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Publié le 03/03/2021

Dans son numéro de février, la RVF (Revue du vin de France) aborde le sujet de la biodynamie vue par « cinq fins palais ». Un amalgame douteux est fait entre la biodynamie, l’Alsace, l’Allemagne et la doctrine nazie. Le Civa exprime son indignation.

L’article en question, paru en février dans la RVF, est titré « Ce qu’ils en disent : cinq fins palais racontent leur biodynamie ». Pierre Citerne, l’un des cinq intervenants, membre du comité de dégustation de la RVF, se livre à une analyse douteuse, dont les amalgames indignent le vignoble alsacien. Il y est écrit, à propos donc de la biodynamie : « Je suis également gêné par cette idée de pureté. C’est très germanique cette idée de pureté. Et la biodynamie a essaimé en France à partir de l’Alsace. Puis-je être provocateur ? Si l’Allemagne nazie avait gagné la guerre, la biodynamie ne serait-elle pas plus développée aujourd’hui ? » Historiquement, s’il est vrai que Rudolf Hess s’est intéressé à la biodynamie, l’inverse est faux. D’ailleurs, des anthroposophes - dont les idéaux sont à l’origine de la biodynamie - ont été persécutés par les nazis pour leurs idées. Et « Rudolf Steiner, le fondateur de la biodynamie, s’est opposé à la pensée nationaliste, raciste, antisémite et européenne émergente », rappelle la section Agriculture du Goetheanum à Dornach (Suisse). Quant à la question de la pureté, Rudolf Steiner a écrit en 1917 que « l’impulsion raciale est en réalité le début d’un déclin des êtres humains et de l’humanité » (Rudolf Steiner : La chute des esprits des ténèbres. Edition Triades. P. 204 et suivantes. 1995). Aujourd’hui encore le mouvement d’agriculture biodynamique réaffirme son opposition contre toutes tendances xénophobes. La réaction du Civa En tout état, le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) s’est fendu d’une missive signée du président Didier Pettermann, adressée à Denis Saverot, le directeur de rédaction de la RVF. « Lire que ce membre du comité de dégustation de la RVF se sent gêné par l’idée de nostalgie de la pureté, que cette idée de la pureté soit très germanique, que « justement » la biodynamie ait essaimé en France à partir de l’Alsace et qu’il ose s’interroger sur un développement probablement plus important de la biodynamie si l’Allemagne nazie avait gagné la guerre, relèvent littéralement d’une atteinte à la mémoire de l’Alsace. » Et de continuer : « L’Alsace est certainement le territoire français qui a été le plus confronté à des guerres et des tragédies. Une terre déchirée par des conflits et des annexions qui ont profondément blessé et marqué l’âme de générations d’hommes et de femmes. La dernière guerre provoquée par l’Allemagne nazie est certainement la plus abjecte. Elle reste profondément ancrée dans nos mémoires et nous ne pouvons tolérer ces sous-entendus ignobles prêtant à l’Alsace d’être le symbole d’un étendard germanique et encore plus nazi, et demandons que vous réagissiez. L’Alsace s’est de tout temps battue, relevée, reconstruite, guidée par l’espérance, la tolérance, le respect et l’exemplarité. Des valeurs que portent effectivement aujourd’hui encore les vignerons alsaciens. Grâce à ces valeurs, l’Alsace a effectivement souvent été en avance sur son temps : la bio et la biodynamie en sont un exemple. Nous sommes fiers de ce que nous sommes et aurions préféré que M. Citerne fasse cette même lecture de l’Alsace », conclut la lettre du Civa, signée du président Didier Pettermann.

Publié le 02/03/2021

À Landersheim, l’Académie internationale des vins en Alsace (Aiva), une école privée, forme depuis 2018 des professionnels capables d’exercer différents métiers liés au commerce et à la prescription des vins.

