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Union des vignerons d’Alsace (Univa)

Aborder les mutations avec humanité

Publié le 10/08/2020

Contrats, prix du raisin, Covid-19… : la maison Arthur Metz aborde les difficultés avec le plus d’humanité possible pour ses vignerons apporteurs.

La réunion prévendanges de l’Univa se tenait aux Tanzmatten à Sélestat vendredi 31 juillet. Près de 400 viticulteurs, apporteurs de raisin à la maison Arthur Metz, sont venus entendre les consignes avant vendanges et bien sûr discuter volumes et prix du raisin. Prenant sa casquette de vice-président du Civa, Serge Fleischer, directeur d’Arthur Metz, a présenté l’analyse des chiffres de la filière sur la base du même document présenté en assemblée générale de l’Ava. Ce qui a fait dire à Christian Kohser, président de l’Univa : « Nos prévisions de récolte sont à 70 hl/ha, nos ventes sont à 59,4 hl/ha (crémants inclus, N.D.L.R.), inévitablement il faut arriver à concilier les deux. La baisse des rendements est inévitable. » Une double peine puisque les cours du raisin baissent également, déplore-t-il. Néanmoins, « avoir des rendements en cohérence avec ce qu’on commercialise est essentiel. Et plus vite on sera en cohérence, plus vite on aura le potentiel de rebondir. » 59,4 hl/ha répète Christian Kohser : « Si tout le monde en avait conscience, ce serait une bonne chose. » Selon les projections de rendements, moins la distillation (45 000 hl), moins les ventes, les stocks en décembre devraient osciller autour de 1,5-1,6 Mhl (million d’hectolitres) pour les vins tranquilles et 850 000 Mhl pour le crémant, soit l’équivalent de deux à trois années de vente selon les types de vins d’Alsace. « Il faut s’interroger sur le poids de nos stocks afin qu’il ne pèse pas trop sur les cours », pose Serge Fleischer. Prix et paiements « Mon patron (J. Helfrich, groupe LGCF, N.D.L.R.) a mis un point d’honneur à payer en temps et en heure d’abord les vignerons et à respecter nos engagements contractuels, partout dans le groupe », continue-t-il, ce qui a occasionné de « la gymnastique comptable ». D’autant que le groupe Grands chais, très exportateur, « subit le Covid-19 à travers la planète… », après avoir subi les taxations Trump. « On n’est pas toujours dans les meilleurs prix, admet Serge Fleischer, même si on n’a pas à rougir, mais on respecte nos engagements. » Ainsi, l’intégralité de la récolte 2019 sera payée pour le 25 septembre, précise Christian Kohser. Cependant, « le décrochement du vrac (qui pèse sur l’indexation de prix des raisins, N.D.L.R.) a été violent, on est revenu aux prix de 2011 », concède Serge Fleischer. L’effort à fournir pour les producteurs sera d’autant plus fort… « Mais je ne supporte pas d’entendre que de passer de 80 hl/ha à 65 hl amputerait le revenu de 25 %. » Ces dernières années, rarement la moyenne de rendements du vignoble a atteint 80 hl/ha, soutient le directeur d’Arthur Metz. De fait, le rendement moyen alsacien de 2019 (crémant inclus) est de 66,1 hl/ha. Et donc, « si on passe à 60 hl, l’effort est de 10 %. C’est vrai que quelques dizaines de viticulteurs sont à 80 hl/ha, mais le rendement collectif, ce n’est pas ça », et « heureusement qu’une partie des vignerons font des rendements mesurés. Si nous étions tous à 80 hl/ha, nous aurions 1,250 Mhl de récolte par an pour des ventes à 930 000 mhl (milliers d’hectolitres). Et notre situation de surstocks serait autrement plus dramatique. » La hantise du cluster « Le pire pour ces vendanges serait la découverte d’un cas de Covid-19 avec à la clef la fermeture administrative de site de production et mesures d’isolation pour raisons sanitaires. Ça mettrait en péril notre entreprise », souligne Serge Fleischer. Les précautions pour éviter le virus seront donc drastiques. Le vendangeoir sera strictement fermé au public, seul l’apporteur de raisin pénétrera dans l’enceinte avec masque et visière dans un parcours balisé à sens unique. À la vigne également, les vignerons de l’Univa devront respecter des règles sanitaires de manière à éviter les contacts. Exemples : le même sécateur et seau pour toutes les vendanges, distanciation aux repas et dans les vignes, désinfection des mains… Une réflexion est en cours afin que les bottiches ne soient pas vectrices potentielles.

Publié le 09/08/2020

Étudiant, Albert Fuchs consacre une grande partie de son temps libre à filmer et à photographier le monde agricole. Sa chaîne Youtube connaît un certain succès. Il est également présent sur les réseaux sociaux pour partager sa passion.

