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À Sélestat, les vignerons, les bouchers avec les agriculteurs

Des lendemains incertains

Publié le 04/12/2018

Grande mobilisation à Sélestat, avec plus du double d’agriculteurs attendus par les organisateurs, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs. Parmi les sujets locaux, l’extension d’Europa-Park sur les terres agricoles, les sangliers ou encore la loi EGAlim, vécue comme un fiasco.

Dans le cortège, l’imposante machine à vendanger trahit la présence des viticulteurs, qui ont exprimé le même ras-le-bol sur les mouvements végans, l’agribashing et la question de la juste rétribution du travail que la loi EGAlim aurait dû régler… « Nous sommes très concernés par l’agribashing, et face aux végans le vin en particulier est concerné », explique Olivier Sengler, viticulteur à Scherwiller. Devant les grilles de la sous-préfecture de Sélestat, les manifestants improvisent un barbecue. Et c’est le boucher Francis Jaegli qui fournit gracieusement les saucisses, en guise de remerciement pour le soutien affiché de la presse agricole et des agriculteurs à la fédération des bouchers charcutiers, lors des exactions véganes début novembre  #manifagri67 Fracid Jaegli boucher a Selestat venu soutenir la cause contre l’agribashing pic.twitter.com/KswVEhSCsJ — EAVPHR (@EAVPHR) 3 décembre 2018     Ce sont plusieurs dossiers locaux sensibles qui ont été soumis à l’attention des autorités, par la délégation conduite par Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA, et Julien Koegler, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin. Il a fallu attendre la manifestation des agriculteurs pour que les autorités ordonnent une battue administrative contre les sangliers dans le Val de Villé, battue réclamée depuis longtemps, déplore Julien Koegler. « La suppression du TODE serait le pire des messages » Autre sujet d’inquiétude : l’inexorable consommation des terres agricoles avec les projets de village des marques à Dambach-la-Ville et d’extension d’Europa-Park sur l’autre rive du Rhin sur une surface de 60 hectares : « On n’a pas tous les éléments, on veut être vigilant. Il s’agit d’expliquer aux élus ce que sont les aménagements fonciers d’aujourd’hui. Mais il ne s’agirait pas que les compensations environnementales se traduisent par une double ou triple peine pour les agriculteurs », a mis en garde le président des JA du Bas-Rhin. Sur un plan plus national, le député Antoine Herth a dit, au micro, sa déception de l’évolution de la loi EGAlim, « qui se traduit par plus de contraintes que d’avancées. Sur la question de la valeur ajoutée, tout reste à faire. On attend des décrets. Ça presse, car les négociations commerciales vont commencer. » Le député a attiré l’attention sur les retraites : une réflexion sur l’avenir du système est engagée. L’idée prônée par le gouvernement serait de fusionner l’ensemble des régimes. « J’espère que ça corrigera les injustices dont sont victimes les retraités agricoles », a indiqué Antoine Herth qui appelle à la vigilance sur ce dossier. Enfin, « la suppression du TODE serait le pire des messages envoyés au monde agricole dans le contexte actuel », a ajouté le député. Il craignait que lors du vote de la loi de financement de la Sécurité sociale, mercredi dernier à l’Assemblée nationale, « le gouvernement ait la mauvaise idée de présenter un amendement de suppression ». Pour l'instant les agriculteurs ont sauvé leur peau.

Publié le 04/12/2018

L’Alsace est une région économiquement bien portante. Des entreprises s’y installent, drainent des salariés, qui se logent, se déplacent, s’amusent… Bref, consomment du foncier. Dans ces conditions, exercer le métier d’agriculteur devient de plus en plus compliqué. C’est ce que les agriculteurs sont venus dénoncer à Brumath. Car la fonction première de la terre reste tout de même de nourrir la population.

