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Publié le 09/07/2023

Le Verexal, l’association du verger expérimental d’Alsace, vit à plus d’un tiers de subventions, le reste étant du financement propre, grâce au magasin de vente directe. Malgré la conjoncture, le niveau des aides reste inchangé de la part de la Chambre d'agriculture Alsace (CAA), un des plus importants pourvoyeurs. Un récent audit met l’accent sur le besoin de structurer les expérimentations : une embauche est prévue en ce sens.

L’assemblée générale du Verexal a débuté, mercredi 29 juin, par le rapport moral du président Pierre Barth et quelques nouvelles fraîches des productions fruitières arboricoles. 2023 sera a priori, une bonne année en fruits. L’Alsace a été épargnée par le gel : il n’y a pas eu de dégâts significatifs. Les six dernières semaines sans pluie, ou les quelques gouttes, sont source d’une inquiétude naissante aujourd’hui tout de même, mais surtout de réflexions sur l’irrigation, qui n’avait alors cours que dans le Haut-Rhin. Malgré son coût élevé, l’irrigation sera sûrement envisagée de plus en plus pour sécuriser les rendements en fruits, comme dans d’autres productions. Le bilan positif de 2022 est en partie lié aux calamités agricoles, à cause des épisodes de gel en 2021 et 2022, admet le président. Mais l’engagement sans faille d’Hervé Bentz, chargé d’expérimentation et responsable de la station, et la fin de la construction du nouveau bâtiment du Verexal, grâce entre autres, aux financements de la Collectivité européenne d’Alsace (CEA) et de la Région Grand Est, sont aussi une source de bien-être financier. Le Verexal manque de main-d’œuvre, a aussi souligné Pierre Barth, devançant le dévoilement des préconisations de l’audit du Verexal, et ajoutant qu’il est souhaitable que le Verexal se recentre sur son rôle d’expérimentateur. La visibilité de la station est aussi à travailler selon lui, et surtout du magasin de vente directe : « un gros souffle » pour la trésorerie, puisque le Verexal grâce à cela, s’autofinance à plus de 60 %. Pierre Barth a résumé la situation de l’arboriculture française en général : si pour les fruits à noyau, c’est toujours aléatoire, dans l’ensemble, le marché fruitier arboricole est porteur depuis trois à quatre années, surtout en pommes, d’où notamment les investissements sur la Natti, la pomme d’Alsace. Le changement climatique entraîne des épisodes de gel de plus en plus fréquents, notamment en Alsace, qui est éloignée des gros bassins de production français. « Il faut maintenir les essais ici », a donc conclu Pierre Barth. Avant de passer la parole à Hervé Bentz, il a insisté sur la nécessité d’expérimenter encore les produits de biocontrôle. Des subventions stables Hervé Bentz a pointé un déficit passé permettant encore au Verexal d’échapper à l’impôt sur les sociétés. Les comptes de résultat de 2022 affichent environ 638 000 euros de dépenses, et un peu plus de 652 000 euros de recettes. Le résultat se chiffre donc à 13 850 euros environ. La main-d’œuvre représente la dépense la plus élevée. La commission pour la carte bancaire est chère, mais le gain de temps et la praticité du paiement par CB valent le sacrifice. Les ventes de fruits et marchandises représentent deux tiers environ des rentrées d’argent du Verexal. Le tiers restant est composé de subventions, dont celle de la CAA s’élevant à 45 000 euros, un montant inchangé, et que Denis Ramspacher, le vice-président de la CAA, s’engage à défendre à l’avenir. Si l’aide de la Région Grand Est est quelque peu moindre en 2022 par rapport à 2021 (on est en dessous des 100 000 euros), Patrick Bastian, qui siège à nouveau à la