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Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa)

Virginie André reste reine des vins d’Alsace

Publié le 29/07/2020

C’est une conséquence, cette fois heureuse, de la crise sanitaire. Le conseil interprofessionnel des vins d’Alsace a décidé de prolonger d’une année le « règne » de la reine des vins d’Alsace, Virginie André.

Depuis sa désignation en 2019, elle ne cachait pas son enthousiasme de participer à de nombreuses manifestations viticoles. Fin février, Virginie André s’était rendue au Salon international de l’agriculture (Sia) à Paris pour inaugurer, notamment, le stand Alsace. Elle avait ensuite profité d’une séance de débouchage/rebouchage à la confrérie Saint-Étienne. L’occasion d’ouvrir un vieux millésime, de le goûter et de le reboucher, en faisant le niveau évidemment. Puis, soudainement, tout s’est arrêté. « Cela a été une sensation bizarre. Au début, quand, avec mes dauphines, on voyait tous ces événements viticoles s’annuler, nous étions déçues. On a rapidement compris que la situation était grave. À Paris, tout le monde commençait à en parler. Mais, là, c’était devenu une réalité. On ne pouvait pas imaginer que cela allait arriver et allait durer aussi longtemps », explique Virginie André. La couronne confinée Ce confinement lui a néanmoins permis de se reposer après six premiers mois chargés, mais très intéressants. « Tous les week-ends, il y a eu des événements différents. Cela pouvait être une marche gourmande comme une fête du vin, un déplacement en Allemagne ou en Suisse, les intronisations dans les différentes confréries. Sans oublier les vœux des maires. Ces moments étaient enrichissants pour moi. Je n’ai cependant pas eu le temps de profiter de la fête du vin de mon village, Wettolsheim. Cela a été très frustrant », ajoute Virginie André. Vendeuse au domaine Dopff et Irion à Riquewihr depuis 2016, son activité professionnelle a également été stoppée le 15 mars dernier. « Cette pause forcée m’a permis de me trouver de nouvelles occupations et passions. Un peu de cuisine, du yoga pour rester sereine, quelques marches dans le vignoble pendant l’heure de sortie autorisée et beaucoup d’échanges téléphoniques pour discuter avec mes proches. J’étais seule dans mon appartement avec mon conjoint qui, lui, était en journée au travail en tant que viticulteur. Je travaille à nouveau depuis le 11 mai. Mais ces premières semaines étaient calmes. Les clients reviennent petit à petit dans les caveaux. Du coup, je me suis portée volontaire pour aller donner un coup de main à mes collègues dans les vignes. C’est intéressant de se retrouver tous ensemble. Il y a une bonne ambiance. On oublie le stress de la société quand on est dans la nature », poursuit Virginie André. Une année de plus Désormais son rôle de reine des vins d’Alsace reprend doucement : « Depuis le déconfinement, les manifestations viticoles sont encore limitées. Je vais essayer de répondre aux sollicitations. J’attends les consignes précises du Civa. Si