Les agriculteurs du secteur de Brumath en ont gros sur la patate. Il y a quelques années, ils étaient prélevés de près de 200 hectares de terres agricoles, destinées à aménager la plateforme départementale d’activités de la région de Brumath, un projet censé réduire la consommation de foncier par ailleurs, en évitant de créer de multiples zones d’activités. Plusieurs dizaines de lotissements plus tard, on ne peut que constater que l’artificialisation de ce secteur est tout sauf freinée. Mais ce qui cristallise la colère des agriculteurs, ce sont les difficultés qu’ils rencontrent pour se déplacer. Jean Strohl, agriculteur à Brumath, explique : « L’offre scolaire a été étoffée dans la commune, ce qui est normal, mais cela s’est accompagné d’un aménagement routier qui nous pénalise. L’avenue de l’Europe, que nous empruntions pour traverser Brumath sans passer par le centre-ville, a été mise en sens unique, et la bande de roulement réduite à 3,5 m. » Or, pour que les engins agricoles puissent circuler en sécurité, il faudrait une bande de roulement d’au moins 4 m. Car, à 3,5 m, « il suffit qu’une voiture soit un peu mal garée pour qu’on ne passe plus ». Un itinéraire bis a certes été proposé aux agriculteurs. Mais il passe par le lotissement. Et, oh surprise, « des riverains se sont plaints du trafic engendré », rapporte Jean Strohl. Résultat : les agriculteurs errent dans le secteur, à la recherche de passages adaptés : « Je me suis promené une demi-heure dans les champs avec mon arracheuse à betteraves », rapporte l’un d’eux. Chicanes, dos-d’âne… le super slalom des agriculteurs Les agriculteurs ont donc le sentiment d’être devenus persona non grata dans leur propre commune : « On a l’impression que la municipalité ne veut plus voir d’agriculteurs dans Brumath », regrette Jean Strohl. Face au maire Étienne Wolf, Joseph Schneider, agriculteur à Bilwisheim, lance : « On n’est pas des pestiférés ! On a l’impression que vous nous mettez dans un coin. » L’édile lui oppose la sécurité des piétons, qu’il se doit d’assurer, et qui a justifié certains aménagements pour faire ralentir les voitures. Mais Joseph Schneider rétorque : « Nous aussi nous engageons notre responsabilité vis-à-vis de ceux qui viennent en face. Et nous en sommes arrivés à devoir slalomer entre les voitures. Vous trouvez ça normal ? ! » Les agriculteurs évoquent aussi les chicanes, les dos-d’âne surdimensionnés qui leur massacrent les vertèbres : « Nous aussi nous avons droit au respect de nos conditions de travail ! » Fabien Metz, président FDSEA du canton de Brumath, calme les esprits : « Nous comprenons que vous avez des demandes de citoyens à satisfaire, mais il faut aussi pouvoir cohabiter avec le monde agricole. Et cela passe par davantage de concertation en amont. »   #manifagri67 #Brumath. Les tracteurs quittent la ville : « On est pas des pestiférés », lance un agri. C’est dit ! RDV à #Eckwersheim pic.twitter.com/Sxp1rDx9bP — EAVPHR (@EAVPHR) 3 décembre 2018     Ce que les agriculteurs revendiquent, c’est un chemin agricole, suffisamment rectiligne pour ne pas avoir à effectuer 36 manœuvres avec des remorques, et qui ne devienne pas un contournement de Brumath emprunté par toute la population. Une délégation d’agriculteurs a été reçue par le maire et le président de l’association foncière. Une solution doit pouvoir être trouvée moyennant quelques échanges de parcelles. Reste à savoir comment financer ce chemin. Fabien Metz suggère de mutualiser des moyens à différentes échelles puisque ce chemin ne sera pas utilisé que par des agriculteurs de Brumath. Les deux parties se sont quittées après avoir fixé une date pour une visite de terrain devant permettre d’affiner les contours du projet. Qui pourrait aboutir ce printemps. Puis, les tracteurs se sont élancés vers Eckwersheim, où un autre projet d’aménagement gênerait les agriculteurs dans l’exercice de leur activité : un pont qui enjambe le canal doit être refait, et pourrait devenir interdit aux engins de plus de 3,5 tonnes, soit à un certain nombre de convois agricoles. Le pont en question a donc été bloqué par les tracteurs, tandis qu’une délégation rencontrait le maire d’Eckwersheim.

Concours du plus beau rayon de fruits et légumes d’Alsace 2018

Du très haut niveau

Publié le 15/11/2018

Mardi 13 novembre, l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace remettait les prix du concours du plus beau rayon de fruits et légumes d’Alsace 2018. L’occasion de rappeler que la mise en avant des produits locaux profitent à tous : producteurs, distributeurs et consommateurs.

Du 2 au 6 octobre derniers, plusieurs jurys composés de producteurs, grossistes, directeurs de magasin, responsable de centrales d’achat, salariés de Sodexo, journalistes, ont arpenté les rayons des 50 points de vente ayant participé à la cinquième édition de ce concours. Ces derniers étaient classés en catégories, afin de pouvoir comparer ce qui est comparable. Il y en avait cinq : les supérettes, les supermarchés, les hypermarchés, les magasins de producteurs et les restaurants Sodexo, représentant la restauration hors domicile. Les réalisations des chefs de rayon fruits et légumes étaient notées sur différents critères : impression générale, soin apporté à la présentation, assortiment de la gamme, respect de la saisonnalité, présentation des produits, qualité et fraîcheur, information du consommateur (étiquetage), qualité, utilisation des objets publicitaires élaborés par l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) pour mettre en avant et valoriser les fruits et légumes d’Alsace, mise en valeur des produits bios, de saison… Pour des étalages attractifs 365 jours par an C’est Pierre Lammert, président de l’Ifla, qui a accueilli les participants à la cérémonie de remise des prix à la cave du Roi Dagobert à Traenheim. Ses remerciements sont allés à la Région Grand Est, aux jurés, à Sara Guntz et Yannick Wihr, chevilles ouvrières de ce concours à l’Ifla, à Boris Wendling, vice-président de l’Ifla où il représente les distributeurs, et bien sûr aux magasins et restaurants participant : « Nous avons vu de très belles choses, fruits d’importants efforts pour mettre en avant les fruits et légumes d’Alsace », s’est félicité Pierre Lammert, qui estime que la mise en avant de ces produits par des étalages attractifs constitue un atout pour les producteurs, les distributeurs et les consommateurs. Car cela incite les consommateurs à manger davantage de fruits et légumes. Donc à en acheter plus. D’après lui, les ventes de fruits et légumes augmenteraient de 10 à 30 % dans les magasins participants durant l’opération. Du coup, pourquoi se limiter à quatre jours par an ? Pour Pierre Lammert, il y a tout intérêt à mettre les fruits et légumes d’Alsace en lumière 365 jours par an. Nous faisions partie du jury, retrouvez notre tournée en images, avec une interview de Sara Guntz :  

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