À l’Académie internationale des vins en Alsace (Aiva), février est un mois charnière : les étudiants qui ont commencé leur cursus en septembre - les plus nombreux - sont partis en immersion dans l’entreprise de leur choix, après cinq mois de formation initiale ; les autres s’apprêtent à faire leur rentrée en mars. L’année est particulière, reconnaît Lucas Destouches, qui dirige l’établissement fondé par son père. La crise sanitaire a empêché la venue d’une partie des étudiants étrangers, qui représentaient jusqu’ici 15 à 20 % des effectifs. Elle a aussi obligé l’Aiva à revoir l’organisation pratique des enseignements, et à repousser l’ouverture du restaurant brasserie qui devait ouvrir ses portes sur le site en 2020. Installée dans les locaux de l’ancien siège social d’Adidas, à Landersheim, village situé à 15 km de Saverne, l’Aiva a ouvert ses portes en 2018. Elle a été créée à l’initiative de Dominique Destouches, dirigeant de la société de négoce VPCF (Vins de propriétés et de châteaux de France), implantée près de Saverne. Avec le soutien de l’entrepreneur Marc Rinaldi (domaine Kirrenbourg, Kaysersberg), il a rallié au projet de nombreuses entreprises du monde vitivinicole, bien au-delà de l’Alsace, et des universités, dont celles de Haute-Alsace et de Lorraine. Du diplôme universitaire de sommelier-caviste au MBA (master of business administration) marketing et commerce international en vin et spiritueux, sept formations post-bac d’une année y sont proposées (lire encadré). Elles ouvrent à un vaste éventail de métiers : sommelier, chef de rayon vin, responsable de caveau, responsable marketing, directeur import-export, directeur des ventes, consultant en vins, responsable logistique… « Le vin offre énormément de possibilités et encore plus avec le développement des spiritueux et des bières. C’est un marché porteur où l’on peut faire de très belles carrières », promet Lucas Destouches. La volonté du fondateur a été « de créer une école où l’on forme des gens de métier », grâce à un cursus professionnalisant qui accorde une large place à la pratique. À l’Aiva, le verre à vin est un instrument de travail couramment utilisé. Durant les quelques mois qu’ils passent sur place, les étudiants dégustent 200 à 350 vins, selon le cursus choisi. Des vins de toutes les régions, de tous les pays, mais aussi des spiritueux et des bières, précise Lucas Destouches. L’école possède plusieurs salles de dégustation, dont les murs s’ornent d’une impressionnante collection de flacons vides, ainsi qu’un bar à bières. « La connaissance du produit, c’est fondamental, quel que soit le métier qu’ils vont exercer plus tard », assure le directeur de l’établissement.       La rentrée de mars, c'est pour bientôt ! ? Formez-vous dans les métiers du vin à l'Académie Internationale des Vins ! ... Publiée par AIVA Académie Internationale des Vins sur Mercredi 27 janvier 2021     Un magasin pour apprendre L’Aiva a également ouvert son propre magasin d’application. Ouvert au public, l’Anthocyane - c’est son nom - propose 1 500 références de vins, bières et spiritueux. Justin Levêque, lui-même diplômé de l’Aiva, y forme les étudiants aux différentes facettes du métier de caviste. Grâce aux ateliers qu’il met en place, il les initie aussi bien à la recherche de références, qu’à la négociation de tarifs avec les fournisseurs, à la réception des marchandises, à la gestion des stocks, à la vente et au conseil. Fort des compétences acquises lors de ses expériences professionnelles antérieures et durant sa formation à l’Aiva, il les sensibilise aux qualités requises pour être un bon caviste : « être souriant, serviable, toujours à l’affût des nouveautés » pour tenir compte des évolutions du marché et fidéliser la clientèle. Soucieuse de placer ses recrues « au plus près des réalités du monde professionnel », l’Aiva fait appel, pour la partie pratique des enseignements, à des intervenants du monde vitivinicole possédant pour la plupart une longue expérience dans leur domaine. Les enseignements théoriques - gestion, marketing, management… - sont confiés à des enseignants-chercheurs issus du monde universitaire. La plupart des cursus comprennent un module de professionnalisation incluant visites de vignoble, d’entreprises, et séminaires professionnels. L’immersion en entreprise est la règle : elle est au minimum de 22 semaines et vient conclure les 300 à 600 heures de cours magistraux et de travaux dirigés reçus à l’Aiva. Les étudiants ont même la possibilité de réaliser un projet professionnel durant leur scolarité tout en bénéficiant d’un suivi par l’équipe pédagogique. Une façon pour l’école d’« inculquer la fibre entrepreneuriale » à ses étudiants.       Le savoir faire Alsacien à l'honneur au Caveau l'anthocyane . Venez découvrir les eaux de vie & les whiskies 100% Alsace de la distillerie artisanale Bertrand . ? Publiée par Cave AIVA L'Anthocyane sur Vendredi 19 février 2021    

Publié le 01/03/2021

À Schwoben, à dix minutes d’Altkirch, la ferme Hell pratique la vente directe depuis 30 ans. La gamme large de produits transformés assure la renommée et la pérennité de l’exploitation, qui fait partie du réseau Bienvenue à la ferme.

