A la une

Publié le 12/06/2020

L’État français a décidé de mettre en œuvre la mesure de distillation de crise - pour un budget de 155 millions d’euros -, mise à la disposition des États membres par l’Union européenne. Le dispositif a été validé par le Conseil spécialisé vin du 3 juin. La décision a été publiée au Bulletin officiel du ministère de l’Agriculture le 4 juin.

Les candidatures peuvent être déposées jusqu’au 19 juin auprès d’un distillateur certifié, pour une expédition des lots au plus tard le 15 septembre. Il ne pourra y avoir qu’une seule demande d’aide par opérateur. Les vignerons peuvent livrer des lots de 10 hl ou plus, le TAV (titre alcoométrique) doit être de 10,5 % vol minimum. Dans le bassin Alsace, seuls des vins d’AOP peuvent être livrés. Les aides sont de 78 €/hl versés au producteur pour les vins en AOP. Les paiements seront réalisés par le distillateur au plus tard le 30 novembre. Seules les distilleries SARL LRV, Jean Goyard et Romann SAS sont à ce jour certifiées par FranceAgriMer pour la région Grand Est.     Quelques conditions doivent néanmoins être respectées. Il faut que le producteur souscrive un engagement unique auprès d’un distillateur certifié et ce, jusqu’au 19 juin 2020, d’au moins 10 hl, pour chacune des catégories. L’engagement signé doit ensuite être adressé par le distillateur à FranceAgriMer accompagné d’une liste récapitulative, au plus tard le 22 juin. Les vins sont ensuite livrés à la distillation, sans préjudice de l’éligibilité des souscripteurs, ni d’une éventuelle réfaction des volumes des engagements souscrits. À l’issue de cela, FranceAgriMer notifiera les volumes admis. Les vins doivent être livrés à la distillation avant le 4 septembre 2020. Les vins doivent être distillés avant le 12 septembre 2020. Les quantités de vin correspondant à des quantités d’alcool doivent être expédiées avant le 15 septembre 2020. Les demandes d’aide et de paiement doivent être présentées avant le 18 septembre 2020.

Publié le 11/06/2020

Les surfaces de tabac sont en baisse sur le périmètre de la CT2F. Une baisse significative (-20 %), mais qui s’avère plus structurelle que conjoncturelle. L’épidémie de coronavirus elle, impacte à la fois la consommation de tabac à chicha, et la mise en production du tabac en Europe.

