CGB Alsace
Affronter ensemble les défis de la filière
CGB Alsace
Publié le 12/06/2023
Après l’assemblée générale de Cristal Union, c’était au tour de la Confédération Générale des Planteurs de Betteraves (CGB) d’Alsace de prendre la parole. Le syndicat s’est félicité des résultats de la filière betteravière et des développements des surfaces et producteurs à Erstein, mais il a surtout insisté sur le fait que le syndicalisme est aujourd’hui indispensable pour faire face aux problèmes actuels et à l’incertitude de l’avenir.
« La question que l’on pourrait se poser, les uns et les autres, c’est : pourquoi a-t-on besoin du syndicalisme ? » a lancé Frank Sander, président de la CGB, pour lancer comme il se doit l’assemblée générale du syndicat à Oberhausbergen. Il n’a pas manqué de rappeler l’importance de la CGB, qui permet d’avoir une complémentarité afin d’avancer dans les meilleures conditions possibles pour défendre la betterave et ses usines. « Le rôle du syndicalisme est aujourd’hui d’autant plus nécessaire étant donné le contexte politique qui nous entoure. C’est vrai que quand on fait le constat, quand on parle de la compétitivité, quand on regarde la balance commerciale de notre pays mais aussi de l’Union européenne, il y a de quoi s’inquiéter », continue Franck Sander, qui s’est notamment entretenu avec Emmanuel Macron lors du dernier salon de l’Agriculture au sujet de la filière betteravière. « Un marché en vert » à surveiller La CGB est revenue fièrement sur les résultats XXXL de la betterave évoqués par Cristal Union, tout en restant prudente. Car aujourd’hui, il y a plusieurs défis à relever si la filière souhaite garder cette dynamique. « Les voyants sont au vert pour les marchés, mais pas pour nos charges, pour nos moyens de production, et le marché se retournera un jour. C’est un marché qui est cyclique, soyons prêts à affronter ces cycles qui pourraient être à un moment donné difficiles », dit Franck Sander. La sécheresse et les moyens de production, deux grands enjeux Globalement, le rendement progresse (79,4 t/ha en Alsace). Mais celui-ci pourrait être encore plus élevé, selon le syndicat, car il a été fortement impacté. Déjà, la sécheresse n’a pas épargné la betterave. « Quand on regarde la courbe de la pluviométrie en 2022, on se rend compte qu’il y a eu un fort déficit de précipitations durant les mois de mai, juillet et août. Forcément il y a un manque. La sécheresse de l’été dernier a pénalisé les cultures de printemps, et pas que la betterave. Les incidents climatiques sont de plus en plus fréquents, on va devoir y faire face », explique Joseph Behr, directeur de la CGB Alsace. La deuxième raison, ce sont les moyens de production. La suppression des néonicotinoïdes en enrobage des semences illustre bien cette situation selon le syndicat. « Des solutions efficaces seront trouvées à terme, mais en attendant, s’il devait y avoir une forte pression de pucerons, nous ne disposons que de peu de moyens de lutte contre la jaunisse, ce qui risque d’entraîner des baisses de rendement. Le manque de moyens de production empêche donc la betterave d’exprimer pleinement son potentiel de rendement », lance Joseph Behr. Le syndicat s’est engagé face à ce sujet, notamment lors d’une manifestation le 8 février dernier à Paris. Il compte en tout cas trouver une solution à travers l’innovation, la génétique et les nouvelles variétés de betteraves. Préserver la filière et ses planteurs La culture betteravière alsacienne est dans une forme olympique avec ses 462 planteurs et 5 270 ha. « On doit être la seule usine de France à augmenter nos surfaces en 2023, on est plus que satisfait », rappelle Joseph Behr. Pour continuer à attirer les planteurs, la CGB se dit mobilisée. « Il est nécessaire d’apporter de la sécurité, de permettre l’indemnisation la plus juste des producteurs », affirme Nicolas Rialland, directeur général de la CGB. Pour sécuriser le revenu des planteurs, le syndicat s’est penché sur la question de la gestion des risques, devenue indispensable au vu du contexte actuel. La CGB a notamment œuvré pour réformer l’assurance récolte 2023, qui comporte désormais trois niveaux. Les aléas courants, la multirisque climatique (MCR), et enfin la solidarité de l’État. « Ce nouveau dispositif à trois étages permet d’être plus complet lorsqu’il y a un aléa exceptionnel. Après les assurances, l’État prend le relais. Il y a une incitation à être assuré. Car pour cette partie, l’État indemnise à 100 % l’agriculteur s’il est assuré MCR, et à 45 % s’il ne l’est pas », énonce Joseph Behr. À la fin de cette assemblée générale de la CGB, tous avaient la même volonté : augmenter encore plus les surfaces. « Nos producteurs sont dynamiques, ils méritent d’être encouragés et préservés. Puisqu’on est dans un contexte de renouvellement de générations, j’espère que nos jeunes agriculteurs s’intéressent de plus en plus à cette diversité. Il faut préserver la filière betteravière, car elle a tellement d’atouts », conclut Denis Nass, président de la Chambre d’agriculture Alsace.