collectivité, a promis de sensibiliser ses pairs. Les subventions de FranceAgriMer sont de plus en plus difficiles à obtenir, a pointé Hervé Bentz, puisque le ministère souhaite qu’une bibliographie internationale scientifique justifie les recherches de terrain des stations françaises. Or, sur la quetsche d’Alsace par exemple, aucune bibliographie n’existe. De facto, le financement FranceAgriMer est inenvisageable pour les expérimentations sur cette production. Le conseil d’administration a été renouvelé à l’unanimité ; tous ont été candidats à leur réélection. Restructuration des expérimentations Fabien Digel, représentant la CAA à l’AG et directeur de Planète Légumes (la station d’expérimentation en cultures légumières) a ensuite présenté les conclusions de l’audit du Verexal, réalisé par Pierre Gaillard, ex-directeur de la station d’expérimentation du Sud-Ouest. Les statuts de l’association seront à modifier puisqu’ils datent de la création de la station, en 1980. Aussi, si l’adhésion des arboriculteurs n’est pas directe et qu’elle passe par la CAA, une ligne mentionnant le coût de l’adhésion au Verexal sur la facture, serait bienvenue. En effet, le conseil de la CAA est lié au Verexal, « support de service technique ». L’accent devra être remis sur les expérimentations, avec la création de trois pôles : pommes-poires, fruits à noyau et cerises-abricots-pêches. Les groupes de travail afférant feront remonter les besoins du terrain pour choisir les stratégies d’expérimentations les plus pertinentes. Le Verexal recrute un (e) responsable technique et d’expérimentation, pour gérer et animer le groupe. Le renouvellement du verger est autre point d’amélioration à opérer, pour que la production remonte en puissance. Le budget prévisionnel 2023 a été adopté : il diffère peu de celui de 2022. Hervé Bentz a enchaîné sur le nécessaire tri effectivement dans les expérimentations choisies, et le travail sur le verger en 2023. « Plus on s’éloigne de la nature, moins ça fonctionne », constate-t-il, peu amateur de la formation biaxe pour les arbres de fruits à noyau, qu’il souhaite densifier, limiter en hauteur. La mécanisation partielle de la taille sera renforcée par ailleurs. Quant aux protections climatiques et contre les ravageurs, le biocontrôle est validé en fongicide mais pas encore en insecticide. La recherche continue. Les protections contre le gel sont aujourd’hui obligatoires, au même titre que celles contre la grêle. L’irrigation au goutte-à-goutte va reprendre cette saison, après des décennies sans, grâce à un puits et des canalisations enterrées, a priori : 13 m3/heure. Tous les fruits à pépins seront irrigués. « C’est la solution la plus rapide et la moins onéreuse », a précisé Hervé Bentz. La régulation de la production, « phase la plus risquée » doit aussi permettre de faire face aux aléas climatiques, ainsi que le choix des variétés, sans oublier qu’en Alsace, des - 12 °C peuvent être subis au printemps. Une plateforme automotrice permettra bientôt de poser les filets paragrêles sur les arbres qui sont de plus en plus hauts. Quant au nouveau bâtiment, reste à terminer l’aire de lavage et remplissage des produits phytosanitaires, les box (dédiés à Planète Légumes, la CAA, le Verexal), les abords et les conduites d’eau ; soit quasiment 200 000 euros de dépenses, presque l’équivalent de celles déjà réalisées. Concernant la communication, le Verexal et Planète Légumes seront à Foliflore, à Mulhouse, cet été ; une manifestation tournée vers le grand public. Les deux stations d’expérimentation organiseront surtout une rencontre pour tous les professionnels du secteur, le 6 février 2024, à Cigoland, à Kintzheim.