Fils d’agriculteurs à Bollwiller qui exploitent des céréales, mais également 13 hectares de vignes, Albert Fuchs, 19 ans, trouve lui-même de l’intérêt pour le monde agricole. Il effectue un BTS Génie des équipements agricoles (GEA) avec pour objectif de travailler à terme en tant que technicien ou commercial. Il a toujours suivi les travaux à la ferme. Quand il le peut, il aide ses parents. Dès son plus jeune âge, Albert s’est rapidement intéressé aux nouvelles technologies, mais également à la mécanique et aux jeux électriques. « Petit, j’avais un hélicoptère télécommandé. Je passais des heures à jouer avec, à effectuer des parcours. Un jour, il s’est cassé. En cherchant des pièces pour le réparer, je suis tombé sur un drone avec quatre hélices. À l’époque, les drones n’étaient pas encore connus. Ils étaient peu utilisés. La marque n’existe d’ailleurs plus aujourd’hui. Je l’ai acheté avec mes économies », explique le jeune homme. Il installe une caméra sur ce drone et commence à filmer les champs. Pour son seul plaisir, mais également par curiosité. Il voulait voir ce que cela donne et s’il arrivait à trouver de bons angles. « Ma première vidéo a ensuite concerné le travail de déchaumage à la ferme. J’ai pris le temps qu’il fallait en m’intéressant à toutes les spécificités de ce travail et de ce moment. Au départ, je voulais garder ce film en souvenir pour la famille. Je l’ai publié en ligne. Et les vues ont été nombreuses. Les commentaires étaient positifs. Cela m’a motivé », ajoute Albert Fuchs. Il va ensuite multiplier les vidéos en filmant tous les travaux agricoles de chaque saison. Les semis, les moissons, les vendanges, ou encore le travail en cave. « Là encore, je n’avais pas d’objectif précis. J’avais du temps libre et j’admirais mes parents au travail. C’était ma façon très personnelle de participer à la vie de la ferme », ajoute Albert Fuchs. Le plaisir de la photo Les publications du vidéaste vont connaître une certaine notoriété avec la création de sa chaîne Youtube : Agri 68 Vidéo. Là encore, la curiosité et le plaisir sont ses premières motivations. Le choix du nom de sa chaîne est en rapport avec la nature des vidéos. Il a également fallu trouver un nom qui n’était pas « protégé » ou déjà utilisé par un autre youtubeur. « Agri 68 » était également utilisé par une entreprise. Depuis, les publications ont été plus ou moins régulières. « Je n’ai jamais cherché à faire de l’audience ou à en faire mon métier. Mes vidéos sont tournées quand je n’étudie pas et quand je suis sur la ferme. Au total, il y a eu une vingtaine de vidéos environ. Elles durent entre deux et cinq minutes. À chaque fois, je m’attache à filmer le travail effectué, les lieux où cela se passe. J’y ajoute de la musique, parfois un témoignage. Mais, ça, c’est beaucoup plus rare. Le travail est simple car je n’ai pas de contrainte », poursuit le jeune homme. Certaines vidéos ont cependant été commandées. « J’ai alors accepté pour rendre service. Depuis plusieurs années, je suis chez les pompiers. Ils m’ont demandé de faire une vidéo sur une formation d’une de leur section. C’était facile car je connais également du monde là-bas. Je fais aussi les photos du calendrier des pompiers de Soultz », précise Albert Fuchs. La photographie est justement sa seconde passion. Elle est plus récente. Il vient de s’acheter un deuxième appareil photo qui lui permet de travailler dans de meilleures conditions. « Cela fait quelque temps que je photographie ce qui me vient à l’esprit. Un peu de tout. Un instant que je trouve important. La photo permet d’avantage de retenir les détails d’un moment. Souvent, je photographie la même chose, mais avec différentes prises de vues. Et là également, c’est pour mon seul plaisir », raconte le jeune homme. Mais ses drones ne sont jamais très loin. Même s’ils sont peu utilisés, il les entretient. « Celui que je n’utilise plus, je le garde précieusement au cas où. Le plus récent, je l’ai ressorti il y a quelques semaines pour filmer une moissonneuse », annonce Albert Fuchs. Une moissonneuse qui a également été photographiée. « Je l’aime bien cette moissonneuse car c’est la nouvelle de la marque Case que mon père a achetée l’année passée. C’est donc intéressant de la filmer. » Plus de 150 000 vues Il est également présent sur les réseaux sociaux (Facebook et Instagram). Il y ajoute souvent ses vidéos. La dernière date du 26 juillet. Pendant un peu plus de deux minutes, il a filmé une démonstration de moisson de blé organisée par Techniques agricoles. La spécificité de cette moisson du blé ? Elle est réalisée avec cette fameuse moissonneuse Case Axial 7250. La vidéo la met bien en valeur tout comme le travail effectué dans les champs. Le tout, en musique. Fin juillet, la vidéo avait déjà été vue à plus de 400 reprises. Sur Youtube, sa chaîne est suivie par 557 abonnés au 30 juillet dernier. Active depuis juillet 2015, elle a déjà bénéficié de 168 094 vues. Ce qui, pour un simple amateur passionné est déjà une audience fort appréciable. « Je ne cherche rien d’autre qu’à partager mes passions. J’invite les gens à passer faire un tour sur cette chaîne Youtube et à y aller laisser leurs commentaires. Pour le reste, mes futures vidéo seront réalisées selon mes envies. Je fais comme ça vient », conclut Albert Fuchs.    