Marlyse Hell reprend la ferme de ses beaux-parents Joseph et Ernestine, au début des années 1980. « Dès les années 1990, les clients ont commencé à venir chez nous chercher du pain et des œufs, directement dans la cuisine familiale. » Le premier petit magasin à la ferme ouvre en 1997, alors que Marlyse participe à la création du réseau Bienvenue à la ferme. L’année suivante, son mari, Joseph, profite d’un plan social chez Peugeot pour rejoindre l’exploitation à temps complet et créer une SARL. Depuis, ils font évoluer les activités de la ferme pour suivre les attentes des clients : « À cette époque, ils cherchaient des porcs, des poulets, des lapins et des œufs », se souvient Marlyse Hell. Le couple décide donc d’arrêter le tabac ainsi que les vaches laitières en 2001 pour se concentrer sur l’élevage des porcs, des animaux de basse-cour et leur transformation. Les animaux sont nourris principalement avec les cultures de l’exploitation conformément à la charte de Bienvenue à la ferme. Ils achètent les porcs chez un naisseur à deux mois et les élèvent sur paille pendant six mois pour arriver à 100 kg de poids de carcasse. Ils sont nourris à 85 % d’orge, 15 % d’aliments complémentaires et sels minéraux sans OGM. Ils sont abattus à l’abattoir de Cernay. Les poules de race fermière rouge sont achetées à 20 semaines puis élevées sur caillebotis avec un terrain de grattage et un parcours extérieur en herbe. Leur nourriture est composée à 70 % de blé issu de la ferme et 30 % d’aliment spécial ponte et de sels minéraux. Elles sont toutes vendues directement au marché ou à la ferme. Les lapins sont disponibles à la commande. Le renouvellement est assuré par six mâles reproducteurs de différentes races et entre 25 à 35 lapines par période. Ils sont élevés sur paille jusqu’à 3,5 kg. Ils sont également nourris avec les céréales de la ferme (25 % d’avoine et 25 % de blé, mélangé avec 50 % de granulé de luzerne). Ils reçoivent quotidiennement du foin et deux à trois fois par semaine en alternance du pain dur, du maïs, des pommes ou des légumes (carotte, salade, céleri). Les poulets, de race chair fermière rouge, sont élevés sur paille. Jusqu’en 2019, la famille Hell en élève trois lots de 150 par an. En 2003, les Hell agrandissent le magasin et y accolent une chambre froide. En même temps, ils développent leur présence sur les marchés locaux. Les trois enfants du couple participent à la vie de la ferme au fur et à mesure qu’ils grandissent. Pascal, l’aîné de la fratrie, veille au bien-être des animaux, malgré un handicap mental. Christophe, le cadet, suit l’exemple de son père et travaille chez Peugeot tout en continuant à aider à la ferme. Nathalie (de son nom d’épouse Latuner), salariée dans l’industrie aéronautique en Suisse, revient à la ferme en 2005 après un accident de travail. En 2010, elle en prend la gérance. Sa fille Lætitia, venue renforcer l’équipe il y a neuf ans, s’occupe de l’élevage des lapins, de la transformation, de la vente et de la facturation. Retraités depuis quelques années, Marlyse et Joseph restent encore très présents. Joseph assure toujours une grande part des travaux des champs. Marlyse accepte tous les travaux que ses mains lui permettent d’accomplir. Y’a plus de saison La palette des produits transformés à la ferme est très large et s’étoffe sans cesse. « La demande est aléatoire et pas forcément en rapport avec la saison. On peut très bien nous demander des merguez et des chipolatas alors que nous sommes en pleine période du boudin. La clientèle est aussi exigeante avec nous qu’elle l’est au supermarché, c’est-à-dire qu’elle veut de la disponibilité, du choix, tout le temps. » Nathalie et Lætitia, aidées d’une salariée, transforment en début de semaine : roulés de porc, terrines, pâtés en croûte, tourte… Elles proposent aussi toute une gamme de viandes fumées et du lard paysan, lard de jambon, lard côtelette, ainsi que des saucisses fumées (le hirriwurst). La ferme est équipée de deux grands fumoirs situés au-dessus du point de vente. « Le pain, qui était le coeur de la vente directe à son début, est devenu secondaire. Les lards sont devenus nos produits principaux. » Marlyse a longtemps pétri à la main. Le couple, qui a acheté son premier pétrin en 1995, a investi depuis dans trois fours à pain et une machine à pâtes. Ils produisent neuf sortes de pâtes (la demande a explosé en 2020 jusqu’à 30 kg par semaine). La ferme fournit aussi en œufs des fermes-auberges et trois restaurants. Nathalie livre L’îlot fermier d’Hirsingue en pâtes, pains, kouglofs et tartes de Linz. En 2019, la famille Hell a cessé d’élever des poulets. Après la fermeture de l’abattoir de Chavannes-sur-l’Étang, elle s’était tournée vers celui de Goxwiller, dans le Bas-Rhin. Après la liquidation judiciaire de celui-ci, il lui aurait fallu aller jusqu’à Besançon pour faire abattre les volailles de la ferme. Trop de temps et trop de kilomètres : elle a préféré faire appel à deux collègues agriculteurs du réseau Bienvenue à la ferme pour approvisionner ses clients. Une décision prise à contrecœur, regrette Nathalie qui aurait préféré garder le poulet dans sa gamme de produits maison.   La Ferme Hell mise à l'honneur sur France Bleu Alsace. Rien de mieux en cette période si particulière de consommer local.?????? Publiée par Commune de Schwoben sur Lundi 8 février 2021  

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