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Les produits locaux à Métro

De la fourche, au caddie, à la fourchette !

Publié le 05/07/2023

Métro Strasbourg, à Souffelweyersheim, est le Métro français commercialisant le plus de produits locaux. Lundi 26 juin, comme dans 29 autres Métro de l’Hexagone, l’enseigne dédiée au commerce de gros à destination des professionnels indépendants, a mis en valeur ses fournisseurs, producteurs agricoles et transformateurs du cru. Les discussions et les dégustations avec les clients restaurateurs ont permis de redorer encore un peu plus, s’il le fallait, le blason du Made in Alsace. Mais il n’y avait pas de promotion.

L’interprofession des fruits et légumes d’Alsace, la distillerie Meyer’s, Alsace Lait, les volailles Bruno Siebert, la brasserie Licorne, Boehli, la fromagerie Haxaire, la choucrouterie Lepic, les eaux Wattwiller et Carola, les boissons Lisbeth, les cafés Reck, Pierre Schmidt, les produits de la Cigogne, Schneider pro et même des producteurs de safran local : lundi, les fournisseurs alsaciens de Métro Strasbourg, à Souffelweyersheim, étaient à l’honneur à l’entrée du magasin de professionnels des métiers de la bouche. Présentation de leurs entreprises et de leurs produits, dégustations : certains ont fait mouche auprès de chefs curieux non avertis, mais la majorité des fournisseurs alsaciens sont déjà bien connus. « L’Alsace est au premier rang de la consommation locale, en France, a rappelé Sébastien Muller, le président de l’Association régionale des entreprises alimentaires du territoire Alsace (Aria Alsace). De l’apéritif au digestif, nos plus de cent membres régalent : la preuve en est, ici ! Les marques Savourez l’Alsace et Savourez l’Alsace - Produits du terroir, ce sont plus de 4 000 produits. Nous comptons sur Métro pour être bien identifiés dans le magasin. » Le 26 juin, impossible de passer à côté des marques alsaciennes, en tout cas. Métro endosse même une autre responsabilité. « Nous sommes le maillon qui permet de regrouper tous les acteurs de l’alimentaire pour qu’ils parlent au client final de l’origine France et locale, car les consommateurs sont sensibles à cela », a souligné Jean-Michel Braun, le directeur de Métro Strasbourg.     Un quart de l’offre alimentaire est local Cette journée dédiée à l’origine France dans 29 « halles » de l’Hexagone, comme sont appelés aujourd’hui les magasins Métro, s’intitule le « Big bang origine France ». Elle permet de célébrer la Charte Origine France, une initiative du 28 janvier 2020, signée par douze fédérations majeures la filière restauration hors domicile (RHD), dont la FNSEA. « Le lait, les œufs, le lapin, les pommes de terre, les steaks hachés, les tartares, les produits de la mer sont 100 % français chez Métro pendant les périodes de production saisonnières, idem pour les fruits et légumes. Nous avons réussi à accroître la part d’origine France de 4 % dans la boucherie, depuis le lancement de cette charte », a partagé Jean-Michel Braun. Le directeur a appelé à rester mobilisé pour promouvoir l’excellence des produits français et répondre aux attentes des restaurateurs et concitoyens. Sébastien Richard, du Gaec du Chênesire à Steige, administrateur d’Alsace Qualité, qui informe et sensibilise les Alsaciens à consommer des produits locaux au travers de la marque Savourez l’Alsace - Produit du terroir notamment, a d’autant plus apprécié cet appel qu’il s’inquiète du renouvellement des générations agricoles. Au micro le 26 juin, pour soutenir l’action de Métro, il a déclaré : « La souveraineté alimentaire est un sujet important pour nous. Les jeunes générations d’agriculteurs ont besoin d’un engagement pour se projeter ; d’une vision sur les volumes, les prix, de contractualisations, pour s’installer. » Les chiffres présentés par Métro prouvent encore sa politique volontariste en faveur de l’origine France : 70 % de ses produits sont français ; sur 45 000 références au total, 7 000 sont des produits du terroir, soit 25 % de l’offre alimentaire, et sur 4 000 fournisseurs, un quart sont des petits producteurs. En juin 2023, Métro France a créé une communauté de 1 000 clients « J’aime cuisiner français », pour augmenter la part des produits français dans leurs menus. À la rentrée 2023, Métro organisera des portes ouvertes chez ses fournisseurs agriculteurs, dont une en Alsace.

Publié le 04/07/2023

Une fois moissonnées, les céréales d’hiver vont généralement laisser la place à des couverts végétaux. De plus en plus de solutions existent pour en tirer le meilleur parti possible. Thierry Kolb, technico-commercial en charge des intercultures et des cultures fourragères au Comptoir agricole a fait le point lors du Rendez-vous de juin organisé par la coopérative.

