus grand bonheur des responsables des différentes filières.

C’est un vibrant plaidoyer pour Strasbourg, capitale européenne, et plus généralement pour l’Union européenne, qu’a fait Nathalie Loiseau lors de l’inauguration de la foire européenne de Strasbourg. Mais aucune référence à l’agriculture, alors qu’elle est l’un des piliers de la construction européenne, a souligné Denis Ramspacher, vice-président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, qui a accueilli la délégation venue visiter le parc agricole avec Julien Koegler, président des JA du Bas-Rhin, vendredi 7 septembre. La ministre n’a pas boudé son plaisir : elle a déambulé dans les allées, tendant une oreille attentive aux explications des professionnels et se prêtant avec bonne grâce au rituel de la dégustation des produits du terroir. La diversité de l’agriculture alsacienne, l’obtention de l’IGP choucroute d’Alsace, la pérennisation des races régionales de poules et de lapins, les prévisions optimistes de vendanges, la sauvegarde du métier de sculpteur sur bois, un panorama très large a été dressé à cette occasion. « C’est bien qu’elle prenne le temps de s’arrêter à tous les stands », a déclaré Josiane Hoffmann, directrice du salon à Strasbourg Événements. Et elle sait de quoi elle parle : elle participait pour la 44e fois à cet événement qui marque la rentrée économique et politique alsacienne.

La famille des pommes s’agrandit

Oh wie nett !

Publié le 12/09/2018

Natti, tel est le nom de la nouvelle variété de pomme alsacienne dévoilée la semaine dernière. C’est le GIE Pom’Est qui est à l’origine de cette création. Mais pourquoi une telle initiative ?

Le marché local est dominé par les variétés jonagored, gala et golden, qui trustent à elles seules plus de 60 % des ventes. Mais le consommateur est friand de nouveauté et, pour satisfaire ses attentes, les producteurs ont décidé de lancer cette pomme bicolore à la chair sucrée et acidulée, caractéristique du terroir alsacien. Cette pomme répond aussi à des critères agronomiques et techniques très précis. Une vigueur plutôt faible à moyenne car les sols alsaciens sont poussants ; une régulation homogène ; une époque de récolte intermédiaire entre jonagored et braeburn ; une faible sensibilité à la tavelure, au chancre et au phytophtora ; une faible appétence pour le carpocapse, le puceron cendré et le lanigère. Et enfin, une bonne conservation pour assurer la commercialisation jusqu’à la saison estivale. « L’étendard de la pomme alsacienne » « La période de commercialisation pourra démarrer dès la récolte, c’est-à-dire à partir de la mi-octobre, et pourra se prolonger jusqu’en mai », indique Rudy Hecky, producteur de fruits à Steinseltz. La commercialisation, justement, est assurée par un seul metteur en marché, le GIE Pom’Est, dont il est le président. « C’est une très belle variété qui devrait rapidement devenir l’étendard de la pomme alsacienne, indique-t-il. Elle nous permettra de nous démarquer des gros bassins de production de pommes au niveau français et européen. » La distribution est demandeuse d’une variété à forte identité régionale. Mais le pari n’est pas encore gagné : il faudra créer la marque, inventer un packaging pour la mettre en avant. « Avec cette variété, nous pourrions nous situer sur un créneau de bonne qualité, avec un niveau de prix supérieur à la choupette mais inférieur à la pink lady. Avec un calibre moyen et homogène, nous pourrions promouvoir le plateau vrac et les barquettes emballées de 4 ou 6 fruits, ainsi que les paniers bois de 1,5 kg. Afin de ne pas dévaloriser cette variété, j’éviterais le sachet de 2 kg. » Le volume minimum de production se situe entre 1 000 et 1 500 tonnes. « Nous aurions une exclusivité de dix ans, avec environ 20 à 30 hectares à planter d'ici 2020. » La production montera en puissance progressivement. L’arrivée des premiers fruits est attendue fin septembre, pour un volume qui restera confidentiel, de l’ordre de 15 à 20 t. Dès l’année prochaine, 150 à 200 tonnes devraient être récoltées, et à partir de 2022, les volumes disponibles devraient être supérieurs à 1 000 t, selon les prévisions.

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