Service de remplacement du Bas-Rhin

On ne change pas une équipe qui gagne !

Publié le 08/07/2023

L’assemblée générale du Service de remplacement Bas-Rhin (SR 67) vendredi 23 juin, a été l’occasion de rappeler l’importance d’anticiper les congés maternité et paternité. En 2022, ces derniers ont engendré plus de remplacements que les arrêts de travail pour accident, maladie et hospitalisation réunis. Et c’est tant mieux ! Par ailleurs, les chiffres de 2022 sont stables en comparaison à ceux de 2021.

En 2022, près de 7 900 jours de services tous motifs confondus, ont été rendus par le SR 67 : accident, hospitalisation, maternité, paternité, congés, complément de main-d’œuvre, formation syndicale. Le nombre de jours travaillés par les agents du SR 67 a chuté de 1,5 % entre 2021 et 2022, mais il est toujours en légère hausse par rapport à une année d’avant Covid. 2022 enregistre ainsi une des plus fortes demandes de ces dix dernières années : en cause vraisemblablement toujours, la natalité (+20 % de remplacements pour maternité et +37 % pour paternité en 2022 par rapport à 2021). Les hospitalisations ont chuté un peu par rapport à l’année d’avant : une chance ! Les remplacements représentent plus de 63 500 heures en 2022, soit presque autant qu’en 2021. Le service compte 251 agents de remplacement, dont quatre sont en CDI, soit presque 40 ETP. Un salarié en CDI est parti mais un CDD (six mois) est arrivé. En moyenne, une soixantaine de bulletins de salaire sont édités par mois pour le SR 67, par le Centre de fiscalité et de gestion (CFG) du Bas-Rhin. Les salariées administratives représentent, elles, 1,5 ETP. Marylin Chardonnet, responsable administrative et financière, est revenue à son poste suite au départ d’Audrey Schmitt. Un peu plus de 430 agriculteurs adhèrent au SR 67, soit une centaine de plus que l’an passé. Ils sont 438 à utiliser le service, dont 26 femmes, soit quasiment moitié moins de femmes que l’an passé. Une dynamique de réseau Yannis Baltzer, nouveau président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, a passé sa première année de présidence du SR 67 avec brio. La communication a été au cœur des préoccupations de 2022. Presse agricole locale, réseaux sociaux, diffusion des offres d’emploi mais aussi pédagogie sur le SR 67 et mise en valeur des salariés, présence aux journées de l’installation à Obernai, aux stages à l’installation, à la finale départementale de labour et au festival de l’élevage à Brumath : tous les moyens sont bons pour faire connaître le service. Au vu des adhésions qui ont grimpé, ça fonctionne ! Christophe Haas, président du SR France et du SR Grand Est, et très investi au SR 67, rappelle aussi l’importance de l’échelon régional. La deuxième journée des Olympiades du SR a mis à l’honneur deux agents de remplacements bas-rhinois, Pierrick et Nicolas. Ils ont entre autres dégorgé du champagne dans la Marne, où avaient lieu les épreuves. Premiers sur les dix départements du Grand Est, ils vont concourir au championnat national qui se tiendra à Cambray, durant les Terres de Jim, rassemblement national des JA. « Le réseau impulse une dynamique », rappelle Christophe Haas. Les gestionnaires du SR 67 ont insisté pour que la communication positive serve aussi à fluidifier l’utilisation du service. Quant aux congés maternité et paternité, « plus on le sait tôt, mieux c’est », répète Marylin Chardonnet. L’aide au répit a légèrement augmenté en 2022, mais la communication doit aussi se poursuivre pour faire connaître le dispositif. Des partenaires impliqués Le budget 2022 a bien sûr été approuvé, tout comme le prévisionnel de 2023. En 2023, l’augmentation de certains taux et l’inflation perdurent. Le prévisionnel table sur des activités et budget stables par rapport à 2022. Avec l’augmentation des salaires et charges, une journée de remplacement coûtera 176 euros en 2023, contre 169 en 2022. Heureusement, grâce à l’engagement des partenaires, la charge des exploitations sur l’année en 2023 ne se verra pas augmentée : le président Yannis Baltzer, de même que Christophe Haas, tiennent à les remercier pour leur implication.

Publié le 05/07/2023

Depuis le mois de mai, Stéphane Janus est le nouveau directeur du Paysan du Haut-Rhin et de l’Est agricole et viticole. Présentation de son parcours, ses motivations, ses ambitions…

