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Publié le 26/06/2023

Lancé fin 2020, le projet VinBiodiv a permis de recenser et de favoriser les pratiques propices à la biodiversité dans le vignoble du Rhin supérieur. Trois « viti-trophées » ont été remis à des vignerons lors du séminaire de clôture.

Le projet VinBiodiv s’achève, mais la biodiversité va continuer à se développer dans le vignoble du Rhin supérieur. C’est en tout cas le souhait des principaux intervenants au séminaire de clôture de VinBiodiv, organisé le 16 juin au château de la Confrérie Saint-Étienne à Kientzheim. De Martine Becker, administratrice de Bio en Grand Est, à Bernard Ingwiller, vice-président de l’Agence de l’eau Rhin-Meuse, en passant par Jacques Cattin, conseiller régional de la Région Grand Est, tous ont souligné l’importance de mieux prendre en compte la biodiversité. La maintenir là où elle existe, voire l’amplifier en plantant des arbres ou des haies, en semant des bandes fleuries, en créant des aménagements permettant aux oiseaux de nicher, aux insectes et aux pollinisateurs de trouver un refuge : c’était l’objet de VinBiodiv, porté par Bio en Grand Est. Associant partenaires français, allemands et suisses, ce programme démarré en avril 2021 a été partiellement financé par le Feder (Fonds européen de développement régional) et côté français, par l’Agence de l’eau Rhin-Meuse. Des instituts de recherche comme l’Inrae (Institut national de la recherche agronomique et de l’environnement) et le FIBL (Forschungsinstitut für biologischen Anbau) suisse s’y sont associés. Chez Sylvie Spielmann à Bergheim, tout a commencé par un diagnostic écologique, réalisé en partenariat avec la LPO (Ligue de protection des oiseaux). Tout… ou presque, puisque la vigneronne, convertie à l’agriculture biologique de longue date, avait déjà planté des amandiers et des pêchers dans ses vignes il y a une vingtaine d’années. Les trois demi-journées passées sur le terrain ont permis de dresser un inventaire de la faune et de la flore présentes sur trois parcelles sélectionnées, ainsi que des infrastructures écologiques en place. Résultat : 114 espèces faunistiques, 60 espèces floristiques, 72 espèces d’oiseaux, dont 21 nicheuses, 7 d’orthoptères, 14 de papillons, sans oublier les punaises, les reptiles et amphibiens. Quant aux infrastructures écologiques, elles étaient bien présentes à l’intérieur et aux abords des parcelles sous la forme de bordures et d’interrangs enherbés, de talus fauchés tardivement, de fruitiers, de haies champêtres. Une cartographie de ces différents éléments a été réalisée pour préserver l’existant. À l’issue de ce diagnostic, Delphine Lacuisse, chargée de mission à la LPO, a proposé à Sylvie Spielmann de planter de nouveaux arbres, des essences locales choisies en fonction de la nature des sols, pour enrichir encore la biodiversité. Le coût d’acquisition des plants a été pris en charge dans le cadre de VinBiodiv, un coup de pouce appréciable selon la vigneronne qui a organisé la plantation. Lors d’« une journée conviviale et de partage », 60 mètres linéaires de haies champêtres ont été plantés, 23 fruitiers hautes tiges, 19 arbres et 6 bosquets, sans oublier les couverts fleuris. Des préconisations de gestion ont été formulées pour que ces aménagements puissent jouer leur rôle au service de la biodiversité. Nichoirs et mélanges fleuris En Alsace, dix domaines pilotes ont bénéficié d’un diagnostic et de préconisations de la LPO. Ces actions ont essaimé dans 20 domaines relais de sorte qu’au total, 2,6 km de haies, 715 arbres et de nombreux bosquets ont été plantés. Une mare a également été aménagée et 70 nichoirs posés dans les vignes. Côté allemand, ce sont douze domaines pilotes du Palatinat, de l’Ortenau et du sud du pays de Bade qui ont été enrôlés dans le projet VinBiodiv, ainsi que huit domaines relais et sept domaines « de base ». Là-bas, c’est le Nabu (Naturschutzbund Deutschland), une organisation dédiée à la préservation de la nature, qui a réalisé les diagnostics et enclenché les actions pour préserver ou favoriser la biodiversité. En Suisse, où 19 domaines étaient concernés, la mise en œuvre est revenue à Birdlife Schweiz et au FIBL. Selon la nature des paysages viticoles rencontrés, la diversité de la faune et de la flore répertoriées, la présence ou non d’aménagements propices à leur installation, différentes actions ont été entreprises. Des nichoirs à chouette chevêche ont été installés dans le Palatinat. Dans l’Ortenau, des mélanges fleuris ont été semés et des espaces ouverts créés dans le sol pour attirer les pollinisateurs sauvages, alors qu’en Bade du sud, des petites cabanes vigneronnes ont été dispersées dans le vignoble pour attirer les huppes fasciées. Plantes vivaces, arbustes et fruitiers hautes tiges ont été plantés dans les sites pilotes. En Suisse, 20 000 m2 ont été ensemencés avec des mélanges fleuris d’espèces locales développés par le FIBL, avec plus ou moins de réussite selon les conditions climatiques de l’année. La présence d’un plus grand nombre de papillons dans les zones ensemencées que dans les zones témoins a été constatée. Plusieurs domaines ont créé des petites structures favorables à la biodiversité - tas de bois mort, pierrier -, d’autres ont revalorisé des talus et des murets de pierres sèches, beaucoup ont planté arbres hautes tiges et arbustes, en privilégiant la diversité des essences.