ce n’est pas annulé, je compte me rendre à la Kneffelfacht de Riquewihr le week-end du 29 août - qui devait avoir lieu en juin. On m’a prévenue début juillet que je restais reine des vins d’Alsace une année supplémentaire. Tout comme mes dauphines. Ce n’est pas une surprise pour moi. Il n’y a pas de foire aux vins cette année et il était impossible d’organiser une nouvelle élection. Cela aurait d’ailleurs été dommage pour ma successeuse. Il faut qu’elle puisse profiter de la foire pour être mise en valeur et se faire connaître. En petit comité, c’est impossible et beaucoup moins sympa. Elle aurait loupé pas mal de choses. Un grand merci en tout cas au Civa et au Parc-Expo de nous donner cette chance », estime Virginie André. La jeune femme est ravie de pouvoir continuer à tenir son rôle une année de plus. Elle considère que le trio royal a une mission d’autant plus importante en ce temps de crise économique. La viticulture dans son ensemble a souffert du Covid-19 et de ses conséquences. « Nous devons apporter de la joie et de la lumière pour les professionnels, et auprès des consommateurs. Nous devons aider à communiquer positivement sur le vignoble pour que les gens soient solidaires des professionnels et de leurs vins. Nous avons de magnifiques produits, de superbes paysages, des domaines qui travaillent qualitativement. Cela fait du bien de vivre ici, dans un endroit proche de la nature. Si tout le monde achète un carton de vins d’Alsace, cela aidera la profession. N’oublions pas que, même sans consommer, nous pouvons offrir du vin à des amis », insiste Virginie André. Relever les défis à venir Pour elle, la viticulture régionale fait partie du patrimoine et demeure un atout pour l’économie et le tourisme. « Les gens doivent continuer à parcourir la route des vins d’Alsace, à s’arrêter chez les vignerons et à se rendre dans les restaurants de la région qui, eux aussi, participent au rayonnement de la région. C’est également le cas pour les producteurs de fruits et légumes locaux, les maraîchers, les fermes de la région. Nous devons toutes et tous consommer au plus direct possible. C’est toutes et tous ensemble que l’on relèvera tous les défis qui sont devant nous », conclut la reine des vins d’Alsace. Elle prend encore un instant pour se souvenir que le confinement a été l’occasion de déguster, avec le beau temps, du crémant d’Alsace, mais aussi du muscat pour accompagner la saison des asperges. Avec ses dauphines, Ophélie Holtzheyer et Clara Iltis, Virginie André entame donc sa deuxième année de reine des vins d’Alsace. Une exception, mais pas un cas unique. Il faut remonter en 1954 et 1955 pour trouver une reine qui a porté la couronne deux années durant. Il s’agit de Marguerite Binner-Bannwarth, aujourd’hui domiciliée à Colmar.     Dernier jour de palissage manuel!!!!! #équipedechoc #alsacerocks ❤️ Publiée par Virginie L Andréa sur Vendredi 3 juillet 2020   Lire aussi : L’Alsace brille porte de Versailles, sur le site de L’Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