Les raisons d’implanter un couvert sont nombreuses : piéger des éléments minéraux, voire produire de l’azote avec des légumineuses, restructurer le sol grâce aux racines des plantes, limiter le salissement, produire de la matière organique, préserver la vie du sol en la protégeant des températures excessives… « Les objectifs sont propres à chacun. Mais, une chose est sûre, plus le couvert produit de biomasse, plus les services rendus sont importants », pointe Thierry Kolb. Or pour obtenir le plus de biomasse, le meilleur moyen consiste à laisser les plantes suffisamment longtemps en place. Aussi Thierry Kolb incite les agriculteurs à laisser les couverts en place le plus longtemps possible, jusqu’en décembre, voire en janvier : « Souvent, ils peuvent encore piéger des éléments minéraux. Et, surtout, s’ils sont détruits trop tôt, ils commencent à être minéralisés alors qu’il n’y a rien pour absorber les éléments minéraux libérés ». Espèces, choix variétal, date et méthode d’implantation jouent également. Différentes techniques d’implantation sont envisageables : semoirs à disques, à dents, chisel avec semoir à la volée… Pour Thierry Kolb, la méthode d’implantation la plus efficace est « le semis direct au cul de la moissonneuse-batteuse ». Cela permet de profiter de l’humidité résiduelle laissée dans le sol par la culture pour que le couvert commence à s’implanter. « Parfois on ne voit rien jusqu’en septembre et, à la première pluie, le couvert explose », rapporte le technicien. Autrement dit ce n’est pas parce qu’on ne voit rien qu’il ne se passe rien : les plantules émettent d’abord des racines, et les parties aériennes émergent dès que la quantité d’eau le permet. Si le semis direct donne d’aussi bons résultats, c’est aussi parce que « les graines sont placées dans l’humidité avec le moins de perturbations possible, ce qui limite les levées d’adventices, sachant que le couvert doit impérativement démarrer avant les adventices ». Autre atout de la technique : elle est sobre en carburant. Semis à la volée avant la moisson Les couverts peuvent aussi être semés à la volée avant la moisson. Une technique qui combine deux difficultés : le choix des espèces adaptées, et la technique d’apport des graines dans la parcelle. Pour lever ces difficultés, les semenciers proposent des mélanges spécifiques. Thierry Kolb cite le mélange Radisvolée MAS (pour Méthode Alpha Semences, développée par l’entreprise éponyme), composé de 10 % de phacélie, de 50 % de vesce velue et de 40 % de radis fourrager tardif anti-nématode, et dont les graines sont enrobées sur un support permettant leur semis à l’épandeur jusqu’à une distance de 36 m. Ou encore le mélange Bledor Sys Fly, contenant de la moutarde brune, de la vesce velue et de la vesce pourpre, la moutarde étant enrobée pour être alourdie. « Avec 80 % de légumineuses, il est conçu pour être semé entre deux céréales à paille », indique Thierry Kolb. Le semis à la volée avant moisson donne généralement de bons résultats, à condition de respecter certaines précautions. Il est par exemple conseillé de ne pas semer trop tôt avant la moisson, au risque de voir les plantules s’étioler à la recherche de lumière. Et, après la moisson, il est conseillé de broyer et répartir les pailles pour favoriser la germination du couvert. Dans le créneau des mélanges muti espèces, Thierry Kolb cite RGT Cover hivernal, un mélange complexe d’espèces à cycle long, à semer tôt, de préférence pas avant un tournesol puisqu’il en contient. « Le mélange contient du sorgho, qui peut servir de tuteur aux vesces et favorise la formation de mycorhizes », poursuit Thierry Kolb, qui précise : « C’est un mélange haut de gamme. Il faut compter une soixantaine d’euros par hectares, mais il donne de très bons résultats ». Le mélange RGT Sol Nitro, plus simple, n’en reste pas moins efficace. Il se compose de radis fourrager, de moutarde d’Abyssinie, de vesces et de phacélie. « De manière générale, le rapport C/N d’un couvert ne doit pas dépasser 20, pour éviter que sa dégradation ne crée une faim d’azote. C’est pourquoi, nous privilégions des mélanges qui comprennent des légumineuses et des espèces tardives, qui se lignifient tard », conclut Thierry Kolb.

Publié le 04/07/2023

Basé dans les locaux de l’Académie internationale des vins en Alsace (Aiva), le second incubateur de start-up du secteur des vins, bières et spiritueux lancé par l’entrepreneur bordelais Bernard Magrez est opérationnel. Les sept entreprises déjà recrutées seront accompagnées pour développer leurs projets.