Démonstration de désherbage mécanique à Beinheim

Du matériel diversifié et accessible en ETA ou Cuma

Publié le 26/06/2023

Lundi 12 juin, la Chambre d'agriculture Alsace a organisé une démonstration de désherbage mécanique sur une parcelle d’Arthur Rieffel, agriculteur au sein de l’EARL du Moulin à Beinheim.

Cette journée était organisée dans le cadre du programme Ermès, qui vise la réduction du recours aux produits phytosanitaires dans des zones de captage prioritaires. David Kraemer, conseiller à la Chambre d'agriculture Alsace (CAA), a commencé par présenter les diverses modalités d’un essai de désherbage mené dans une parcelle qui a été semée le 5 mai et qui depuis, n’a reçu que les pluies d’un orage. Il a notamment rappelé que « les traitements ont un impact sur le rendement, car les cultures dépensent de l’énergie pour se détoxifier ». Au programme de l’essai : des pleines doses, avec ou sans rattrapage, des doses réduites, du désherbage mécanique, partiel ou total… Étant donné les conditions météorologiques, toutes les modalités sont aujourd’hui relativement propres. Puis Mathilde Kauffer, conseillère à la CAA, a listé quelques leviers agronomiques à mettre en œuvre : faux-semis, labour, optimisation des traitements, et désherbage mécanique. Pour pouvoir intervenir, « il faut que le sol soit suffisamment ressuyé, et qu’il y ait quelques jours sans pluie derrière ». Les conditions actuelles sont donc plutôt optimales, de ce point de vue là. Il a été rappelé que la plupart des outils présentés, ainsi que le matériel de guidage, sont éligibles à des financements dans le cadre du PCAE. Un frein possible au désherbage mécanique est l’accès au matériel. Pour le lever, la CAA a édité une carte qui recense les ETA disposant de matériel de désherbage mécanique. Les agriculteurs peuvent aussi se réunir en Cuma, qui, comme l’a rappelé Aurélie Schneider de la FR Cuma Grand Est, permettent de réduire les charges de mécanisation, de disposer de matériels diversifiés et de main-d’œuvre. Sans oublier que les Cuma ont accès aux subventions à des taux majorés. Le matériel est ensuite entré en action, ou a été décrit en statique. Il y avait des herses étrille, une houe rotative et des bineuses.

Publié le 23/06/2023

L’assemblée générale d’Alsace Qualité s’est tenue le 9 juin dernier au musée Les secrets du chocolat à Geispolsheim. L’association souhaite notamment mieux accompagner les entreprises agricoles et agroalimentaires sur la question de leur impact environnemental.

Fédérer, accompagner, valoriser. Il s’agit des trois valeurs d’Alsace Qualité, qui aide aujourd’hui près de 168 entreprises adhérentes. Catherine Graef-Eckert, vice-présidente de la CEA, et Patrick Bastian, conseiller régional, ont tenu à féliciter l’évolution de l’association. « Il y a une forte demande des entreprises, la nécessité est là. Les services que vous rendez sont plus qu’appréciés et utiles », souligne Patrick Bastian. Alsace Qualité a notamment lancé une enquête auprès de ses adhérents au printemps. Un tiers y a répondu, avec un taux de satisfaction d’une moyenne de 8,8/10. L’enquête avait également pour objectif « d’être au plus près des besoins des entreprises et filières », d’après Régis Huss, directeur d’Alsace Qualité. L’association a recueilli l’avis des adhérents concernant les thématiques qu’ils jugeaient nécessaire d’aborder. La majorité a évoqué l’envie d’être accompagné sur l’impact environnemental, ce qui va être étudié de très près. Alsace Qualité compte aussi améliorer son service à travers la création d’un nouveau site internet prévue d’ici fin 2023, et la création d’un nouveau logo. Le défi de la souveraineté alimentaire La qualité des produits alsaciens et des entreprises passe par l’amélioration de l’association, mais aussi par la bonne gestion de notre agriculture, et de ses défis à relever. « Sur la question de souveraineté alimentaire, le constat est que la moitié des éleveurs arrivent à la retraite dans les 8 prochaines années », lance Jean-Michel Schaeffer, président d’Alsace Qualité. « Nous avons du mal à préserver l’ensemble des filières, car nous avons une diversité de productions en Alsace. Avoir de la main-d’œuvre et des jeunes qui s’installent, c’est essentiel si on veut garder l’ensemble des filières et la qualité que nous avons », rajoute Denis Ramspacher, vice-président de la Chambre Agriculture Alsace.

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