Journées de démonstration pilotées par la Serma - Fendt

Un vignoble qui a eu plaisir à se retrouver

Publié le 28/07/2020

Grande satisfaction pour Freddy Jung, ses équipes de la Serma-Fendt, et ses partenaires Léon Durrmann à Andlau, la Maison Ostermann à Traenheim et CAC Ampélys, qui organisaient trois journées de démonstration dans les vignes. Cette rencontre traduit un besoin pour la viticulture alsacienne de se retrouver et se recentrer sur des sujets techniques qu’elle affectionne pour éprouver le plaisir du travail bien fait.

Avec le Covid-19, la distanciation physique, le vignoble éprouve le besoin de se retrouver pour discuter, causer… Privé de Foire aux vins d’Alsace cette année, il lui faut trouver de nouveaux lieux de rassemblement. La Serma-Fendt lui a offert cette occasion la semaine dernière, avec trois événements à Molsheim, Barr et Wintzenheim. Trois rendez-vous choisis non pas par hasard, mais en concertation avec les partenaires du concessionnaire Fendt en Alsace : la maison Ostermann à Traenheim, Léon Durrmann à Andlau et la Serma qui diffuse elle-même Fendt dans le Haut-Rhin. Ces trois jours ont aussi bien évidemment pour objectif de relancer « le courant d’affaires ». Freddy Jung, directeur de la Serma-Fendt ne s’en cache pas, même s’il y a déjà beaucoup, beaucoup, de tracteurs Fendt dans les vignes alsaciennes… Une mini-foire au vignoble Les trois événements qui se tenaient les 15, 16 et 17 juillet, ont attiré beaucoup de monde, de l’ordre de 200 viticulteurs par démonstration, selon les organisateurs. Il faut dire que les nouveautés et l’offre présentées avaient l’allure d’une mini-foire au vignoble, avec un stand CAC Ampélys, animé par toute l’équipe vigne d’Emmanuel Kippelen et de nombreux matériels. C’est Guillaume Ostermann, partenaire de la Serma, qui a passé en revue le matériel. Étaient donc présentés : une rogneuse Ero Moduline, relativement classique ; de même, un pulvérisateur traîné Vicar de 600 litres, apprécié du vignoble ; une effeuilleuse pneumatique traînée Ero, sous brevet de Jacky Siegwald, « elle fonctionne très bien aux vendanges et en saison », précise Guillaume Ostermann ; une effeuilleuse Binger/Ero à rouleaux, le modèle a été amélioré il y a deux ans, notamment avec un carter facilitant le nettoyage. Présentée également, une palisseuse à bandes Provitis, avec ses agrafes ferrailles par rouleau de 5 000. On ne défend plus l’intérêt de ces palisseuses qui causent très peu de casse dans le plan de palissage, même à des vitesses importantes. Le matériel Braun était très présent, en particulier un châssis à écartement variable et disques émotteurs sur toute la largeur. Bien sûr, les tracteurs Fendt que l’on ne présente plus, étaient équipés de capteurs ultrasons selon le système d’autoguidage Reichhardt. La véritable nouveauté proposée en démo vient de chez Braun pour un équipement spécifique Fendt. Il s’agit d’un capteur laser qui guide le tracteur et ses outils. La nouveauté réside dans un guidage intégral qui assure un confort de conduite exceptionnel. Au final, « le tracteur n’a pas besoin d’être parfaitement centré dans l’inter-rang, les outils intercep corrigent et en plus s’adaptent à la hauteur. De plus, le système contrôle également l’écartement variable d’une faucheuse », ajoute Guillaume Ostermann. Présenté en prototype il y a deux ans, ce système VPA de gestion autonome du tracteur et de ses outils, commence à intéresser les vignerons. Ici, l’intercep auto guidé est monté entre les deux essieux pour laisser place derrière à la faucheuse. Formations et conférences Sur le stand CAC Ampélys, Emmanuel Kippelen présentait l’offre de services, et en particulier les cours de taille poussard proposés par Florent Motz qui a suivi l’enseignement de François Dal. « Dans la situation actuelle, nous avons l’ambition d’être réactif et proactif », souligne Emmanuel Kippelen. Conséquence, CAC Ampélys amplifie son offre de formation et de conférences. S’ajoutant à une carte de solutions pour la vigne en gardant toujours comme objectif de prendre le plus possible en compte les considérations environnementales, comme avec le couvert végétal Melliviti. Au terme de ces trois journées, la Serma-Fendt ne pouvait que se féliciter de la réussite de l’événement.       Lire aussi : Le travail du sol autoguidé en démonstration, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

Confrérie Saint-Étienne

Une « mémoire » à bien reboucher

Publié le 27/07/2020

Le 14 juillet, la confrérie Saint-Étienne a effectué le rebouchage de pinots noirs 1985 avec sa boucheuse flambant neuve offerte par Stevial. Un « acte de mémoire » parfaitement rodé qui permet, année après année, de préserver la riche histoire des vins d’Alsace contenue dans les 60 000 bouteilles de l’œnothèque.