Concours photos « L’Alsace régale »

Le Civa s’offre un sondage

Publié le 08/08/2020

Le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) a lancé pour la première fois l’opération « L’Alsace régale ». Sous la forme d’un concours photos, du 24 juillet au 18 septembre, les participants peuvent remporter de nombreux lots. Une manière pour le Civa de soutenir la filière viticole, tout en découvrant les goûts des Français en matière de vins d’Alsace.

Pour y participer, rien de plus simple. Il suffit d’être majeur afin de pouvoir commander en cave, bar, restaurant ou autre lieu proposant des vins d’Alsace. Une fois installé et servi, il faut dégainer son appareil photo et prendre le plus beau cliché possible de son verre ou de sa bouteille. Rendez-vous ensuite sur le site internet de l’évènement où il faut entrer quelques données personnelles, dire ce que le verre contient et où il a été dégusté, et bien sûr ajouter la photo. Sur ces quasi deux mois de concours, il est possible de jouer chaque semaine pour un lot différent. Pour l’instant, deux lots ont été remportés : une découverte d’un savoir-faire artisanal pour deux personnes en Alsace, ainsi qu’un dîner pour deux dans un restaurant gastronomique. Soutenir les professionnels L’objectif premier de ce concours, d’après Aurélia Sovic, chargée de relations publiques et presse au Civa, « c’est d’inviter le consommateur à déguster un verre de vin d’Alsace ». De cette manière, il soutient la filière et découvre des produits locaux. Mettre les fruits de la production viticole en avant peut permettre aux viticulteurs alsaciens de bénéficier d’une bonne publicité auprès du grand public. Le vignoble, déjà fragilisé par le débat sur les rendements, a aussi subi la crise sanitaire. Aurélia Sovic affirme que « L’Alsace régale » s’inscrit « dans la continuité de l’opération J’aime mon bistrot lancée pendant le confinement ». Elle revendique fièrement : « Le vignoble alsacien était d’ailleurs le premier à y participer. » Aurélia Sovic le répète à plusieurs reprises mais le mot d’ordre de l’opération est le soutien : « Ça tient à cœur au Civa », ajoute-t-elle. Dans ce concours, « les professionnels sont gagnants aussi », indique-t-elle. Effectivement, chaque établissement cité par le consommateur peut espérer remporter une récompense. Grâce à des affiches ou des QR codes autocollants fournis par le Civa, les professionnels peuvent maximiser leurs chances. « L’avenir passera par l’apéritif » La première semaine de concours s’est achevée et des tendances peuvent déjà être observées. Philippe Bouvet, directeur marketing du Civa, se félicite des premiers chiffres : « Près de 400 personnes ont participé, plus de 150 entreprises sont venues récupérer du matériel de communication au Civa et les retours positifs des professionnels sont nombreux. » Pour le Civa, une des ambitions phares de cette opération est de « désacraliser la consommation de vin ». Pour Philippe Bouvet, le vin crée trop d’interrogations chez le consommateur, qui craint de ne pas en savoir assez sur le produit, sa provenance par exemple. Un problème qui « n’est pas rencontré avec la bière ». C’est aussi ce qui fait la force, une chance de « casser les codes ». Le Civa observe d’ailleurs les tendances de consommation chez les jeunes : les moins de 35 ans consomment en majorité du vin blanc, selon Philippe. Pour le Civa, l’objectif est fixé : « L’avenir passera par l’apéritif. » En clair, si le vin convainc à l’apéritif, il convient aussi pour le repas. Entre tendance et soutien, il s’agit surtout de « redonner un coup de peps et de visibilité aux vins d’Alsace ».         Lire aussi : Communiquer pour répondre à la crise, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.   Un apéro pour séduire les restos, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

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