La plantation de tabac est achevée sur le territoire de la Coopérative tabac feuilles de France (CT2F). Globalement, elle a été effectuée dans de bonnes conditions (lire en encadré) et, surtout, le plan de production tel que prévu sur la base des intentions de plantation des tabaculteurs, a été respecté. Un bon point pour la France, puisque dans les autres pays producteurs de tabac européens, la situation est différente. En Allemagne, en Pologne ou en Italie, les surfaces implantées s’avèrent inférieures aux intentions émises en hiver. En cause : l’épidémie de coronavirus, qui a menacé l’accès à la main-d’œuvre étrangère dont ces pays sont tributaires pour la production de tabac. « Pour la plantation, cette main-d’œuvre était non seulement moins disponible, mais aussi moins bien acceptée par la population locale, notamment en Allemagne, par crainte qu’elle ne représente un vecteur de diffusion du virus. Et puis un certain nombre de planteurs ont aussi eu peur de planter du tabac et de ne pas pouvoir le récolter si les restrictions de mouvement des populations devaient perdurer. Ils ont donc préféré être prudents en réduisant leur surface, voire en faisant une année blanche », indique Rémy Losser, tabaculteur à Mussig et président de la CT2F. Le bilan global de cette tendance à la réduction des surfaces en Europe n’a pas encore été dressé, mais Rémy Losser avance très prudemment quelques chiffres : « -10 % en Italie, - 20 % en Allemagne… » En Pologne, à la pénurie de main-d’œuvre s’ajoute une sécheresse marquée, aggravée par le manque d’infrastructures dédiées à l’irrigation. Si la France, confrontée aux mêmes problématiques d’accès à la main-d’œuvre, parvient à remplir les objectifs de son plan de production, c’est essentiellement parce que la culture du tabac, et notamment sa récolte, y est significativement plus mécanisée : « C’est clairement un atout, commente Rémy Losser, car cela relativise le besoin en main-d’œuvre étrangère. » La consommation de tabac à chicha impactée par le coronavirus Parallèlement à cette réduction de la mise en production de tabac en Europe, ce début d’année 2020 est marqué par une baisse de l’activité commerciale sur le marché du tabac à chicha. Une baisse qui est d’une part liée au ralentissement global du trafic maritime suite à l’épidémie de coronavirus : « Pendant six à huit semaines, tout a été suspendu, les ports étaient bloqués, il y a eu une pénurie de conteneurs… le commerce était donc ralenti mais il y avait du stock », décrit Rémy Losser. Et puis, contrairement à la consommation de cigarettes, qui a peu été impactée par l’épidémie, « il y a eu une baisse significative de la consommation de tabac à chicha, de - 30 à - 40 %, durant plusieurs semaines, notamment dans les pays du Moyen-Orient », indique Rémy Losser. En effet, contrairement à la consommation de cigarette, individuelle, le tabac à chicha se consomme généralement de manière conviviale, en groupe, dans des bars à chicha qui ont pour la plupart fermé leurs portes au plus fort de l’épidémie. « À ce jour, l’ambiance est plutôt rassurante et, si la tendance reste à une reprise de la consommation de tabac à chicha, l’épidémie de coronavirus devrait se traduire par une baisse de la consommation de 10 % sur l’année », estime Rémy Losser. Baisse historique des surfaces en France Bien que le plan de production de la CT2F soit rempli, la surface de tabac qui relève de la coopérative affiche une baisse de 20 %. « L’année 2019 a été celle de la restabilisation de la filière française, tant au niveau des capacités d’écoulement que des prix, des volumes et de la qualité des tabacs », indique Olivier Riedinger, directeur de la CT2F. Malgré cela, cette baisse de surface, « la plus importante depuis l’arrêt des soutiens européens à la production de tabac en 2014 », était attendue. Olivier Riedinger et Rémy Losser y voient plusieurs raisons. Pour le directeur, les années 2017 et 2018, compliquées, ont laissé des traces. En outre, « certains producteurs n’ont pas su transformer le virage vers la mécanisation de la production, ou ne l’ont carrément pas pris. Ils se sont alors retrouvés confrontés à des coûts de main-d’œuvre trop importants. » L’arrêt définitif de la production de Burley a aussi joué. Olivier Riedinger estime qu’en Alsace, cette mesure a poussé une quinzaine de producteurs avec leurs 50 ha de tabac vers la porte de sortie en deux ans. Pour Rémy Losser, la baisse de la surface tabacole n’est pas tant liée à des questions de manque de rentabilité ou de perspective, qu’à la restructuration de certaines exploitations. Il illustre : « Dans des départements comme la Vienne ou les Charentes, quand une exploitation en reprend une autre, il n’est pas rare qu’elle double sa surface. Or, quand on passe de 150 ha de SAU dont 15 ha de tabac à 300 ha de grandes cultures à gérer, cela remet en question la pertinence d’un atelier de production de tabac. » Et puis il y a aussi - et c’est le cas en Alsace - des agriculteurs qui préparent leur départ à la retraite sans perspective de succession. Pour continuer à assurer la rentabilité de l’atelier de production de tabac, il leur faudrait investir mais, à quelques années de la retraite, ils préfèrent arrêter. À raison de 15-20 ha perdus par-ci par-là, les raisons de cette baisse de surface de 20 % sont rapidement élucidées. Avec cette baisse des surfaces, le volume de tabac produit en France devrait lui aussi significativement reculer. Pour commercialiser le tabac de ses adhérents, la CT2F va contractualiser au courant du mois de juin avec ses quatre metteurs en marchés (NDLR : Alliance One, CNT, Mella et German Tobaco) : « Nous allons repartir sur les mêmes bases qu’en 2019, avec quelques ajustements de curseur entre les différents opérateurs », avance Rémy Losser.

Chou à choucroute

Ça part mal

Publié le 10/06/2020

Sécheresse, ravageurs, la campagne 2020 de chou à choucroute démarre mal en Alsace. Sachant que la surface diminue régulièrement depuis des années, ce n’est pas très rassurant.

La plantation des choux à choucroute se termine doucement, et elle n’a pas été une mince affaire. Comme pour l’implantation des autres cultures de printemps, les producteurs ont été confrontés à des conditions de travail du sol difficiles, suite à un hiver doux. L’heure de la plantation venue, l’absence de précipitations a entraîné un recours quasi systématique à l’irrigation pour assurer la reprise des plants, « alors que c’est quelque chose qui ne se faisait jamais », note Anaïs Claudel, conseillère alliacées, choux et navets salés à Planète Légumes. Puis, les choux sont assez bien partis, mais malheureusement, les ravageurs ont eux aussi profité de la chaleur et du soleil. « Nous avons été confrontés à de très grosses et très précoces attaques de pucerons, sur des choux à peine plantés, alors que normalement elles ne débutent que mi-juin. Avec, en parallèle, des attaques d’altises », décrit Anaïs Claudel. Une situation sanitaire compliquée donc, qui a imposé d’effectuer des traitements pour protéger les cultures, en plus des tours d’eau. « Les choux ne meurent pas suite aux attaques de pucerons mais leur salive contient une toxine qui décolore les feuilles de chou. Ceux-ci sont affaiblis et, à la pommaison, il peut y avoir des déformations, qui peuvent entraîner le développement de pourritures », décrit la conseillère. Mal partie, la campagne 2020 de production de choux à choucroute pourrait donc s’avérer compliquée jusqu’au bout, surtout si, comme le redoutent les producteurs, l’été devait à nouveau être chaud et sec, les obligeant à enchaîner les tours d’eau à un rythme soutenu.

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