Petite virée œnologique en 1985. Dans le sous-sol de la confrérie Saint-Étienne à Kientzheim, une quinzaine de personnes s’affairent à entretenir la mémoire des vins d’Alsace. Chacun son rôle, chacun sa place dans un rituel parfaitement huilé : le rebouchage des millésimes anciens de la vaste œnothèque de la confrérie, soit 60 000 bouteilles sigillées qui sont autant de témoignages d’un vignoble riche et diversifié, qui n’a cessé d’évoluer avec le temps. En ce jour de fête nationale 2020, place aux pinots noirs de 1985, un millésime exceptionnel pour sa qualité, un peu moins pour sa quantité. Mais l’heure n’est plus aux chiffres. Ce qui compte désormais, c’est de continuer à faire vivre ces vins dans les meilleures conditions possible. Un rituel bien rodé Si les vins d’Alsace peuvent vieillir très longtemps, une limite persiste : le bouchon. Avec le temps, il devient poreux ou développe des champignons. Pour éviter d’en arriver là, la confrérie s’attelle plusieurs fois par an à déboucher plusieurs de ses bouteilles, millésime après millésime, pour les déguster, les évaluer, les reboucher et enfin les remettre à leur place. Un travail minutieux qui mêle rigueur, attention, expertise et dextérité. Si le déballage de la bouteille de son emballage plastique ne présente aucune difficulté technique, le débouchage demande, lui, davantage de maîtrise. « C’est l’opération la plus critique, il faut y aller doucement et éviter à tout prix que le bouchon s’effrite dans la bouteille », explique le major 2020 et 2021 de la confrérie Saint-Étienne, Alexandre Schoffit. Passé cette première étape, le vin est dégusté. Est-il oxydé, est-il bouchonné ? En fonction des millésimes, les vins présentant des défauts peuvent être plus ou moins importants. « Une séance où on en élimine beaucoup, c’est 30 % max. Mais c’est très rare. Il faut vraiment que le vin soit très oxydé ou très bouchonné. Cela reste des vins anciens, c’est un acte de mémoire. Un vin de quarante ans a le droit de ne pas être extraordinaire. Il peut être dans la force de l’âge », détaille le major. Ce matin-là, le rebouchage de pinots noirs 1985 donne lieu à « de belles surprises » alors que l’équipe s’attendait plus humblement à du « correct ». À l’arrivée, seules trois bouteilles ont été écartées. « Mais c’est vrai, à chaque bouchon, c’est un peu la loterie », reconnaît Alexandre Schoffit. Il y a des lots où les bouchons sont toujours « magnifiques », à moitié de leur vie. Et d’autres, plus abîmées par l’usure du temps qui sont clairement « à bout ». « Il y a toujours une part de surprise. » Chaque bouteille jugée comme « valide » est ensuite complétée par une autre bouteille du lot qui sert de réserve. Inévitablement, le nombre d’échantillons baisse avec le temps. « Au départ, il y a douze bouteilles par lot. Puis ce nombre diminue au fil des dégustations que la confrérie organise. Et à chaque opération de rebouchage, une bouteille est sacrifiée », poursuit Alexandre Schoffit. Dans la mesure où le cycle entre deux opérations de rebouchage d’un même millésime s’étale sur plusieurs décennies, ce « sacrifice » reste heureusement très ponctuel dans le temps. Une fois le contenu de la bouteille mis à niveau, un réajustement du sulfitage est effectué le cas échéant, avant le rebouchage effectif de la bouteille. Un don pour la « sauvegarde » des vins alsaciens Pour ces pinots noirs 1985, la confrérie a pu expérimenter pour la première fois sa toute nouvelle boucheuse compacte, plus sécurisée que l’ancienne, offerte par la société Stevial pendant le confinement. Un geste de solidarité qui allait de soi pour Olivier Zink, responsable commercial pour le Haut-Rhin de cette entreprise basée à Bennwihr-Gare. « Nous avions été sollicités par la major 2019, Céline Stentz, pour faire un don à la confrérie. Après y avoir bien réfléchi, on s’est dit qu’offrir notre savoir-faire technique plutôt qu’un simple chèque était plus pertinent. C’est sûr que cela a un coût, soit quasiment 8 000 € pour une telle boucheuse. Mais nous avions à cœur de participer à la sauvegarde du patrimoine viticole alsacien. » Cette boucheuse « de poche » dispose des mêmes technologies que les grosses boucheuses fabriquées par Stevial à destination des grands metteurs en bouteille. C’est une machine standard qui a été légèrement personnalisée pour permettre le rebouchage de ces millésimes anciens dans de bonnes conditions. « Nous avons adapté certains embouchoirs qui ne sont pas toujours les mêmes en fonction des cols de bouteilles et de leur âge », précise Olivier Zink. Comme les bouteilles rangées soigneusement dans l’œnothèque, cette nouvelle boucheuse est ici pour plusieurs décennies au moins. « Elle est conçue pour faire un million de bouteilles par an. La confrérie en rebouche un peu plus de mille pendant ce laps de temps. Autant dire qu’il y a de la marge… », ajoute Olivier Zink. Les vins d’Alsace ne sont pas près de perdre la mémoire.

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