Rodolphe Mondin et Julien Houssiaux (en photo ci-dessous), cofondateurs de la start-up Mondin, travaillent depuis cinq ans au développement d’un matériau alternatif au cuir, à partir de marc de raisin. Ce qui les a motivés à mettre au point ce matériau, c’est la prise de conscience de la pollution engendrée par la fabrication du cuir. « Pour passer d’une peau brute à une peau tannée, il y a 25 à 30 étapes, dont le lavage, le tannage, la teinture, qui génèrent de la pollution, souligne Rodolphe Mondin. Dans le même temps, l’élaboration du vin génère une production abondante de marcs : 850 000 tonnes en France, selon le jeune entrepreneur, qui se base sur les chiffres 2016. Utiliser ces marcs, généralement envoyés en distillerie, pour en faire un matériau utilisable par l’industrie du luxe, c’est l’idée des cofondateurs de Mondin. Il leur a fallu procéder à différents essais pour aboutir à Nisiar (raisin à l’envers), nom déposé de ce nouveau matériau : améliorer le traitement du marc, trouver le bon dosage entre marc de raisins et polymères d’origine végétale pour que le matériau mis au point possède les qualités recherchées : une bonne élongation, une résistance suffisante aux UV, une souplesse et un toucher qui le rendent désirable pour les entreprises de luxe, réputées exigeantes. Un travail de recherche et développement indispensable, avant d’entrer dans la phase d’industrialisation et de commercialisation. Différents niveaux d’accompagnement Installée à Bayonne, Mondin a rejoint le premier incubateur de start-up Bernard Magrez, basé près de Bordeaux. L’entrepreneur bordelais l’a ouvert en 2021 avec la volonté de contribuer à l’émergence d’entreprises innovantes dans les domaines du vin et de la vigne. Le Bernard Magrez Start-up Win de Bordeaux a accompagné 70 projets depuis sa création, indique Camilo Gomez, responsable marketing et communication chez Bernard Magrez Grands vignobles. La troisième promotion a fait sa rentrée en janvier 2023. Le programme d’accompagnement et de formation proposé aux candidats, d’une durée d’un an renouvelable, est fonction du degré de maturité du projet : un premier niveau pour les start-up « qui veulent grandir et recherchent un accompagnement fort » ; un second niveau pour les entreprises plus matures, incluant des mises en relation et la participation à des événements susceptibles d’accélérer le développement des jeunes pousses. La start-up Mondin a bénéficié de ces deux niveaux d’accompagnement, accédant notamment à un suivi quotidien par un « start-up manager » expérimenté et à un soutien renforcé à la communication. Mieux : lorsqu’est venu le moment de lever des fonds en 2022, Bernard Magrez a pris une participation dans la start-up à hauteur de 15 %. Les premières pièces en série limitée conçues par Mondin - porte-bouteilles, étuis pour couteau sommelier, ceintures - sont commercialisées dans la boutique de l’un des domaines de l’entrepreneur bordelais. Sur le modèle de l’incubateur bordelais, Bernard Magrez a ouvert un deuxième incubateur dans les locaux de l’Académie internationale des vins en Alsace (Aiva), à Landersheim, ex-siège de l’entreprise Adidas. Inauguré le 15 juin, ce dernier devrait accueillir sa première promotion en septembre prochain. Un appel à candidatures international a été lancé aux start-up du secteur des vins, bières et spiritueux « au sens large ». Sept d’entre elles ont déjà signé, dont une jeune pousse australienne, mentionne Camilo Gomez. L’implantation de cette pépinière d’entreprises innovantes, « dans un cadre paisible et serein » mais proche de plusieurs pays européens limitrophes tels que l’Allemagne, la Suisse et la Belgique, atteste d’une volonté d’ouverture à l’international. « C’est ce qui fait la différence avec l’incubateur de Bordeaux », confirme-t-il. Un programme entièrement en anglais est d’ailleurs prévu pour les start-up internationales qui souhaitent bénéficier d’un accompagnement en ligne. Autre différence avec le premier incubateur Bernard Magrez : pour lui donner un ancrage régional, les concepteurs ont fait appel à Quest for change, une structure qui fédère six incubateurs dans le Grand Est (dont Semia pour l’Alsace), financés en partie par les collectivités publiques. « Nous intervenons dans la structuration des projets et accompagnons les porteurs de projets jusqu’à ce qu’ils n’aient plus besoin de nous », indique Paul Klein, directeur adjoint de Quest for change. 270 projets sont actuellement suivis par la structure qui affiche un taux de viabilité à cinq ans des entreprises accompagnées de 80 %. À Bordeaux, où l’incubateur Bernard Magrez s’est entouré de la technopole Unitec, ce taux atteint 86 %.

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