Depuis de nombreuses années, vous gravitez autour du monde agricole alsacien. Quel a été votre parcours avant d’arriver à la direction de nos deux journaux agricoles alsaciens ? Stéphane Janus : « Je suis âgé de 43 ans et domicilié à Herrlisheim dans le Bas-Rhin. Je suis marié et père de trois enfants. J’ai grandi dans la ruralité de notre belle Alsace, au plus près de la terre. S’il faut chercher trois générations avant moi pour trouver trace d’un agriculteur dans ma famille, je me suis imprégné de l’agriculture au lycée agricole d’Obernai. Après mon bac, j’ai effectué un DUT d’agronomie à Colmar au sein de la première promotion « valorisation et transformation des productions agricoles ». Après la réussite de mon master, j’ai effectué un stage à la Chambre d'agriculture du Haut-Rhin de l’époque. C’était au Groupement de développement des producteurs de légumes d’Alsace (aujourd’hui Planète Légumes NDLR). J’ai travaillé sur les cahiers des charges des productions légumières et sur les premiers événements agricoles comme Saveur et Soleil d’Automne aux Tanzmatten à Sélestat. J’ai ensuite postulé pour un remplacement de congé maternité à Bienvenue à la ferme 67 où j’ai créé avec Mireille Issler la première association Bienvenue à la ferme qui a regroupé toutes les sensibilités en une seule et même entité dans le Bas-Rhin. J’ai ensuite été au service agricole économique (Saera) jusqu’en 2007 avant de devenir le responsable de la communication de la Chambre d'agriculture du Bas-Rhin. J’ai également été responsable administratif pour les Terres à l’Envers en 2010-2011 avant de reprendre mes fonctions de responsable communication pour la Chambre cette fois au niveau Alsace. En 2016, j’ai eu la responsabilité de la confrontation holstein. Et depuis décembre 2016 et jusqu’au 30 mars 2023, j’étais responsable de la communication chez Groupama Grand Est ».   Après toutes ces expériences dans les coulisses de l’agriculture, pourquoi avoir accepté de prendre la direction de nos deux journaux agricoles ? « C’est mon appétence pour les médias. Je reste convaincu que le traitement de l’information est exigeant dans la société d’aujourd’hui. Et je suis motivé à l’idée d’apporter une information de qualité et ancrée dans son bassin de vie. Avec l’Est agricole et viticole et le Paysan du Haut-Rhin, j’avais envie de retrouver cette proximité avec les professionnels et de travailler avec les équipes sur le terrain. J’ai eu le plaisir de rencontrer des gens passionnés qui se confrontent au quotidien aux réalités économiques et sociétales. Ils participent à la promotion de ces métiers qui offrent une belle diversité à l’agriculture et à la viticulture sur notre territoire dynamique. Oui, c’est un monde passionnant ».   Vous avez rejoint l’équipe il y a plusieurs semaines, et les projets ne manquent pas. Quelles sont vos priorités à court, moyen et long terme ? « Je souhaite que nos journaux continuent d’offrir la possibilité de diffuser une information juste, précise, de qualité et locale à nos lecteurs actuels. Je souhaite diversifier les vecteurs de communication utilisés car nous faisons face à une vraie mutation de la communication de l’information. Le journal d’hier ne sera pas celui de demain. Cela ne signifie pas que le papier va disparaître. Mais nous devons continuer dans le même temps à renforcer certains services et savoir-faire qui existent comme la newsletter, les vidéos d’Hugo, le web first pour gagner en diffusion rapide de l’information. Nous devons continuer à gagner en visibilité et en notoriété. Nous sommes un hebdomadaire et nous pouvons encore gagner dans le traitement quotidien de l’information. Nous devons également promouvoir et développer nos autres services avec notre studio graphique, nos offres de création de sites internet ou de motion design. Le tout en répondant aussi aux attentes de nos annonceurs. Nous voulons diffuser l’information au bout des doigts de nos lecteurs. Les actifs du monde agricole ne consomment plus l’information de la même façon. Les usages ont évolué et le numérique y prend toute sa place même si, je le répète, le papier ne va pas disparaître. Nous devons continuer à véhiculer des sujets techniques qui sont eux plus agréables à lire sur le papier que derrière un écran. Pour autant, nous devons proposer de nouvelles rubriques. Nos lecteurs ont par exemple découvert il y a plusieurs mois « Ma Ville, Mon Maire ». Il s’agit d’une belle passerelle avec nos partenaires institutionnels et les professionnels de l’agriculture et de la viticulture. »   Des offres variées et pas seulement celles de nos deux journaux donc… « Oui, il faut savoir que derrière les journaux, il y a un studio graphique qui a des compétences en matière de web, de webdesign ou encore en communication. Nous sommes prêts à accompagner la conception graphique, la création de leurs logos, les divers besoins de nos clients. Notre service pub est à l’écoute de nos annonceurs. Notre service de publication des annonces légales est également très mobilisé. Nous sommes là pour répondre aux demandes des professionnels. C’est notre ADN. Il y a, à Sainte-Croix-en-Plaine et à Schiltigheim, 25 collaborateurs en tout à leur service. Ce sont des emplois locaux. Notre actionnariat est 100 % local. Nous sommes ancrés dans le territoire alsacien. Comme hier et aujourd’hui, nous serons là demain pour apporter une actualité locale, rurale et de qualité. »

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